Oiseaux

Baie de St-Brieuc, rendez-vous en mer des oiseaux

« 50% des oiseaux marins nicheurs en France se trouvent en Bretagne (…) certaines espèces ne se reproduisent qu’en Bretagne, c’est le cas du puffin des Anglais, de la sterne de Dougall, du guillemot de Troïl, du petit pingouin et du macareux moine. (…) Par sa situation géographique et la diversité de ses milieux littoraux, la Bretagne est une terre d’accueil privilégiée pour les oiseaux marins. C’est d’ailleurs la première région de France, tant par la diversité des espèces qui s’y reproduisent régulièrement que par leur nombre. » Bretagne Environnement N°6, avril 2014

50 000 oiseaux de 300 espèces différentes fréquentent la baie de Saint-Brieuc en hiver. La baie est un gigantesque carrefour de migration qui abrite depuis 1998 la plus grande réserve naturelle ornithologique de Bretagne, sa valeur patrimoniale est d’intérêt international.

5ème baie du monde pour l’amplitude de ses marées avec plus de 13 mètres de marnage, et bordées de falaises rocheuses, la baie de Saint-Brieuc forme une extraordinaire enclave abritée du vent qui offre à des milliers d’oiseaux migrateurs et hivernants, un abri, une halte, avec quantité de sites d’alimentation.

Principales espèces pouvant y être observées 
°Aigrette garzette, Grande Aigrette °Avocette élégante °Balbuzard pêcheur °Barges rousse, à queue noire °Bécasseaux maubèche, sanderling, cocorli, variable, minute °Bécasseaux tacheté, de Baird, de Temminck, facinelle °Bécassine des marais, sourde °Bergeronnettes grise, des ruisseaux °Bernache à cou roux, nonette, cravant °Bondrée apivore °Bruants des neiges, lapon, proyer, des roseaux °Busard des roseaux, Saint-Martin, cendré °Butor étoilé °Canards siffleur, colvert, pilet, souchet, chipeau °Chevalier stagnatile, sylvain, culblanc, gambette, aboyeur °Cigognes blanche, noire °Combattant varié °Courlis cendré, corlieu °Cygne tuberculé °Eider à duvet °Erismature rousse °Faucon pèlerin, émérillon, hobereau °Foulque macroule °Fuligule milouinan, morillon °Gallinule poule-d’eau °Garrot à oeil d’or °Goéland leucophée, à ailes blanches, bourgmestre, cendré, à bec cerclé, argenté, brun, marin °Grand cormoran °Grand Gravelot °Grand Labbe °Gravelot à collier interrompu °Grèbes huppé, à cou noir, castagneux °Grue cendrée °Guifette leucoptère, noire °Harelde boréale °Harle huppé, bièvre, piette °Héron cendré, gardeboeufs, pourpré °Hibou des marais °Huîtrier-pie °Labbes parasite, pomarin °Macreuses noire, brune °Marouette ponctuée °Martin-pêcheur d’Europe °Mergule nain °Milan royal °Mouette rieuse, de Sabine, atricille, mélanocéphale, pygmée °Oies cendrée, rieuse °Phalaropes à bec large, à bec étroit, de Wilson °Pipits maritime, farlouse °Pluvier argenté, doré °Pouillot à grands sourcils °Puffins des anglais, des Baléares °Râle d’eau °Rougequeue noir °Sarcelle d’hiver °Spatule blanche °Sterne caugek, hansel, arctique, de Dougall, pierregarin, naine °Tadorne casarca, de Belon °Tournepierre à collier °Traquet motteux °Vanneau huppé °Plongeons imbrin, catmarin, arctique°
Source : ZPS Baie de Saint-Brieuc Est ZPS Bde StBrieuc Est Descriptif V2008 et ZPS Bde StBrieuc Est docob Natura2000

Les oiseaux sont protégés à terre et en mer. Les Côtes d’Armor possèdent 4 sites Natura 2000 en mer :

Logo Natura 2000x Cap d’Erquy – Cap Fréhel  ZPS Erquy-Fréhel
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Baie de Saint-Brieuc Est  ZPS Bde StBrieuc Est
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Trégor-Goëlo  ZPS Trégor-Goëlo
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Côte de Granit Rose – Sept-Îles  ZPS Côte de Granit rose-Sept Iles

Le réseau Natura 2000 est un ensemble de sites naturels européens, terrestres et marins, identifiés pour la rareté ou la fragilité des espèces sauvages, animales ou végétales, et de leurs habitats. Depuis août 2015, le financement de la gestion des sites protégés Natura 2000 est assuré par le préfet pour les crédits d’Etat, et par le président du conseil régional pour les crédits européens. (Décret publié le 5 août par le ministère de l’Ecologie au Journal Officiel)

S’ajoute la Directive Oiseaux. La Directive 2009/147/CE est une mesure prise par l’Union européenne afin de promouvoir la protection et la gestion des populations d’espèces d’oiseaux sauvages du territoire européen. Par la mise en place de Zones de Protection Spéciale (ZPS), importantes pour la protection et la gestion des oiseaux, la directive Oiseaux consacre également la notion de réseau écologique, en tenant compte des mouvements migratoires des oiseaux pour leur protection et de la nécessité d’un travail transfrontalier.

