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Assises de l’économie de la mer. Emmanuel Macron feint de croire à la possibilité d’un deal entre industrialisation accrue et protection de l’Océan

A l’occasion des Assises de l’économie de la mer à Montpellier, Emmanuel Macron a présenté la feuille de route du Gouvernement sur la politique maritime de la France, et rappelé les engagements pris en matière d’accompagnement du développement économique maritime, d’environnement, d’énergies marines renouvelables.

Les Assises de l’économie de la mer sont le rendez-vous annuel de la communauté maritime française. Cet événement est organisé par l’hebdomadaire le Marin et le quotidien Ouest France autour de très nombreux partenaires privés et publics.

Discours d’Emmanuel Macron aux Assises de l’économie de la mer

3Opéra en 3 actes
Acte 1. L’indispensable protection des océans « bien commun de l’humanité »
Acte 2. Hommage aux marins pêcheurs
Acte 3. 1 GW (gigawatt) d’éolien en mer par an d’ici à 2024

Vous pouvez écouter le discours d’Emmanuel Macron sur le site de l’Elysée https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2019/12/03/locean-poumon-de-lhumanite-qui-menace-de-setouffer

et le télécharger 2019-12-03 Transcription du discours du Président de la République aux Assises de la mer

BEST OF

Acte 1. L’indispensable protection des océans « bien commun de l’humanité »

Gardez les Caps

« L’océan est un bien commun de l’humanité »

« Et je veillerai à ce que la France soit à l’avant-garde dans les instances internationales ad hoc pour la défense et la protection des océans. »

« L’océan c’est en effet le sanctuaire de notre biodiversité et je n’ai pas ici besoin de dire combien elle est décisive dans l’équilibre de nos écosystèmes. C’est un trésor infini de faune et de flore. »

« C’est la ressource halieutique qui grâce à la pêche constitue le premier apport en protéines pour 1 milliard de femmes et d’hommes. Et c’est un lieu où il nous faut, et la France est à cet égard à l’avant garde et j’y reviendrai, concilier ces objectifs et ces usages : la préservation de la biodiversité et la nécessité de nourrir la planète. »

« La question qui nous est aujourd’hui posée, c’est comment exploiter durablement ces ressources alimentaires, minérales, énergétiques ou biologiques sans compromettre l’équilibre fragile des écosystèmes océaniques. »

« Protéger la biodiversité, c’est par exemple, très concrètement, protéger les cétacés. »

« C’est aussi protéger nos récifs coralliens. La France est le quatrième pays corallien au monde, un dixième de la surface corallienne du monde se trouve dans les eaux françaises. Aujourd’hui, nous protégeons deux tiers de nos récifs par des aires marines protégées dans lesquelles des activités sont interdites et contrôlées. Je veux, d’une part, que l’on renforce les contrôles dans ces aires, et d’autre part, que l’on protège les trois quarts de nos récifs en 2021 et la totalité en 2025. »

Acte 2. Hommage aux marins pêcheurs

L-Ifremer-sillonne-la-baie-de-Seine-et-la-baie-de-Saint-Brieuc-pour-evaluer-la-biomasse-de-coquilles-Saint-Jacques

« Notre pêche a fait un effort, ces dernières années et ces dernières décennies, inédit, qui montre que cette réconciliation des usages de la mer est possible. Je veux ici leur rendre hommage parce que c’est une activité qui, au quotidien, reste dure, aujourd’hui encore, à qui on a demandé, et j’y reviendrai là aussi, beaucoup d’investissements et de contraintes, mais qui a su comprendre que son avenir et son intérêt étaient dans cette préservation de la biodiversité, qui a su participer à ce travail de régénération des réserves halieutiques. »

« Nous sommes une grande nation de pêche et une grande nation de protection de la biodiversité parce que nous avons des marins, des pêcheurs qui ont le sens des responsabilités et ont su faire ces efforts. »

« Mais cette part que notre pêche représente, pêche mais aussi tous les métiers de la transformation, de la distribution, de la restauration et tout l’aval absolument indispensable de valorisation dont la France peut aussi être fière et qui permet de faire travailler toutes nos côtes, tous nos ports et a permis des spécialisations indispensables et une vraie excellence française, sa force, c’est d’avoir compris, et nous y reviendrons sans doute lors de notre débat, c’est d’avoir compris l’importance de la durabilité, de la traçabilité. C’est d’avoir compris le caractère essentiel du maintien des réserves halieutiques, le caractère essentiel des pratiques de pêche et des caractères de cette pêche. »

Acte 3. 1 gigawatt (GW) d’éolien en mer par an d’ici à 2024.

©Ouest France

« Je vais vous parler avec franchise : qu’un pays comme le nôtre qui compte près de 20 000 kilomètres de côtes et possède de ce fait un des potentiels les plus importants au monde en la matière ne soit pas aujourd’hui en pointe sur ce domaine est incompréhensible. Il est donc urgent de mettre fin à des années de procédures administratives trop lentes, d’hésitations, de renoncements, parfois de remboursements. C’est chose faite. Il y a quelques mois, ceux qui me connaissent savent que je fonctionne ainsi, par impatiences successives répétées et entêtement, nous avons enfin débloqué les projets qui étaient en cours et la construction du premier parc éolien français en mer a été lancée à Saint-Nazaire. C’était une étape importante, mais je veux ici confirmer que le mouvement va se poursuivre d’ici 2024. L’Etat attribuera ainsi, chaque année, 1 gigawatt de puissance supplémentaire, soit l’équivalent d’un à deux parcs éoliens chaque année. »

« Mais c’est un travail derrière qu’il ne faut pas négliger, qui est un travail avec nos pêcheurs et tous ceux qui ont l’usage de la mer, parce qu’il faut que les conflits d’usage soient réglés avant que les parcs ne soient déployés, et là aussi, à chaque fois, nous avons su régler ces problèmes et il faut continuer dans l’esprit de responsabilité. Et c’est un travail exigeant en termes financiers, parce que j’ai regardé aussi les contrats, on a mis du temps parce qu’on a renégocié les contrats. On faisait payer parfois à l’Etat, pour 20 ans, des prix fous. Donc je suis pour développer les filières, mais moi, je ne suis pas pour payer pour 20 ans, à un ou deux opérateurs, des prix déraisonnables, parce que c’est le contribuable qui paye. »

Pêcheurs artisans Saint-Brieuc

Les pêcheurs artisans saisissent le tribunal de l’Union européenne

Les PECHEURS ARTISANS confirment qu’aucun des 6 projets d’éolien en mer des 1er et 2ème appels d’offres ne pourra démarrer, tant que la France ne se sera pas expliquée sur l’illégalité de l’aide financière qu’elle leur a attribuée.

