A 5 jours de l’élection présidentielle, le Préfet des Côtes d’Armor donne un feu vert au projet éolien de la baie de Saint-Brieuc

Quelle ironie ! A 5 jours de l’élection présidentielle, au moment-même ou le gouvernement est désavoué par la justice dans sa planification éolienne terrestre, avec l’annulation du schéma éolien de la région Bretagne mardi 18 avril par la cour administrative d’appel de Nantes, le gouvernement force la vapeur sur l’éolien en mer en donnant son feu vert à l’implantation de 62 machines industrielles plus une station électrique dans une baie qui bénéficie à titres divers de fortes protections environnementales nationales et internationales !

Le 28 mars dernier, avant même que soit publié cet arrêté autorisant le promoteur anglo-hispanique Ailes Marines à implanter une usine électrique dans la baie de Saint-Brieuc, Ségolène Royal avait déjà signé et publié un arrêté portant déclaration d’utilité publique pour la création d’une liaison électrique de deux câbles de 225 000 Volts reliant la station électrique en mer prévue par Ailes Marines au transformateur de la Doberie à Hénansal.

Faut-il assimiler ce déni démocratique et environnemental à une stratégie de défense ? Le primat du politique permet toutes les extravagances pour mieux manipuler les citoyens au mépris des directives environnementales de l’Union Européenne.

Dernière ironie, l’annulation du schéma éolien terrestre de la région Bretagne repose sur le non respect des sites emblématiques bretons. L’atteinte aux sites emblématiques et aux paysages des caps d’Erquy et de Fréhel sera plus grave encore avec le projet en mer de Saint-Brieuc : 62 machines de 216 m de haut flashant et tournoyant à 280 km/heure en bout de pales, pour produire en un an à peine une journée de la consommation électrique française avec une électricité de mauvaise qualité (intermittente et aléatoire), à un prix 5 fois supérieur au prix du marché, financée par les consommateurs, et sans création d’emplois.

Vote défavorable des élus de Pléneuf-Val-André au projet de centrale éolienne dans la baie de St-Brieuc

17 février 2017

Dan Tysk 1

Dan Tysk, station électrique

A la demande du préfet des Côtes d’Armor, les élus de Pléneuf-Val-André ont eu à se prononcer sur l’approbation du raccordement à terre de la centrale électrique éolienne en projet dans la baie. Rappelons que faute d’informations suffisantes sur ce projet, les élus y avaient déjà donné un avis défavorable en émettant des réserves. Les courriers de demande de précisions auprès de l’administration préfectorale sont restés sans réponse !

Dan Tysk 2

Dan Tysk, pose d’un câble de raccordement

Jean-Yves Lebas, maire de Pléneuf-Val-André a expliqué qu’il « trouvait inadmissible que l’administration préfectorale ne daigne pas répondre aux interrogations des élus ». En conséquence, Jean-Yves Lebas a décidé de donner « un avis défavorable à la fois sur le projet privé et le projet public ».

Cette position a été suivie par l’ensemble des élus à l’unanimité.

Race Bank 1

Race Bank, pose du câble d’atterrage

Hakin Hocine : « difficile de se prononcer sur un dossier pour lequel les élus ne possédaient que les versions techniques et environnementales du porteur de projet ».

Pascal Pellan, adjoint au développement économique et au tourisme : « sans réponse de l’administration sur des questions très précises, il ne pouvait y avoir de débat et qu’en conséquence, il fallait marquer son opposition ».

 

Race Bank 2Nathalie Sellier, adjointe à l’Urbanisme et au Patrimoine : « par solidarité avec ses collègues d’Erquy et du principe de précaution sur un dossier aussi sensible ».

Source http://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/pleneuf-val-andre/parc-eolien-rejet-de-la-liaison-electrique-20-02-2017-11407234.php#UZVKHy4Y5dibVdSL.99

Race Bank, Pose du premier câble vers la station électrique de Walpole (91 éoliennes Siemens 6,3MW à 27 km de la côte, promoteur DONG)

Plage-de-Caroual ©Tourisme Bretagne

Plage de Caroual à Erquy, où l’Etat veut construire une sous-station électrique pour accueillir les deux câbles de 225 000 Volts de l’usine éolienne en mer d’Ailes Marines

Eolien en mer. Erquy résiste

Compte rendu de la réunion de l’instance de concertation et de suivi du projet éolien en baie de Saint-Brieuc du 10 février 2017

Globalement, 60% d’avis défavorables, 88% à Erquy !

