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Eolien en mer du Nord. La situation désespérée des pêcheurs

A Amsterdam, le 2 juin 2018, des centaines de pêcheurs néerlandais et belges ont manifesté contre l’industrialisation éolienne de la mer : « Les multinationales nous interdisent l’accès à la mer du Nord avec des milliards de dollars provenant des contribuables européens. »

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« Nous devons attirer l’attention de la population qui doit comprendre, voir et entendre que nous sommes chassés de la mer. (…) Il ne nous reste presque rien au sud de la mer du Nord. (…) Ce sont les endroits où nous avons toujours pêché de génération en génération. (…) Pendant combien de temps encore pourrons-nous déguster du poisson frais dans notre assiette ? »

EMK 2 juin 2018

# Discours d’Amsterdam de Job Schot le 2 juin 2018

Nous sommes ici aujourd’hui dans un lieu historique. Au 15ème siècle, le Conseil municipal d’Amsterdam a exigé que tous les poissons soient échangés ici, sur le Barrage (Damsquare). Le poisson a apporté la prospérité à la ville, mais également au nord et au sud des Pays-Bas, l’actuelle Belgique. Les vendeurs de poisson étaient parmi les citoyens les plus influents. En 1588, le marchand de poissons Cornelis Pieterszoon Hooft était maire d’Amsterdam.

Au 17ème siècle, le commerce du hareng à Amsterdam a considérablement contribué à l’âge d’or. Aujourd’hui, en 2018, environ 11 000 personnes travaillent toujours dans le secteur de la pêche. La sole et la plie néerlandaises et belges sont célèbres jusque dans le sud de l’Europe.

Combien de temps, combien de temps encore, pourrons-nous profiter d’un poisson sauvage pêché durablement dans notre assiette aux Pays-Bas et dans tous les pays voisins ? La survie de nos flotilles est soumise à de fortes pressions.

Qu’est-ce qui menace la filière pêche ? Entre autres, les obligations européennes. La règle qui oblige le pêcheur à garder tous les bébés poissons capturés à bord, à les laisser mourir, à les débarquer, et à les faire détruire, alors que ce poisson pêché sous-taille survivra dans la mer pour une grande part. (…)

Par ailleurs, notre magnifique mer du Nord et les eaux voisines deviennent des chantiers d’éoliennes en mer. Une centaine de ces parcs éoliens sont en projet, à la recherche d’une « énergie verte » pour se conformer à la Convention de Paris sur le climat. Les sites sont choisis à terre et envisagés sur nos meilleures zones de pêche. Le pêcheur, qui possède les autorisations les plus anciennes, et qui pêche en mer du Nord depuis de nombreuses générations, n’est pas autorisé à participer. Les multinationales nous interdisent l’accès à la mer du Nord avec des milliards de dollars provenant des contribuables européens.

Et cette énergie éolienne est-elle réellement « VERTE » ? Rien n’est moins vrai. Les poissons, les dauphins, les oiseaux marins sont tués lors de la construction et l’exploitation des parcs éoliens. Les poissons sont chassés de leurs zones de reproduction et de pêche habituelles. Des milliers d’oiseaux sont matraqués dans les airs à une hauteur de 120 mètres par de gigantesques pales. L’efficacité de ces centrales électriques est de 23%. Ce n’est absolument pas une solution pour la transition vers « une énergie verte ».

La filière pêche ne peut pas gérer ces menaces. Nous avons déjà réduit notre flottille de plus de 50%. Nous sommes confrontés à des zones fermées. Le Brexit nous prive de la moitié des zones de pêche habituelles. La pêche électrique est en suspend. La pêche est sur le point de sombrer. Cette même pêche qui a construit la prospérité d’Amsterdam et des Pays-Bas, cette pêche qui permet de vous fournir du poisson frais et sain toutes les semaines.

Le politique doit se réveiller pour défendre les droits ancestraux de la pêche ! Ces droits sont violés par les soi-disant utilisateurs VERTS de la mer du Nord qui ne sont en aucun cas « verts ». La mer en bonne santé devient une ZONE INDUSTRIELLE où la vie marine disparaît, tandis que Big Brother demande à l’Europe de détruire les bébés poissons. Donnez-nous un avenir, ainsi qu’à nos enfants.

