La pêche dans les mailles du filet éolien

« Prendre un chèque ne m’intéresse pas trop, ce que je veux, c’est pouvoir continuer de pêcher. »

— « On ne veut pas disparaitre du paysage. »

Le Penthièvre 27 avril 2017Le Penthièvre, 27 avril 2017, Agnes Esteves Da Silva

Julien Tréhorel est patron pêcheur depuis deux ans après avoir navigué comme matelot pendant plusieurs années. Il pense que son activité de pêche aux bulots est menacée.

Julien Tréhorel n’a pas l’habitude de mâcher ses mots. Ce marin pêcheur, patron d’un bateau avec lequel il parcourt la mer à la recherche de coquilles et bulots, tape aujourd’hui du point sur la table. Pour lui, le parc éolien prévu en mer menace faune, flore et… pêcheurs.

L’Intrépide, c’est le nom que Julien Tréhorel a donné à son bateau. Et c’est vrai que sur terre ou sur mer, Julien n’a pas peur des courants contraires. Aujourd’hui, c’est des éoliennes, dont le projet a pris un nouveau tournant la semaine dernière qu’il se méfie. Une méfiance qui vire à la colère lorsqu’il pense qu’il ne pourra plus se rendre sur une zone de pêche très prolifique pendant les deux ans de la construction… voire plus jamais.

Si l’impact sur le chiffre d’affaires des deux années blanches est conséquent, c’est surtout la suite que Julien Tréhorel appréhende. « Toute forme de navigation sera interdite pendant deux ans. Ensuite, on nous assure qu’on pourra naviguer entre les éoliennes. Mais tous les pêcheurs ne pourront pas le faire. Pour la pêche au bulot, il n’y aura pas assez d’espace entre deux éoliennes pour qu’on puisse mettre nos lignes contenant les casiers. Ce serait trop dangereux ».

Comme 48 autres pêcheurs à posséder une licence dans la baie, Julien Tréhorel pêche essentiellement le bulot, ce gastéropode très apprécié, surtout par les Italiens. « Le bulot est devenu le nouvel essor d’Erquy, il faut en tenir compte ! Les licences ont doublé en 10 ans mais les zones de pêche n’ont pas été étendues et, si on ne le fait pas, il y aura de la casse avec les éoliennes. »

(…) « J’ai demandé une réunion en urgence pour qu’on envisage de laisser une plus grande zone aux bulotiers. On va nous prendre une partie de notre ressource avec la construction de ce parc. Les éoliennes vont être implantées sur une zone très riche en faune marine, notamment pour la reproduction des lieux, merlans, tacauds, daurades et c’est une zone de regroupement pour les maquereaux l’hiver. Il y a tout un écosystème bien place là-bas. On nous dit que les pylônes seront des zones de biodiversité mais elle existe déjà et on va la détruire, c’est sûr. Quel animal résisterait à ce qu’ils vont faire en perforant à plus de 30 mètres et en déversant des tonnes de béton ? »

Inquiet, Julien Tréhorel l’est d’autant plus qu’aucune étude d’impact sur les coquillages et les mollusques n’aurait été diligentée. « On sent bien qu’on ne nous entend pas. C’est pourtant important de nous garder, les pêcheurs, on fait partie du paysage d’Erquy. On nous demande de nous pousser mais on ne veut pas disparaître du paysage ! »

Si des compensations sont ouvertes, compte tenu des nuisances provoquées par les éoliennes, les pêcheurs souhaiteraient qu’elles prennent vraiment en compte les pertes causées. « Mais prendre un chèque ne m’intéresse pas trop, ce que je veux, c’est pouvoir continuer de pêcher. »

https://www.pressreader.com/france/le-penthi%C3%A8vre/20170427/281801398853954

VIDEOS : Julien Tréhorel, Casiers à bulots sur L’INTREPIDE d’Erquy  https://www.youtube.com/watch?v=xOaPSAIFfq8

Julien Tréhorel, Pêche à la coquille Saint-Jacques en Baie de Saint-Brieuc, marée de 45 minutes  https://www.youtube.com/watch?v=_hNJsd81KNM


Le Tréport et Port en Bessin, les pêcheurs poursuivent leur lutte contre les projets d’implantation d’éoliennes industrielles sur les zones de pêche côtière.

Les marins pêcheurs impactés par les deux projets d’usine éolienne en mer devant Dieppe-Le Tréport et Arromanches-Courseulles se battent contre cette nouvelle industrialisation de la mer qui réduit chaque année davantage la ressource halieutique, et privatise la mer.

Ils ne cherchent pas à pourfendre le développement des énergies renouvelables en mer, mais nous interrogent sur le bien fondé de l’éolien industriel côtier, quand son implantation impose l’accaparement et l’industrialisation des espaces collectifs de pêche par des consortiums privés internationaux.

