Monsieur Hulot, Monsieur le ministre de la transition écologique et solidaire, pourquoi planter une centrale électrique sur les fonds benthiques de la baie de Saint-Brieuc si une centrale à gaz est construite à Landivisiau ?

Faute de vents constants, le développement éolien est inefficace en Bretagne

La Bretagne est bien connue pour ses vents tournants et instables se démarquant des vents forts et réguliers de la mer du Nord. La densification éolienne de la Bretagne se poursuit néanmoins à un rythme soutenu, à terre comme en mer avec un projet de méga-complexe éolien de 496 MW devant les caps d’Erquy et Fréhel qui a été autorisé par le Préfet des Côtes d’Armor trois jours avant les élections présidentielles.

On remarquera qu’avec une production moyenne de 19%, la puissance éolienne installée en Bretagne a augmenté de +6,8% en 2016 pour une production d’électricité éolienne qui a baissé de -10,6% (Bilan électrique annuel de RTE).

… « les autorités françaises notent que (…) la gestion de l’intermittence constitue donc un enjeu croissant en Bretagne, nécessitant de plus en plus la disponibilité de moyens flexibles tels que le CCG de Landivisiau» (Décision de la Commission européenne, 15 mai 2017)

L’inconstance du vent rend obligatoire la construction d’une centrale thermique fossile augmentant les rejets de CO2

Les énergies renouvelables intermittentes ne pouvant assurer l’équilibre de la production électrique bretonne, les pouvoirs publics sont contraints d’envisager au Nord-Ouest de la Bretagne (Landivisiau) la construction d’une centrale à gaz de puissance active garantie de 450 MW que le producteur (Consortium Direct Energie/Siemens) s’engage à être en mesure d’injecter sur le réseau pour assurer l’équilibre entre production et consommation. Il est prévu que cette centrale à gaz fossile fonctionne pendant une durée de 3 000 heures par an.

Sur cette base, on comprend que le projet éolien dans la baie de Saint-Brieuc va produire de l’électricité de façon discontinue et aléatoire 30% du temps en moyenne, et la centrale à gaz de Landivisiau 70% du temps !

Une aide de l’Etat de 800 millions d’euros 

On comprend aussi que les subventions vont se cumuler : subvention pour construire une centrale à gaz, tarif de rachat de l’électricité du projet de Saint-Brieuc quasiment 4 fois supérieur au marché et garanti pendant 20 ans, subvention pour la perte de rentabilité de la centrale à gaz de Landivisiau. L’électricité éolienne étant prioritaire sur le réseau, la centrale à gaz de Landivisiau devra s’arrêter chaque fois que le vent soufflera en baie de Saint-Brieuc puis redémarrer aussi vite qu’une mobylette à la fin du coup de vent, une perte de rentabilité qui va être subventionnée : 800 millions d’euros en 20 ans à prévoir pour Landivisiau.

« Le montant de la prime versée au titre de l’appel d’offres sera au maximum de 94 000 EUR/MW/an en valeur au 31/11/2011. La prime sera versée pour une durée de 20 ans et sera indexée pendant la durée du projet pour tenir compte de l’évolution des coûts d’exploitation et d’entretien. Le montant de la prime versée au titre de l’appel d’offres sera au maximum de 40 millions d’euros par an» (Décision de la Commission européenne, 15 mai 2017).

Cette prime publique représentera 60 % du chiffre d’affaires généré par la centrale et sera financée en partie par le marché de capacité. Or, le marché de capacité, est intégralement répercuté sur la facture d’électricité des consommateurs !

Le gaz sera importé
Dernière incongruité, le gaz sera importé, la France ne maîtrisera pas la fluctuation des tarifs, « une nouvelle canalisation de gaz de 111 km est nécessaire pour l’alimentation de la centrale. Le coût estimé de ce projet est d’environ 100 millions d’euros, qui sera préfinancé par GRTgaz (société française créée en 2005 assurant la gestion du réseau de transport de gaz en France).» (Décision de la Commission européenne, 15 mai 2017).

Deux poids deux mesures ?

Au tribunal administratif de Rennes, le rapporteur public vient de rejeter les arguments des opposants au projet de Landivisiau.

Il est légitime de s’interroger sur ce qui justifie qu’une centrale de production d’électricité de 450 MW sur terre relève du tribunal administratif de Rennes et qu’une centrale de production d’électricité de puissance équivalente en mer relève de ce qui ressemble à un tribunal d’exception, la cour d’appel administrative de Nantes, ce qui retire un échelon juridictionnel aux citoyens et associations.