RAPPEL : Sans surprise, en dépit de l’opposition de 60% des riverains, le projet de centrale électrique éolienne en baie de Saint-Brieuc a obtenu en janvier un avis favorable de la Commission d’enquête publique.
Le rapport (630 pages) est téléchargeable sur le site de la Préfecture des Côtes d’Armor: http://www.cotes-darmor.gouv.fr/Politiques-publiques/Energie/Energies-marines/Rapport-de-la-commission-d-enquete

Cap d'ErquyLa réunion organisée par le Préfet des Côtes d’Armor vendredi dernier avait pour objet le rapport de la Commission d’enquête publique et non la position de l’administration sur le projet, bien que ce dernier nous ait été présenté comme acquis et sur la dernière ligne droite.

La synthèse du rapport a été faite par l’administration.

La Commission d’enquête a noté que le dossier était volumineux, complexe, difficile d’accès pour le public. Elle a recueilli 1 013 dépositions, correspondant à 2582 observations. 60% des avis émis sont défavorables, ce chiffre monte à 64% en y ajoutant les avis réservés.
89% des dépositions recueillies l’ont été sur les communes situées à l’est de la baie, de Saint-Brieuc à Cancale.
Le plus grand nombre d’avis défavorables par commune a été recueilli à Erquy, où 88 % des avis enregistrés sont défavorables.
39 % des 2 582 observations concernent l’environnement.

Préfecture maritime

Le représentant du Préfet maritime a indiqué qu’il y avait encore beaucoup de questions à régler notamment sur l’ensouillage des câbles et sur la sécurité en mer.

Question du public

Pour quelles raisons, les remarques fondées de l’Autorité Environnementale n’ont pas été considérées par la Commission d’enquête qui trouve les impacts modérés face à l’intérêt général ? (Impact paysager NON, impact sur le tourisme NON, impact immobilier NON, impact sur les habitats et espèces protégées de compétence européenne NON) ?

Le Préfet répond que la Commission d’enquête publique donne SON avis sur le projet, elle ne fait qu’enregistrer l’opinion des riverains. (On notera qu’aucun des 5 membres de cette Commission n’est un expert du sujet !)

Madame Guervilly, maire d’Erquy

Madame Guervilly, maire d’Erquy rappelle que la population d’Erquy est très majoritairement contre ce projet, ce qui justifie le vote à l’unanimité du conseil municipal d’Erquy contre la mise en compatibilité du PLU marin. Les élus réginéens n’ont pas eu les réponses aux interrogations qu’ils ont exprimées à la Commission d’enquête.

Nonobstant, n’oublions pas que la déclaration d’utilité publique entraine nécessairement la modification des PLU.

Les éoliennes Adwen

Le représentant d’Adwen précise que si la cession de la participation d’Areva dans Adwen a été réalisée le 6 janvier 2017, la fusion Gamesa-Siemens n’est pas encore soldée. Les activités dans l’éolien en mer d’Areva sont reprises par l’espagnol Gamesa. Les engagements souscrits demeurent portés par Adwen (appels d’offres du Tréport, Saint-Brieuc, Yeu-Noirmoutier).

Il détaille les différentes phases de test de la future éolienne Adwen 8MW en Allemagne ( une filière française? ). Toujours en Allemagne, une éolienne sera construite A TERRE pour reproduire ce qui se passera EN MER.

Le raccordement électrique

RTE rappelle les conditions d’enfouissage des câbles d’atterrage : 1,50 mètre sur l’intégralité du tracé sous-marin, et 2 mètres à terre.

La centrale électrique d’Ailes Marines sera raccordée au réseau de transport électrique par une double liaison sous-marine à 225 000 volts de 33 km, puis par une double liaison souterraine à 225 000 volts de 16 km, qui partira de la sous-station électrique en mer (propriété d’Ailes Marines) pour rejoindre le poste de la Doberie à Hénansal appartenant à RTE. Deux chambres souterraines d’atterrage seront construites devant la plage de Caroual à Erquy.

