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Communiqués de presse

FED27 juin 2016 – Fédération Environnement Durable (FED)

Eolien offshore français : un scandale d’Etat

Par décision du Ministère de l’Environnement six chantiers éoliens en mer ont été programmés le long des côtes de la Manche et sur la façade atlantique : Le Tréport/Dieppe, Fécamp, Arromanches/Courseulles, Saint-Brieuc, Saint-Nazaire/La Baule, les îles d’Yeu et Noirmoutier.

Pourtant les quatre débats et enquêtes publiques qui ont déjà eu lieu, ont montré une très large opposition de la population qui s’est interrogée sur les enjeux environnementaux, sur les problèmes de sécurité de navigation maritime, et surtout sur l’avenir de la pêche professionnelle et du tourisme…, autant d’arguments en accord avec les préoccupations avancées par le Ministère de l’Environnement, de l’Energie, et de la Mer.

Le plus choquant a été l’absence totale d’une analyse économique de ces programmes outrageusement coûteux dans des régions où les principales ressources économiques proviennent du littoral. Combien d’emplois en mer et à terre perdus, pour combien d’emplois gagnés ? Quel sera le montant global en milliards d’euros que l’Etat et les régions devront verser pour réaliser les aménagements portuaires et construire les nouveaux réseaux électriques nécessaires à l’implantation de ces complexes industriels ? Enfin et surtout, quelles en seront les conséquences sur le montant des factures d’électricité des Français ?

En dépit de l’absence d’étude économique, les commissaires enquêteurs ont rendu des avis favorables (en attente à St-Brieuc et Yeu-Noirmoutier) et les autorisations préfectorales tombent les unes après les autres,  montrant qu’en réalité ce programme d’Etat avait été « ficelé » à l’avance dans les ministères, que les consultations n’étaient que de façade, s’apparentant en fait à une vaste opération de désinformation et d’enfumage pour tromper élus, citoyens, et médias, afin d’obtenir leur adhésion à des projets industriels que les enjeux énergétiques français ne justifient pas. Tout était joué à l’avance, au mépris de la vraie démocratie et au prétexte  de produire une énergie propre, non polluante, gratuite. Il était question de développement économique, de soutien à des investisseurs français tels Areva, Alstom, EDF, et surtout de création de dizaines de milliers d’emplois.

Quel est le bilan aujourd’hui ?

 De la propreté de cette énergie et de son incidence sur la santé des populations

Energéticiens, experts, scientifiques, tous reconnaissent aujourd’hui que l’électricité  intermittente et aléatoire produite par les éoliennes doit être relayée  par des centrales thermiques polluantes à charbon, lignite, gaz, et même gaz de schiste dans le futur.
Une publication récente dévoile que la pollution par les particules de carbone causerait 48.000 décès en France. 3000 MW d’éoliennes en mer vont contribuer à augmenter les risques sanitaires pour la population. Sans oublier la dissolution dans les eaux marines des anodes sacrificielles des éoliennes, 15 tonnes d’aluminium et de zinc par éolienne, qui vont contaminer aux métaux lourds toute la chaîne alimentaire. Ni l’exportation en Chine de notre pollution, une éolienne du type Adwen contient 430 kg de terres rares dont la production hautement toxique pollue des régions entières de Chine.

Des conséquences sur l’environnement marin

L’effet cumulé et transfrontalier des emprises éoliennes et de leurs installations connexes sur les écosystèmes, les ressources halieutiques, les mammifères marins et les oiseaux pendant les périodes de construction, d’exploitation et de post exploitation, n’a pas été étudié. Les complexes éoliens en mer vont dresser une barrière industrielle sur plusieurs milliers de km de linéaire côtier. Aucun examen global des nuisances, pollutions et autres perturbations n’a été fait : les études d’impacts environnementaux obligatoires sont réalisées projet par projet, sans prise en compte des projets en amont ou en aval. Aujourd’hui, personne ne peut garantir que l’effet cumulé de ces usines électriques en mer ne sera pas catastrophique pour l’environnement et les hommes.

De la gratuité

Les consommateurs français ayant légitimement cru à une électricité du vent propre et gratuite, ne vont-ils pas se révolter lorsqu’ils apprendront qu’EDF sera dans l’obligation d’acheter sur ordre de l’Etat cette  électricité offshore à plus de 22 centimes d’€uro le kWh ? 22 centimes d’€uro signifie qu’EDF la revendra aux particuliers plus de 30 centimes d’€uro le kWh, alors que sur le marché spot, le prix de l’électricité se négocie au jour le jour en dessous de 3 centimes d’€uro le kWh, soit 10 fois moins. Cette manipulation de l’opinion pour dissimuler la réalité du coût de l’éolien en mer,  est porteuse de conséquences sociales très graves. Qu’adviendra-t-il des 8 millions de ménages les plus défavorisés dont le nombre augmente jour après jour, quand leur facture d’électricité sera si élevée qu’ils ne pourront plus la payer ?

 Des emplois et des usines créés en France

Depuis plus d’une décennie pour  imposer ce programme , l’argumentaire des gouvernements successifs relayés, par l’agence de maitrise de l’énergie (ADEME), est basé sur le développement d’une filière industrielle française et sur la création d’emplois : « qu’il permettrait à une ou plusieurs sociétés de notre pays de fabriquer industriellement en France des  éoliennes, que ces usines seraient implantées sur le sol de notre pays et qu’elles créeraient des dizaines de milliers d’emplois »

Aujourd’hui le scénario le pire s’est produit : les deux sociétés qui devaient relever ce défi, Alstom et Areva, ont fait  fiasco : (1) 
Alstom, un des plus remarquables fleurons de l’industrie française a été vendu à l’américain General Electric. AREVA a fait faillite dans l’éolien maritime.

Des infrastructures portuaire et annexes pour les usines éoliennes

Qu’en est-il du développement de plateformes portuaires à Cherbourg et au Havre qui devaient accueillir l’implantation d’usines éoliennes ? Aujourd’hui, tous les élus qui ont mis en avant la création de ces usines et des emplois associés pour faire accepter les projets éoliens sur leur territoire, peuvent en effet être inquiets. Tel le président de la région Normandie qui s’interroge à juste titre du respect des engagements pris par le gouvernement en 2012. « Qu’en sera- t-il des rêves normands de création de 10.000 emplois ? ».  A quoi servira le lycée à vocation éolienne de Fécamp inauguré par Hervé Morin pour tenter de déjouer la supercherie ? Depuis plus de 15 ans, les industriels de l’énergie du vent, regroupés dans les puissants et omniprésents syndicats France Energie Eolienne (FEE) et Syndicat des Energies Renouvelables (SER), ont promis la lune et pratiqué le chantage à l’emploi, pendant que sur le terrain, les riverains des projets constatent des mensonges perpétuels et les dénoncent sans relâche.