Retours de chalutiers à Port-en-Bessin
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Le Tréport - Emplois dans la pêche côtière

Port du Tréport

REGARDEZ CETTE BANDE-ANNONCE du film de Mathilde Jounot, qui raconte l’histoire d’une journaliste devant traiter un sujet sur la pêche durable, qui démarre sur la surpêche, creuse, puis réalise le rôle que jouent des banques, des multinationales, qui financent des ONG et manipulent l’opinion pour en fin de compte privatiser la mer. OCEANS, LA VOIX DES INVISIBLES https://www.youtube.com/watch?v=3ZzQOLZyRXg

ECOUTEZ L’INTERVIEW de Mathilde Jounot sur Tébéo https://www.youtube.com/watch?v=md8sM7frkGI

LIRE LE COMPTE°RENDU DU FILM sur  http://www.bateaux.com/article/22803/ocean-voix-invisibles-peche


# Avis très réservé des pêcheurs sur le projet éolien d’Ailes Marines en baie de Saint-Brieuc

Câbles ensouillés à 50%. Pas d’étude étayée de l’impact de la turbidité et du bruit sur la ressource halieutique pendant la construction. Interdiction de pêcher pendant 2 ans. Absence d’information sur les aménagements du port de Saint-Quay.

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logoLe Comité des Pêches des Côtes-d’Armor, celui d’Ille-et-Vilaine et le Comité Régional des Pêches Maritimes ont remis un avis « très réservé » à l’enquête publique sur le projet éolien industriel en baie de Saint-Brieuc.

http://cdpmem22.fr/page.php?page=76-eolien-en-mer-en-baie-de-saint-brieuc

« La première raison est l’absence de garantie concernant l’ensouillage des câbles, indique Alain Coudray, président du comité départemental des pêches maritimes. Nous n’avons pas la garantie d’un ensouillement intégral de tous les câbles. Les études, qui datent de 2012, évoquent un ensouillement partiel. On ne peut pas nous assurer qu’ils seront enfouis partout. Or nous demandons le maintien intégral des activités de pêche actuelles dans la zone des éoliennes. »

« On manque de données sur l’impact du bruit et de la turbidité. Ailes Marines compte récupérer les sédiments issus des forages, et les rejeter en mer. Quelles seront les conséquences sur les espèces qui sont pêchées dans cette zone ? Les coquilles Saint-Jacques, les poissons, les céphalopodes ? Il n’y a pas d’études. »

« On n’est au courant de rien. Il y aura des aménagements. La pêche veut être associée aux décisions qui seront prises. On veut que tous les bateaux puissent continuer à travailler, à débarquer leur pêche, qu’ils soient côtiers ou hauturiers. Qu’ils gardent les espaces de stockage ou de parking dont ils ont besoin. »

Ouest France, publié le 29 septembre 2016 : « Les pêcheurs ‘très réservés’ face au projet dans la Manche »  http://www.ouest-france.fr/bretagne/cotes-darmor/les-pecheurs-tres-reserves-face-au-projet-de-parc-eolien-offshore-4522351


# Eolien en mer : quels risques pour les pêcheurs, les navigateurs, les sauveteurs ? 

Barrow RNLI rescue fishing vessel crew

26 mai 2016 Barrow (30 Vestas 3MW) Après une collision, RNLI sauve un bateau de pêcheurs et ses 3 marins.

marisk-introLe programme européen de recherche ERC Human Sea et la conférence internationale sur la sûreté et la sécurité maritime et portuaire Marisk s’unissent pour organiser les 3 et 4 octobre 2016 à Nantes, le colloque Human Sea & Marisk centré sur le thème « Challenge économique et maîtrise des nouveaux risques maritimes : quelle croissance bleue ? ». http://www.humansea-marisk.com

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26 janvier 2016, dans une tempête, le Sea Worker chavire au large du Danemark (remorque rompue) avec 15 marins à bord et 178 000 litres de gazoil.

Patrick Chaumette, spécialiste du droit maritime, professeur à l’université de Nantes : « Premier risque, les questions de conflit d’usage et de sécurité de la navigation. Un champ d’éoliennes à l’endroit où passe le trafic portuaire, c’est manifestement incompatible. C’est aussi la question de la cohabitation de la pêche et du champ éolien. Fait-on un champ éolien relativement serré à l’intérieur duquel la pêche est interdite ? Ou, comme dans les projets modernes, l’ouvre-t-on de manière à ce que des pêcheurs puissent y slalomer, parce que ce sera des récifs artificiels correspondant en partie à une aire marine protégée. Et quid de la navigation de plaisance ? »

Sylvain Traversa, enseigne de vaisseau, chef du bureau Énergies marines renouvelables, préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord :« Le risque est par exemple celui d’une avarie, un navire qui va dériver dans le champ éolien. Comment intervenir et résoudre ce problème qui peut être très grave? Pour éviter que des bateaux s’y perdent, qu’on y organise par exemple des régates, il faut l’appréhender. La gestion des opérations de secours en mer par les préfets maritimes via les Cross est déjà difficile et vous mettez un jeu de quilles au milieu. »

http://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/croissance-bleue-la-securite-des-eoliennes-en-mer-est-deja-dans-l-air-4534313


Peut-on vraiment pêcher dans les parcs éoliens en mer ?Retours d’expérience danois, allemands, anglais

©Archives Le TélégrammeEn baie de St-Brieuc, une pêche côtière jeune et dynamique

A 17 km du port d’Erquy, sur une zone de pêche de 75 km2 (concession totale : 103 km2), l’Etat envisage d’implanter 62 éoliennes de 216m de haut pour une durée de 40 ans. L’enquête publique approche, de nombreuses questions demeurent en suspens.