©Pecheurs Artisans

Il n’y a pas que le plastique pour détruire la biodiversité de l’océan, la ressource en poissons et coquillages, et par conséquence provoquer la disparition des pêcheurs artisans.

Il y a les ÉOLIENNES en MER qui viennent s’installer arbitrairement et avec brutalité sur les zones de pêche artisanale, chassant les pêcheurs, détruisant les écosystèmes marins, ruinant les efforts de plusieurs décennies passées à mettre en place une pêche responsable respectueuse de la ressource.

Les six projets d’éolien en mer français du premier appel d’offres (Fécamp, Courseulles-sur-Mer, Saint-Brieuc, Saint- Nazaire) et du deuxième appel d’offres (Dieppe-Le Tréport, Yeu-Noirmoutier) sont TOUS envisagés dans les MEILLEURES ZONES DE PECHE ARTISANALE française , à quelques encablures des côtes de la Manche et de l’Atlantique.

Les Pêcheurs Artisans sont formellement opposés à ces six projets, et à toute implantation d’éolien industriel sur une zone de pêche.

Les Pêcheurs Artisans ont déposé un recours devant le Tribunal de l’Union européenne demandant l’annulation de la décision de la Commission européenne du 26 juillet 2019 autorisant 20 milliards d’euros d’aides à ces six projets.

Pendant toute la durée de ce recours, l’engagement des travaux de construction de chacun des six projets est illégal.

Par ailleurs, il est aujourd’hui incontesté que ces six projets d’éolien en mer côtière ne contribueront pas à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ils ne serviront pas non plus à lutter contre le réchauffement climatique.

Le président de la CRE (Commission de Régulation de l’Energie) s’exprimant sous serment, a déclaré le 4 avril 2019 : « Le développement des énergies renouvelables électriques ne sert donc pas à réduire les émissions de CO2. Il faut le rappeler, car on dit beaucoup de mensonges à ce sujet, et encore récemment à la télévision. Cela n’a aucun sens et procède d’une forme de populisme idéologique. »

(Commission d’enquête sur l’impact économique, industriel et environnemental des énergies renouvelables, sur la transparence des financements et sur l’acceptabilité sociale des politiques de transition énergétique, audition de M. Jean- François CARENCO, compte rendu n °8, 4 avril 2019, page 3).

Nous ne cèderons pas.
Le combat continue

Pêcheurs Artisans, pour une pêche respectueuse et durable
# Pêche artisanale Pêche durable
# Pas d’éoliennes sur les zones de Pêche
# Océan & Pêcheurs Artisans, même Combat

Logo Pêche Artisanale

Baie de St-Brieuc : l’électricité la plus chère d’Europe !

St-Brieuc 155€ : MWh

Des 7 projets français d’éolien posé en mer, le projet du consortium hispano-britannique Ailes Marines dans la baie de Saint-Brieuc est celui qui bénéficie de l’aide d’État la plus élevée, donc celui qui coûtera le plus cher aux Français.

L’aide d’État est le tarif d’achat d’électricité obligatoire versé au consortium par EDF (EDF-OA) pendant 20 ans.

4,7 milliards d’euros en 20 ans !
4 fois plus coûteux que le prix du marché (40€ /MWh)
2 fois plus coûteux que le projet en mer de Dunkerque pour une performance nettement inférieure (1,75 TWh) !

A ce montant extravagant, qui interroge sur les coulisses d’une stratégie illisible, il faut ajouter :

  • 300 millions d’euros pour le raccordement électrique à terre désormais pris en charge par RTE, ainsi que les surcoûts imposés au réseau,
  • 50 millions d’euros pour l’exonération de la taxe d’occupation de 103 km2 du domaine public maritime pendant 40 ans,
  • des clauses d’indemnisation outrageusement favorables au promoteur.

Une addition particulièrement salée pour une efficacité du projet qui reste à démontrer tant sur le plan énergétique que sur sa contribution à réduire les gaz à effet de serre (GES). Aucune réduction des émissions de GES n’est même à attendre avec la nécessité de disposer de centrales au gaz émettrices de GES pour se substituer aux 25% de diminution du parc nucléaire qui se substitue actuellement à l’irrégularité de la production éolienne intermittente.

On comprend mieux désormais pourquoi les Ministères de l’Écologie successifs ont caché ce tarif à la société civile pendant 7 ans, pourquoi la France a mis 5 ans à le déclarer à la Commission européenne (sous la contrainte de la plainte déposée par le collectif PULSE), pourquoi la Commission européenne a mis plus de 2 ans à l’approuver. C’est le 12 avril 2017, trois semaines avant l’élection présidentielle, que le gouvernement Hollande a notifié dans la précipitation, l’aide en faveur d’Ailes Marines (Iberdrola-RES), le promoteur du projet de Saint-Brieuc.

Et c’est curieusement le 26 juillet 2019 que la Commission Européenne approuve l’aide de la France en faveur d’Ailes Marines, soit deux jours exactement après que le Conseil d’État ait rejeté les recours de Gardez les Caps et de la société Nass & Wind, en dépit d’une accumulation de procédures irrégulières, et contre l’avis de son rapporteur public.

Cette approbation publiée au journal officiel de l’Union Européenne le 23 août, révèle pour la première fois depuis 2012, les prix de rachat de l’électricité, les budgets et les performances de chaque projet français d’éolien en mer

Et la surprise n’est pas des moindres !