 Des nouvelles décisions gouvernementales ubuesques

En dépit de l’opposition maintes fois réaffirmée des économistes, des défenseurs d’une vraie écologie, des marins pêcheurs, de nombreux élus, des associations, et des riverains, Madame la ministre Ségolène Royal maintient son engagement acharné  à la réalisation du projet Dieppe / Le Tréport arguant de l’opportunité de faire émerger une filière industrielle en France qui entrainera des retombées économiques pour tout le littoral. Quelle perspective industrielle ? Quelles conséquences économiques au moment où Areva s’étant retiré de l’éolien cherche désespérément un repreneur étranger pour sa participation dans Adwen ? Plus surprenant encore, Madame la ministre  annonce le lancement d’un troisième appel d’offres éolien en mer, alors que tous les feux sont rouges. La France n’a aucune expérience dans la production d’énergie électrique en mer, Areva  et Alstom sont hors course. Ubu roi n’aurait pas fait mieux. La première zone retenue pour ce nouvel appel se situera au large de Dunkerque en concurrence avec 18 autres. Il en reste ainsi 17 à pourvoir entre Dunkerque et Bayonne d’une part, et le pourtour méditerranéen d’autre part. Quatre seraient déjà en première ligne.
Pour gruger des élus il est impossible de faire mieux.

Au moment où de nombreux pays suppriment les subventions aux énergies renouvelables (éolien, solaire), où les critiques sur la politique européenne de la transition énergétique se multiplient, tant en Allemagne qu’au Danemark ou au Royaume-Uni, le Président de la République François Hollande et le gouvernement du Premier ministre Manuel Valls,  ferment  les yeux, et continuent à développer aveuglément l’éolien en mer, gouffre financier pour le consommateur français, investissement rentable pour les exploitants allemand, espagnol et américain qui ne créeront pratiquement aucun emploi sur le sol français.

Après avoir programmé le massacre de la France par 20.000 éoliennes terrestres géantes importées d’Allemagne et du Danemark, nos dirigeants ont désormais décidé de saccager un littoral jusqu’ici préservé, au mépris de l’économie locale et de la protection indispensable de l’océan. La pêche professionnelle, le tourisme balnéaire, la plaisance, la biodiversité, sont ignorés. Le charme vivant, pittoresque, ressourçant, des rivages, des plages, des ports, des falaises, des dunes, des côtes rocheuses, des grands horizons marins, va être irrémédiablement détruit par des barrières de structures métalliques surdimensionnées, polluantes, et sans âme. L’espace marin libre va être privatisé. La démocratie est niée. Quand les Français prendront conscience que le pouvoir politique s’est joué de leur confiance, l’équilibre social sera rompu et les citoyens ne lui pardonneront pas que l’argent prélevé sur leurs factures d’électricité ait servi à faire tourner des usines et des emplois hors de France.

Le gouvernement n’en est pas à son premier diktat. Il s’agit ici d’un véritable « 49.3 » maritime.

Hervé Texier, Vice-président FED
Jean-Louis Butré, Président FED

Télécharger et lire l’article complet publié par Economie Matin : FED Eolien offshore 27 juin 2016


Gardez les Caps

8 juin 2016

Chronique d’un projet éolien bâclé en baie de Saint-Brieuc, conduit à marche forcée en faisant fi des impacts environnementaux

En 2012 l’Etat procède au choix unilatéral de la zone d’implantation d’un parc éolien en mer en baie de St-Brieuc : 180 km2 sont précisément préemptés au centre de la baie, sans étude préalable d’impacts environnementaux et sans débat public. La zone empiète intégralement sur le gisement classé de coquilles St-Jacques appelé « Grand Large » et rase une Zone de Protection Spéciale Natura 2000, frontière administrative formelle. Un recours judiciaire est en cours par notre association Gardez les Caps pour infraction à la législation en vigueur.

Ailes Marines est désigné lauréat de l’appel d’offres, alors que l’un des concurrents, NASS & WIND, arrivait en tête selon les critères de pondération prévus par le Code de l’Energie et précisés dans l’appel d’offres : ce choix arbitraire a été relevé par la Cour des Comptes. Un recours judicaire est en cours par NASS & WIND.

En 2014, le Débat Public est organisé sans présentation d’études d’impacts environnementaux, privant ainsi le public de données déterminantes pour forger son opinion.

Ailes Marines hésite alors sur la nature des fondations des aérogénérateurs, annonçant des fondations « gravitaires » en remplacement des fondations « jackets » de sa réponse à l’appel d’offres, puis se rétracte, revenant aux fondations « jackets » sous la pression des pêcheurs et des élus.

En 2015, Ailes Marines modifie son projet initial (*) présenté lors du débat public, invoquant des difficultés majeures pour les travaux d’installation : conditions climatiques difficiles, géologie hétérogène et aléatoire des sous-sols marins. Dans le même temps, AREVA annonce un « projet » d’aérogénérateur de 8 MGW.
(*) 62 éoliennes de 8 MW et 216m de hauteur, au lieu de 100 éoliennes de 5 MW et 175 m de hauteur.

Le coût de l’investissement initial est largement dépassé (+ 25%), atteignant 2,5 milliards d’euros hors coût de l’atterrage réalisé par RTE, de l’ordre de 200 millions d’euros annoncés.

Le fournisseur des aérogénérateurs devient ADWEN (co-entreprise GAMESA-AREVA) en raison des changements de stratégie d’AREVA résultants de ses difficultés financières. Le projet d’aérogénérateur AREVA 8 MW n’existait que sur le papier au moment de son annonce. A ce jour, le prototype industriel permettant de vérifier les conditions de fonctionnement en situation réelle est annoncé au mieux en 2017. Il présente ainsi un risque sérieux technologique, de sécurité et de calendrier. Qui plus est, le fournisseur final des aérogénérateurs est inconnu aujourd’hui compte-tenu des accords existants entre GAMESA et SIEMENS interdisant à GAMESA de concurrencer SIEMENS.

Début 2016, le Préfet organise une Enquête Administrative demandant aux Conseils Municipaux du littoral de la baie de se prononcer sur le projet, alors que les études d’impacts environnementaux ne sont toujours pas publiées et que l’Enquête Publique n’a pas encore eu lieu.

A ce jour, aucune information n’est fournie sur l’aménagement du port de St-Quay-Portrieux choisi comme base de maintenance : cet aménagement ne fait l’objet d’aucune planification dans le calendrier du projet présenté par Ailes Marines fin 2015.

Aucune information précise ni confirmation n’est fournie sur la nature des 140 emplois à temps partiel annoncés, ni sur la part d’emplois locaux. La Cour des Comptes avait d’ailleurs relevé que les chiffres d’emploi annoncés par les industriels de l’éolien n’avaient pas été validés par les services de l’Etat.

Enfin, il apparaît que le développement d’une filière française à l’export, annoncé à l’origine du projet, semble bien compromis compte-tenu des restructurations industrielles et financières en cours ainsi que du retard français dans ce domaine.

Le projet éolien en baie de St-Brieuc présente aujourd’hui tellement d’inconnues qu’il est urgent d’attendre. Lancer dans un mois une enquête publique serait faire preuve de la part de l’Etat d’une totale inconscience et d’un parfait mépris des citoyens en général et des costarmoricains en particulier.