L’usine électrique sera plantée en plein cœur de la baie, dans le gisement de coquilles St-Jacques dit du large, la pointe sud du parc sera localisée dans le gisement principal, sachant que la pêche côtière en baie de St-Brieuc se caractérise par la drague à la coquille St-Jacques. 74 % des navires côtiers possèdent une licence coquille St-Jacques. La moitié des St-Jacques pêchées en France provient de la baie de Saint-Brieuc, soit environ 6500 tonnes par an. C’est une pêche gérée durablement sans surexploitation de la ressource, dépendant de quotas définis chaque année par l’Ifremer après évaluation de la biomasse exploitable.

Avec 280 navires de pêches immatriculés, les Côtes d’Armor occupent le 2ème rang en Bretagne, derrière le Finistère. 88% des navires sont déclarés en petite pêche. Les armateurs sont les patrons de leur navire. Les armateurs briochins sont plus jeunes que dans le reste de la Bretagne, avec une majorité âgée de moins de 40 ans, notamment sur le port de Saint-Quay-Portrieux.


Quelles conditions pour la  pêche si le projet de centrale éolienne voit le jour ?

On ne sait toujours pas ce qui serait imposé aux pêcheurs.

L’implantation des éoliennes modifiera nécessairement la ressource halieutique d’une part, les habitudes de pêche d’autre part. La question fondamentale de l’ouverture à la navigation, du droit de pêcher, de jour comme de nuit, n’a reçu pour l’instant aucune réponse précise du Préfet maritime. La décision appartient à la Préfecture maritime, ainsi que la définition des modalités, calendrier, métiers, zones d’exclusion et/ou de sécurité en cas d’autorisation.
Le 1er avril dernier, la Grande Commission Nautique (organisme consultatif qui réunit des représentants de l’Etat et des usagers de la mer), a rendu un avis favorable à l’unanimité à l’implantation de la centrale éolienne dans la baie.

Concernant la sécurité en mer, on peut lire :
« Il faudra s’adapter aux éléments rencontrés, fondations sur pieux ou jackets, éolienne ou sous-station… Néanmoins, le danger existe. Dans le champ de Barrow-in-Furness, au nord de Liverpool, un bateau de maintenance s’est retrouvé coincé à la marée montante dans un jacket. Le navire a été fortement endommagé et a dû être remorqué ». Jacques Sauban, Inspecteur général Atlantique de la SNSM
Ou encore à propos de la possibilité d’hélitreuillage au milieu d’éoliennes de 216m de haut : « Cette possibilité reste à confirmer dans la mesure où cela n’a jamais encore été pratiqué, ni testé ».

Le principe de la pêche au sein du parc est validé avec une réglementation stricte :

  • « limiter l’activité pêche à la seule pêche à la coquille pendant les créneaux d’ouverture, et en dehors de ces périodes laisser les instances de la pêche gérer la co-activité des différents types de pêche»
  • pour les arts dormant, une zone d’exclusionde 200m autour de la station électrique (6km2) et de 50m autour de chaque éolienne avec utilisation de gueuses à la place de grappins;
  • pour les arts traînant, une autorisation uniquement entre certaines rangées d’éoliennes, et hors zone centrale, « la distance minimale rapportée à la ligne d’éoliennes faisant l’objet d’une réflexion ultérieure

Par ailleurs, dès le début des travaux programmés en 2018, les chenaux d’accès aux ports de St-Brieuc et St-Malo seront allongés afin de contourner la centrale éolienne.

Pendant les travaux, la navigation sera interdite à tous les navires extérieurs à la zone de chantier pendant 2 ans.

Le procès verbal est disponible sur le site internet du SHOM.  http://www.shom.fr/le-shom/conseils-et-comites/les-commissions-nautiques/les-commissions-nautiques-2016/


Les impacts prévisibles sur la ressource et leurs conséquences sur la pêche

Plus de 23 000 tonnes de crustacés, coquillages, et poissons, ont été vendue aux criées d’Erquy et de St-Quay-Portrieux en 2015.

Coquilles St-Jacques, praires, palourdes, amandes, araignées, tourteaux, homards, seiches, encornets, bars, lottes, raies, grondins, St-Pierre, églefins, etc., les 77 km² préemptés pour la centrale éolienne abritent une rare richesse halieutique réglementée et à forte valeur ajoutée.

Ce à quoi peuvent s’attendre les pêcheurs :

o  La destruction des fonds marins
o  La pollution aux métaux lourds de l’eau de mer de toute la baie, et au-delà, de l’océan (15 tonnes d’anode sacrificielle par éolienne)
o  Une vie marine asphyxiée
o  Une augmentation du trafic maritime
o  La possible fermeture de certaines zones
o  Une augmentation du bruit sous-marin
o  Des vibrations éoliennes transmises au socle rocheux et au sable qui le recouvre
o  Des champs électromagnétiques autour des câbles électriques
o  Des câbles électriques, des empilements de roches pour les maintenir en place, qui seront autant d’obstacles sur lesquels s’accrocheront dragues, filets, palangres.