3 SOS
Sauvez nos marins
Sauvez nos poissons de mer frais
Sauvez nos zones de pêche en mer

SOURCE  https://www.fishermen4friends.nl/protest-vissers-amsterdam-2018/

Eolien baie de St-Brieuc. Les éoliennes des Roches-Douvres n’ont jamais été démantelées

Baie de St-Brieuc Eoliennes des Roches-Douvres

https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/video-eoliennes-le-vent-de-la-revolte_2944467.html

Le reportage d’Envoyé spécial sur l’éolien industriel nous emmène au phare des Roches-Douvres, dernier phare en mer construit en France sur un plateau rocheux au large de Bréhat dans les Côtes-d’Armor. A son extrémité, deux mâts d’éolienne rouillé, jamais démontés bien que le phare soit classé au titre des monuments historiques.
« Les deux éoliennes installées en 1971 furent démontées (uniquement les pales) à cause des conditions extrêmes auxquelles elles étaient exposées rendant leur maintenance par les agents des Phares et Balises de Lézardrieux extrêmement dangereuse et très coûteuse. » https://fr.wikipedia.org/wiki/Phare_des_Roches-Douvres

« Aux Roches-Douvres, personne. Les oiseaux de mer sont là chez eux. Des Roches-Douvres, on ne voit rien. Tel est l’isolement de ce rocher. Tout autour l’immense tourment des flots. La rafale, l’eau, la nuit, l’illimité, l’inhabité. » Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer.

Le promoteur hispano-britannique Ailes Marines qui tente d’imposer 62 éoliennes de 209 mètres de haut entre les Roches-Douvres et le cap Fréhel semble avoir peu apprécié le reportage d’Envoyé spécial.

Tweet Ailes Marines

Compte Twitter d’Ailes Marines

Pourquoi ? Voici le parc éolien de Walney qui vient d’être inauguré en mer d’Irlande. Les éoliennes reposent sur des monopieux, moins impactants visuellement que les tripodes envisagés par Ailes Marines, les navires de servitudes présents sont d’ENORMES bateaux. Chacun pourra juger.

Dong_GOW_WKA_b_015 Walney Extension

Walney Extension offshore wind farm, located in the Irish Sea. ©Ørsted.

Il est vrai qu’Ailes Marines dans ses communications à destination du grand public, le vulgum pecus à enfumer, donne systématiquement à voir des éoliennes improbables flottant gentiment devant des horizons laiteux où ciel et mer se confondent, hors de tout repère à l’échelle. Une illustration d’un gigantesque projet industriel totalement fantaisiste et irréaliste qui minore son impact environnemental et visuel.

Bandeau compte Twitter et Lettre d'information Ailes Marines

Ailes Marines, Bandeau du compte Twitter et de la Lettre d’information du projet

FIgMag 24 août 2018Ailes Marines s’étonne également de ne pas avoir été consulté ! Pense-t-il être un référent incontournable de la baie de Saint-Brieuc ? Les pêcheurs costarmoricains pêchent et préservent cet endroit depuis des centaines d’années, pratiquant une pêche artisanale responsable. Les pêcheurs ont-ils été consultés dans ce qui pourrait s’apparenter à un publireportage du Figaro Magazine le 24 aout dernier  ?

On notera au passage une illustration ressemblant furieusement aux éoliennes de Walney, avec des fondations sans rapport avec celles des éoliennes d’Ailes Marines ! Les perles s’empilent :
😂 éoliennes dernier cri (…) produiraient donc 1820 MW par an, l’équivalent de la consommation de 835000 habitants, chauffage compris
😂 facilement réversible
😂 se voit à peine de la côte, même par beau temps
😂 10% de l’apport d’électricité sur toute la région
etc.
TELECHARGER  Le Figaro Magazine 24 août 2018

Eolien en mer. La brume ne s’est pas dissipée

20 juin 2018 E.Macron au cap FréhelLe 20 juin 2018, au cap Fréhel, le Président de la République a déclaré que les six projets français d’éolien en mer « étaient confirmés ». Puis à Quimper « Les six projets sont lancés et confirmés avec une visibilité complète. »