ZPS Baie de St-Brieuc

Un environnement marin riche, très protégé, avec deux ZPS jointives couvrant une vaste zone, des anses de Morieux et d’Yffiniac, du Verdelet-Grand Pourier, cap d’Erquy, cap Fréhel, jusqu’à la Baie de La Fresnaye.

De très importantes colonies d’oiseaux marins et la diversité des espèces présentes ont justifié ces protections européennes :
—  des oiseaux marins nicheurs
—  des oiseaux marins résidents, qui ne nichent pas parce qu’ils sont encore immatures (la plupart des oiseaux marins se reproduisent à partir de 3-4 ans, certains mêmes après 10 ans), ou parce qu’ils n’ont pas trouvé de partenaire
—  des oiseaux qui viennent entre deux saisons de reproduction, comme le puffin des Baléares qui se reproduit en Méditerranée
—  des oiseaux qui hivernent ou font une halte

Ainsi, le cap Fréhel est un des rares sites de reproduction du Pingouin torda avec une dizaine de couples recensée qui nichent sur les corniches rocheuses. L’espèce est en danger en France : la population relictuelle située en Bretagne compte moins de 30 couples alors qu’elle atteignait 500 couples au milieu des années 60.

En 2006, on a dénombré dans le secteur du Cap Fréhel 280 couples de Guillemots de Troïl soit près de 90% des effectifs de l’espèce (la quasi totalité de la population nicheuse française). En hiver, les Guillemots de Troïl forment des troupes importantes qui sillonnent la haute mer en quête de nourriture.

La baie est également une aire de stationnement et d’alimentation pour le Puffins des Baléares mise en évidence par les suivis de migration, un oiseau marin, rare et menacé de disparition. Jusqu’à 20% des effectifs MONDIAUX peuvent stationner dans la baie. La France a une responsabilité majeure dans sa conservation.

S’ajoutent sans chercher à être exhaustif, le Fulmar boréal, le Fou de bassan dont c’est une des zones d’alimentation, le Grand cormoran, les Macreuses noires qui stationnent en pleine mer, les Sternes pierregarins et caugeks en nombre important, les Mouettes pygmées hivernantes au large, le Pétrel tempête avec plusieurs centaines d’individus en stationnement au large, etc.
Source : ZPS Cap d’Erquy-Cap Fréhel ZPS Erquy-Fréhel V2011 et ZPS Erquy-Fréhel Directive Oiseaux

L’environnement en mer est difficile à étudier, et mal connu faute de crédits suffisants.
Les moyens alloués aux politiques publiques environnementales stagnent et ne sont pas en rapport avec l’application des directives européennes.
Comme le souligne le document Natura 2000, «  les effectifs des oiseaux de passage ou hivernant dans le périmètre de la ZPS sont donnés à titre indicatif, en référence à des données récentes obtenues à partir d’observations terrestres. (…) Compte tenu de la difficulté d’appréhender le phénomène migratoire d’un point de vue quantitatif du fait de la succession des départs et des arrivées des bandes de migrateurs, il est difficile d’évaluer exactement le nombre d’oiseaux faisant halte sur la ZPS lors des migrations. Toutefois, au regard des dénombrements effectués au printemps et à l’automne, il est certain que le nombre de migrateurs s’arrêtant quelques jours ou quelques semaines sur le site est au minimum de l’ordre de plusieurs milliers de limicoles et d’anatidés. Mais il est tout à fait probable qu’une bonne part des migrateurs s’arrêtant sur le site ne soit pas dénombrée et que le chiffre réel soit plutôt de l’ordre de quelques dizaines de milliers d’oiseaux. »

Quel sera l’impact d’une usine électrique de 7 500 hectares à 16 km du cap Fréhel ?

Il n’y a pas de retour d’expérience possible aujourd’hui, les sites éoliens existant en mer du Nord ont des écosystèmes terre-mer totalement différents.