Qu’en est-il à l’étranger ? Allemagne, Pays-Bas, Belgique, Suède, la navigation dans les parcs éoliens est interdite aux pêcheurs. Au Danemark des restrictions proches de l’interdiction

Allemagne   Allemagne

La navigation et la pêche sont interdites dans tous les parcs éoliens allemands sans dérogation administrative possible. A cette interdiction s’ajoute l’interdiction de naviguer, l’interdiction d’utiliser des filets chalut de fond, dérivants ou autres équipements similaires dans une zone dite de sécurité de 500 mètres autour du parc.
Source BSH, Organisme d’état allemand délivrant les autorisations d’installation et d’exploitation des parcs éoliens en mer, Bundesamt für Seeschifffahrt und Hydrographie, Interdiction de circuler dans tous les parcs eoliens offshore allemands, janvier 2016
http://gardezlescaps.org/wp-content/uploads/2015/08/Interdiction-de-circuler-dans-tous-les-parcs-eoliens-offshore-allemands-01-2016.pdf

Belgique   Belgique

Même réglementation en Belgique,
« Il est interdit de naviguer et de pêcher à proximité des éoliennes.»
Source Plan d’aménagement des espaces marins Belge page 6

Pays-Bas   Pays-Bas

Même réglementation aux Pays-Bas,
« Aucun bateau n’a le droit de naviguer et la pêche est interdite. »
Source de Volkskrant-Amsterdam, 21 septembre 2011, http://www.volkskrant.nl

Danemark  Danemark

Au Danemark, la pêche côtière a presque disparu. « Les espaces à l’intérieur et en bordure immédiate du parc éolien constituent une zone marine protégée dans laquelle la pêche est restreinte. »
Source : Étude sur les parcs éoliens en mer publiée par les promoteurs et l’administration danoise, page 78 http://ec.europa.eu/ourcoast/download.cfm?fileID=975

Royaume-Uni  Grande-Bretagne

En Grande-Bretagne, la pêche est autorisée dans les parcs éoliens, mais beaucoup de marins-pêcheurs abandonnent ces zones de pêche parce qu’elles sont devenues trop dangereuses : danger des collision, danger des engins de pêche qui s’accrochent dans les structures ou dans les enrochements qui recouvrent les câbles.
Les bases des éoliennes mettent les bateaux en danger, marées fortes et grosses vagues balancent loin du bateau et emmêlent facilement les engins de pêche autour des pieux et des structures sous-marines. En Grande-Bretagne, il est demandé aux pêcheurs de ne pas s’approcher à 55 mètres d’une turbine. En cas d’incident, les pêcheurs ne sont pas autorisés à démêler leurs engins. Ils doivent signaler l’incident et attendre que l’exploitant leur fournisse des engins de remplacement.

o Greater Gabbard

A 25 km au large des côtes du Suffolk, 140 éoliennes Siemens pour une capacité de 500 MW

La pêche a quasiment disparu, les pêcheurs ont été contraints d’abandonner leur métier.

Témoignage de Ben Stebbing, ancien marin pêcheur reconverti dans le transfert de personnel sur les champs éoliens.
« A l’époque où j’ai créé la société Enviroserve, à Lowestoft, dans le sud-est de l’Angleterre, les pêcheurs n’ont pas eu trop d’alternative. Soit on prenait un chèque en contrepartie de l’abandon de notre métier, soit on se reconvertissait dans le transport de passagers. … Dans ma région, la pêche a quasiment disparu et il n’est pas possible de pêcher à l’intérieur des champs éoliens. »

«… lors des phases de construction des parcs éoliens. C’est la période où il y a beaucoup de demandes dans notre métier. A titre d’exemple, London Array, le plus grand parc sur lequel nous avons travaillé a mobilisé 35 bateaux de transfert pendant la construction. Aujourd’hui, en phase d’exploitation, il n’y a plus besoin que de 4 navires. »

Bateaux de transfert : « Il faut être capable de proposer la télé, des douches, le couchage à bord, l’air conditionné… » « Chez nous, les premiers à arriver ont été les Néerlandais. »

Pas d’emplois durables créés. « Dans six mois, l’activité va peut-être redémarrer. Il y a de gros projets au nord du Pays de Galles »

Source http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/pecheur-anglais-reconverti-dans-leolien-offshore-26-09-2013-110971

Ceux qui sont restés sont amers, la ressource a fortement diminué, les fonds marins sont dangereux.

« Désormais, les bateaux de pêche d’Aldeburgh sont incapables d’accéder à d’importants stocks de soles de Douvres à environ deux miles au large de la côte, en raison des perturbations causées aux fonds marins par le chenal du câble d’atterrage.

Les promoteurs s’étaient engagés à remettre les fonds marins dans leur état d’origine une fois les travaux terminés, mais ils ont prétendu qu’ils n’avaient pas réussi, ce qui a créé des obstacles et des risques pour les bateaux et pour les filets.