« Je suis en mesure de vous confirmer la finalisation et l’accord qui a été obtenu pour ce projet, pour les six projets d’éolien offshore. La bonne nouvelle c’est tout d’abord qu’ils sont confirmés (…) puis que nous avons obtenu, parce que ces projets avaient été négociés il y a plusieurs années avec des conditions tarifaires et de subventions qui étaient totalement déconnectées des réalités actuelles du marché, et c’est normal et ce n’est la faute de personne. La négociation a permis de diminuer de 40% la subvention publique et d’avoir un ajustement des tarifs (de rachat de l’électricité produite sur ces parcs, NDLR) de 30%. Ce qui veut dire que l’on va économiser sur la période 15 milliards d’euros d’argent public pour les mêmes projets et la même ambition. »

Nicolas Hulot précise sur Twitter que les tarifs d’achat pour EDF passent d’environ 200€ à 150€ par mégawattheure en moyenne.

Le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu donne le calendrier des projets : 2021 pour Saint-Nazaire, 2022 pour Fécamp, 2023 pour Courseulles, Saint-Brieuc et Le Tréport, 2024 pour Yeu/Noirmoutier.

Le gouvernement était-il en droit de faire cette annonce sachant  que :
o l’amendement déposé est en cours de discussion à l’Assemblée Nationale,
o le résultat de l’enquête publique du projet Yeu-Noirmoutier n’a pas été rendu,
o l’enquête publique du projet du Tréport n’a pas commencé, les l’Autorités environnementales et militaires concernant la sécurité maritime, littorale et aérienne non pas été consultées.
o des recours ont été déposés en France et à Bruxelles.

Nicolas Hulot -Gardez les CapsQuant à Nicolas Hulot, sans état d’âme, il annonce que le gouvernement souhaite inscrire la défense de l’environnement dans l’article 1 de la Constitution, et dans le même temps,  il cautionne la destruction des fonds marins de la baie de Saint-Brieuc et de leur remarquable biodiversité par 193 forages de 70 mètres de profondeur, un niveau sonore de 206 décibels, les rejets des forages directement dans la mer, etc. Les 62 éoliennes dresseront une barrière de 209 mètres de haut devant la plus grande réserve ornithologique de Bretagne. Elles sont placées en travers de la baie, sur un couloir de migration des oiseaux, des poissons, des grands crustacés. Qu’importe !

La ressource halieutique est abondante, diversifiée, en bonne santé. L’Ifremer dit que le gisement naturel classé de coquilles Saint-Jacques de la baie est le plus productif d’Europe. La pêche représente plus de 1000 emplois directs et 280 bateaux, une pêche responsable gérée de manière durable. Erquy et St-Quay-Portrieux ensembles, se classent au 3ème rang des halles à marée françaises (sur 37) en valeur débarquée, mais le président ne rencontrera pas les marins pêcheurs.

France3 national 19:20 -1

 

Les marins pêcheurs de la baie de Saint-Brieuc, pacifiques et à pied, ont été empêchés d’accéder au cap par les forces de l’ordre dès la route des Sables d’Or.

 

France3 national 19:20 -2Ils voulaient exposer au Président leurs craintes : des zones de pêche rétrécies, morcelées, anthropisées, et les conséquences sur les coquilles Saint-Jacques, bulots, homards.

Julien Tréhorel, président de l’Association de Défense et de Promotion de la Pêche Artisanale dans le golfe Normand-Breton a également été empêché d’accéder au Cap. De 10 heures à 15 heures 30, il sera maintenu en garde à vue au bord de la route avec sa femme et son fils de 9 ans sans manger et sans boire, avec le soleil derrière la brume.

Photo Gardez les Caps

France3 national 19:20 -3

REPORTAGE de France3 https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/eoliennes-vents-contraires-en-baie-de-saint-brieuc_2811621.html

LIRE PLUS dans notre lettre d’information à télécharger : 2018_06_21©GardezlesCaps

Eolien Français. Point de vue européen

Nous publions le point de vue d’un expert des politiques environnementales et énergétiques européennes, Maître Morvan Le Berre, Avocat au barreau de Bruxelles, qui s’exprime ici à titre personnel.

Vous pouvez télécharger cette tribune ici : TRIBUNE_UE_19_06_2018_©MorvanLeBerre

Dans le débat passionné autour de l’éolien, est-il encore permis d’avancer des arguments raisonnables et étayés ?