Télécharger le communiqué :  Gardez les Caps CP 2016-06-08

Gardez les Caps

LETTRE au Préfet des Côtes d’Armor – 8 juin 2016

Monsieur le Préfet des Côtes d’Armor
1 place du Général DE GAULLE
22 000 SAINT-BRIEUC

Le 8 juin 2016

Objet : Notre question concernant le projet éolien en mer en baie de St-Brieuc

Monsieur le Préfet,

Permettez-nous de vous faire part de nos nouvelles observations puis de notre question concernant le projet de construction du complexe éolien « Ailes Marines » en Baie de Saint-Brieuc, auquel nous sommes opposés depuis l’origine et qui révèle encore aujourd’hui son immaturité.

En effet, tant sur le plan technique qu’économique, nous sommes dans l’incertitude la plus totale.

Sur le plan technique, sous réserve de vérification des faits annoncés opportunément ces jours-ci, ADWEN (coentreprise AREVA-GAMESA) vient tout juste de sortir de ses cartons la fameuse turbine 8 MW tant attendue, pour tests en laboratoire. Le prototype industriel permettant de vérifier les conditions de fonctionnement en situation réelle est annoncé au mieux en 2017.

Aujourd’hui dans le monde, seule VESTAS, coentreprise dano-japonaise dispose d’un prototype industriel 8 MW en test à Osterild au Danemark. SIEMENS vient de certifier son prototype de 6 MW.

Le prototype VESTAS est équipé de pales de 80 mètres de longueur et monté sur un mât de 105 mètres, alors que le projet « ADWEN – AILES MARINES » comporte des pales de 90 mètres de longueur, et un mât de 135 mètres. C’est une toute autre dimension, un tout autre challenge dans un calendrier très tendu, qui ne permettra pas de bénéficier d’un retour d’expérience sérieux en exploitation réelle.

N’oublions pas par ailleurs les inconnues à venir pour la construction, forages et installation en haute mer, dont les conditions climatiques difficiles et la géologie hétérogène et aléatoire des sous-sols marins avaient été exposées par Ailes Marines pour justifier des modifications substantielles apportées à son projet initial.

L’incertitude prévaut également en matière des réorganisations juridico-économique en cours, en présence des difficultés d’AREVA avec son désengagement de l’éolien, des liens juridiques entre GAMESA-SIEMENS qui devraient impacter l’actionnariat d’ADWEN : au final qui, d’ADWEN, de SIEMENS, de GENERAL ELECTRIC, va financer et construire ce complexe éolien ? Notons que, si SIEMENS emporte la partie, la turbine de 8 MW d’ADWEN serait de facto abandonnée.

Dans ces conditions actuelles d’incertitudes, aucun investisseur ni Maitre d’Ouvrage sérieux ne s’engagerait dans un tel projet, alors que la partie industrielle et financière semble échapper à leurs promoteurs, l’Etat et Ailes Marines.

Aussi, Monsieur le Préfet, afin d’éclairer le public, nous vous prions de nous indiquer les conditions contractuelles permettant au Maître d’Ouvrage et/ou à l’ETAT de se désengager, ainsi que les conditions financières correspondantes, dans l’hypothèse où le projet n’aboutirait pas techniquement.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de ma haute considération.

Pour le Conseil d’Administration,
Rémi LOYER, Président.
PJ : Chronique d’un projet éolien bâclé en baie de Saint-Brieuc

Télécharger la lettre :  Gardez les Caps Lettre au Préfet 2016-06-08


COMMUNIQUE – 27 février 2016 – CRPMEM de Haute-Normandie

CRPMEM Haute Normandie 27 Février 2016Non et toujours non au projet de parc éolien Dieppe-Le Tréport

Histoire d’un projet non concerté ou la négation d’une profession emblématique …
En juin 2014, la société « éoliennes en mer Dieppe-Le Tréport » a remporté le 2ème appel d’offres lancé par l’Etat sur cette zone non-concertée. A l’origine, ce projet avait été lancé en 2005 sans aucune concertation avec les professionnels de la pêche.

Un premier débat public avait déjà eu lieu en 2010 sur ce projet. A l’époque le projet n’était pas issu d’un appel d’offre de l’Etat. A l’issue du débat, les oppositions restaient nombreuses et la majorité des soutiens étaient conditionnés aux retombées financières.

En 2011, un premier appel d’offre avait été déclaré infructueux par la Commission de Régulation de l’Energie car le prix de l’électricité avait été jugé trop élevé. En 2015, le projet soumis à débat public fut sensiblement le même et le nombre d’éoliennes plus faible ne diminue pas la surface de la zone occupée et les pouvoirs publics s’entêtent sur cette zone. La Commission du Débat Public avait conclu « qu’il apparait légitime que l’Etat étudie de manière approfondie le potentiel de la zone proposée et les contraintes qu’elle pose, afin de pouvoir comparer les avantages et inconvénients d’un maintien de la zone du Tréport et d’un déplacement du parc à l’ouest du chenal de Dieppe ». Les conclusions de la CNDP démontrent bien l’incompréhension face au maintien de la zone. Le constat du manque d’éléments pour respecter le principe du débat public est posé.

11 ans de discussions stériles, 2 débats publics et 2 appels d’offre ont donc été réalisés sur la zone, ce qui démontre bien l‘incohérence du projet ! L’attribution de l’appel d’offre par l’Etat ne préjuge en rien de l‘obtention des différentes autorisations administratives obligatoires !
Les pêcheurs de la façade Manche Est restent fermement opposés au parc éolien de Dieppe/Le Tréport.

Pourquoi ?
– manque de concertation,
– zone particulièrement riche en poissons,
– zone d’intérêt éco-halieutique,
– zone convoitée par tous types de pêche et concentre l’activité de 100 navires pour la Haute-Normandie et le Nord Pas de Calais/Picardie avec une dépendance très forte pour certaines périodes (jusqu’à 100% de dépendance à certaines périodes pour certains navires),
– enjeux de sécurité peu compatibles avec l’activité de pêche (la préfecture maritime ne peut clarifier aujourd’hui le maintien des principes de pêche au sein de la zone),
– l’énergie produite par les éoliennes en mer nécessite des moyens de production complémentaires d’une puissance équitable.

Atteinte grave à l’environnement et au secteur de la pêche !! Au bout de plus de 11 ans de discussions, de non-concertation, de martelage médiatique de la part du promoteur, le secteur de la pêche résiste et signe contre ce projet ahurissant !
Pêcheurs Dieppe-Le Tréport JPEG

 

 

Télécharger le communiqué  CP CRPMEM Haute Normandie 27 Février 2016


 

 

 

 

 

 

 


 

FEDCOMMUNIQUE – 14 janvier 2016 – Fédération Environnement Durable (FED)

Feu vert à la profanation du cimetière marin d’Arromanches et des plages du débarquement.

Au mépris de l’opposition d’une majorité des participants, la Commission d’Enquête publique a rendu un avis favorable au projet de « Parc éolien marin de Courseulles-sur-mer » composé de 75 éoliennes géantes.

En donnant son feu vert à ce parc éolien qui s’étendra sur 50 km², cette commission gouvernementale a donné son accord à la profanation du cimetière marin d’Arromanches et au saccage des plages du débarquement où, le 6 juin 1944, des milliers de soldats ont donné leur vie pour sauver la France et l’Europe de la tyrannie.