Jerry Percy, porte-parole de l’Association des pêcheurs côtiers :
« L’impact du développement de ces sites éoliens sur les stocks et sur les marins pêcheurs est très préoccupant ». La pêche artisanale étant déjà sous pression, ces perturbations supplémentaires pourraient signifier la fin de l’activité.

« Nous avons été ici depuis des générations et pourtant avec ces développements, les promoteurs nous poussent dehors. »

Le porte-parole de Greater Gabbard Offshore Winds Limited (GGOWL) a répondu que des réunions régulières avec les représentants de l’industrie de la pêche avaient été tenues pour tenir compte des préoccupations des marins pêcheurs. »

Source  EAST ANGLIAN Daily Times février 2015 http://eadt.co.uk/1.3945934

o London Array

A 28,6 km au large de Foreland sur la côte du Kent en Angleterre, 341 éoliennes Siemens pour une capacité de 1000 MW.

Des câbles à éviter

« Il est difficile de pêcher au London Array. Dans un parc éolien, tout utilisateur d’une drague doit savoir précisément où se trouvent les câbles, qu’ils soient ensouillés ou non. Cette information est vitale pour éviter d’être pris sur le câblage sous-marin.

Et c’est dangereux en cas de mauvaise visibilité, d’autant que les radars sont très imprécis à causes des ondes électromagnétiques émises par les éoliennes. En effet,chacune d’entre elles est représentée par une tache oblongue d’environ 1 km sur l’écran radar, donc sa position est très vague.

De plus, l’image radar d’un autre bateau peut se confondre avec l’image démesurée d’une éolienne. D’où le danger de collision par brouillard ou mauvais temps. Et ces jours-là, les équipes de sauvetages seront à peu près impuissantes pour intervenir dans le parc éolien, pour les mêmes raisons. »
Source  http://www.seakeeper.org/?page_id=1298

o Thanet

A 11 km au large des côtes du district de Thanet, dans le Kent, 100 éoliennes Vestas pour une capacité de 300 MW.

Des radars brouillés

« Le radar était de peu d’aide. Les pales créent un champ électromagnétique qui interfère avec la façon dont chaque éolienne apparaît sur le radar. Au lieu de se présenter comme des points, elles apparaissent comme des lignes horizontales obscures quelle que soit leur taille.

Par beau temps, traverser un parc éolien ne semble pas poser de risque majeur. « Il suffit de regarder par la fenêtre » pour voir ce qui est autour de votre bateau au lieu de compter sur le radar ». Mais par mauvais temps – un brouillard inattendu, un gros temps, des grosses vagues, des marées rapides, naviguer avec la précision du radar est d’une importance vitale. Si un pêcheur ne peut pas dire où il est par rapport aux éoliennes ou d’autres bateaux, les chances de collision sont élevées. Et les sauvetages en hélicoptère ne peuvent pas être menés dans les parcs éoliens.

« Il vous faut réfléchir à deux fois avant d’entrer dans un parc éolien ».


Danger des câbles sous-marins. Un exemple récent en baie de Saint-Brieuc

En baie de Saint-Brieuc, deux câbles sous-marins de fibre optique ont été installés en 2001 entre les Etats-Unis et l’Europe, « Flag Atlantic-1 », soit 14.500 km de longueur pour un investissement de 1,13 milliard d’euros. Un câble relie Long Island (USA) à la plage du Palus à Plouha avant de rejoindre la station télécom de Plérin. Le second relie Long Island à la plage des Rosaires à Plérin, avec un détour par la Cornouaille où il alimente la Grande-Bretagne. Ce second câble passe par le gisement de coquilles Saint-Jacques de la baie de Saint-Brieuc.

Le passage répété des dragues des coquillers a désensouillé le câble. Le risque de croche par les engins de pêche s’est accru, plusieurs incidents ont eu lieu.

Le constructeur a jugé trop coûteux de ré-ensouiller le câble. L’autorisation d’occupation du domaine maritime n’a pas été été prorogée. Un tronçon de 7 km a déjà été retiré en septembre 2015, avant le lancement de la campagne de pêche à la coquille. Pour enlever le reste jusqu’à la limite des eaux territoriales françaises, une autorisation préfectorale est nécessaire, et donc une enquête publique. Le coût de ce démantèlement prévu avant l’été est de 2,28 millions d’euros.
Source  http://www.ouest-france.fr/bretagne/plerin-22190/flag-atlantic-1-le-tres-cher-cable-sous-marin-naura-vecu-que-15-ans-4083741


L’écosystème de la baie de St-Brieuc a fait vivre des générations de pêcheurs. Qu’est-ce qui justifie une privatisation industrielle de cet espace préservé, protégé, géré ?

Il ne s’agit pas de pourfendre le développement des énergies renouvelables en mer, mais de s’interroger sur le bien fondé de l’éolien industriel côtier, quand son implantation impose l’appropriation et l’industrialisation des espaces collectifs de pêche par un consortium privé international.

180 km2 de la baie de Saint-Brieuc ont été préemptés.

Cette industrialisation de l’espace maritime public voulue par l’Etat se fait au dépends de l’économie locale, des populations riveraines, des marins pêcheurs.