LIRE l’article du TELEGRAMME http://www.letelegramme.fr/finistere/landivisiau/centrale-au-gaz-de-landivisiau-le-rapporteur-public-rejette-les-arguments-des-opposants-29-09-2017-11683173.php
« Dans un rapport très détaillé, le rapporteur public du tribunal administratif, dont l’avis est très souvent suivi par le juge, a expliqué pourquoi il considérait les demandes d’annulation des opposants comme « insuffisantes » pour faire annuler le projet.
En préambule, il déclare considérer « qu’il n’y a pas eu d’irrégularités dans l’enquête publique préalable », ni « d’insuffisance dans l’étude d’impact ».
(…)
Quant à la faune et la flore, « le projet a reçu des autorisations exceptionnelles qui lui donnent le droit de détruire deux espèces animales protégées, à condition de mettre en place des mesures d’évitement ». Selon lui, l’arrêté préfectoral n’est pas attaquable sur ce point.
L’avocat des opposants regrette, quant à lui, que « la France, d’un côté, n’hésite pas à rabrouer M. Trump parce qu’il ne signe pas l’accord de Paris et de l’autre, à implanter des centrales à gaz en dépit du bon sens ».

Nicolas Hulot va-il suspendre le projet éolien en baie de Saint-Brieuc ?

La baie de Saint-Brieuc, des panoramas maritimes époustouflants, un écosystème marin riche et singulier

Cinquième baie au monde pour l’amplitude de ses marées, la baie de Saint-Brieuc est une aire marine remarquable où la géologie a sculpté des panoramas maritimes époustouflants et des fonds marins où se sont développés des habitats naturels complexes faisant de la baie de Saint-Brieuc un haut lieu de biodiversité marine à l’échelle mondiale.

Bancs de maërl, coquilles Saint-Jacques, praires, palourdes, amandes de mer, bulots, homards, araignées, seiches, bars, soles, turbots, Saint-Pierre, barbues, …, plus de 60 espèces sont ainsi vendues sous les halles à marée d’Erquy et de Saint-Quay-Portrieux les plaçant au 3ème rang (sur 40) des halles à marée françaises en valeur marchande. Le gisement naturel de coquilles Saint-Jacques de la baie est la zone la plus productive au niveau national.

Bordé de falaises rocheuses, ce vaste espace maritime abrité du vent est aussi une mer d’accueil privilégiée pour les oiseaux marins et pour des milliers d’oiseaux migrateurs et hivernants, avec quantité de sites d’alimentation en mer. La partie sud de la baie est une réserve naturelle nationale depuis 1998, la plus grande réserve naturelle ornithologique de Bretagne, sa valeur patrimoniale est d’intérêt international. 50 000 oiseaux de 300 espèces différentes fréquentent la baie de Saint-Brieuc en hiver.

Cette richesse naturelle contribue à de multiples services écosystémiques sur le plan environnemental, économique, et social.

Dans cet espace protégé de longue date, entre deux zones Natura 2000 en mer, l’Etat veut implanter une centrale électrique de la taille de a ville de Paris

Natura 2000

Implantation au milieu des zones Natura 2000 en mer (ocre)

Pour une durée de 40 ans, une concession de 103 km2 prise sur le domaine public maritime, a été attribuée au promoteur hispano-anglais Ailes Marines (filiale d’Iberdrola et de RES) qui souhaite y construire une usine éolienne de 500 MW.

A 16 km des caps de Fréhel et d’Erquy, grands sites de France accueillant plus d’1 million de visiteurs chaque année, cette usine sera composée de 62 éoliennes de 216 mètres de haut, (plus hautes que la tour Montparnasse : 209 m), plus une station électrique en mer et une station électrique à terre (Erquy).

Pour implanter cette usine, il faudra :

256 forages en mer jusqu’à 42 mètres de profondeur. Plus de la moitié seront battus, puis forés, puis battus. Il faut 4000 battages (chocs) pour un seul pieu 3D. Chaque fondation repose sur 4 pieux. Ensuite, du béton est injecté dans les forages. Destruction des fonds, bruit, vibrations : des impacts dramatiques sur les fonds marins, les coquillages, les crustacés, les poissons, les mammifères, les oiseaux.

Les sédiments extraits des forages, 70.000 tonnes environ, seront rejetés directement dans la mer créant un nuage turbide qui asphyxiera tout ce qui est vivant.

En phase de fonctionnement :

La station électrique rejettera dans la mer en continu de l’eau à 50 degrés (200.000 litres par heure).

Chaque éolienne portera à sa base une anode sacrificielle de 20 tonnes d’aluminium, ce qui signifie que 160 kg d’aluminium seront largués chaque jour dans la mer, soit 58 400 tonnes par an. Le rejet est supérieur au seuil retenu par l’INERIS. Toute la chaîne alimentaire sera contaminée.