La commission du gouvernement avait à choisir entre la collaboration avec les promoteurs éoliens et l’honneur de la France. Elle a choisi la collaboration, et la France aura le déshonneur.

Green light for the desecration of the marine cemetery of Arromanches located in the middle of the D-Day beaches

In defiance of the opposition of the majority of participants, the « National Public Debate Commission » gave a favorable opinion to the « Courseulles offshore wind farm » of 75 offshore giant wind turbines.

In giving the green light for this wind farm covering 50 km², the commission of the Government agreed to the desecration of the marine cemetery of Arromanches and the despoiling of the D-Day beaches, where on 6th June 1944, thousands of soldiers gave their lives to save France and Europe from tyranny.

The government commission had to choose between cooperating with the wind farm promoters and the honor of France. They chose collaboration and France will have the dishonor.

http://fed-info.org/joomla/index.php?option=com_acymailing&ctrl=archive&task=view&mailid=370&key=cW9s44D6&subid=73955-e70c868101d71b9a87a50f7ac0fbd2bf&tmpl=component


COMMUNIQUE – 20 août 2015 – ROBIN DES BOIS

http://www.robindesbois.org/communiques/mer/environnement/2015/exces-de-vitesse-pour-l-eolien-offshore.html

Excès de vitesse pour l’éolien offshore

Les enquêtes publiques pour les zones industrielles éoliennes se déroulent dans des conditions hétéroclites et incohérentes.

Pour le site de Saint Nazaire, estuaire de la Loire, le dossier est consultable du 10 août au 25 septembre.
Pour le site au large de Courseulles-sur-Mer, Baie de Seine, le dossier est consultable du 10 août au 10 octobre.
Pour le site au large de Fécamp, Pays de Caux, le dossier sera consultable du 1er septembre au 8 octobre.

Etant donné la complexité, la nouveauté, la difficulté de reconstituer les effets cumulés des 3 projets sur les oiseaux, les poissons et les mammifères marins et les inégalités d’information, voire les contradictions entre chacun des 3 dossiers, Robin des Bois a aujourd’hui demandé aux autorités compétentes d’étendre à 2 mois la durée de toutes les enquêtes publiques. Cette demande de prorogation et d’homogénéisation est conforme à l’article R 123-6 du Code de l’Environnement et à l’importance stratégique des 3 projets qui consacrent l’industrialisation de la mer, l’appauvrissement volontaire de ses richesses et ressources biologiques et l’expropriation des pêcheurs et autres usagers.


COMMUNIQUE – 10 août 2015 – GARDEZ LES CAPS

Plus de monde au Val-André le 8 août pour écouter l’association Gardez les Caps, qu’en juillet dernier à Erquy  pour écouter le porteur de projet Ailes Marines

300 personnes, 10 associations bretonnes et 4 associations nationales sont venues samedi au Guémadeuc, pour assister à la conférence donnée par l’Association Gardez les Caps, sur invitation de l’A3PVA (Amicale des Pêcheurs Plaisanciers de Pléneuf-Le Val André).

L’association a introduit le débat en rappelant que la France n’a pas besoin de sources d’énergie supplémentaires, puisqu’elle est exportatrice nette d’électricité. De surcroît, EDF est engagée actuellement dans un programme lourd de maintenance et d’amélioration des centrales nucléaires visant à garantir leur fonctionnement pour les 20 prochaines années (50 milliards d’euros, 50 000 emplois créés en 5 ans).

Il convient néanmoins de rechercher des sources d’énergie alternatives dans la perspective d’une diminution de la part du nucléaire en France, selon la loi de transition énergétique. Mais, terrestre ou marin, l’éolien est par nature une source d’énergie intermittente, comme le solaire, et qui plus est imprévisible donc ingérable. C’est ce qu’a démontré André Lenski, rappelant par ailleurs que la France est le meilleur élève de l’Europe, puisque plus de 80% de sa production d’électricité, nucléaire et hydraulique, ne produit pas de CO2 et ne participe donc pas à l’effet de serre.

Jean-claude Moreau a ensuite démontré en utilisant les lois incontournables et irréfutables de la physique et de l’optique, que contrairement aux allégations et démonstrations du porteur de projet, les éoliennes de 216 mètres de haut seront visibles dans toute la baie de Saint-Brieuc, et au-delà, jusqu’à Saint-Malo et Jersey. Par exemple, vues de la plage de la Ville-Berneuf, les éoliennes apparaitront sur l’horizon à une hauteur égale ou supérieure à celle du cap d’Erquy !

Hors l’agression visuelle, c’est bien évidemment toute l’industrie touristique (2ème source d’activité des Côtes-d’Armor avec plus de 10 000 emplois) qui va pâtir de cette transformation d’un paysage naturel en paysage industriel, et en second lieu, l’artisanat, le foncier, etc.

Poursuivant sur les conséquences environnementales, André Lenski a rappelé les informations données par Ailes Marines : pour l’instant, il n’y a pas d’étude d’impact effectuée, et le « point zéro » aujourd’hui réalisé, concernant les poissons, les mammifères marins, les oiseaux,… n’est pas complet.

Le porteur de projet refuse de fournir les données brutes de comptage des populations animales aux associations ornithologiques.

Des études seraient menées sur l’impact des sons et infrasons sur ces populations, mais le porteur de projet a « oublié » de les diffuser.

Les particules de boue, sédiments, etc. créées par les forages des puits destinés à recevoir les fondations des éoliennes (4 puits par éolienne, 62 éoliennes, + la sous-station électrique + le mât de mesure) ne seront pas reprises pour être traitées comme des déchets, mais redescendront par diffusion et gravité jusqu’au fond de la baie, créant ainsi une épaisse couche sédimenteuse stérile : aucune vie (coquilles, palourdes, praires, algues, maërl, etc.) ne résistera à cet enveloppement.

Enfin rien n’est dit sur les 60 000 à 100 000 oiseaux migrateurs contraints de traverser cette zone : certaines statistiques en éolien terrestre font état d’un oiseau par jour et par éolienne, soit pour la baie de Saint-Brieuc 20 000 oiseaux par an …

Le Président Rémi Loyer a rappelé que Gardez les Caps a engagé plusieurs recours en justice contre le projet. Puis il a exhorté l’assistance à s’unir autour des nombreuses associations environnementales qui luttent contre les éoliennes. 10 associations bretonnes et 4 associations nationales étaient présentes à cette réunion, dont la représentante du collectif PULSE arrivant directement du Tréport, Catherine Boutin. Cette dernière a indiqué que tous les élus locaux, les associations, les offices du tourisme, les syndicats de pécheurs du Tréport étaient regroupés dans une même lutte contre un projet identique au nôtre. Ce n’est pas le cas en baie de Saint-Brieuc, puisque un seul élu, l’adjoint au maire de Planguenoual, était présent à cette réunion, alors que tous avaient été conviés.