EOLIEN en MER. Récapitulatif

Toutes ces aides aux promoteurs, illégalement octroyées avant leur notification à la Commission européenne (sauf Dunkerque), sont financées par le budget de l’ÉtatPlus précisément, elles seront financées à partir du compte d’affectation spéciale « Transition Énergétique », qui est alimenté par une partie des recettes des taxes intérieures de consommation sur les produits énergétiques (TICPE).

Automobilistes, vous allez payer à la pompe pour les éoliennes en mer ! Mais aussi les entreprises qui bénéficient du GNR (Gas oil Non Routier), c’est déjà quasiment fait pour les entreprises de travaux publics. Ne resteront détaxés que les agriculteurs et les pêcheurs, mais pour combien de temps ?

Quand dès l’origine, un site a été mal sélectionné, faute d’études d’impact préalables, l’éolien en mer devient un terrain miné.

Dans sa décision, la Commission européenne rappelle aux autorités françaises que : « Les coûts de production de l’énergie d’installation d’éoliennes en mer dépendent des caractéristiques géologiques et météorologiques des sites sélectionnés. Ainsi la côte française présente les particularités suivantes par rapport aux sites éoliens en mer existants en Europe : vents plus faibles en comparaison des sites en mer du nord, baltique, ou mer d’Irlande, et une nature de sol plus complexe (sols rocheux carbonatés au lieu de sols sableux ou argileux). »

Aujourd’hui, le bon sens, comme la raison d’État, voudraient que les projets des appels d’offres de 2012 (Fécamp, Courseulles, Saint-Brieuc, Saint-Nazaire) et 2014 (Le Tréport, Yeu-Noirmoutier) soient abandonnés le plus rapidement possible en indemnisant les promoteurs. L’addition serait plus légère pour les Français qui vont tous devoir payer alors que pouvoir d’achat et chômage sont en tête de leurs priorités.

Le 3 juillet dernier, à l’audience du Conseil d’État examinant le projet de Saint-Brieuc, l’avocat du promoteur Ailes Marines (Iberdrola-RES) a spontanément cité la somme de 100 millions d’euros d’investissements et de dépenses depuis 2012.

Il est donc toujours possible d’abandonner ces projets qui vont coûter plus de 25 milliards d’euros d’argent public en contrepartie d’une maigre production électrique intermittente, et dans le même temps, qui vont dévaster la biodiversité marine, chasser les pêcheurs artisans de leur zone de pêche, ruiner une filière économique vitale gérée de manière responsable par les Comités des Pêches depuis 40 ans.

3 juillet. Gardez les Caps devant le Conseil d’État. La justice enfin en marche ?

« Il arrive que l’histoire récompense ceux qui s’obstinent et qu’un rocher bien placé corrige le cours d’un fleuve. »

Emmanuel Mounier, Revue Esprit mars 1950

L’implantation de 62 éoliennes industrielles dans la baie de Saint-Brieuc a été attribuée en 2012 au promoteur Ailes Marines-Iberdrola sans véritable concertation, ni études environnementales préalables, a contrario de ce qui se fait en Europe du Nord et des directives de la Commission européenne.

Résultat, le projet d’Ailes Marines-Iberdrola :

🔺empiète sur des zones de pêche vitales pour la pêche artisanale, une filière économique essentielle (290 bateaux) à laquelle s’ajoutent toute l’activité des conserveries, mareyages, chantiers navals. On estime qu’un emploi en mer correspond à quatre emplois à terre.C’est plus de 1000 emplois directs en baie de Saint-Brieuc.

🔺est cerné de zones Natura 2000, la première à 450 mètres, placé devant la plus grande réserve ornithologique de Bretagne, et sur des fonds marins benthiques, des couloirs de migration de poissons et de grands crustacés, des nourriceries, des habitats remarquables.

🔺ne créera pas d’emplois : 40 à 100 emplois annoncés pour la base de maintenance, c’est à dire moins que les emplois créés par l’ouverture d’un supermarché.

🔺bénéficie par contre d’aides multiples, disproportionnées pour une source d’énergie peu efficace, en conflit d’usages sur le domaine public maritime : exemption de redevance annuelle pour occupation du Domaine Public Maritime, aide au raccordement, clauses d’indemnisation abusives, aides aux sous-traitants et financement public de la base à terre.

🔺s’ajoute un tarif garanti de rachat de l’électricité dispendieux et opaque. La renégociation de ce tarif en 2018 a rendu public le prix de rachat moyen pour les six projets des 1er et 2ème appels d’offres. Mais on ignore toujours le tarif de rachat garanti à Ailes Marines-Iberdrola pendant 20 ans. Compte-tenu de la bathymétrie élevée (42m), des courants importants, des fonds difficiles et du vent de terre en baie de Saint-Brieuc, il y a fort à parier qu’Ailes Marines-Iberdrola se situe toujours dans la fourchette haute de ces tarifs renégociés.

A 142€, et sans aucun plafond de la production subventionnée. le tarif moyen renégocié  demeure deux fois plus élevé que les tarifs pratiqués ailleurs en Europe. De plus, le projet de Dunkerque attribué à EDF en juin, a rebattu les cartes du grand mercato des tarifs de l’éolien en mer.

Souhaitons que le Conseil d’Etat siffle la fin de partie.

Ecocide

Les pêcheurs montent au créneau pour sortir de l’impasse de l’offshore français qui aura des impacts en cascade sur nos écosystèmes côtiers.

Pour sortir de l’impasse française des projets d’éolien industriel sur les zones de pêche côtière, le collectif PÊCHEURS ARTISANS demande à être entendu par la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale « sur l’impact économique, industriel et environnemental des énergies renouvelables, sur la transparence des financements, et sur l’acceptabilité sociale des politiques de transition énergétique ». Ils écrivent à son président, Julien Aubert.