Quel avenir pour les sites de repos, d’alimentation et de reproduction des oiseaux avec la chaîne prévisible de perturbations et de nuisances d’un tel projet, perturbations qui vont atteindre tous les compartiments biologiques :

x En phase de construction, soit 4 années de travaux, dérangements, bruit, turbidité entrainant la destruction du milieu, donc des ressources alimentaires (256 forages en mer minimum)

x Puis, en phase d’exploitation, impacts de la structure des machines et de leur fonctionnement sur la morphologie des fonds marins, dans la colonne d’eau, sur la houle, modification de la dynamique sédimentaire

x Collusions, choc fatal avec les pales des machines (vitesse de 350 km/h en extrémité de pales), surtout la nuit avec les flash lumineux (80% des vols migratoires se font de nuit)

x Effet barrière de l’usine sur le déplacement des oiseaux

x Perturbations acoustiques, infra-sons, vibrations

x Perturbations électro-magnétiques (maillage électrique Haute-Tension très dense, des milliers de km de câbles sous-marins)

x Augmentation de la turbidité des eaux marines

x Altérations chimiques des eaux marines (les anodes sacrificielles relarguent des éléments chimiques, + les produits de nettoyage, + les pollutions accidentelles, etc)

x Perturbations thermiques (augmentation de la température, création de brouillards, etc.)

x Perte d’habitats

Le désastre environnemental est prévisible. Les colossales modifications de l’écosystème marin induites par la réalisation d’un tel projet  jointif des Zones de Protection Spéciale, ne peuvent qu’entraîner une dégradation générale de la qualité du site, ainsi qu’une baisse de la résilience générale des écosystèmes.

Sans compter que la barrière d’éoliennes en mer programmée depuis la mer du Nord jusque dans le golfe de Gascogne, se trouve sur ou à proximité des couloirs migratoires.  On ignore les effets cumulés des projets le long du littoral, les impacts sont imprévisibles et incontrôlables.

Migrations Oiseaux d’eau          Migrations Passereaux
Oiseaux d'eauPassereaux

 

 

 

 

La Manche est un couloir de migration majeur du Paléarctique occidental. Ces couloirs sont dictés par le littoral, la géographie et la physionomie des lieux, ils ne s’adaptent pas forcément aux infrastructures.

Une baie est un entonnoir. Le projet éolien en baie de St-Brieuc va dresser une barrière lumineuse mortelle en travers d’une baie importante sur une mer étroite qui sert de canal de transit.

Les oiseaux de mer ne seront pas les seuls en danger. Toutes les migrations automnales traversent la Bretagne en « entrant » par la baie de Saint-Brieuc et la baie du Mont St-Michel. Et 80 à 90% des transits des oiseaux terrestres comme marins sont nocturnes.

Sur tout le littoral européen du Nord et de l’Ouest, tous les hauts plateaux de substrats grossiers de faible profondeur sont désormais pressentis pour accueillir des éoliennes industrielles dans la même période de quelques décennies. Si nous ne réagissons pas, les espèces qui utilisent spécifiquement ces habitats sont condamnées.

La perte d’habitat sera encore plus exterminatrice que la collision avec les machines. En cas d’autorisation de ce projet industriel, la France aura une responsabilité majeure.

Etat des protections en Bretagne Nord Natura 2000 Bretagne Nord
Etat des DOCOB sites marins et mixtes Bretagne Nord

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Fréhel 2015Le site ornithologique de la Fauconnière au Cap Fréhel : migrateurs ou sédentaires, de nombreux oiseaux marins nichent sur les ilots et falaises du Cap Fréhel. Certains sont observables le temps de la nidification et de l’élevage des jeunes de février à juillet, les autres tout au long de l’année. https://www.youtube.com/watch?v=ugZtHYRaSIs
USA 2012

Pour la croissance verte, nettoyons le ciel de tous ces oiseaux qui font tant de dégâts, vidéo satirique américaine  https://www.youtube.com/watch?v=cBI81o4FpWs

 
Norvège 2005

Des anges aux ailes sales, Un documentaire norvégien de 2005. Les compagnies d’électricité industrialisent les grands espaces naturels norvégiens. Les populations côtières protestent, les biologistes ont peur que ces derniers écosystèmes naturels soient détruits. http://www.epaw.org/multimedia.php?lang=fr&article=b4&language=no#englar

Espagne Tarifa

Migrations : Chaque année au mois d’octobre, sur la pointe de Tarifa, plus d’une centaine de vautours venant du nord de l’Espagne sont tués par les éoliennes au moment où ils s’apprêtent à traverser le détroit de Gibraltar. https://www.youtube.com/watch?v=fV4fKqpQCg4

 

©Grand aigle de mer 1Le grand aigle de mer : Documentaire diffusé sur Arte. De la minute 30 à 32, si aujourd’hui, les grands aigles de mer ne sont plus considérés comme une espèce menacée, un nouveau danger les menace comme tous les oiseaux migrateurs qui par millions parcourent chaque année les côtes européennes. L’armée grandissante des hélices exige son tribu même dans les endroits les plus reculés. L’ampleur des dégâts à l’échelle européenne n’est pas connue. https://www.youtube.com/watch?v=S1vCF1Kq8jc

ARTE Sur les ailes des oiseaux

Sur les ailes des oiseaux : deux documentaire diffusés sur Arte https://www.youtube.com/watch?v=rOqhEw4s_WI  https://www.youtube.com/watch?v=Fj9ywbuZ-JA

 

 

Goélands
Mouettes
Guillemots
Lanruen
Tadorne