Jean de La Motte, s’exprimant au nom de la SPPEF a dénoncé une Administration qui ne répond plus aux injonctions de la Commission d’Accès aux Documents Administratifs, qui refuse la transparence sous prétexte  du secret des affaires, qui porte un projet contrevenant à toutes les lois et  les conventions internationales  que la France a signées : loi sur l’eau, la biodiversité, la protection des oiseaux et  des mammifères marins. Des textes qui sont modifies pour exonérer l’éolien  de tout contrôle sur les infrasons et les ultrasons, pour permettre l’éolien terrestre à 1km du rivage et l’offshore à 11 km comme au Tréport, à Saint-Nazaire, ou à l’Ile d’Yeu.

Rappelant qu’en un mois, 10 projets éoliens ont été annulés en France, les associations ont conclu : « Rien n’est perdu, il n’est pas trop tard pour faire annuler un projet pharaonique inutile et désastreux ».

La conférence a été suivie d’un large débat, riche et constructif, entre l’assistance, les conférenciers, et les représentants des autres associations, débat qui a duré pratiquement une heure.

Télécharger le communiqué ici : Gardez les Caps CP 2015-08-10


COMMUNIQUE – 24 juillet 2015 – Fédération Environnement Durable (FED)

Proposé à la tête du géant RTE (1), qui est le député François Brottes ?

François Brottes (2) est le porte-parole de l’industrie éolienne en France. Il est personnellement et à plusieurs reprises intervenu pour réduire la zone de protection entre habitations et éoliennes, soucieux d’offrir le plus grand territoire possible à ses promoteurs. Il a montré qu’il soutient avec constance les intérêts des promoteurs éoliens au détriment de ses concitoyens, au mépris de leurs plaintes.

François Brottes est le promoteur de la doctrine énergétique éolienne et des mesures pour faciliter les implantations au plus proche des habitations, notamment le maintien du seuil inhumain de 500 mètres, rétablissant ainsi la plupart des dispositions que le Sénat avait supprimées et qui étaient destinées à protéger la santé de riverains victimes des parcs éoliens.

En faisant légalement retenir à ce sujet le principe de décisions prenant en compte les seules études d’impacts élaborées par les cabinets d’études choisis par promoteurs, il laisse les communes sans contre-pouvoir démocratique et les citoyens sans possibilité de contestation du choix des méthodologies et de la sincérité des conclusions retenues.

Grâce à son action personnelle, sa pratique d’une procédure législative des plus contestables, comme en fait foi la saisine hier de fait du Conseil Constitutionnel par les sénateurs, les promoteurs éoliens ont obtenu ce qu’ils demandaient, ils vont ainsi pouvoir couvrir d’éoliennes impunément, les terres agricoles, les forêts, les grands paysages, les villages de toutes les communes de France.

Pour raccorder les éoliennes, RTE, la future entreprise de François Brottes, va couvrir la France de milliers de km de nouvelles lignes à haute tension, planter des dizaines de milliers de pylônes, privant les habitants des zones rurales de leurs droits à vivre en harmonie avec leur environnement.

Comme de nombreux élus et personnalités de tous les horizons politiques, la Fédération Environnement Durable s’interroge sur l’extraordinaire coïncidence entre cette proposition de nomination à la tête de la filiale d’EDF par le Président François Hollande et la Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, Ségolène Royal, et son implication personnelle pour faire voter dans la précipitation et contre l’avis du Sénat la loi sur la Transition Énergétique qui va assurer pour plusieurs dizaines d’années le business plan de sa future entreprise.

Bien qu’il n’y ait pas de commission de déontologie pour permettre le passage dans le privé d’un député ou d’un sénateur, après validation par la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), François Brottes devrait prendre ses fonctions le 1er septembre prochain.

Avec un salaire fixe voisin de 394.000 euros par an, salaire variable compris (3), son poste de Député n’était qu’un tremplin.
Félicitations

(1) RTE, Réseau de Transport d’Electricité. Chiffre d’affaires était en 2014 de 4,5 milliards d’euros C’est une entreprise de service dont la mission fondamentale est d’assurer à tous ses clients l’accès à une alimentation électrique économique, sûre et propre. RTE connecte ses clients par une infrastructure adaptée et leur fournit tous les outils et services qui leur permettent d’en tirer parti pour répondre à leurs besoins, dans un souci d’efficacité économique, de respect de l’environnement et de sécurité d’approvisionnement en énergie.

A cet effet, RTE exploite, maintient et développe le réseau à haute et très haute tension. Il est le garant du bon fonctionnement et de la sûreté du système électrique. RTE achemine l’électricité entre les fournisseurs d’électricité (français et européens) et les consommateurs, qu’ils soient distributeurs d’électricité ou industriels directement raccordés au réseau de transport.

Avec 100 000 km de lignes comprises entre 63 000 et 400 000 volts et 48 lignes transfrontalières, le réseau géré par RTE est le plus important d’Europe. RTE emploie 8 500 salariés.

(2) François Brottes :
– Un ami de François Hollande, conseiller pour l’énergie du Président pendant sa campagne électorale.
– Le président de la commission des affaires économiques à l’Assemblée nationale depuis juin 2012.
– Le président de la commission spéciale sur la loi de transition énergétique.
– Le président de la commission spéciale en charge de la loi Macaron.
– Un parlementaire qui bascule dans le monde de l’entreprise en reconnaissance des services rendus.

(3) Source JDD http://www.lejdd.fr/Economie/Le-depute-Francois-Brottes-specialiste-de-l-energie-va-diriger-unefiliale-d-EDF-743502

Contact  Jean-Louis Butré, contact@environnementdurable.net
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COMMUNIQUE – 29 juin 2015 – Fédération Environnement Durable (FED)

Business éolien offshore : pour un bétonnage durable des fonds marins !!!

Selon les sources officielles du Ministère de l’écologie (1), pour ériger le parc offshore de Fécamp, 2 millions de tonnes de matériaux de construction divers et variés, dont 140.000 tonnes de béton, seront déversées dans la mer, à 11 km de la côte, sur des zones benthiques, point de départ de la chaîne trophique alimentaire de la faune marine.

A ce rythme les travaux pharaoniques des 5 parcs éoliens offshore du Gouvernement écologique de François Hollande nécessiteront autant de tonnes de béton, de granulats et de roches de construction diverses que le mur de l’Atlantique d’Hitler qui lui, était resté sur le littoral (2).

Ce milieu marin fragile, dont la richesse et la biodiversité devraient être protégées en priorité par le Ministère de l’écologie et du développement durable, va être avec son plein accord, méthodiquement détruit par les bétonneurs de l’écolo-business.

(1) Autorité Environnementale : Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable. Avis délibéré de l’Autorité environnementale sur le projet de parc éolien en mer de Fécamp, incluant le raccordement électrique, la base de maintenance et le site de fabrication des fondations gravitaires (76) (ref 2015/24 p10) Source Reporterre

(2) Le poids total du mur de l’Atlantique est estimé à 11 millions de tonnes.
FED, Bétonnage des fonds marins


COMMUNIQUE – 2 juin 2015 – Fédération Environnement Durable (FED)

Eoliennes, canicule, et cruelle réalité des statistiques officielles : à quand l’affichage des records minimum

Le 29 juin 2015 à 21 heures, la production totale instantanée d’électricité d’origine solaire et éolienne a été en France inférieure à 1,1%*.