Premièrement, on note que les industriels et les autorités régionales ne se préoccupent en rien de la lutte contre le réchauffement climatique, ni de celle contre les émissions de gaz à effet de serre auxquels leur déclaration conjointe du 12 juin 2018 à Cherbourg ne fait aucune référence. Cet objectif de la France est cependant prioritaire sur tous autres objectifs.

Au contraire, le seul souci exprimé par la déclaration du 12 juin 2018 est celui de la réalisation au plus tôt et sans autre examen, respectivement, des projets industriels d’éolien en mer et des aménagements publics les accompagnant, le tout financé entièrement par des fonds publics.

Or le lien entre les énergies renouvelables aléatoires ou intermittentes (comme l’éolien et le solaire) et la lutte contre le réchauffement climatique est postulé, mais n’a toujours pas été démontré en pratique – 17 ans après le soutien public à la production éolienne.

D’une part, il manque toujours une définition de ce qu’est une énergie renouvelable. D’autre part, la priorité ostentatoire à l’éolien et au photovoltaïque (investissements qui rapportent à l’industrie mais coûtent aux consommateurs) par opposition aux énergies non intermittentes telles l’hydroélectricité, la méthanisation ou la géothermie, ne s’explique pas ou s’explique alors seulement par la captation de la décision politique par les lobbys industriels de l’éolien et du photovoltaïque.

Plus encore, l’évaluation de la stratégie nationale bas-carbone rendue publique par le gouvernement début 2018 (https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/strategie-nationale-bas-carbone-snbc) montre que dans le secteur de l’énergie, les émissions de gaz à effet de serre augmentent depuis 2013, et que cette tendance ne va pas s’inverser dans les années à venir.

D’où vient cette reprise des émissions de C02 dans le secteur de l’énergie ? Sans doute de l’augmentation rapide des investissements éoliens et photovoltaïques dont le caractère aléatoire (production inférieure à 30% de leur capacité) oblige à recourir en complément à des sources de production d’électricité carbonées, en France comme en Europe.

Dans ces conditions, continuer à accroître la capacité de production éolienne déjà excessive parait contre-indiqué, puisque la contribution à la lutte contre le changement climatique n’est pas démontrée. Dit autrement, il est urgent de comprendre cette contradiction des données avant de doubler ou tripler la capacité de production électrique éolienne.

Cette conclusion relève du bon sens et devrait s’imposer d’elle-même.

Pourtant et deuxièmement, la déclaration des industriels et des collectivités locales du 12 juin 2018 indique au contraire qu’il n’en n’est rien. Selon cette déclaration, il convient de persévérer dans l’erreur « en doublant la mise ».

Au contraire, il est nécessaire de conduire une ré-évaluation de la politique actuelle de soutien public à la production électrique d’origine renouvelable.

C’est également le constat de la Cour des comptes  (https://www.ccomptes.fr/fr/publications/le-soutien-aux-energies-renouvelables) soulignant que les décisions passées en matière de soutien à l’éolien et au photovoltaïque engagent déjà la France pour des années et des dizaines de milliards d’euros. C’est aussi la conclusion des scientifiques dans le domaine de l’énergie (http://www.creden.fr/downloads/cahiers/CC-16-07-115.pdf) estimant le coût effectif de l’intermittence de l’éolien et du photovoltaïque à plus de deux fois le coût du soutien à la production éolienne et photovoltaïque.

Le débat public national en cours sur la programmation pluri-annuelle de l’énergie (PPE) doit porter cette question essentielle et en faire une des priorités de la nouvelle programmation de l’énergie. Ce débat public qui a été d’excellente qualité ne saurait se clore sans que cette question, parmi d’autres soulevées dans le débat mais non résolues, n’ait fait l’objet d’une vision partagée susceptible d’être retenue dans la rédaction finale de la PPE.

Troisièmement, la déclaration du 12 juin 2018 met en évidence le rôle des Régions.

Les Régions, et au sens large les collectivités locales, doivent prendre leurs responsabilités dans l’identification et la mise en œuvre de la meilleure stratégie énergétique sur chacun de leurs territoires, adaptée à leurs caractéristiques (environnementales notamment) et au développement de leur attractivité.

On ne peut que se désoler de voir de nombreuses Régions reprendre sans toujours sembler les comprendre, des objectifs nationaux, notamment quantitatifs, dans le domaine de l’énergie, dont certains sont manifestement erronés voire aberrants, comme le montre la juste révision en cours des six projets d’éolien en mer.