Les travaux de la commission ont commencé en mars. Elle rendra son rapport fin juillet.
Composition de la commission d’enquête : http://www2.assemblee-nationale.fr/instances/fiche/OMC_PO762821

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Pêcheurs NoirmoutierPêcheurs St-Brieuc

« Aujourd’hui, je défends mon métier, l’avenir de nos enfants, je défends l’océan, la faune et la flore qui me font vivre »

 Julien Tréhorel, marin pêcheur dans la baie de Saint-Brieuc

Amputation de zones de pêche actives, destruction des écosystèmes marins et de la ressource associée, les pêcheurs constatent qu’il n’y a plus de pêche professionnelle artisanale sur les sites d’éolien industriel de l’Europe du Nord, qu’il ne suffit pas de faire valoir que la pêche sera « autorisée » dans la zone d’implantation pour que celle-ci puisse exister et survivre.

Le temps des écosystèmes est infiniment long, celui des destructions particulièrement rapide.

Rappelons que la pêche ARTISANALE ou « petite pêche » ne doit pas être confondue avec la pêche INDUSTRIELLE. Dépendante de la bonne santé de l’écosystème marin et de l’abondance des espèces, la petite pêche artisanale est adaptée à son environnement. Elle gère durablement les stocks et apporte des solutions écologiquement justes. Pour preuve, résultat de dizaines d’années de bonne gestion, les stocks de coquilles Saint-Jacques ont battu un record cette année en baie de Saint-Brieuc comme en baie de Seine.

Communiqué du Collectif PECHEURS ARTISANS

14 mai 2019. Le communiqué est téléchargeable ici :
Pêcheurs Artisans 14mai2019

 

Monsieur le Député,

La Loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte (LTECV) de 2015 et la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) en cours de discussion prévoient l’implantation de 3000 MW éoliens dits « offshore » le long des rivages allant de la frontière belge à l’embouchure de la Gironde.

Ceci se matérialise par huit projets d’éolien posé dits « offshore », Dunkerque, Dieppe-Le Tréport, Fécamp, Courseulles-sur-Mer, Saint-Brieuc, Saint-Nazaire, Noirmoutier-Yeu et Oléron.

Sont prévus en outre quatre projets d’éolien flottant expérimentaux, l’un se situant entre Groix et Belle-Ile, les trois autres en Méditerranée.

Les premiers, qualifiés de « Offshore », sont en réalité des projets côtiers (« nearshore »), leur distance au rivage se situant aux environs de 15 km. Les observations qui suivent concernent l’éolien offshore « posé » des premier (2012) et deuxième (2014) appels d’offres.

Les implantations prévues sans véritable concertation, ni enquête environnementale préalable permettant le choix d’un site approprié, empiètent sur des zones de pêche vitales pour la pêche côtière artisanale, une filière économique importante: navires, emplois directs, auxquels s’ajoutent toute l’activité annexe des conserveries, mareyage, chantiers navals. On estime qu’un emploi en mer correspond à quatre emplois à terre.

En dépit des propos apaisants prodigués par les promoteurs et les Préfectures Maritimes, nous n’avons aucune illusion sur la possibilité de continuer à exercer notre activité sur ces zones, et craignons un report d’activité sur d’autres zones déjà exploitées. La cohabitation augmentera. Ce sera la guerre entre les différents métiers, fileyeurs, caseyeurs et chalutiers. Le rail n’est pas loin, il y aura des accidents avec les cargos. Enfin, la ressource va être détruite par la surexploitation des zones.

Avec le plus grand étonnement, nous relevons à propos de l’appel d’offres du projet sur le Hill Bank devant Dunkerque, des prix attendus de 60-70€/MWh alors que les projets en Manche et Atlantique affichent des prix de reprise compris entre 190 et 220€/MWh, dont on nous dit qu’ils ont été diminués de 25%, mais sans nous donner un chiffre exact.

Quelle est la viabilité d’un tel investissement, dont le coût élevé tient pour une bonne part à des conditions bathymétriques et de natures de fonds bien moins favorables qu’en Mer du Nord, domaines qui nous sont familiers.

Est-il raisonnable de sacrifier ainsi une filière économique pérenne ?

Les parcs éoliens flottants prévus relèvent encore de l’expérimentation et n’induisent pas, pour l’instant, une occupation importante de l’espace maritime générateur de conflits d’usage. Il pourrait en être autrement à plus long terme. Certains documents comme la feuille de route adoptée en juillet 2016 par la Région Bretagne sont à cet égard très inquiétants.

Les craintes ici exprimées sont renforcées par les conséquences que pourrait avoir le Brexit sur la pêche française, avec là aussi des reports d’activité attendus. Ce sera l’effet « domino ».

Enfin, nous relevons que les perspectives fixées par la LTECV et la PPE induiront une augmentation du prix de l’électricité dont le financement risque d’être mal accepté, au vu des mouvements qui affectent actuellement notre pays.

Pour ces raisons, les marins pêcheurs de Manche et d’Atlantique souhaitent être entendus par la commission que vous présidez.

Espérant une réponse positive, nous vous prions de croire, Monsieur le Député, à l’assurance de notre vive considération.

La pêche artisanale est une pêche responsable, respectueuse des écosystèmes.

Contacts
GERARD MONTASSINE, Membre expert associé au Comité Régional des Pêches des Hauts de France (pour l’environnement), 06 82 77 22 58
OLIVIER BECQUET, Gérant de la Coopérative des Artisans Pêcheurs et Associés du Tréport (CAPA), 06 32 65 08 74
JULIEN TREHOREL, Marin pêcheur, Président de l’Association de Défense et de Promotion de la Pêche Artisanale dans le Golfe Normand-Breton, 06 07 73 06 40
SYLVAIN GALLAIS, Marin pêcheur, Porte-parole de la pêche Ligérienne, 06 83 57 14 47

Pêcheurs Artisans pour une pêche respectueuse et durable

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Planète mer en danger. 3 plaintes à Bruxelles contre l’éolien sur les zones de pêche côtière

Les six projets français d’éolien offshore des 1er et 2ème appels d’offres continuent d’être un boulet pour le gouvernement.