Le même jour à 16 heures, les  6 000 éoliennes hexagonales étaient quasiment à l’arrêt. Elles n’ont fourni que 0,6%* de l’électricité dont la France avait besoin*.

Triste record, ces fleurons de la transition énergétique imposés à marche forcée au monde rural, sont parfaitement incapables de faire face à une  journée de canicule, les éoliennes seules n’étaient même plus capables de rafraichir leurs riverains.

Ces quelques chiffres suffisent à rappeler que l’éolien et le solaire sont fondamentalement des énergies intermittentes qui ont recours à des énergies fossiles pour subsister en l’absence de vent ou de soleil. Et comme le souligne l’Académie des Sciences dans son avis du 22 janvier 2015, la multiplication des éoliennes  « pourrait conduire à une augmentation paradoxale des émissions de gaz à effet de serre, dégradant ainsi (notre) position favorable en matière d’émission de CO2, de coût pour l’usager et de compétitivité industrielle. »

* Références, RTE, infoclimat.fr

Contact  Jean-Louis Butré, contact@environnementdurable.net


COMMUNIQUE DE PRESSE – 6 octobre 2014 – GARDEZ LES CAPS

Grands Sites de France, les caps d’Erquy et de Fréhel sont menacés à 16 km de leurs côtes par une usine éolienne de 8000 hectares et d’une hauteur de 215 mètres

Le Grand Site Cap d’Erquy-Cap Fréhel (Côtes d’Armor) a accueilli ce week-end les 16èmes rencontres du Réseau des Grands Sites de France. Le communiqué de presse de ces rencontres nous rappelle officiellement que « Le Grand Site Cap d’Erquy-Cap Fréhel est un des sites les plus emblématiques de Bretagne, par la richesse de son patrimoine paysager naturel et culturel ».

Or, l’Etat envisage aujourd’hui la construction d’une usine électrique éolienne en mer par un promoteur privé (actionnaires anglais et espagnol), à 16km du site : 8 000 hectares de la baie de Saint-Brieuc réquisitionnés, 62 éoliennes de plus de 210 m de haut flashant nuit et jour, rouge/blanc tous les quarts de seconde.

Le site protégé offre un remarquable espace naturel ouvert, avec une visibilité complète de l’horizon, des paysages spectaculaires porteurs de richesse économique (environ 1 600 000 visiteurs chaque année), de richesse environnementale, et contribuant au bien être et à la qualité de vie dans les Côtes d’Armor.

Comment expliquer cette décision d’implanter une industrie éolienne dans un site dont les paysages, les écosystèmes terrestres et marins ont justifié depuis longtemps des protections nationales et européennes ?

En face des deux caps (Erquy 60m, Fréhel 70m), l’usine, d’une autre échelle avec plus de 210m de hauteur, affirmera une présence industrielle de manière agressive. L’Unesco avait demandé à l’Etat en 2012, de renoncer au projet d’usine éolienne dans la baie du Mont-Saint-Michel : « visibles même à plus de 20 km de distance – tel le parc éolien de Trémeheuc, situé à environ 23km du site » (…) considérant entre autre que « Le mouvement des hélices des éoliennes dans la journée et les lumières la nuit ont un effet préjudiciable à ce qui est considéré comme un paysage éternel de terre et d’eau ».

Accompagnant la transformation banalisante d’un paysage identitaire des Côtes d’Armor, l’atteinte environnementale sera tragique quand on connaît les nuisances associées à l’implantation et au fonctionnement d’une usine éolienne en mer (forage/bétonnage des fonds marins, pollutions accidentelles, trafic humain, pollution sonore, turbidité, destruction des habitats). Or, l’implantation envisagée pour la centrale électrique se situe entre deux espaces marins protégés Natura 2000.

En juin 2010, une mission d’étude a été mise en place par l’Agence des aires marines protégées en vue de la création du Parc naturel marin du Golfe Normand-Breton, décidé par arrêté ministériel. A cette date, le périmètre du futur parc s’étendait de la pointe de la Hague à Bréhat, protégeant les baies de Saint-Brieuc, de Saint-Malo, et du Mont-Saint-Michel. 2012, les Pouvoirs publics décident l’implantation d’un parc éolien industriel en baie de Saint-Brieuc, la limite ouest du Parc naturel n’englobe plus la baie de Saint-Brieuc, ni le cap d’Erquy, la limite administrative s’arrête désormais avant le cap Fréhel.

Les deux caps et les deux baies forment pourtant un territoire continu homogène. 300 grands dauphins (plus importante colonie d’Europe) vivent entre la baie du Mont Saint-Michel et la baie de Saint-Brieuc. Début septembre, un banc d’une centaine d’entre eux est resté plusieurs jours au large de Plérin (ouest de la baie de Saint-Brieuc). Protégés par plusieurs conventions européennes et internationales (CITES, Convention de Berne, Directive européenne ZSC), les grands dauphins sont extrêmement sensibles aux ondes sonores. Dans l’eau, les ondes sonores se propagent à de très grandes distances et ont sur les mammifères marins des effets comportementaux, des effets auditifs (surdité temporaire ou définitive), des effets physiologiques directs qui peuvent avoir des conséquences fatales. Il en va de même pour les mollusques bivalves. Hors, la construction de l’usine électrique est prévue au centre d’une zone marine dont la diversité du peuplement benthique est particulièrement riche, avec notamment le gisement naturel classé de coquilles Saint Jacques !

Cette zone est aussi une aire de migration pour l’avifaune. Depuis toujours, la baie de Saint-Brieuc est un carrefour de migration, 40 000 oiseaux de 112 espèces différentes peuvent y être observés, dont des espèces rares et menacées comme le Plongeon imbrin ou le Puffin des Baléares.

A terre, les statuts de protection de la baie de Saint-Brieuc sont nombreux : six Z.N.I.E.F.F. (Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique), une Z.I.C.O. (Zone d’Importance Communautaire), deux Z.P.S. (zone de protection spéciale au titre de la directive Oiseaux), plusieurs zones Natura 2000, l’ensemble formant un vaste site protégé englobant les caps d’Erquy, de Fréhel ainsi que la baie de la Fresnaye.

Alors, force est de constater des règles de protection des sites et des écosystèmes flexibles, s’adaptant à la convoitise des acteurs économiques plutôt que de servir d’outils d’aménagement durable du territoire, des politiques publiques sans cohérence menant à la coexistence de conduites d’aménagement contradictoires.

Les grands paysages naturels sont rares en Bretagne. Massacrant l’écosystème de la baie de Saint-Brieuc, l’économie locale (pêche, plaisance, tourisme), le cadre de vie de ses habitants, le projet éolien s’inscrit en contradiction avec les politiques de préservation menées pendant des dizaines d’années, avec le label Grand Site de France, avec les millions d’euros investis pour protéger, aménager, développer. Ce projet est un exemple supplémentaire du productivisme imposé à la Bretagne au mépris de ses potentialités.