Les Régions doivent comprendre que leurs citoyens sont aussi les consommateurs d’électricité supportant la charge de tout soutien public à la production d’électricité, et agir en conséquence.

Les Régions peuvent notamment aller dans la bonne direction en soutenant des programmes ou projets locaux ayant au moins deux caractéristiques cumulatives : d’une part une participation économique locale, d’autre part un retour financier direct pour les résidents. Deux exemples viennent immédiatement à l’esprit: la géothermie individuelle ou collective et l’hydroélectricité au fil de l’eau. Mais il existe de nombreuses autres possibilités qui permettent de concilier réduction des émissions à effets de serre, diminution de la consommation, et motivation des habitants.

Cette étape de la transition énergétique ne peut être réalisée que par les collectivités locales et leurs habitants, et sur la base de projets adaptés à chaque contexte.

Morvan Le Berre
Avocat au barreau de Bruxelles
(L’auteur s’exprime à titre personnel)

Emmanuel Macron à Erquy le 20 juin

EMacron-Corinne Erhel juin 2015 Photo Préfecture

Emmanuel Macron et Corinne Erhel à la pointe de Bihit en juin 2015 Photo Préfecture

La visite annoncée d’Emmanuel Macron à Erquy et Fréhel nous confirme-t-elle que l’Elysée et Matignon sont en train de revenir sur une politique hasardeuse entreprise par d’autres. L’Etat refuse aujourd’hui, tout simplement, la perspective de payer 6 fois trop cher une électricité produite par l’éolien en mer dans quelques années. Une électricité dont la note sera réglée par les contribuables à des groupes pour la plupart étrangers comme c’est le cas en baie de Saint-Brieuc.

La dynamique économique mise en avant par nos élus aurait pu être séduisante dans une région dont les besoins en emplois sont connus. Mais les emplois promis se sont réduits comme une peau de chagrin : de 1000 emplois en Bretagne lors de l’appel d’offres en 2012, nous voilà aujourd’hui à 40 emplois espérés à Saint-Quay-Portrieux !

En fait d’emplois créés par les promoteurs de l’éolien en mer, nous avons surtout l’assurance de mettre un point final à l’activité de toute la filière pêche dans la baie de Saint-Brieuc. Une filière déjà mal en point. L’éolien en mer est la garantie de massacrer durablement les fonds marins et leur ressource halieutique. A-t-on conscience de la nécessité de forer des puits de 60 mètres de profondeur, de couler des tonnes de béton pour implanter une seule éolienne qui culmine à 209 mètres ? Sans oublier le bruit et les vibrations chroniques fatals à terme pour les coquilles Saint-Jacques, les crustacés, les céphalopodes … Une éolienne n’est pas un aimable moulin à vent mais une usine embarquée bourrée de fluides toxiques et de terres rares importées de Chine. Une éolienne pollue à son tour gravement l’environnement.

Ces projets d’éolien industriel côtier participeront également à l’enlaidissement de nos plus beaux panoramas maritimes. La carte postale touristique ne sera plus qu’une grimace. Quid de notre capital touristique ?

Enfin, l’énergie produite par les éoliennes n’est toujours pas stockable, ni produite en continu. Toutes les données officielles montrent qu’une éolienne ne fonctionne qu’à temps très partiel et ne peut être pilotée. Cet handicap technique est balayé par les promoteurs de l’éolien d’un revers de main. Ils peuvent se le permettre pour une seule raison : ce sont les contribuables qui subventionnent cette énergie aléatoire et dispendieuse alors que 4 millions de ménages sont dans une situation de précarité énergétique partiellement compensée cette année par un chèque d’en moyenne 150 €.

Dernier point, rappelons qu’en 2016, à Erquy, 88% de la population s’est déclarée opposée au projet du promoteur Ailes Marines (Iberdrola-RES, 62 éoliennes de 209m de haut à 16 km de la côte au milieu de la zone de pêche), le taux d’opposition moyen de Cancale à Bréhat s’élevait à plus de 60% dans l’enquête publique.

Baie de St-Brieuc : un seul combat, la protection de notre biodiversité marine

Les pêcheurs-artisans professionnels du Golfe Normand-Breton viennent de se regrouper au sein d’une nouvelle association : l’ADEPPA-GNB.