Les marins pêcheurs vont supporter d’énormes impacts négatifs par la perte de zones de pêche, et par la dégradation globale de l’écosystème de la baie, qu’aucune mesure de compensation financière ne pourra restaurer. Le temps des écosystèmes est infiniment long, celui des destructions singulièrement rapide.

La multiplication des projets EmR le long du littoral breton et du littoral français met en péril l’avenir de la pêche professionnelle au profit d’une énergie hors de prix, subventionnée, de mauvaise qualité (intermittente), non décentralisée (consommation nationale ou européenne), polluante (430 kg de terres rares par éolienne en mer et relarguage d’environ 100kg d’aluminium par jour dans la colonne d’eau pour la centrale), nocive pour tous les organismes vivants (infrasons, ondes basse fréquence, champs électromagnétiques).

Enfin, il faut réaliser que ce projet dont le coût s’élève désormais à 2,7milliards d’euros hors aménagement terrestres et portuaires, produira en 365 jours à peine 1 journée de la consommation électrique des Français …

©Greater Gabbard


La pêche dans les mailles du filet éolien.

La pêche française se situe au 4ème rang de l’Union Européenne avec environ 10% des captures. Elle a généré 1 milliard d’euros de chiffre d’affaire en 2012 et représente 93 000 emplois directs et induits.

Port_Erquy ©atoutnauticDans la quasi totalité des régions, la petite pêche est le secteur qui réunit le plus d’emplois avec 58% des effectifs.
o   Petite pêche …….. 58%
o   Pêche côtière……..16%
o   Pêche au large …. 19%
o   Grande pêche ….….7%
La Bretagne est toujours le plus grand bassin d’emplois de marins pêcheurs (6 383 en 2010).
Source http://www.developpement-durable.gouv.fr/-Les-peches-maritimes-et-l-.html

Ces chiffres nous rappellent que la pêche artisanale est un secteur essentiel du tissu économique et social des régions littorales, qu’elle a construit leur histoire, leur identité, et qu’en Europe, la France occupe une position dominante.

Fécamp, Erquy, Saint-Quay, Le Croisic, Noirmoutier, etc., de la baie de Seine à la Vendée, la pêche est l’âme de nombreuses communes littorales.

Alors, comment expliquer que dans le cadre des projets nationaux d’implantation de centrales éoliennes sur la bande littorale des 12 miles, nos marins pêcheurs aient été emmenés en voyage d’étude dans des pays où la pêche côtière a pratiquement disparu (industrialisation, anthropisation, pollution des mers du Nord et Baltique) et où la volonté politique affichée est le développement de l’industrie en mer et de l’aquaculture ?

Comment expliquer que pendant les débats publics concernant ces projets, les inquiétudes sur la pérennité des ressources halieutiques de notre littoral, étaient balayées par les promoteurs et les élus avec des références aux parcs danois quand la pêche côtière n’existe quasiment plus au Danemark ?

Un exemple en baie de Saint-Brieuc relaté dans PECHE D’ARMOR, Le journal de la filière pêche du 22 en 2009.
« Le Conseil Régional de Bretagne a financé et organisé la visite du parc éolien offshore C-POWER la semaine du 20 octobre 2008 à Ostende en Belgique. Les comités locaux de pêche de Saint-Brieuc et de Lorient, ainsi que le Comité Régional étaient invités pour mieux comprendre les étapes d’un tel chantier, les impacts et la façon dont la pêche avait été intégrée dans ce projet. (…)
La zone retenue pour développer ces équipements offshores n’était peu voire pas travaillée par les professionnels de la pêche, qui n’ont donc pas montré d’opposition. La navigation a été interdite dans la zone avec des dérogations administratives possibles. »

Nouvelle_jetee_port_OostendeLA PECHE EN BELGIQUE
La pêche belge se situe aux derniers rangs de l’Union Européenne avec une flotte de moins de 80 navires et 341 marins pêcheurs. « Notre zone côtière est densément peuplée et la partie belge de la mer du Nord est l’une des mers les plus fréquentées au monde. Ceci n’est pas sans conséquence pour le milieu marin. Port_d_OostendeMalgré une amélioration perceptibles ces dernières années de la pollution par les hydrocarbures et les métaux lourds, la pression sur tout ce qui vit dans la mer reste élevée et une grande part de la biodiversité marine dans la partie belge de la mer du Nord a déjà disparu. »
Photo : Port d’Ostende en Belgique

Sourcehttp://diplomatie.belgium.be/fr/politique/coordination_affaires_europeennes/politique_de_la_belgique_au_sein_ue/agriculture_et_peche/  http://health.belgium.be/internet2Prd/groups/public/@public/@mixednews/documents/ie2divers/19087704.pdf