Le maillage de câbles sous-marins sera excessivement dense : 149 kilomètres de câbles électriques dont 50 kilomètres ne seront pas ensouillés. Les risques de croche et de collision pour les marins pêcheurs sont énormes, et d’autant plus dangereux que les ondes électromagnétiques des éoliennes brouillent les radars. L’hélitreuillage est impossible dans une zone éolienne.

Une pollution globale qui n’a rien de renouvelable

Ces 62 éoliennes contiendront 26.660 kilos de terres rares importées de Chine (la radioactivité mesurée dans les villages près de la mine d’extraction de Baotou est 32 fois supérieure à la normale, contre 14 fois à Tchernobyl), 155.000 litres d’huile de synthèse lubrifiante, 4 tonnes d’hexafluorure de souffre (le plus puissant gaz à effet de serre, 22800 fois supérieur à celui du CO2, avec une durée de vie dans l’atmosphère de 3200 ans).

70% environ de leur temps de fonctionnement, ces éoliennes seront couplées à une énergie carbonée (la centrale à gaz importé prévue à Landivisiau ?), puisqu’elles fonctionneront au mieux 30% du temps de façon irrégulière et non pilotable. Ce projet s’il était réalisé, fournirait de manière discontinue en 365 jours, à peine une journée de la consommation électrique française.

En résumé, plantée en plein coeur de la baie, une barrière industrielle polluante de la taille de la ville de Paris, un Paris qui serait bâti uniquement de tours Montparnasse.

X des tours Montparnasse en mouvement, les pales à bandes rouge/blanc/rouge des éoliennes tournent à 288 km/heure, les mâts flashent jour et nuit toutes les secondes,

X des tours Montparnasse assourdissantes, le promoteur annonce un niveau d’émission sonore de 111,7 db(A) par éolienne (= un hélicoptère).

Un projet écocide, destructeur d’emplois, autorisé par le Préfet, refusé par la population locale, dont les impacts ne sont pas maîtrisés, et dont l’extension a déjà été votée en 2016 par le Conseil régional (180 km2 préemptés)

Collectif

Modification des fonds, des courants de marée et des conditions de vent, désensablement des plages

Bruit, vibrations transmises au socle rocheux et au sable qui le recouvre, turbidité permanente dans le sillage des éoliennes, champs électromagnétiques autour des câbles électriques

Augmentation du trafic maritime, pollutions accidentelles, pollution continue à l’aluminium de toute la baie, et au-delà, de l’océan

Disparition de la mégafaune, perte d’habitat de l’avifaune, collision, barotraumatisme pour les chiroptères, barrière aux migrations des oiseaux et des poissons, etc.

Fermeture et perte de zones de pêches et de ressources pour les marins pêcheurs, amas de câbles électriques, d’empilements de roches pour les maintenir en place, qui seront autant d’obstacles sur lesquels s’accrocheront dragues, filets, palangres.

Impact négatif sur toute la chaîne de l’économie locale, d’où un avis défavorable de la majorité de la population

La raréfaction de la ressource halieutique menacerait tous les emplois du littoral en baie de Saint-Brieuc

Avec un littoral de 350 km, les Côtes d’Armor ont une économie basée sur le tourisme et la pêche maritime côtière. Chaque emploi en mer correspond à 3 ou 4 emplois à terre.

Une pêche côtière jeune, dynamique, gérée durablement sans surexploitation de la ressource, dépendant de quotas définis chaque année après évaluation de la biomasse exploitable. 280 navires de pêches sont immatriculés, dont 88% déclarés en petite pêche. Les armateurs sont les patrons de leur navire. 74 % des navires côtiers possèdent une licence coquille Saint-Jacques. (La moitié des Saint-Jacques pêchées en France provient de la baie de Saint-Brieuc.)

A Erquy, le port fait vivre plus du tiers de la population de la commune : les marins mais aussi les employés de la criée, du mareyage et de toutes les filières annexes (mécanique, accastillage, … etc).

A 17 km du port d’Erquy, l’usine électrique sera plantée dans le gisement de bulots et de coquilles Saint-Jacques dit du large, sa pointe sud sera dans le gisement principal, avec un passage des câbles à 225.000 Volts au droit du port. Si la pêche venait à disparaître, que deviendraient les marins pêcheurs, mais aussi le tourisme, le commerce, la restauration ?

Faut-il détruire l’écosystème marin riche et protégé de la baie de Saint-Brieuc au prétexte de transition énergétique ?

L’écosystème de la baie de St-Brieuc a fait vivre des générations de pêcheurs. La pêche artisanale côtière est une activité juste au plan environnemental et social. Qu’est-ce qui justifie la privatisation industrielle de cet espace préservé, protégé, géré ?