RTE Atterrage Erquy

Les emplois de maintenance

A la question du public, pourquoi est-on si discret sur les emplois de maintenance, Emmanuel Rollin (Ailes Marines) répond sur le port de St-Quay-Portrieux, aujourd’hui saturé, et que par conséquent des négociations viennent d’être entamées pour faire de la place aux bâtiments de maintenance. (Attention, ce n’est pas la même CCI s’il fallait aller à Saint-Malo !)

La pêche

Alain Coudray, Président du Comité départemental des Pêches des Côtes d’Armor, (qui vient d’être réélu pour 5 ans) défend la concertation initiale (qui n’a concerné que les pêcheurs), et découvre que l’extension du parc sera proposée après 2 ans, et non pas après 10 ans comme il le croyait.

RAPPEL : Cette extension à l’est et à l’ouest a été soumise au vote du Conseil régional le 1er juillet dernier par Jean-Yves Le Drian. Lire pages 6 et 7 les propositions d’extension du projet d’Ailes Marine. http://www.bretagne.bzh/jcms/prod_337950/fr/session-juin-2016-emr

L’opposition des associations environnementales de la baie

Jean-Pierre Martin lit et remet au Préfet la lettre ouverte que le collectif des associations de la baie lui a adressée. Lettre ouverte au préfet des Côtes d Armor 10 fevrier 2017

On notera l’attitude courtoise du nouveau préfet Yves Le Breton qui change agréablement du comportement de son prédécesseur, cassant, autoritaire et arrogant, qui était allé jusqu’à traiter d’arriérés les habitants d’Erquy.

Les prochaines étapes

o Poursuite de la phase d’instruction par l’administration

o 24 mars 2017 : réunion du CODERST (Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques) qui se prononcera sur les risques environnementaux et sanitaires du projet.

Le CODERST est une des « commissions administratives à caractère consultatif » qui est prévue par le code de la santé publique. Il est intéressant de lire la composition du CODERST des côtes d’Armorhttp://www.cotes-darmor.pref.gouv.fr/content/download/19530/137737/file/3%20-%20Arrêté%20préfectoral%20-%20modification%20de%20la%20composition%20des%20membres%20-%2021-01-2016.pdf

Cap d'Erquy Le Guen

Saint-Brieuc : pas de surprise, le projet éolien en mer d’Ailes Marines obtient un avis favorable en dépit de l’opposition de 60% des riverains !

Le projet de centrale électrique éolienne en baie de Saint-Brieuc constitué de 62 machines industrielles de 216 mètres de haut implantées sur des fonds benthiques à 16 kilomètres du littoral a reçu un avis favorable de la part de la commission d’enquête publique.

Frinton-on-Sea-1-©Colin-Brooks.-768x489Eoliennes Siemens de Gunfleet Sands depuis Frinton-on-Sea, éoliennes de 128 mètres de haut (3,6 MW) à 7 km de la côte. Photo Colin Brooks©

Le rapport est publié sur le site de la préfecture des Côtes d’Armor assorti de quelques recommandations. Ce n’est qu’une étape. N’oublions pas que l’avis du commissaire enquêteur n’est qu’un avis personnel. 

« Souvent nommé par le président du tribunal administratif, il est indépendant et impartial. C’est une personne compétente, qualifiée, mais pas un expert. »

« À l’issue de la consultation, il rédige d’une part, un rapport relatant le déroulement de l’enquête, rapportant les observations du public dont ses suggestions et contre-propositions et d’autre part, des conclusions dans lesquelles il donne son avis personnel et motivé. » http://www.cnce.fr/enquetes-publiques/commissaire-enqueteur

Eh oui, deux mois d’enquête publique auprès des riverains qui se sont déplacés en  masse, pour un avis personnel in fine …

  1013 dépositions, 2582 observations

59,5 % des avis sont défavorables au projet et ce chiffre monte à 64,4 % si l’on y ajoute les avis réservés.

28,4 % des avis sont favorables au projet ce chiffre monte à 31,2 % si l’on y ajoute les favorables avec réserve.