Dans une lettre du 5 avril 2019, le Premier Ministre cite lui-même les « difficultés majeures » de ces appels d’offres, « lancés trop tôt avec des procédures inadaptées et pour des volumes trop importants », qui obèrent « le financement de la transition énergétique », et qu’après la renégociation de 2018, leur coût demeure « très significatif » avec « encore près d’1,3 Md€ de dépenses publiques annuelles » pendant une vingtaine d’années.

TELECHARGER la lettre d’Edouard Philippe http://gardezlescaps.org/wp-content/uploads/2014/10/Edouard-Philippe-5-avril-2019.pdf

Désormais, ce sont les trois façades maritimes Mer du Nord-Manche-Atlantique, qui ont déposé une plainte à Bruxelles contre des projets qui les spolient de leurs zones de pêche et détruiront une ressource gérée de manière durable depuis des dizaines d’année par les Comités des Pêches, en coopération avec l’Ifremer.

La première plainte déposée a été celle des pêcheurs artisans du Golfe Normand-Breton, il y a un an, contre le projet d’Iberdrola-Ailes Marines en baie de Saint-Brieuc. Ont suivi la plainte des pêcheurs artisans de l’Atlantique contre les projets développés par EDF à Saint-Nazaire et Engie à Yeu-Noirmoutier, puis la plainte des pêcheurs artisans de la Manche contre les projets développés par EDF à Courseulles et Fécamp, par Engie à Dieppe-Le Tréport.

Les marins pêcheurs demandent au gouvernement d’interdire le développement de l’éolien industriel sur les zones de pêche artisanale côtière.

Communiqué du Collectif des Pêcheurs Artisans, 1er mai 2019
Collectif PECHEURS ARTISANS 1er mai 2019

Collectif Pêcheurs Artisans

Protection des écosystèmes marins et de la ressource halieutique.
Les pêcheurs artisans tirent la sonnette d’alarme.

Dieppe-LeTréport, Fécamp, Courseulles, Saint-Brieuc, Saint-Nazaire, Yeu-Noirmoutier, TOUS ces projets français d’éolien en mer sont envisagés en plein cœur de zones dynamiques de pêche côtière.

Lancés en 2010 dans la précipitation, sans études environnementales préalables, ces projets continuent d’être à contretemps des préconisations de la Commission européenne. A la différence de l’éolien en mer du Nord, les six projets français sont situés sur des zones benthiques, des couloirs de migration, des nourriceries, et parfois même, des habitats remarquables. Leur implantation détruira la vie de ces écosystèmes marins, et par voie de conséquence signera la disparition de la pêche artisanale côtière.

Sur des fondements juridiques contestés, la cour administrative d’appel de Nantes déboute systématiquement les recours des parties prenantes ayant des intérêts à agir sur le Domaine Public Maritime. Elle ignore ouvertement les impacts écocides de ces projets sur la pêche artisanale.

Des aides multiples et disproportionnées pour une source d’énergie peu efficace, en conflit d’usages sur le Domaine Public Maritime.

En plus de tarifs de rachat plantureux et garantis pendant 20 ans, les opérateurs des six projets bénéficient de multiples avantages : exemption de redevance annuelle pour occupation du Domaine Public Maritime, aide au raccordement, clauses d’indemnisation abusives, aides aux sous-traitants et financement public des bases à terre.

En 2018, la renégociation des tarifs de rachat de l’électricité a été simultanément compensée par d’autres avantages nouveaux. Quoiqu’il en soit, à environ 150€ par Mégawattheure (MWh), les tarifs de rachat annoncés demeurent deux fois plus élevésque les tarifs pratiqués ailleurs en Europe. Les projets ne sont accompagnés d’aucun plafond de la production subventionnée alternative à la durée de 20 années, ni de la moindre transparence, contrairement aux pratiques des autres pays européens.

Enfin, les constatations officielles de la Commission Européenne montrent que la production globale, cumulée, annoncée pour ces six projets correspondrait à moins de la moitié de la production d’une centrale nucléaire de 3 GW !

Trois plaintes ont été déposées à Bruxelles. A la veille des élections, les pêcheurs artisans des façades maritimes Manche et Atlantique interpellent les eurodéputés.

Les marins-pêcheurs contestent l’installation des projets éoliens en mer sur les zones de pêche pérennes. Trois plaintes ont été déposées à la Commission Européenne contre les six projets de 2012 et 2014 qui vont accélérer le processus de destruction de l’environnement marin et faire disparaitre la pêche artisanale côtière, alors que l’Union Européenne s’engage en faveur du développement durable, et lutte contre la surcapacité et la surpêche industrielle.

Les marins-pêcheurs français rappellent à leurs élus que l’implantation d’un parc éolien en mer signifie la destruction définitive des fonds marins, l’asphyxie de la vie marine, une pollution chronique à l’aluminium, une pollution sonore permanente, la propagation d’infrasons, de basses fréquences, la création de champs électromagnétiques, des centaines de kilomètres de câbles électriques, des empilements de roches, etc.

La conséquence n’est pas uniquement la perte de zones de pêche, mais la création d’un espace morcelé dangereux, conflictuel, dont l’industrialisation provoque inéluctablement l’effondrement de la ressource halieutique alors justement que les zones de pêche côtières françaises ont été rendues pérennes par plusieurs décennies d’efforts de préservation des ressources, co-financés par des fonds publics.

La disparition progressive voire l’écroulement de certains stocks communautaires avec la réduction des quotas associés aura des conséquences économiques lourdes pour les pêcheurs artisans qui dépendent exclusivement de cette ressource.

Pêche dans les parcs éoliens en mer. Que dit l’Europe ?

Peut-on naviguer et pêcher dans les parcs éoliens européens ? Non, bien évidemment, tous les retours d’expérience allemands, danois, hollandais, belges apprennent que les règlementations nationales l’interdisent. En Grande-Bretagne, des restrictions proches de l’interdiction, les dangers de la navigation à proximité d’installations éoliennes et la ressource disparue, ont ruiné la pêche côtière.

La pêche artisanale côtière est juste écologiquement, socialement, économiquement.