Association de Défense de l’Environnement et de Promotion
de la Pêche Artisanale dans le Golfe Normand Breton

L’ association a pour objet la protection de l’environnement humain, maritime et portuaire de la pêche artisanale du cap de la Hague à l’Aber-Wrac’h. Julien Tréhorel patron de l’Intrépide en est le Président.

ADEPPA-GNB

Vendredi 25 mai, à Erquy, la salle était comble pour écouter le projet de l’ADEPPA-GNB, un projet qui réunit marins-pêcheurs artisans et consommateurs des produits de la mer, nous rappelant que le golfe normand-breton à lui seul, représente 23% des ventes nationales en halle à marée.

Retrouvez le compte-rendu de la réunion sur le site de l’ADEPPA-GNB :  https://associationadeppa.wordpress.com/2018/05/26/eolien-saint-brieuc-les-marins-pecheurs-font-salle-comble-a-erquy/

Et surtout, prenez le temps de lire le document présenté par le Président : « Pêche artisanale, quel avenir dans le Golfe normand-breton ? » téléchargeable ici 2018-05-25 ©ADEPPA . Les marins-pêcheurs expliquent de manière très pédagogique comment le projet d’éolien industriel dans la baie est une grave menace économique et sociale pour leur profession.

Le projet du promoteur Ailes Marines  se situe en effet au coeur d’une zone de pêche essentielle, travaillée toute l’année par les marins pêcheurs. Le transformateur électrique en mer et les 62 éoliennes prévues :
🔴 sont intégralement sur le gisement de coquilles Saint-Jacques du Large, elles le coupent en deux,
🔴 au coeur de la zone de pêche des bulots (casiers),
🔴 au coeur de la zone de pêche des gros crustacés (casiers, filets),
🔴 sur la zone de chalutage,

comme le montre cette carte extraite des documents d’Ailes Marines remis à l’enquête publique de 2016.

Carte CSJ p175:201

On notera que cette implantation officielle ne correspond pas à la carte régulièrement publiée par Ouest France et complaisamment relayée par Ailes Marines, carte qui minore l’impact des éoliennes en positionnant 1/3 des machines en dehors du gisement du Large !

Nous ne pouvons que suggérer à Anne Kiesel de relire l’étude d’impact d’Ailes Marines. Nous avons laissé apparentes les références du fichier PDF pour lui simplifier la tâche. On remarquera en passant que les pages du document ne sont pas concordantes avec celle du fichier PDF. De 175 à 201, 26 pages d’écart ! Guère pratique pour orienter sa lecture à partir du sommaire, surtout quand il faut avaler 8000 pages, avec un décalage qui s’accroît au fil des pages, sans index intelligent ni recherche par mots clés possibles !

OUEST France 2018-04-02 à 15.16.43

Non, Madame Kiesel, les opinions ne sont pas « contrastées », elles sont majoritairement opposées. 88% d’opposition à Erquy, car la fameuse « cohabitation » est au détriment des marins pêcheurs. Elle les chasse de leur espace historique, détruit la ressource qu’ils gèrent, protègent, maintiennent depuis des dizaines d’années, pour créer une zone industrialisée, morcelée, conflictuelle.

Soutenons nos marins pêcheurs, ils pratiquent une pêche responsable et durable.

Aidons-les, ils font vivre toute l’économie maritime de notre littoral.

Sentinelles de la mer, ils sont les meilleurs garants du maintien de notre biodiversité marine.

Eolien offshore Saint-Brieuc. Annulation de l’arrêté approuvant la convention d’utilisation du domaine public maritime accordée pour 40 ans au promoteur Ailes Marines

La cour administrative d’appel de Nantes a décidé mardi 3 avril 2018, d’annuler l’arrêté du 18 avril 2017 par lequel le préfet des Côtes d’Armor a approuvé la convention de concession d’utilisation du domaine public maritime au large de Saint-Brieuc conclue le 18 avril 2017, pour une durée de quarante ans, entre l’Etat et la société Ailes marines.