Il ne s’agit pas de pourfendre le développement des énergies renouvelables en mer, mais de s’interroger sur le bien fondé d’un projet qui, au dépends de l’économie et des populations locales, impose dans l’indifférence administrative, la privatisation et l’industrialisation de l’espace collectif par un consortium privé international.

Aucune mesure compensatoire ne pourra restaurer l’écosystème de la baie de Saint-Brieuc. Le temps des écosystèmes est infiniment long, celui des destructions singulièrement rapide.

En 2013, notre ministre de l’environnement Nicolas Hulot, avait lui même défendu la baie de Lannion d’un projet industriel : « La Fondation vous demande, Monsieur le Ministre, de ne pas donner suite à cette demande de concession d’un projet nécessairement temporaire, dont seules les conséquences sur l’écosystème marin et littoral comme sur l’économie seront durables, au détriment des richesses produites par une exploitation des ressources vivantes et renouvelables de la mer, par définition pérenne. ».

Le ministre vient de suspendre le projet éolien du Touquet.

Souhaitons que le ministre suspende rapidement le projet d’Ailes Marines en baie de Saint-Brieuc !

Après Le Touquet, Saint-Brieuc ?

Éolien en mer, la fin du « n’importe comment (1) » ?

Le Ministre de la Transition Écologique et Solidaire, Nicolas Hulot, vient d’annoncer la suspension du projet éolien en mer de la Bassure de Bass face au Touquet, c’est une surprise et une excellente nouvelle pour les professionnels de la pêche, les élus, les commerçants et les riverains. Pour la première fois l’importance de la concertation et du caractère primordial de l’avis de la population est reconnue.

Le Tréport

C’est également une grande satisfaction pour les associations qui dénoncent depuis de nombreuses années les risques que font courir ces projets à l’environnement et à l’économie locale. La contribution de ces machines à la réduction des émissions de CO2 et à la production électrique est négligeable, leur coût considérable est supporté par les citoyens pour le plus grand profit des promoteurs (2).

Les associations notent aussi avec beaucoup d’intérêt le souci du ministre d’analyser l’impact cumulé des différents projets lancés sur le littoral Manche-Atlantique, auxquels il conviendra cependant d’ajouter les effets des sites existants d’Angleterre et d’Europe du Nord. Cette étude globale   demandée   depuis de nombreuses années par les associations, permettra de prendre pleinement conscience de leurs conséquences désastreuses pour l’environnement (3).

Les associations constatent enfin que la réactivité et l’implication des élus du Touquet ont permis de faire évoluer l’approche du Ministre sur ce projet, ce qui est une novation.

Elles espèrent que cette démarche sera étendue à l’ensemble des projets éoliens du littoral en cours, et en particulier à celui de Dieppe le Tréport, qui cumule à   lui seul tous les « n’importe comment » depuis plus de dix ans.

Communiqué de POUR UN LITTORAL SANS ÉOLIENNE (PULSE) o SANS OFF SHORE A L’HORIZON o SAUVEGARDE DES CÔTES D’OPALE PICARDE ET D’ALBÂTRE
Contacts Le Tréport, Gérard BILON, p.soshorizon@orange.fr, tel 0679517933 et Georges CLÉMENT, scopaas@orange.fr, tel 0672281036

(1) Nicolas HULOT 9 Juin 2017 http://www.lavoixdunord.fr/175222/article/2017-06-09/nicolas-hulot-pour-les-eoliennes-en-mer-mais-pas-n-importe-comment

(2) Obligation d’achat par EDF à 220€ le MWh alors que le prix du marché est de 45€ le MWh.

(3) De récentes photos de la NASA mettent en évidence la turbidité créée par les éoliennes sur le site éolien Anglais de THANET installé sur des fonds sableux. https://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=89063 Cette turbidité créée par les courants de marée au pied des machines a détruit la ressource halieutique dans toute la zone, faisant disparaître les poissons et… les pêcheurs. Les sols sableux du littoral Normand et Picard seraient à l’origine du même phénomène avec les mêmes conséquences pour l’environnement et la pêche.

Pêcheurs et Associations s’unissent pour dénoncer les incohérences de l’Etat français dans le développement de l’éolien en mer

PLAINTE A LA COMMISSION EUROPEENNE

Les projets d’éolien en mer français autorisés sur la façade Manche-Atlantique sont tous en contradiction avec les politiques de protection de l’environnement marin.

Une plainte a été déposée le 13 juin 2017 auprès de la Commission Européenne pour infractions au droit communautaire.

L’Etat français, depuis 2012, conduit à marche forcée des méga-projets d’éolien posé en mer au plus près des côtes et dans des sites protégés et préservés jusqu’à aujourd’hui.