Danemark bateau peche pelagique minotiere IsafoldLA PECHE AU DANEMARK
Depuis 2003, le Danemark a « privatisé » sa ressource pélagique, ce qui a concentré la pêche dans les mains de quelques propriétaires : les pêcheurs artisanaux ont été « rachetés » par une poignée de grandes entreprises appelées « Barons des quotas » par la presse danoise. Selon les estimations du journal Jyllands-Posten, 8 navires appartenant à ces Barons représentent un quart de la valeur des débarquements de poisson du pays. « La pêche côtière au Danemark est en train d’être quasiment éliminée sous le régime actuel ». (Rapport de la Commission danoise sur la pêche côtière) Le journal danois Politiken a publié un rapport apprenant que sur près de 1400 pêcheurs professionnels ayant reçu des subventions publiques entre 2004 et 2010, 20 d’entre eux ont totalisé 57% de l’argent reçu.
Source http://cphpost.dk/news14/national-news14/richest-fishermen-get-biggest-subsidies.html et http://aquaculture-aquablog.blogspot.fr/2011/09/danemark-pelagique-quota-peche-qit.html

LA PECHE EN ALLEMAGNE
Wikipédia nous apprend que « La pêche est un secteur plutôt secondaire en Allemagne, son poids a diminué depuis les années 1970. Elle est remplacée petit à petit par les importations, à cause notamment de l’épuisement des ressources halieutiques en mer du Nord, et n’est que faiblement compensée par la pêche en haute mer. »
Source https://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_en_Allemagne#P.C3.AAche

LA PECHE AU ROYAUME-UNI
Avec 12% des captures, le Royaume-Uni se place au 2ème rang de l’Union européenne. (Espagne 1er rang, Danemark 3ème rang). La politique a cependant dévasté l’industrie de la pêche du Royaume-Uni avec de lourdes répercussions sur les communautés de pêcheurs. On estime que plus de 97 000 emplois ont été perdus dans les 15 dernières années, 9 000 dans la pêche et 88 000 dans les industries à terre.

LA PECHE EN ESPAGNE
En Espagne, le secteur de la pêche représente environ 41 500 emplois. La moitié de la flotte est en Galice, plus grande région halieutique de l’Union Européenne en termes d’emplois, de production et de transformation dans la filière pêche-conchyliculture-aquaculture.

Espagne Galice manifestation Pêcheurs et mytiliculteurs santiago 27 février 2016 el correo gallego

Le 27 février 2016, 30 000 pêcheurs et conchyliculteurs ont manifesté dans les rues de Saint-Jacques-de-Compostelle. Marins et pêcheurs, mais aussi défenseurs de l’environnement, syndicats et partis politiques de l’opposition, considèrent que les nouvelles règles espagnoles, qui découlent du droit européen, emmènent les pêcheurs vers « une mort certaine » et demandent un changement de cap. Sur les banderoles, on pouvait lire :

«  La mer est notre futur  »

«  La mer n’est pas à vendre  »

«  Des moules, pas de saumon  »

«  Non à la loi sur l’aquaculture  »

Sources  http://www.euractiv.fr/section/agriculture-alimentation/news/spanish-fishermen-go-on-pilgrimage-to-protest-law-change/ et http://aquaculture-aquablog.blogspot.fr/2016/02/galice-30-000-pecheurs-conchyliculteurs-mer-est-notre-futur.html

LA PECHE ARTISANALE FOURNIT DES SOLUTIONS SOCIALEMENT ET ECOLOGIQUEMENT JUSTES

Port_ErquyEn France, la pêche maritime se caractérise par la diversité de ses flottilles, de ses captures et de ses techniques. La bande côtière des 12 milles en Manche et en Atlantique, fait vivre les deux tiers de la flotte et génère un tiers du chiffre d’affaires.

Cependant, dans le contexte européen d’industrialisation de la mer désormais perçue comme source de croissance par les pays qui n’ont pratiquement plus de pêche côtière, les marins pêcheurs vont être confrontés à la privatisation et à la destruction de leurs espaces coutumiers de pêche au profit de puissantes multinationales.

Au nom de « l’économie bleue », d’une part l’Etat tente de passer en force en imposant des projets qui privatisent la mer à des fins de non–pêche. D’autre part ces projets ont des impacts environnementaux catastrophiques (étouffement des fonds marins et des habitats fonctionnels, bruit fatal, champs électromagnétiques). La dégradation inéluctable des écosystèmes entraînera une disparition progressive voire l’écroulement de certains stocks communautaires et la réduction des quotas associés, avec des conséquences lourdes pour de nombreux pêcheurs dépendant exclusivement de cette ressource.

ON NE PECHE PAS A L’INTERIEUR DES PARCS EOLIENS EN MER

Les centrales éoliennes électriques en mer envisagées par l’Etat vont créer un espace morcelé, anthropisé et conflictuel. La pêche y sera interdite pour des raisons de sécurité, comme c’est le cas dans pratiquement tous les parc éoliens en mer existants, et dans tous les parc éoliens allemands, contrairement à ce qui a été dit pendant les débats publics.

©Vision_ADLes interdictions de navigation pour tous les bateaux sans dérogation administrative possible dans tous les parcs éoliens en mer allemands, sont confirmées par un document de janvier 2016 émis par l’organisme d’état allemand délivrant les autorisations d’installation et d’exploitation des parcs éoliens en mer, le BSH basé à Hambourg et Rostock (Bundesamt für Seeschifffahrt und Hydrographie, 800 salariés).