« Considérant qu’aux termes de l’article R. 2124-56 du code général de la propriété des personnes publiques : « Les avis conformes du préfet maritime ou du délégué du Gouvernement pour l’action de l’Etat en mer et de l’autorité militaire compétente doivent être demandés pour les autorisations relatives à la formation d’établissement de quelque nature que ce soit sur la mer ou sur ses rivages/ L’autorité militaire compétente est, en métropole, le commandant de zone maritime et, outre-mer, l’officier général commandant supérieur des forces armées » ; que les associations invoquent l’incompétence du signataire de l’avis conforme émis le 8 avril 2016, sur le fondement de ces dispositions, par le capitaine de vaisseau Jean-Louis Fournier, agissant « au nom du commandant de la zone maritime de la Manche et de la mer du Nord »

Délibéré après l’audience du 16 mars 2018, lu en audience publique, le 3 avril 2018 :

« Article 4 : L’arrêté du 18 avril 2017 par lequel le préfet des Côtes d’Armor a approuvé la convention de concession d’utilisation du domaine public maritime au large de Saint-Brieuc conclue le 18 avril 2017, pour une durée de quarante ans, entre l’Etat et la société Ailes marines, est annulé. »

« Article 6 : Les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative par les requérants et par la société Ailes Marines sont rejetées. »

C’est une première victoire, mais tous nos moyens relatifs à l’environnement, protection de la biodiversité des fonds benthiques, préservation de la qualité de l’eau, maintien de la ressource halieutique, protection des migrations vers la réserve ornithologique de la baie (la plus grande de Bretagne), ont été rejetés, pas sur le fond, mais parce que tout aurait été étudié et contrôlé sérieusement, par le promoteur Ailes Marines et par l’Autorité environnementale. Il est permis d’avoir des doutes quand on sait que la France est le seul pays européen où le promoteur réalise les études d’impact environnemental du projet, choisit les cabinet d’études, les méthodologies, et … publie les résultats.
Dans les autres pays européens, l’Etat réalise des études d’impact environnemental sur plusieurs sites possibles, choisit un site en fonction des résultats de ces études, puis lance un appel d’offres. En France, le choix du site précède les études d’impact environnemental.

Autre bonne nouvelle, la cour a considéré que le patron de l’Intrépide, Monsieur Julien Tréhorel, marin-pêcheur professionnel qui s’est associé aux conclusions et moyens soutenus par Gardez les Caps tenait « de sa qualité de pêcheur professionnel un intérêt à défendre la vocation piscicole de la zone concédée ; qu’il justifie ainsi, eu égard à la nature et à l’objet du litige, d’un intérêt suffisant à intervenir à la présente instance. »

Tenons le cap, la bataille n’est pas terminée !

L’équipe de Gardez les Caps remercie ses avocats et tous ses adhérents et sympathisants dont la générosité a permis cette première victoire

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Gardez les Caps SIEMENS-1

Eolien en baie de St-Brieuc. Combien d’années de chantier en réalité ? 3 années de chantier pour l’implantation, et ensuite ? Combien d’années encore, sans compter le démantèlement ?

A London Array, à peine 5 ans après leur mise en service, les 175 éoliennes SIEMENS-GAMESA ont déjà besoin d’être réparées ! Idem pour West of Duddon Sands ! 3 années de travaux supplémentaires !

15 mars 2018. Les propriétaires du complexe éolien London Array, 175 éoliennes au large du Kent, la plus grande centrale éolienne offshore du monde, et des 108 éoliennes de West of Duddon Sands, au large de Cumbria, viennent de demander l’autorisation de procéder à des réparations urgentes.

Kentish Flats © DEME

Kentish Flats © DEME

https://www.thetimes.co.uk/article/london-array-offshore-wind-turbines-near-kent-wearing-too-fast-qdv76g7cm

Les gouttes de pluie en mer du Nord 

Le London Array a été achevé en 2013, et Duddon Sands un an plus tard, 2014. Les deux parcs utilisent des éoliennes fabriquées par SIEMENS-GAMESA qui admet que le bord d’attaque des pales – la partie qui coupe l’air lorsque la turbine tourne – s’érode beaucoup plus vite que prévu sur certaines machines. Un porte-parole a déclaré que divers facteurs, y compris la « vitesse du vent, la configuration du rotor, la quantité de pluie, et même la taille des gouttes de pluie » étaient considérés à l’origine du problème.