Nous allons lire le rapport de la commission d’enquête avec le plus grand intérêt.

L’avis rendu est favorable, c’est donc que sincèrement, en leur âme et conscience la commission d’enquête et le Préfet considèrent les impacts sur le milieu marin et sur les activités économiques du littoral négligeables, ou que des solutions sont proposées pour éviter la destruction et la pollution de notre baie.

  Des solutions ?

x aux 256 forages dans les fonds marins benthiques
x aux 800 km de câbles électriques dont 50% seulement seront ensouillés alors que la principale pêche en baie de St-Brieuc est une pêche à la coquille, c’est à dire à la drague
x aux rejets d’eau en continu à 50° de la sous-station électrique (200 litres par heure)
x aux 160 kg d’aluminium relargués chaque jour dans la baie
x à la barrière industrielle opposée aux migrations des oiseaux, des poissons, des chauves-souris
x à l’industrialisation des grands panoramas maritimes de la baie d’où les éoliennes se verront en tout point. Des grands horizons libres et naturels qui sont la fierté des costarmoricains et contribuent à la qualité de vie dans les Côtes d’Armor.

Le rapport du commissaire enquêteur a été remis au Préfet la semaine dernière. Il est en ligne sur le site de la Préfecture des Côtes d’Armor à l’adresse suivante :
http://www.cotes-darmor.gouv.fr/Politiques-publiques/Energie/Energies-marines/Rapport-de-la-commission-d-enquete

20 000 animaux marins trouvés morts dans une baie où une hydrolienne vient d’être installée.

Le 28 décembre dernier 20 000 animaux marins (au moins) se sont échoués, sans vie, sur les plages de St Mary dans la baie de Fundy au Canada. Un échouage massif inquiétant par son nombre, mais surtout par la très grande diversité des espèces présentes. Il s’agit principalement de poissons, de crabes, de langoustes, coquillages, mollusques, étoiles de mer, et même d’une baleine à bosse.

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Officiellement rien d’anormal dans l’environnement

baie-de-fundyLa baie de Fundy connue pour ses grandes marées (jusqu’à 21 m) et ses forts courants, a la forme d’un entonnoir de 270 km de long et de 80-100 km de large se terminant en deux étroits prolongements. Son fond est irrégulier, 50 mètres de profondeur avec quelques chenaux de 150 mètres.

Le ministère des Pêches et des Océans du Canada (MPO) a expliqué que les chercheurs n’ont aucune conclusion à proposer. Les tests effectués afin de déceler de possibles toxines dans les poissons morts se sont révélés négatifs.

Immersion d’une hydrolienne en novembre 2016

dsc_7284Une modification notable de l’environnement marin est pourtant survenue avec l’installation en novembre 2016 d’une hydrolienne immergée de 2 MW et 1 000 tonnes pour 16 mètres de diamètre, désormais raccordée au réseau électrique.

Il s’agit d’une hydrolienne DCNS installée par Cape Sharp Tidal, coentreprise créée par Emera et OpenHydro (DCNS), dont l’objectif est ce projet de démonstration de 4 MW (2 hydroliennes) raccordé au réseau dans la baie de Fundy. L’installation de la deuxième hydrolienne est déjà programmée.

Les deux premières hydroliennes testées par DCNS, immergées en janvier et mai 2016 au large de Bréhat, ont du être retirées pour des raisons techniques dues à la corrosion en mer. (1 MW à 40 mètres de profondeur).

L’impact des hydroliennes sur la vie marine n’est pas connu

170102_113655_echouage-493x328L’Association des pêcheurs côtiers de la baie de Fundy a tenté en vain de suspendre cette installation en attente d’études plus complètes sur l’impact des hydroliennes sur la vie marine. Colin Sproul, porte-parole des pêcheurs : « Il y a peut-être moyen d’exploiter un jour la puissance [des marées] dans le Passage Minas. Mais certainement pas avec des dispositifs de production d’énergie marémotrice. C’est très mauvais pour l’environnement ! »

Des apprentis-sorciers

Pour le directeur du Fundy Ocean Research Center for Energy, Tony Wrigh, il faut d’abord mettre la turbine dans l’eau puis voir ce qui se passe. Il indique que plus de 70 études d’impacts sur l’environnement ont été menées. « Nous n’aurons jamais le portrait global. Nous pouvons dépenser des centaines de millions de dollars et ne jamais comprendre complètement les effets sur l’environnement, mais nous avons déjà une bonne compréhension ».