Six projets ont déjà été autorisés par décision préfectorale au mépris de l’activité des pêcheurs côtiers, de l’économie touristique, de l’avis des populations riveraines, de la vie marine. Trois autres projets sont sur le point de l’être.

Ces projets sont attribués à des prix garantis exorbitants : 220 € à 227 €/MWh hors raccordement, c’est à dire deux à trois fois plus cher que des projets comparables en Allemagne ou au Danemark.

De plus l’intermittence de l’éolien oblige à construire des centrales à gaz (par exemple à Landivisiau), ce qui augmente d’autant les émissions de gaz à effet de serre.

De Dunkerque à Oléron, chaque site prévoit de 62 à 83 éoliennes de 185 à 216 mètres de haut. Ces centaines d’éoliennes vont industrialiser un littoral dont le développement économique est basé sur la pêche et le tourisme. Des dizaines de milliers d’emplois sont menacés dans la pêche maritime côtière et l’activité touristique littorale.

La biodiversité marine est exceptionnelle sur cette façade maritime, générant des ressources halieutiques riches et diversifiées qui sont gérées durablement, une faune et une avifaune abondantes, dont de nombreuses espèces rares et d’intérêt international.

Qu’importe ! Le Ministère français de l’Environnement, de l’Energie, et de la Mer multiplie les dérogations à la destruction des habitats et espèces protégées.

Volontarisme politique et parodie de concertation démocratique rythment l’avancement de ces projets hautement subventionnés qui priment les activités économiques existantes et bafouent les règles de protection des écosystèmes marins.

Pourtant, la santé des écosystèmes marins est indispensable à celle de la planète. La préservation de ce patrimoine commun nous concerne tous.

La Plainte s’articule en six points concernant les infractions :

  • aux obligations relatives à l’évaluation environnementale préalable,
  • à la planification de l’espace maritime,
  • à l’information et à la participation du public au processus décisionnel,
  • à la protection de la faune et de son habitat,
  • à l’organisation du marché intérieur de l’énergie,
  • à l’interdiction des aides d’Etat.

Les parties intéressées

Collectif Pour Un littoral Sans Eolienne (PULSE) o Comité Départemental des Pêches du Nord o Comité Régional des Pêches Maritimes et des Elevages Marins des Hauts de France o Les Pêcheurs de la Seine-Maritime o Fédération Environnement Durable o Vent de Colère o Robin des Bois o Sites et Monuments (SPPEF) o Belle Normandie Environnement o Associations du Tréport et des Côtes d’Opale Picarde et d’Albâtre o Associations de Fécamp o Associations de Courseulles et d’Arromanches o Associations des baies de Saint-Malo et de Saint-Brieuc o Associations de St Nazaire-Guérande et de la baie de Pornichet-La Baule-Le Pouliguen o Association NENY de Yeu-Noirmoutier

Télécharger le communiqué de presse  Communiqué Plainte UE 2017-07-04

Plainte UE

 

Baie de Saint-Brieuc. Les échouages massifs d’araignées de mer seraient-ils dus aux algues vertes ?

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Plage des Rosaires

En juin, des milliers d’araignées de mer ont été rejetées par la mer sur la plage des Rosaires dans la baie de Saint-Brieuc. Début juin, ces échouages ont été attribués à la tempête qui a balayé les Côtes d’Armor. Puis à la canicule et aux courants. Et maintenant aux algues vertes.
http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/cotes-d-armor/plerin-centaines-araignees-mer-echouees-plage-1285141.html

Pour Frédéric Jean, professeur spécialisé en écologie marine, les échouages d’araignées de ces derniers jours à Plérin sont dus à l’accumulation des algues vertes qui pompent tout l’oxygène des fonds marins. http://www.letelegramme.fr/bretagne/plerin-les-araignees-victimes-des-algues-vertes-01-07-2017-11579053.php

Plage de la Grandville à Hillion ©Ouest-France

A Hillion, l’accès à la plage de la Grandville a été interdit par arrêté municipal pour une « période indéterminée ».

La préfecture a publié un nouvel inventaire des 78 vasières et zones à risques sur une soixantaine de communes des Côtes d’Armor.

http://www.ouest-france.fr/bretagne/cotes-darmor/algues-vertes-cotes-d-armor-la-liste-des-78-vasieres-dangereuses-5096179

La pollution aux algues vertes infeste les plages des Côtes d’Armor depuis un demi-siècle. Fraîchement échouées, ces algues sont inoffensives, mais après 48 heures, elles se décomposent en dégageant du sulfure d’hydrogène, un gaz très toxique.