La privatisation et la destruction des zones de pêche artisanale par l’industrie éolienne au nom de « l’économie bleue » est inacceptable. Il est encore temps de changer de cap, d’écrire un nouvel acte pour une transition énergétique respectueuse de l’océan et des hommes.

La réponse du Premier Ministre le 5 avril dernier à un courrier où 120 parlementaires s’inquiétaient de la place laissée aux EMR dans le projet de PPE, le dit sans détour, en citant les « difficultés majeures » de ces appels d’offres « lancés trop tôt avec des procédures inadaptées et pour des volumes trop importants », qui obèrent « le financement de la transition énergétique ».

Le Premier Ministre lui-même indique qu’après une (soi-disant) renégociation en 2018, leur coût demeure « très significatif » avec « encore près d’1,3 Md€ de dépenses publiques annuelles » pendant une vingtaine d’années.

Les marins pêcheurs considèrent, eux, que la situation est inchangée. Les six projets éoliens en mer français sont toujours prévus sur des zones de pêche actives et pérennes. Ce qui a été repris aux opérateurs éoliens d’une main (baisse des tarifs de rachat scandaleusement élevés), leur a été rendu de l’autre (prise en charge par la collectivité du raccordement au réseau (soit 200 à 300 millions EUR par projet), exemption de la redevance annuelle pour occupation du domaine maritime, clauses d’indemnisation manifestement excessives).

Au vu des médiocres performances des installations éoliennes, ces montants financés par tous les citoyens, ne correspondent à aucun objectif légitime de politique énergétique et ne constituent pas une utilisation optimale des fonds publics.

La pêche artisanale est une pêche responsable, respectueuse des écosystèmes. Il ne peut y avoir de dérogations de plusieurs centaines de km2 pour l’éolien en mer.

L’interdiction de l’éolien industriel dans les zones de pêche côtière doit être adoptée.

Contacts
Olivier Becquet, Gérant de la Coopérative des Artisans Pêcheurs et Associés du Tréport (CAPA), 06 32 65 08 74
Julien Tréhorel, Marin pêcheur, Président de l’Association de Défense et de Promotion de la Pêche Artisanale dans le Golfe Normand-Breton, 06 07 73 06 40
Sylvain Gallais, Marin pêcheur, Porte-parole de la pêche Ligérienne

Pêcheurs Artisans pour une pêche respectueuse et durable

Logo Pêche Artisanale 2

62 éoliennes en baie de Saint-Brieuc ?

Un projet industriel promu sous couvert de lutte contre le changement climatique par un énergéticien espagnol avec des éoliennes allemandes et des terres rares chinoises (1 tonne par éolienne) qui produira en 365 jours à peine 1 journée de la consommation électrique française.

Comment peut-on justifier un tel projet né dans la précipitation de gouvernements précédents sans étude d’impact environnemental préalable ?

✅ Au beau milieu de zones protégées, d’habitats remarquables, de couloirs de migrations

✅ En plein cœur d’une zone de pêche artisanale, la seule pêche responsable

✅ Sur le gisement naturel de coquilles St-Jacques le plus productif d’Europe

✅ Sur le territoire de la plus importante colonie européenne de grands dauphins

✅ Devant la plus grande réserve ornithologique de Bretagne

✅ Enfin, devant les caps de Fréhel er d’Erquy en voie de labellisation Grand Site de France

Après avoir détruit les fonds marins benthiques de la baie de Saint-Brieuc, et par conséquent la ressource halieutique, sacrifié les marins pêcheurs, chassés la faune sauvage, barré l’horizon, cette usine électrique relarguera dans la mer pendant 25 ans 170 kg d’aluminium par jour.

La démarche ERC : de la poudre de perlimpinpin

E comme « éviter ». La démarche d’évitement est inexistante, parce que l’Etat a choisi de mener ce projet dans un site à fort enjeu environnemental et économique.

R comme « réduire ». Le promoteur Ailes Marines reconnaît chaque impact et effet négatifs du projet, mais n’apporte aucune solution.

C comme « compenser ». La compensation d’Ailes Marines est une mystification, un tour de passe-passe. Il ne peut y avoir de compensation en mer.

La confiance a pris l’eau au fil des ans, des assertions subtilement fausses, des entourloupes, des contorsions.

Espérons que la justice soit enfin en marche !

Le vrai et le faux des explications d’Emmanuel Macron sur notre production électrique

GRAND DEBAT de Bourgtheroulde le 17 janvier 2019, Emmanuel Macron répond à la question d’un maire en Normandie.

Le Président a raison ! 

✅ « Nous, on a une vraie autonomie et une vraie stabilité parce qu’on a un parc nucléaire important. Notre stratégie, c’est progressivement de réduire notre dépendance, SANS FAIRE N’IMPORTE QUOI. On va privilégier, nous, la fermeture des centrales à charbon. On a l’une des électricités d’abord, les plus propres du monde, les plus décarbonée. Ça c’est une chance, il faut quand même le rappeler. Quand on se bat contre les émissions de CO2et contre le réchauffement climatique, la France, elle a une chance, c’est son nucléaire, parce qu’il est moins carboné que ceux qui le font avec du charbon ou autre. »

✅ « Ce sur quoi je pousse, c’est qu’on ait une vraie transition énergétique européenne. (…) La priorité c’est que nos voisins ferment plutôt leurs centrales à charbon parce qu’au niveau européen, c’est bien moins bon. La priorité c’est d’avoir une stratégie européenne, mais qui soit cohérente en termes d’émissions. »

✅ « On investit sur la RECHERCHE parce que la clé, ça va être la batterie et le STOCKAGE de l’énergie intermittente. Aujourd’hui je ne peux pas vous dire : on s’enlève des capacités nucléaires pour les remplacer par du renouvelable, parce que le renouvelable c’est intermittent, le nucléaire c’est stable. »

Les faits contredisent le Président !  

⁉️ « En termes de quantité, nous on a ce qu’il faut. »
Ce n’est déjà plus vrai en puissance avec la fermeture des centrales à charbon et à fioul. Il va manquer une dizaine de GW pilotables.
Ce ne sera plus vrai en quantité d’électricité si on substitue de l’électricité au gaz (chauffage) et au pétrole (chauffage et mobilité).