La ministre de l’Environnement de la Nouvelle-Écosse, Margaret Miller, a néanmoins reconnu que le programme de surveillance n’était pas prêt.

Pêcheurs et résidents manifestent

A Digby, pêcheurs et résidents de la région pas convaincus de l’innocence de l’hydrolienne réclament l’arrêt des tests.
digby-manifestation-poissons-morts
Souces
°http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1008468/environnement-mort-milliers-animaux-marins-nouvelle-ecosse
°http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1001460/production-turbine-maremotrice-baie-fundy-parrsboro
°Communiqué de Presse DCNS

Eolien en baie de Saint-Brieuc. Nass&Wind rappelle les conditions singulières de l’attribution de l’appel d’offres à Ailes Marines

Les dirigeants de Nass & Wind, entreprise bretonne éliminée de l’appel d’offres pour l’implantation d’éoliennes industrielles devant les caps d’Erquy et de Fréhel, s’expriment dans Le Télégramme daté du 7 décembre dernier,

Nass&Wind Services sort de son silence, par Flore Limantour
« Devant les incertitudes qui pèsent sur les délais de mise en service du futur parc éolien offshore de Saint-Brieuc et sur l’implantation d’une usine de production de machines en France », Peter Nass et Nathalie Le Meur, les dirigeants de Nass & Wind Services, un développeur de sites éoliens offshore, ont décidé de sortir de leur silence.

« Nous n’avons toujours pas compris comment l’État a pu s’affranchir de ses propres règles. Éolien Maritime France (EMF), le consortium dont nous faisions partie, est arrivé en tête de l’appel d’offres pour le projet éolien offshore de la baie de Saint-Brieuc. Pourtant, c’est Ailes Marines, un projet concurrent qui l’a emporté. » La Cour des comptes a d’ailleurs souligné que l’option retenue par le gouvernement « a abouti à privilégier un candidat en dépit d’un prix plus élevé que celui proposé par EMF ». L’État avait souhaité répartir les différents sites (Saint-Brieuc, Fécamp, Courseulles-sur-Mer et Saint-Nazaire) soumis à appel d’offres entre Alstom (consortium EMF) et Areva (consortium Ailes Marines), afin de favoriser l’émergence de deux filières de production d’éoliennes en France.

Évincée d’un dossier sur lequel elle travaillait depuis 2005, l’entreprise lorientaise Nass & Wind Services a dû réduire ses effectifs. « Nous avons effectué plusieurs demandes d’indemnisation à l’amiable et introduit des recours… En vain », regrette Nathalie Le Meur. D’autant que les choix industriels de l’État ne semblent plus d’actualité. « Areva Wind a été intégralement cédée à Gamesa, avant une fusion en cours avec Siemens où ce dernier sera majoritaire ».

Résultat : « Comme Siemens possède des usines à l’étranger pour fabriquer sa machine 8 MW, il n’y a pas de logique industrielle et financière pour la construction d’usines en France », fait valoir Peter Nass. De fait, au Havre, où devait être implanté le futur site de production d’Areva, on est dans l’expectative.

Conséquence : « S’il faut développer une nouvelle éolienne, la mise en service du parc de la baie de Saint-Brieuc ne sera possible qu’en 2023 au mieux. Alors que le projet d’EMF était programmé pour 2018 », remarquent les dirigeants de N & WS qui rappellent leur volonté initiale de coller au plan énergétique breton. Et l’entreprise d’enfoncer le clou en rappelant qu’au final, les choix de l’État feront de surcroît peser sur la collectivité le prix plus élevé de l’énergie.

© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/bretagne/mer/eolien-offshore-nass-wind-services-sort-de-son-silence-07-12-2016-11321184.php#b9XK5LCKx4sy73og.99

Plusieurs séismes sur le littoral breton. De nouveaux échouages de dauphins

La terre a tremblé le 11 décembre dans le Nord-Finistère, une secousse ressentie fortement de Brest à Plouvorn. Un séisme de magnitude 3,9 sur l’échelle de Richter a été enregistré vers 22h30,  à 2 km au nord de la commune du Drennec. Après le séisme de 2,2 observé autour de Ploudalmézeau le 17 novembre, un autre de 3,4 à Pencran le 8 décembre, et celui de samedi entre Le Folgoët et Guissény de magnitude 2,9, cette dernière secousse est la plus forte enregistrée ces derniers temps.

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Publié le 12 décembre 2016 par Thierry Dilasser
Plusieurs cas d’échouages de dauphins communs ont été constatés, ce week-end, le long de la façade atlantique. Un phénomène suffisamment rare pour interpeller les spécialistes, et dont l’origine pourrait être un séisme sous-marin.

Grands dauphins en mer d'Iroise

Grands dauphins en mer d’Iroise

Samedi, en début d’après-midi, la présence d’un dauphin dans le port du Conquet a été signalée par des passants. L’animal, qui s’était en outre empêtré dans des cordages, n’a dû son salut qu’à l’intervention du personnel du parc marin, qui l’a aidé à regagner le large. Deux heures plus tard, c’est en rade de Brest, à hauteur de l’île du Renard, près du port de Roscanvel, que trois jeunes dauphins se sont à leur tour échoués. En lien avec Océanopolis, les pompiers de la presqu’île de Crozon, embarqués dans des bateaux pneumatiques, ont aidé les cétacés, qui n’étaient pas blessés, à retrouver le chemin du large, mais non sans quelques difficultés. Visiblement très désorientés, ils avaient, en effet, tendance à revenir vers le bord plutôt qu’à s’en éloigner.

Plus généralement, ce ne sont pas moins de cinq cas de dauphins en difficulté qui ont été rapportés, samedi, à l’observatoire Pelagis, qui gère le réseau national d’échouages des mammifères marins. Des cas recensés en Bretagne, donc, mais aussi au Pays Basque, à Hendaye. « C’est assez rare de voir des dauphins vivants s’échouer en différents endroits au cours de la même journée », explique Christine Dumas, chef d’équipe mammifères marins d’Océanopolis. Selon cette dernière, ces échouages « sont souvent liés à un grand stress, qui peut être provoqué par un bruit sourd et profond ».

© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/finistere/dauphins-echoues-un-seisme-sous-marin-evoque-12-12-2016-11327282.php#z87lrJftcM48a1y4.99

Les échouages de cachalots dans la Manche se poursuivent

« Les parcs éoliens en mer sont une source de désorientation supplémentaire pour les cachalots, les baleines, les orques et les dauphins. »

logo-robin-des-boisRobin des bois alerte une nouvelle fois sur le danger de l’industrialisation toujours accrue du milieu marin. Le vacarme sonore de l’océan, infrasons, basses fréquences et vibrations, en désorientant les mammifères marins, leur est fatal.

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Echoué le 25 novembre. Depuis, toutes les dents ont disparu. © Maison de l’Estuaire

« Un cachalot adulte s’est échoué dans la Seine aval le vendredi 25 novembre 2016 à côté de Port 2000, Le Havre. Le cadavre est toujours en place. Des voleurs ont arraché ou coupé les dents d’ivoire. De tels actes de braconnage et de profanation se multiplient en Europe, en Islande et au Canada. Chaque cachalot porte sur sa mâchoire inférieure 20 à 25 dents coniques. Certaines pèsent un kilo, un kilo d’ivoire vendu sur le marché noir entre 2000 et 5000 €. Ce terrible cachalot de Noël rappelle que les eaux de la Manche et de la mer du Nord deviennent des milieux hostiles pour les cétacés. »

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Carte Robin des Bois des échouages de cachalots en Europe et en Méditerranée depuis janvier 2016.