A l’origine, l’Ifremer identifie une pollution continue des eaux par l’agriculture intensive et ses rejets de nitrates. On notera que le Conseil Régional présidé par Jean-Yves Le Drian a supprimé ses aides à un conseil scientifique indépendant qui travaillait justement sur les algues vertes …
http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/algues-vertes-en-bretagne-des-verites-qui-derangent_1717785.html

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Ailes Marines fait réaliser des sondages et carottages dans la baie de Saint-Brieuc.

Le site du Comité des Pêches des Côtes d’Armor informe qu’ « Une campagne géotechnique est prévue de mi-juin à mi-septembre 2017 par le développeur éolien (Ailes Marines). Il réalisera des carottages et des tests de pénétration à l’emplacement de chaque éolienne et sur les routes de câbles. »  http://cdpmem22.fr/actualites.php?news=93-campagne-geotechnique-sur-la-zone-du-futur-parc-eolien-15-06-2017

Et publie un rapport quotidien indiquant les emplacements sondés et les intentions pour les 48 prochaines heures.  http://cdpmem22.fr/images/upload/actualite_eolien/rapport_quotidien_geotechnique/Fishing_DPR_3_16062017.pdf

Faut-il comprendre qu’Ailes Marines n’a toujours pas une connaissance précise de la composition du sous-sol marin de la baie de Saint-Brieuc ? http://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-brieuc-22000/cotes-d-armor-ce-gigantesque-bateau-creuse-des-trous-sous-la-mer-5093429

Gargano

le Gargano (72 m x 16 m)

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le Fugro Synergy (104m × 20m)

Glomar Vantage

le Glomar Vantage (56 m x 11 m)

Nicolas Hulot « Je suis pour les éoliennes en mer mais pas n’importe comment »

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En visite dans une ferme du Pas-de-Calais, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, a répondu aux journalistes de La Voix du Nord, notamment au sujet du projet éolien en mer au large de Berck.

Question : Le projet d’éoliennes en mer, c’est le grand sujet de discorde en ce moment dans le secteur. Êtes-vous pour ou contre ce projet ?

« Je suis pour les éoliennes en mer mais pas n’importe comment. Et dans un cadre de consultation. Les territoires doivent engager ces consultations et ensuite chacun devra prendre ses responsabilités par rapport à ce qui sort de cette consultation. J’ai quand même bien entendu que le projet tel qu’il a été proposé ne remporte pas une grande adhésion. Donc, on va en tenir compte. Parce que si on veut que ce secteur se développe, il ne faut pas l’imposer, mais le réfléchir ensemble. Je vais tenir compte des résultats de cette consultation. »

Lire l’article de La voix du Nord http://www.lavoixdunord.fr/175222/article/2017-06-09/nicolas-hulot-pour-les-eoliennes-en-mer-mais-pas-n-importe-comment#

Le Peuple des Dunes en Trégor écrit à Nicolas Hulot

index-89f7eDepuis plus de quatre ans Le Peuple des Dunes en Trégor se bat contre un projet industriel d’extraction de sable coquillier dans une dune hydraulique de la baie de Lannion.

En dépit de la mobilisation très importante des riverains et des élus, le Ministre et le Préfet ont signé le décret autorisant les extractions de sable.

Le 6 juin dernier, Le Peuple des Dunes en Trégor a écrit à Nicolas Hulot, demandant l’abrogation du décret ministériel.

Rappelons qu’en septembre 2013, Nicolas Hulot avait lui même écrit à Arnaud Montebourg, alors ministre du redressement productif, pour lui demander de ne pas donner suite à cette demande de concession.  » La Fondation vous demande, Monsieur le Ministre, de ne pas donner suite à cette demande de concession d’un projet nécessairement temporaire, dont seules les conséquences sur l’écosystème marin et littoral comme sur l’économie seront durables, au détriment des richesses produites par une exploitation des ressources vivantes et renouvelables de la mer, par définition pérenne.« 

o Lettre de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, septembre 2013 2013-09-30 Fondation Nicolas Hulot

o Lettre du Peuple des dunes en Trégor, juin 2017 2017-06-06 Peuples des Dunes en Trégor

Des images de la NASA révèlent les panaches turbides qui se forment au pied des éoliennes en mer

Depuis une dizaine d’années, les satellites ont repéré en mer du Nord des points blancs suivis de panaches marrons. Ces points sont en fait des éoliennes donnant naissance à des panaches de sédiments en suspension de plusieurs kilomètres de long.

Les images qui suivent ont été captées le 30 juin 2015 avec l’Imagerie terrestre opérationnelle (OLI) sur le satellite Landsat 8. Elles représentent les complexes éoliens en mer anglais de Thanet, London Array et Greater Gabbard au large de l’embouchure de la Tamise.