⁉️« Quand il y a des pics, on a, c’est l’Europe, des contrats, et donc on importe. Donc, on importe de l’énergie qui vient d’Allemagne, ils en ont beaucoup. Ce qu’il faut éviter de faire, c’est d’importer de l’énergie produite par le charbon, mais ils ont beaucoup d’éolien, et le sud a aussi beaucoup d’éolien. »
NON car nous sommes sous le même régime de vent : l’hiver, quand on manque d’électricité, on importe de l’électricité majoritairement carbonée.

⁉️« On n’a pas de problème et pas de risque à cet égard parce qu’on a un réseau européen qui marche bien. »
FAUX. Ce réseau tarde à se développer car il est très coûteux.

⁉️« Sur le solaire et l’éolien on revient à des prix qui sont de plus en plus compétitifs. »
Les prix ont fortement baissé, mais l’éolien et le solaire sont intermittents. Donc ils ne peuvent que s’ajouter à des centrales pilotables. Ils correspondent donc à un surinvestissement et non à un investissement.

VIDEO :  de 1h39 jusqu’à 1h42 https://www.facebook.com/elysee.fr/videos/2465171646888662/?utm_source=Liste%20Globale&utm_campaign=98c583fcfa-EMAIL_CAMPAIGN_2019_01_17_03_24&utm_medium=email&utm_term=0_d1b0a6826d-98c583fcfa-56021319)

2019 Bonne et Heureuse Année ! Bloavezh Mat !

Gardez les Caps - Cap d'Erquy

Grand site Cap d’Erquy-Cap Fréhel, les falaises du Guen

En 2018, votre premier sujet de questionnement à l’association, a été le projet de complexe éolien en mer en travers de la baie de Saint-Brieuc lancé par l’État en 2012. Sur ce point, 2019 commence bien. Le 2 janvier, le pourvoi en cassation de notre requête initiale contre l’attribution et l’autorisation d’exploiter industriellement le domaine public maritime sans évaluation environnementale préalable, a été admis au Conseil d’État par le président de la chambre chargée de son instruction. La procédure devient donc contradictoire. Cette admission encourageante signifie que notre moyen est sérieux. Il convient cependant de rester prudent.

Sept années après son lancement, quel est l’impact régional de ce projet industriel ? A-t-il créé des emplois ? A-t-il produit un engagement collectif commun dans les baies de Saint-Brieuc et de Saint-Malo ? Force est de constater que non. Bien au contraire, il a divisé les riverains. L’enquête publique a recueilli 60% d’avis défavorables dans les deux baies, 88% à Erquy, commune la plus impactée par le projet. Nos élus se seraient-ils trompés de posture ?

Il est encore temps de sortir de cette impasse, de bâtir un avenir partagé pour tous en annulant un projet mal ficelé industriellement et opaque dès ses débuts. Lieu et financement du port de maintenance, résultats précis des carottages dans la baie, combien de réunions en Préfecture depuis 2012, combien d’instances de concertation, de suivi, etc. pour ne toujours pas savoir ce qu’il en est, pour continuer à ignorer le tarif de rachat de l’électricité garanti à Ailes Marines pendant 20 ans ? Alors que ce tarif représente une part importante des milliards d’euros d’aides publiques allouées à son développement, soit au développement d’un projet destructeur de l’écosystème marin du golfe normand-breton, menaçant les emplois locaux, sans efficacité énergétique, et qui contribuera largement à la hausse des taxes sur l’électricité et sur les carburants pour tous les Français …

Quand connaîtrons nous le résultat des négociations tarifaires de juin dernier entre le gouvernement et le promoteur Iberdrola-Ailes Marines ?

L’amendement adopté par le gouvernement le 26 juin dernier constate : « Le tarif accordé à ces installations est très élevé (entre 180 et 230 euros/MWh) et ne correspond plus aux prix actuels de l’éolien en mer, entraînant des rémunérations excessives pour les candidats retenus. » Ces chiffres laissent rêveur … d’autant qu’ils ne comprennent ni le raccordement RTE au réseau, ni les indispensables aménagements portuaires dédiés, ni la nécessaire centrale à gaz pour les jours sans vent …

Le journal officiel du 30 novembre 2018 nous apprend que « Par décision du 15 novembre 2018, le ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire, a accepté l’offre améliorée présentée par la société Ailes Marines pour la réalisation d’un parc éolien en mer au large de Saint-Brieuc. Le texte intégral de cette décision peut être consulté, sous réserve des secrets protégés par la loi, à la direction générale de l’énergie et du climat, tour Séquoïa, 92055 La Défense. »

A l’heure de ces lignes, notre demande de consultation n’a pas abouti. La Tour Séquoïa garde bien secret le montant de « l’offre améliorée présentée par la société Ailes Marines ».

L’exigence de transparence et d’éthique pourrait constituer l’une des bonnes résolutions de 2019 pour nos élus. Dans son discours du 27 novembre sur la transition énergétique, Emmanuel Macron déclare « Nous concentrons nos efforts sur le développement des énergies renouvelables les plus compétitives et, parce que nous veillons au pouvoir d’achat des Français, nous serons exigeants avec les professionnels sur la baisse des coûts.»

Tenons le cap en 2019 avec espoir et détermination, formons le vœu d’un monde plus transparent, plus sobre, plus solidaire !