« Le chaos acoustique sous-marin, les collisions avec les navires et l’ingestion des déchets de plastique sont les principales causes de la mort non naturelle des cachalots. Les bruits sous-marins proviennent des activités de dragage, de la motorisation des navires, des recherches sismiques, des sonars militaires et des activités industrielles offshore. Les parcs éoliens sont une source de désorientation supplémentaire pour les cachalots, les baleines, les orques et les dauphins. »
Lire l’article de Robin des Bois  http://www.robindesbois.org/vol-divoire-dans-la-baie-de-seine-2/  Et aussi : De l’utilité des baleines – avril 2010 (pdf 20 pages 1 Mo)

Plus de 3000 éoliennes sont déjà installées et raccordées aux réseaux électriques en mer du Nord. Elle dressent une gigantesque barrière opposée aux oiseaux, aux chauves-souris, aux poissons migrateurs, aux mammifères marins et aux hommes. Leurs anodes sacrificielles diffusent chaque jour dans l’eau des tonnes de métaux toxiques : environ 2,5 kg par éolienne et par jour, sans compter les pollutions accidentelles des lubrifiants, les produits de nettoyage des pâles, les composés toxiques des peintures, les rejets d’eau chaude des sous-stations électriques, etc.

En phase de construction, pour les opérations de battage, le bruit à la source est estimé à 206 décibels : 2000 coups successifs pour un pieu (4 pieux pour une éolienne sur fondations jacket). En phase d’exploitation, le bruit est estimé à 100 dB(A) en bout de pales.

Implantation éolienne en mer du Nord

Implantation éolienne en mer du Nord

Trafic maritime en temps réel

Rejet d’eau à 50°et 100 dB(A) : Pêche artisanale, le grand sacrifice

« Les promoteurs n’ont aucun scrupule. Ils vont s’enrichir grâce à vos factures d’électricité, et pendant ce temps, les pêcheurs vont perdre 20 % de leur chiffre d’affaires. C’est la mort d’un port de pêche et de son tourisme. »

Chalutier au Tréport. ©Stephane Bouilland

Dieppe–Le Tréport : 62 machines de 216 mètres de haut à 15 km de la côte sur 110 km². Devant l’opposition des pêcheurs, le promoteur Engie a tenté des concessions pour minimiser l’impact sur la pêche locale. « Nous restons toujours dans la zone prévue dans le cahier des charges, mais nous changeons la disposition des éoliennes et des câbles de façon à accorder plus d’espace pour la pêche » (…) « Cela nous coûte cher à la fois en termes de construction et en termes de revenus, mais on pense que cela est justifié pour faciliter la cohabitation avec les pêcheurs ».

Réaction d’Olivier Becquet, responsable de la Coopérative de pêche du Tréport et représentant des pêcheurs en Haute-Normandie : « Onze ans de combat, et je réexprime encore la position des pêcheurs. Ce parc va être établi dans une zone exceptionnelle en termes d’effectifs de pêcheurs, de qualité de la pêche et des entreprises de pêche. Nous, on embauche ! Les promoteurs n’ont aucun scrupule. Ils vont s’enrichir grâce à vos factures d’électricité, et pendant ce temps, les pêcheurs vont perdre 20 % de leur chiffre d’affaires. C’est la mort d’un port de pêche et de son tourisme. »
Source : http://www.courrier-picard.fr/region/eolien-en-mer-les-opposants-obtiennent-des-concessions-ia176b0n867887

Des impacts négatifs sur la pêche reconnus en baie de Somme et pas d’impact sur la pêche en baie de Saint-Brieuc ?

Les deux halles à marées d’Erquy et de Saint-Quay-Portrieux, classent la baie de Saint-Brieuc au 3ème rang des ventes en valeur (annuelles) en France :
(Source : France Agrimer, Données de ventes déclarées en halles à marée en 2015)

  1. Le Guilvinec : 71 883 k€
  2. Lorient : 63 274 k€
  3. Erquy et Saint-Quay-Portrieux : 60 024 k€
  4. Boulogne : 42 638 k€

La pêche emblématique de la baie de Saint-Brieuc est la coquille Saint-Jacques, donnée en exemple de pêcherie gérée durablement, mise en avant dans toutes les communications touristiques, pêche qui a construit la notoriété nationale de la région de Saint-Brieuc.