Ces images révèlent les panaches de sédiments soulevés par les tourbillons générés par les courants des marées au pied des fondations des éoliennes en mer.

A chaque marée, ces panaches de sédiments se propagent sur plusieurs dizaine de kilomètres perturbant sévèrement la qualité de la colonne d’eau et par conséquence, la ressource halieutique de la zone. Un handicap supplémentaire pour la pêche

De tels panaches turbides ne manqueraient pas de se produire sur les sites envisagés en France sur la façade Manche Atlantique, situés pour tout ou partie dans des zones sableuses avec de forts courants de marée.

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Dans un article de 2014, des chercheurs ont analysé l’imagerie satellitaire et ont constaté que ces panaches peuvent mesurer de 30 à 150 mètres de large et jusqu’à plusieurs kilomètres de long.

« Le fait que les panaches soient plus marrons que les eaux environnantes montre qu’ils contiennent davantage de sédiments en suspension », a déclaré Quinten Vanhellemont, chercheur au Royal Belgian Institute of Natural Sciences et auteur principal du document de 2014. « Cela montre que l’implantation d’éoliennes en mer, modifie non seulement le champ de vent au-dessus de la surface de la mer (ce qui est attendu puisqu’ils extraient l’énergie éolienne), mais modifie également les courants et le transport de sédiments dans l’eau ».

Vanhellemont explique que les panaches sont générés par les courants de marées se déplaçant autour de la base de l’éolienne. La direction et la courbure des panaches dépendent de la direction générale du courant. Par exemple, l’image de London Array a été captée en marée montante, de sorte que les panaches suivent le courant vers le nord. Mais la marée dans cette zone se renverse toutes les six heures, « de sorte que les panaches sont très dynamiques au cours d’une journée ».
https://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=89063 

La baie de Saint-Brieuc dit NON à l’industrialisation de la mer

Le 18 avril 2017, à 5 jours de l’élection présidentielle, le jour même où il a été désavoué par la justice dans sa planification éolienne terrestre (annulation du schéma éolien de la région Bretagne), l’ancien gouvernement est passé en force sur l’éolien en mer en accordant toutes les dérogations et feux verts administratifs permettant au promoteur anglo-hispanique Ailes Marines de construire une usine électrique de 496 MW dans la baie de Saint-Brieuc, un domaine public maritime protégé. La concession est de 40 ans.

Les arrêtés sont téléchargeables sur le site de la préfecture : http://www.cotes-darmor.gouv.fr/Publications/Recueil-des-Actes-Administratifs-RAA/AVRIL-2017  Recueil spécial n°33 du 19 avril 2017 parties 1 à 5

CaroualAvant même que soient délivrés ces arrêtés par le Préfet des Côtes d’Armor, la ministre de l’Environnement avait signé et publié le 28 mars, un arrêté portant déclaration d’utilité publique pour créer une liaison électrique de deux câbles de 225 000 Volts entre la station électrique en mer appartenant à Ailes Marines au transformateur de la Doberie à Hénansal appartenant à RTE.  https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2017/3/28/DEVR1709832A/jo/texte

« Le préfet (des Côtes d’Armor) approuve simultanément la qualité des enquêtes réalisées, l’intérêt général du projet et sa compatibilité avec les grands enjeux environnementaux identifiés. » cite Ailes Marines dans son communiqué de presse.

Ainsi, l’emporte le primat du politique sur la protection de l’environnement et des hommes, sur l’opinion des populations concernées, un déni de réalité et de démocratie qui a nourri une surenchère de contrevérités et d’affirmations erronées pour justifier un choix politique.

Reprenons une à une 4 affirmations catégoriques contraires à la réalité des faits pour certaines, fortement discutables pour d’autres.

« 850 000 bretons alimentés » ?

Le promoteur Ailes Marines annonce que les 62 éoliennes développant 496 MW de puissance nominale, fourniront la consommation électrique de 850.000 bretons, chiffre repris par les autorités départementales et régionales sans la moindre indication des hypothèses de consommation.

Or, un calcul simple prenant en compte les données INSEE et RTE, montre que l’énergie qui sera produite par la centrale d’Ailes Marines pendant 1 an, équivaut à la consommation annuelle moyenne de 400.000 bretons pour leurs besoins personnels, ou de 200.000 bretons si on intègre l’énergie électrique nécessaire aux entreprises, aux transports, etc. On est bien loin des 850.000 bretons annoncés par le promoteur !

Et en l’absence de vent, le complexe éolien alimentera 0 breton, ce sont les sources d’énergie continues et pilotables qui seront à l’oeuvre : les centrales nucléaires, les centrales thermiques conventionnelles, les barrages si leur niveau le permet.