« (…) de la définition de la zone de sécurité pour le parc éolien et des règles de circulation dont il découle que circuler dans le parc éolien avec un bateau quelque soit sa taille est interdit. La pêche est interdite. (…). »

A cette interdiction s’ajoute une zone de sécurité de 500 m autour du parc, l’interdiction de naviguer dans la zone de sécurité, l’interdiction d’utiliser des filets chalut de fond ou dérivants ou autre équipement similaire.

Source Bundesamt für Seeschifffahrt und Hydrographie, Document en allemand et anglais, Interdiction de circuler dans tous les parcs eoliens offshore allemands- 01 2016

REGARDEZ CETTE COURTE VIDEO. Elle annonce le documentaire de Mathilde Jounot, qui entre en production et racontera l’histoire d’une journaliste devant traiter un sujet sur la pêche durable, qui démarre sur la surpêche, creuse, puis réalise le rôle que jouent des banques, des multinationales, qui financent des ONG et manipulent l’opinion pour en fin de compte privatiser la mer. OCEANS, LA VOIX DES INVISIBLES https://www.youtube.com/watch?v=3ZzQOLZyRXg

Sources
o LA PECHE EUROPEENNE EN CHIFFRES http://www.europarl.europa.eu/atyourservice/fr/displayFtu.html?ftuId=FTU_5.3.9.html
o Les filières pêche et aquaculture en France, avril 2014   Filière-Française-2014
o Pêche et Mareyage, Une filière économique en Côtes d’Armor, données 2014  Filiere-Mer-Cotes-Armor-2014


Erquy – Non aux éoliennes. Le cri du cœur d’Alain Guillot

Alain Guillot est né, a grandi, vit à Erquy.C’est son 4e mandat à la mairie. Et il est particulièrement fier du vote des élus, contre le projet de parc éolien.

©Le Penthièvre

Les conseils municipaux, c’est toujours un peu la même chose. Il y a le maire qui parle, beaucoup. Quelques adjoints qui ont le micro, de temps en temps. Et puis il y a les autres élus, actifs pendant les commissions, mais qui en réunion de conseil ne s’exprime presque jamais.

« On va tuer la pêche »

« Si les éoliennes sont plantées là-bas, au milieu du gisement, on va tuer la pêche ». Il y a des trémolos dans la voix. Alain Guillot, habituellement si discret, n’a pas eu besoin du micro, lors du dernier conseil d’Erquy pour exprimer tout son désarroi à l’idée que le parc éolien puisse voir le jour en baie de Saint-Brieuc.

Alain Guillot, tout le monde le connaît sur la commune. Sa haute silhouette baraquée, claudiquant sur les quais du port, on le reconnaît de loin. Un roulis qu’il doit à l’océan : la mer lui a pris une jambe et son frère, lors d’un grave accident de pêche en 1990.

Ensouillage des câbles

À l’époque, il était président du comité local des pêches. Il est toujours représentant des pêcheurs de la façade ouest pour la CFTC. La mer, la pêche lui restent chevillés au corps. Alors ce parc éolien, au large de son village natal, planté au milieu du gisement principal des coquilles Saint-Jacques, ça l’ulcère.

« C’est une véritable catastrophe : si les câbles ne sont pas ensouillés, commentles pêcheurs pourront pratiquer les arts traînants, la drague, le chalut ? »

Sur la Grande Avenue

Un dossier brûlant qui prend aux tripes ce conseiller municipal délégué au port. « Il faut que les gens se rendent comptent : ce n’est pas qu’une question esthétique, ce parc éolien est un vrai danger pour l’activité de la pêche qui fait vivre le secteur ».

Alain Guillot donne un exemple : « Le parc fait 75 km2, en plein milieu du gisement de coquilles et de ce qu’on appelle la Grande Avenue : par gros temps, c’est là que viennent draguer tous les pêcheurs, en hiver, pour être un peu à l’abri ».

Et la plage ?

Et quel impact sur la coquille ? « Aucune étude solide n’a été faite. Comment vont réagir les naissains (larves des coquilles Saint-Jacques) ? »

Le parc offshore, n’est pas l’unique sujet d’inquiétude d’Alain Guillot. L’atterrage sur la plage de Caroual le tracasse tout autant. « Si la pêche est mise à mal par les éoliennes, il en sera de même par ces câbles qui vont dénaturer la plage. Qu’en sera-t-il alors du tourisme ? Ça fait 62 ans que je vis à Erquy, jamais je n’aurais pu imaginer ça »

Cri du cœur

Un cri du cœur qu’il a tenté de résumer, lors de la réunion du conseil où il n’a pas l’habitude de prendre la parole. Quelques mots et beaucoup d’émotion qui ont été applaudis par le public venu nombreux entendre la décision des élus, unanimes : « En l’état, le conseil municipal d’Erquy émet un avis défavorable au projet de parc éolien offshore en baie de Saint-Brieuc tel que proposé par Ailes Marines et RTE ».

 Le Penthièvre, 22/03/2016, par Helen Hérault, http://www.lepenthievre.fr/2016/03/28/non-aux-eoliennes-le-cri-du-coeur-d-alain-guillot/


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