En baie de Saint-Brieuc, 670 emplois directs pour la pêche à la coquille Saint-Jacques

Campagne 2015-2016
5 990 tonnes de coquilles Saint-Jacques
13 millions d’euros de chiffres d’affaire
217 bateaux et 450 emplois embarqués
70 emplois dans les deux criées
12 ateliers d’expédition et de transformation soit 150 emplois directs
Source http://www.cad22.com/armorstat/Filieres-economiques/Filiere-Coquille-Saint-Jacques-Cotes-Armor.pdf

Imposé par l’Etat entre les deux gisements classés de coquilles Saint-Jacques de la baie, le projet éolien de l’Etat porté par Ailes Marines s’inscrit en totale contradiction avec les politiques d’aménagement et de développement menées pendant des dizaines d’années en baie de Saint-Brieuc. Ces gisements sont les plus productifs de France et constituent les plus grands gisements naturels européens. Le projet de l’Etat est même situé en partie sur le gisement « du large ». Si ce projet se réalise, l’impact économique sera désastreux pour la région de Saint-Brieuc.

gisement-classe-de-coquilles-saint-jacques 

Que dit l’Ifremer ?

« On constate que pour quinze années (sur seize), la zone du voisinage est au moins légèrement voire nettement plus riche en coquilles Saint-Jacques que la totalité de la baie. En effet, plusieurs éléments indiquent que le barycentre du gisement coquillier de Saint-Brieuc se déplace progressivement vers l’Est vraisemblablement sous l’effet de l’expansion de la crépidule notamment dans la partie Ouest-Nord-Ouest de la baie en raison d’une configuration courantologique favorable pour cette espèce. Dans le même sens, il serait vraisemblable que la zone « éoliennes » bénéficie également de cette tendance d’enrichissement progressif en coquilles Saint-Jacques. »   Ifremer Brest-Lorient, p16 Etude coquilles Saint-Jacques campagne 2014 4-2-a-1-8-_4_-_stb-dev-r-ifr-1110_rev_0_rapport_coquilles_saint-jacques_campagne_2014

Ailes Marines n’a pas trouvé de coquilles Saint-Jacques

Campagne 2012, Evaluation des populations de bivalves / 3. Données générales de la campagne de prélèvement, p29 « Pour cette espèce, la taille commerciale, mesurée dans la longueur, n’est pas comparable aux mesures de hauteur relevées sur le terrain. Il est donc impossible de connaître les effectifs d’individus de taille commerciale. De plus, les effectifs récoltés (10 individus) sont insuffisants pour établir une structure en taille. Pour cette espèce, seule la répartition spatiale des individus, toutes classes de taille confondues, est présentée.

Les faibles effectifs prélevés ne permettent pas de dégager une quelconque tendance quant à la répartition géographique des densités de coquilles Saint-Jacques. L’espèce est présente sur seulement 8 stations d’échantillonnage. »

coquilles-st-jacques-fig18-ei-p29

L’eau à 50° rejetée en continu par la sous-station électrique entraînera une augmentation de la température de l’eau de 0,3°.

L’atteinte environnementale sera tragique compte-tenu des nuisances associées à l’implantation et au fonctionnement d’une usine éolienne de production d’électricité en mer. L’abondante littérature d’Ailes Marines est à ce sujet édifiante : forage/battage/bétonnage des fonds marins, rejets turbides, pollutions accidentelles, trafic des navires de servitude, pollution sonore, destruction d’habitats, relargage continu de métaux toxiques, relargage continu de 200 m3 d’eau à 50 degrés par heure.

Document d’incidence Natura 2000 page 371
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100 dB(A) annoncés en phase d’exploitation

A cela s’ajoutera le vacarme de la sous-station électrique : « Un niveau d’émission sonore de 90 à 100 dB(A), mesuré à la source, est attendu à pleine production du parc.» (page 58, Document d’incidence Natura 2000).

Auquel il faudra ajouter le bruit du générateur de la nacelle ainsi que le bruit des vibrations induites par les pâles. « La puissance nominale est atteinte pour une vitesse de vent de 43 km/h : à cette vitesse, les pâles tournent à 8,5 tours par minute, soit une vitesse de 288 km/h en bout de pale. » (page 46, Document d’incidence Natura 2000).

Ce vacarme multi-sources se propagera dans l’eau sous-marine à grande distance, massacrant à grande échelle les mollusques bivalves et l’acquafaune de la baie de Saint-Brieuc.echelle-ademe