Eolien St-Brieuc. Les journalistes du Télégramme ne manquent pas de souffle

Pourtant Ailes Marines a du vague à l’âme

Après Ouest-France voici le Télégramme qui met en scène Ailes Marines-Iberdrola, promoteur de 62 éoliennes industrielles en plein dans les zones de pêche de la baie de Saint-Brieuc, avec deux articles qui hélas vont contribuer à désinformer les lecteurs plutôt que de leur permettre de construire leur propre opinion.

https://www.letelegramme.fr/france/eolien-en-mer-en-france-on-essuie-les-platres-18-11-2018-12136030.php PDF  Le Télégramme 18 nov 2018
https://www.letelegramme.fr/monde/eolien-en-mer-le-souffle-allemand-18-11-2018-12136028.php.
PDF  Le Télégramme 2 18 nov 2018

Inventaire rapide des 2 articles

LT « En 2017, l’éolien en mer représentait 2,7 % de la production d’électricité en Allemagne. L’augmentation des parcs en mer prévus jusqu’en 2030 permettra de produire l’équivalent en électricité de douze centrales nucléaires »

Le journaliste du Télégramme doit être fâché avec les chiffres ! Rappelons qu’en moyenne une éolienne terrestre fonctionne 21% du temps, une éolienne en mer 30%. Et quand il n’y a pas de vent, c’est 0%. Alors pour prendre le TGV de 9h13 à Saint-Brieuc pour Brest avec de l’électricité éolienne ce ne sera pas possible. Avec de l’électricité nucléaire vous serez au rendez-vous !

Quant aux ordres de grandeur, il faudrait couvrir la mer du Nord et la mer Baltique d’environ 25 800 éoliennes supplémentaires si l’on reprend les calculs de Libération !!! https://www.liberation.fr/checknews/2018/06/07/est-il-vrai-qu-il-faudrait-7000-eoliennes-pour-remplacer-fessenheim_1656464

LT « Avec 40 % d’électricité produite par les énergies renouvelables, l’Allemagne … »

NON, l’Allemagne compte 29 000 éoliennes terrestres et 1169 éoliennes en mer raccordées (5355 MW) pour 16% de la production électrique allemande en 2017 https://bazonline.ch/ausland/europa/abbruchstimmung-in-deutschland/story/18862585

LT « Sept. C’est le nombre d’années qu’il aura fallu à la société espagnole Iberdrola … »

Et pourquoi ?! Parce qu’à la différence de l’Allemagne, les projets français ont été lancés dans la précipitation, sans choix de sites issus d’études préalables. Résultat, des promoteurs présentant des projets mal ficelés (exemple, on croit trouver des sous-sols en grès mais on tombe sur du granite bien dur …), et des promoteurs juges et partie évaluant eux-mêmes l’impact de leurs projets ! En Allemagne, les pouvoirs publics prennent en charge les études d’impact AVANT l’appel d’offres (site, environnement, fonds marins, vitesse des vents, etc.). C’est désormais le cas en France comme le souligne d’ailleurs Emmanuel Rollin « la mise en place des permis enveloppe va permettre d’améliorer les choses. »https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/eolien-en-mer#e2

LT « des implantations qui, dans la majorité des cas, ont rencontré peu d’oppositions »
LT « à quelques dizaines de kilomètres des côtes »

Nous vous laissons juge, voici les distances d’implantation des 17 parcs éoliens allemands auxquels fait référence le journaliste du Télégramme classés selon l’année de mise en service.

La distance moyenne à la côte est de … 61 km !!!

Le projet d’Ailes Marines en baie de Saint-Brieuc, c’est 500 MW à 16 km des caps de Fréhel et d’Erquy en plein dans la zone de pêche artisanale !!! A 61 km, c’est certain, le projet aurait « rencontré peu d’oppositions » !!!

  1. Alpha Ventus, 2010, 60 MW, à 56 km
  2. Bard Offshore 1, 2013, 400 MW, à 100 km
  3. Riffgat, 2014, 113 MW, à 42 km
  4. Meerwind, 2014, 288 MW, à 53 km
  5. Baltic 2, 2015, 288 MW, à 32 km
  6. Butendiek, 2015, 288 MW, à 35 km
  7. Amrumbank West, 2015, 302 MW, 40 km
  8. Trianel Borkum, 2015, 200 MW, à 45 km
  9. Nordsee Ost, 2015, 295 MW, à 55 km
  10. Borkum Riffgrund 1, 2015, 312 MW, à 55 km
  11. DanTysk, 2015, 288 MW, à 70 km
  12. Global Tech I, 2015, 400 MW, à 110 km
  13. Gode Wind 1 et 2, 2016, 582 MW, à 42 km
  14. Nordsee One, 2017, 332 MW, à 40 km
  15. Sandbank, 2017, 288 MW, à 90 km
  16. Veja Mate, 2017, 402 MW, à 95 km
  17. Wikinger, 2018, 350 MW, à 75 km

https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_offshore_wind_farms_in_Germany

LT « En Allemagne, on ne fait plus attention aux éoliennes »
LT « à l’exception d’associations environnementalistes comme la Nabu »

La NABU est la plus ancienne et la plus importante organisation de défense de l’environnement en Allemagne (700 000 adhérents). Créée en 1899 en tant que « Ligue pour la protection des oiseaux », l’équivalent de la RSPB britannique, créée en 1889.
https://www.nabu.de/

Saint-Brieuc, a son grand frère : Butendiek !

La Nabu s’est battue pendant des années contre Butendiek, dénonçant le détournement des dispositions relatives à la protection des espèces et du territoire pour autoriser le parc éolien. Les exigences de la directive « Oiseaux » de l’UE et de la directive « Habitats de la flore de la faune » (directive FFH) n’ont pas été suffisamment prises en compte dans les décisions d’autorisation. (idem pour Dan Tysk, Amrumbank West, Borkum Riffgrund II)  https://www.nabu.de/natur-und-landschaft/meere/offshore-windparks/16540.html

Le bruit de la construction de Butendiek a chassé les marsouins de leur zone protégée
https://www.nabu.de/natur-und-landschaft/meere/offshore-windparks/butendiek/16939.html

Butendiek a des effets dramatiques sur les oiseaux de mer : dommages massifs à la réserve ornithologique. https://www.nabu.de/natur-und-landschaft/meere/offshore-windparks/butendiek/23109.html

Ailes Marines « nous avons déjà investi 80 millions d’euros »

‍Tiens tiens, en infraction aux lois françaises, Ailes Marines n’avait jamais publié ses comptes jusqu’en mars 2018 où est apparue subitement une perte de 42 millions d’euros en 2016. 80 millions en 2018 ?