LIRE la note explicative de Jean-Claude Moreau  Production électrique et Consommation JC. Moreau

« L’intérêt général du projet » ?

A probablement 227 euros le MWh hors raccordement, tarif garanti et indexé pendant 20 ans, soit un prix 5 fois supérieur au prix du marché, financé par les consommateurs via la CSPE qui augmente chaque année sur nos factures d’électricité, il est légitime de s’interroger sur l’intérêt général de ce projet !

D’autant qu’en mer du Nord qui bénéficie de vents forts et réguliers et de hauts fonds, les tarifs poursuivent leur baisse et se dispensent même des mécanismes de soutien. En Allemagne, Dong et EnBW vendront l’électricité des derniers appels d’offres remportés au prix de marché de l’électricité au moment où les complexes seront mis en service, soit entre 2021 et 2025, comme le projet de Saint-Brieuc et les autres projets en mer français. Le prix de marché moyen en Allemagne s’est élevé l’an dernier à 29 euros le MWh : à ce prix, l’électricité de ces complexes serait à 33,4 euros le MWh hors raccordementEn novembre 2016 le parc danois de Kriegers Flak a été remporté par Dong et Vattenfall, au prix de 49,90 euros le MWh hors raccordement. sur une durée estimée à 12 ans.

« 2000 emplois » ?

Quels emplois ? Où ? Aucune précision n’est donnée, si ce n’est parfois l’indication géographique « Grand Ouest. » Il n’y a plus de filière industrielle éolienne française. Areva a cédé ADWEN à Gamesa- Siemens. Alstom a été racheté par General Electric. Aucune certitude sur les 2 usines prévues au Havre.

Par contre, avec le tourisme littoral, la pêche est le centre de gravité de l’économie des Côtes d’Armor.

Port_ErquyPECHE : Combien d’emplois seront perdus ? En valeur débarquée, Erquy et Saint-Quay-Portieux se placent au 3ème rang des 42 criées françaises. La bande côtière des 12 miles fait vivre plus des 2/3 de la flotte. L’implantation d’un complexe éolien en mer signifie la dégradation de la ressource, la perte de zones de pêche, un espace morcelé, anthropisé, conflictuel, l’augmentation du trafic, des fonds devenus dangereux, etc.

Pléneuf-Val AndréTOURISME : Combien d’emplois sont menacés ? Le littoral est dépendant économiquement du tourisme. Avec la perte de l’horizon et des plages artificialisées, quel impact sur les touristes ?

« Compatibilité avec les grands enjeux environnementaux identifiés » ?

Faut-il encore le rappeler, la baie de Saint-Brieuc, 5ème baie du monde pour l’amplitude de ses marées, jouit d’un écosystème marin spécifique, reconnu d’importance internationale. Toutes les études d’impact menées ont révélé des zones de grande portée européenne pour certaines espèces inscrites à toutes les listes rouges. L’industrialisation de la baie entrainera de graves pertes d’habitats sans aucune aire de report pour les oiseaux, tous les hauts plateaux de substrats grossiers de faible profondeur sur le littoral français sont pressentis pour accueillir des éoliennes, comme dans toute l’Europe, et dans une même période de quelques décennies. Les espèces qui utilisent spécifiquement ces habitats sont condamnées …

En juillet dernier, la ministre de l’environnement Ségolène Royal a accordé au promoteur Ailes Marines des dérogations à l’interdiction de porter atteinte à l’habitat et aux espèces de trois oiseaux (Guillemot de Troil, Macareux moine et Pingouin torda) et de trois mammifères marins (Marsouin commun, Grand Dauphin et Phoque gris).

LIRE l’avis de Ségolène Royal  Dérogation 5.5-_avis_conforme_de_la_ministre

Green energyMais il n’y a pas que les oiseaux de mer. La Manche est un couloir de migration majeur du Paléarctique occidental. Ces couloirs sont dictés par le littoral, la géographie et la physionomie des lieux et ne s’adapteront pas forcément aux infrastructures.

Comme la baie du Mont-Saint-Michel, la baie de Saint-Brieuc est un entonnoir. Le projet de l’Etat va mettre une barrière lumineuse mortelle en travers d’une baie ouverte qui se rétrécit sur une mer étroite servant de canal de transit. Toutes les migrations automnales des oiseaux terrestres traversent la terre en « entrant » par la baie de Saint-Brieuc ou par la baie du Mont St-Michel. 80 à 90% des transits des oiseaux terrestres et marins sont nocturnes … Il en va de même pour les chauves-souris migratrices. Enfin, les mammifères marins seront « chassés » d’une immense zone de leur habitat (Marsouin commun, Grand Dauphin, Dauphin de Risso…) avec pourtant des populations menacées dont la France est sensée protéger les habitats …