ROBIN DES BOIS, Communiqué du 6 juin 2014 Robindesbois.org

L’horizon et les plages du D-Day menacés par une zone industrielle. http://www.robindesbois.org/communiques/mer/environnement/2014/horizon-et-les-plages-day-menaces-zone-industrielle.html

La zone industrielle maritime occupera 50 km2 et sera hérissée par 75 monstres d’acier et de matériaux composites non recyclables de 150 m d’envergure. Ils culmineront à 180 m au dessus de la mer. Les fonds marins seront percés par les pieux de fondation. Les sédiments marins seront occupés par un fouillis de câbles électriques. Chaque machine pèsera au minimum 1500 tonnes. Aucune éolienne de ce type et de cette puissance, 6 Mw, n’a prouvé en condition réelle sa capacité de résistance et de productivité.

Les projets démesurés d’usines éoliennes au large de Noirmoutier, de Saint-Nazaire, de Saint-Brieuc, des plages du Débarquement, de Fécamp et du Tréport sont promus et mis en œuvre par Alstom, AREVA et EDF, ceux-là même qui ont imposé à la France le miracle nucléaire. La prudence s’impose.

Les paysages maritimes font partie du patrimoine, de la richesse et de l’attraction de la France. Les risques environnementaux, technologiques et financiers sont sous-estimés. La sécurité maritime est négligée.

Face au déluge de promesses fantaisistes, aux incertitudes techniques et financières et à la course au gigantisme, Robin des Bois réclame une pause et une réflexion objective sur la mise en place des énergies marines.


 

L’enfumage continue

COMMUNIQUE DE PRESSE – 26 mai 2014

Eolien en Baie de Saint-Brieuc : l’enfumage continue

Quelles fondations ? Quelles machines ? A quel prix de rachat de l’électricité ?

 Les articles récents du Télégramme et d’Ouest-France viennent hélas confirmer ce que Gardez les Caps dit depuis maintenant trois ans.

Après 2 ans d’études, le maître d’ouvrage du projet éolien en baie de Saint-Brieuc déclare ne toujours pas savoir quelles fondations choisir !

Après avoir annoncé des fondations « jackets » (treillis métallique), il parle désormais de fondations gravitaires, soit une emprise de béton sur les fonds marins de 700 m2 par éolienne (15 fois plus large que prévu), au total des millions de tonnes de béton pour le bétonnage d’au moins 43 400 m2 de la baie de Saint-Brieuc.

Cet élément technique change dramatiquement la donne pour la préservation de l’écosystème de la baie, et pour les pêcheurs qui se sont prononcés sur des  fondations « jackets ». C’était aussi la position du Conseil général des Côtes-d’Armor : Le Télégramme du 06 novembre 2013, et l’intervention du représentant du Conseil général lors de la réunion du suivi éolien à Saint Brieuc le 28 février 2013.

Les éoliennes changent de nature : elles seraient désormais des machines de 8MW, d’une hauteur d’environ 220 mètres, avec des pales de 90 mètres de long ! Rappelons que l’appel d’offres retenu par le Ministère de l’Environnement est sur la base de machines de 5MW pour une hauteur de 175 mètres.

 Nous ne savons toujours pas quel sera le prix de rachat de l’électricité par EDF, ni quelles sont les caractéristiques techniques retenues pour le choix de l’exploitant, alors que c’est une obligation légale !

Tout le Débat public s’est déroulé sans connaître ces données. A la suite du recours contentieux de Gardez les Caps, en dépit de l’avis de la Commission d’accès aux documents administratifs, aucun élément n’a été fourni. Nous avons déposé une demande d’injonction auprès du Tribunal Administratif de Paris en novembre 2012. Toujours aucune réponse alors que la Cour des comptes a épinglé le choix du lauréat pour irrégularité (Rapport de la Cour des comptes de juillet 2013).

Mais à qui profite ce projet ?

Les emplois locaux annoncés sont sous réserve. Et pour cause, on ne sait toujours pas ce qui va être implanté, comment, et à quel prix ?

Dans quelle démocratie vivons-nous ? Une Cour des comptes qui dénonce des irrégularités que personne ne prend en considération. Un Ministère qui refuse de transmettre des dossiers en toute illégalité. Des appels d’offres à géométrie variable sans contrôle des services de l’Etat. Du sponsoring qui achète … Et des politiques qui se taisent … Que disent nos élus ? RIEN ! Connaissent-ils vraiment le dossier ? Une courte enquête réalisée avant les municipales, montre qu’ils sont globalement peu, ou mal informés.

 Un citoyen peut-il accepter ces disfonctionnements ? NON ! Un lobbying bien rôdé et abondamment financé profite de la complexité technique du secteur de l’énergie pour fabriquer le consentement de l’opinion publique. REAGISSONS, inscrivons la baie de Saint-Brieuc dans une logique de développement cohérent, donc durable.

N’acceptons pas l’implantation d’une usine électrique qui produira une énergie subventionnée onéreuse, inefficace et polluante, dont les risques n’ont pas été évalués.

 N’acceptons pas un projet qui remet en cause l’économie littorale des Côtes d’Armor.

Association Gardez les Caps
Tél  02 96 41 32 78
Email  gardezlescaps@orange.frBlog http //gardezlescaps.org

Gardez les Caps est une association indépendante dont l’objet est la préservation de l’environnement naturel, marin, et littoral de la baie de Saint-Brieuc, ainsi que le développement harmonieux de ses activités économiques et culturelles.

 

La bulle des énergies renouvelables, marché de 35 000 Milliards d’€ – Analyse de l’impact sur l’appel d’offres de la Baie de Saint-Brieuc

GARDEZ LES CAPS COMMUNIQUE DE PRESSE  du 26 novembre 2013

En 1997, l’Europe a ratifié le protocole de Kyoto visant à réduire les émissions de gaz à effets de  serre, se fixant l’objectif de réduire de 20% les rejets de CO2à l’horizon 2020, tandis que les principaux pays « pollueurs » refusaient de le signer. Si cet objectif est atteint, les dispositions européennes participeront au mieux, à une diminution du réchauffement climatique de 1 à 6 millièmes de degrés d’après les estimations faites en l’absence de chiffres officiels.

Le coût de la mise en œuvre du Protocole de Kyoto a été évalué par l’Agence Internationale de l’Energie à 45.000 Milliards de $ (environ 35.000 Milliards d’€uros), soit plus que la dette souveraine mondiale, ouvrant ainsi un marché colossal à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, marché qui a immédiatement attiré de nombreux financiers.

Bénéficiant de l’aide des Etats, des conglomérats se sont rapidement créés autour des secteurs dits « énergies renouvelables » ou « propres » voire « vertes » ou « intelligentes ». La précipitation dans les prises de décisions, l’insuffisance des connaissances, des études et des contrôles préalables participent à l’opacité des projets qui foisonnent, projets qui, par nature, sont d’ordres financiers avant d’être industriels.