La faible longévité des structures était déjà connue

Après avoir soutenu leur construction avec de généreuses subventions à l’énergie renouvelable pour aider à atteindre les objectifs du changement climatique, le Royaume-Uni compte plus de parcs éoliens offshore que tout autre pays. Plus de 1600 éoliennes sont en activité dans les eaux britanniques, mais depuis longtemps, les critiques remettent en question leur fiabilité dans les conditions difficiles du large.

A Saint-Brieuc, le diamètre du rotor des éoliennes SIEMENS-GAMESA est de 170 mètres. En bout de pales, la vitesse atteinte est de 340 km/h. Au bout de combien d’années faudra-t-il changer les pales ?

Si le problème avec les éoliennes SIEMENS-GAMESA se révèle symptomatique d’un problème plus vaste, il pourrait compromettre l’économie de la construction éolienne. Le type d’éolienne impliqué possède des pales couvrant un diamètre de 120 mètres. Lors de leur installation, ces pales étaient parmi les plus grandes utilisées en mer. En bout de ces pales géantes, la vitesse est plus rapide que dans les modèles plus petits et plus anciens, ce qui peut avoir contribué à l’érosion rapide.

950 pales à changer !

SIEMENS-GAMESA a déclaré avoir installé plus de 950 exemplaires du modèle concerné dans le monde, mais n’a pas été en mesure de confirmer le chiffre au Royaume-Uni. Orsted, la société danoise copropriétaire de London Array et de West of Duddon Sands, a indiqué que quatre autres parcs éoliens utilisant les mêmes turbines seraient concernés. Des éoliennes beaucoup plus grandes sont en cours d’installation, mais SIEMENS-GAMESA a déclaré qu’elles ne devraient pas être affectées, car le risque d’érosion des bords des pales a été identifié en 2014, et depuis, toutes les machines installées ont bénéficié d’une protection supplémentaire.

Des pales à démonter, des années de travaux

SIEMENS-GAMESA a annoncé effectuer des « mises à niveau de performance ». Les pales concernées ont été fabriquées au Danemark avec de la fibre de verre et du balsa. La réparation consiste à coller une coque en caoutchouc de 3 mm sur les zones endommagées. Les pales sont susceptibles d’être démontées pour effectuer les réparations. Les travaux sur les deux parcs éoliens devraient débuter le mois prochain et durer de un à trois ans. Les compagnies ont refusé de divulguer les coûts des réparations, qui devraient s’étendre à des dizaines de millions de livres. Elles ont déclaré que les consommateurs ne seraient pas confrontés aux coûts.

John Constable, un critique de longue date du coût des parcs éoliens qui écrit pour le Global Warming Policy Forum climat-sceptique, a déclaré: « Si cela fait partie d’un phénomène général, alors les implications pour la viabilité économique de l’énergie éolienne en général sont très sérieux. »

Un porte-parole d’Orsted a déclaré que le problème n’entraînerait aucun « impact notable sur la production continue d’électricité propre et verte. »

« Le projet d’Ailes Marines est déjà périmé »

Interview de Loïk Le Floch-Prigent, ex-PDG d’Elf, ingénieur et conseiller en énergie par Ouest France

Ane Kiesel, Deux questions à …

Vous critiquez le projet d’éoliennes en baie de Saint-Brieuc, porté par Ailes Marines. Pourquoi ?

C’est un projet mal ficelé. L’idée de départ était de bâtir une industrie française de l’éolien. Mais Areva est devenu Siemens, qui est allemand. Et Alstom est devenu General Electric, qui est américain. Ce n’est plus de la technique française.

De plus, quand je vois l’endroit où les éoliennes vont être implantées, je suis horrifié.

Expliquez-vous…

Le futur est aux éoliennes flottantes, loin en mer, qu’on n’a pas besoin d’agripper au sol. Le projet d’Ailes Marines est déjà un projet périmé. Il est beaucoup trop près de la côte, trop proche du cap Fréhel. En tant qu’industriel, j’affirme que ce projet n’a plus de sens aujourd’hui. Actuellement, on fabrique du courant au prix du marché, à 40 € ou 50 € du kWh. Avec Ailes Marines, c’est 200 € à 250 € du kWh.

Je n’ai rien contre le fait de prendre l’énergie du vent ou du soleil. Mais ici, c’est de l’éolien du passé.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/cotes-d-armor/le-projet-d-ailes-marines-est-deja-perime-5613563