En exemple, le projet éolien en Baie de Saint-Brieuc

1. Volet financier : un ensemble de petites structures vides à responsabilité limitée

Ailes Marines, une SAS au capital de 3.000 €uros pour un marché public de 7 à 8 Milliards d’€uros. Avec un capital de 3.000 € (difficile de faire moins), la SAS Ailes Marines, structure vide (0 salariés / 0 €uros de chiffre d’affaires) en perte de – 4 Millions d’€uros en 2011 et de -5.146 €uros en 2012, endettée de 14 Millions d’€uros (2012), s’est vue attribuer un marché de 7 à 8  Milliards d’€uros de chiffre d’affaires (estimation en €uros constants durant 20 ans) avec un investissement de 2 Milliards d’€uros.

Le statut de SAS présente la particularité de n’exiger aucun capital minimum, de limiter la responsabilité des associés aux apports et de leur laisser une grande liberté pour gérer la société sous réserve de quelques dispositions prévues par la loi.

Quels sont les actionnaires de la SAS Ailes Marines ? 
– Pour 70%, Eolia Mer du Nord SAS
Société par actions simplifiée à associé unique
Capital = 40 000 €
CA 2011 = 1 €
CA  2012 = 727 250 €
Pertes 2011 = – 4 Millions d’€uros
Pertes 2012 = – 255 000 €uros
Effectif  2012 : 0 salarié
Dettes 2012 : 11,526 Millions d’€uros dont 10,798 Millions proviennent d’une avance en compte courant d’Iberdrola Renovables France
L’actionnaire d’Eolia Mer du Nord SAS est Iberdrola Renovables Energia SA, de droit espagnol
L’actionnaire de Iberdrola Renovables Energia est Iberdrola SA

– Pour 30%, Eole Res SA
Capital = 10,8 Millions €
CA 2011 = 22,140 Millions €
CA 2012 =  23 Millions €
Pertes 2011 = 3,528 Millions €
Pertes 2012 = 5 Millions €
Effectifs 2012 = 110 salariés
Dettes 2012 = 42,5 Millions €
L’actionnaire d’Eole Res SA est Res Méditerranée SA
L’actionnaire de Res Méditérranée SA est Renewable Energy Systems Ltd et Renewable Energy Systems Holding Limited, sociétés de droit anglais

On notera que les actionnaires d’Ailes Marines s’autorisent des pertes et des dettes sans commune mesure avec leur capital ou leur chiffre d’affaires. Des mouvements de fond d’une société à une autre approvisionnent les comptes. Une chose est certaine, compte tenu des pertes, elles ne payent pas d’impôts et compte tenu des effectifs peu de charges sociales.

 Dans son dossier de présentation, la SAS Ailes Marines consacre quelques lignes au financement de la centrale éolienne : Extrait : « C’est la société Ailes Marines qui porte l’ensemble de l’investissement ». … « Ailes Marines prévoit que l’investissement sera assuré par ses actionnaires, IBERDROLA et EOLE-RES, au moyen d’une combinaison d’emprunts bancaires (80 % maximum) et de capitaux propres (20 % minimum) … » (pages 67).

Pour l’instant (bilan 2012), les capitaux propres d’Ailes Marines sont négatifs, – 2146 €, mais ses dettes s’élèvent à 13,995 Millions d’€uros !

Rappelons que l’attributaire et l’exploitant désigné dans l’appel d’offres est la SAS Ailes Marines au capital de 3.000€, sans aucun salarié à ce jour et qui peut disparaître du jour au lendemain, sans que les actionnaires ne soient inquiétés.

2. Volet industriel : des accords à géométrie variable

La notion de Consortium est mise en avant par le promoteur, appellation réglementée par aucun texte légal ou règlementaire, dont il est difficile d’appréhender la nature et le contenu. Dépourvu de personnalité morale, n’étant pas une société, un Consortium est géré en application d’une convention privée entre les parties prenantes.

En baie de Saint-Brieuc, le partenariat (Consortium) est constitué d’Areva, Technip, Neoen Marine Sas, STX et/ou Eiffage.

Concernant STX, la banque publique sud-coréenne Korean Development Bank, propriétaire à 66% du chantier naval de Saint-Nazaire, a annoncé son intention de mettre en vente STX Europe (Les Echos, 10 octobre 2013). Quelle sera la politique du ou des nouveaux actionnaires ? En attendant, STX  bénéficie d’un soutien du Conseil régional des Pays de la Loire pour ses recherches sur les fondations, domaine dans lequel STX n’a pas d’expérience.

Le choix des fondations des éoliennes (jackets, pieux, gravitaire) n’étant toujours pas fixé, les accords peuvent changer.

Enfin, les différentes entreprises parties prenantes se regroupent selon les opportunités : Neoen Marine est présente à Saint Brieuc avec Ailes Marines, mais également avec GDF Suez et EDP Renewables (société portugaise) pour le 2eme appel d’offres à venir.

 Qui finance, qui emploie, qui est responsable et de quoi ? Quelle est la nature des engagements ? Sur un marché saturé se renouvelant tous les 20 ans, les accords d’aujourd’hui ne seront pas ceux de demain.

3. Choix politiques et administratifs : des processus de décisions opaques

A. En baie de Saint-Brieuc 180 KM2 « favorables à l’éolien » : pour quelles raisons objectives ce site a-t-il été choisi ?

La baie de Saint-Brieuc serait-elle moins riche (écologie et paysages) que d’autres ? Non ! Au contraire ! Il suffit de regarder les apports et les valeurs débarquées des criées de la baie de Saint-Brieuc pour constater l’exceptionnelle richesse et diversité des fonds. Quant aux paysages, la réputation de la Côte d’Emeraude n’est plus à faire, le tourisme est la première activité côtière.

La baie de Saint-Brieuc possède-t-elle un « capital » vent particulièrement important par rapport aux autres régions françaises ? Non ! Contrairement à une idée reçue, la Bretagne, n’est pas la région française la plus venteuse. Le Languedoc-Roussillon est mieux exposé. Ajoutons que les 4 centrales françaises du premier appel d’offres, et les deux du second, sont situées dans la même zone géographique, donc soumises aux mêmes caprices du vent. L’idée de foisonnement avec les autres sites français et européens est illusoire, comme le démontre « Sauvons le Climat » (cf. Cahier d’acteur Débat public).

La structure géologique de la baie (terrains les plus anciens présents sur le territoire français) est-elle particulièrement adaptée à l’implantation d’éoliennes industrielles ? Si la réponse est oui, on devrait connaître le type de fondation définitivement retenu (jackets, pieux, gravitaire ?). Aujourd’hui, Ailes marines » refuse de s’engager. Pourquoi ?

Le positionnement de la centrale en baie Saint-Brieuc permettra-t-il de réduire le risque de « black-out » en Bretagne ? Non ! La cause principale du problème électrique breton est l’absence de bouclage entre ses deux antennes d’approvisionnement (lignes Nord Rennes-St Brieuc et Sud Nantes-Brest).

Ce projet industriel dynamisera-t-il le littoral ? Non ! Enlever une surface à la pêche c’est réduire d’autant les prises. Y implanter des câbles et des fondations, c’est perturber durablement l’écosystème. Transformer le paysage préservé de la baie (réserve, arrêtés de biotope, Natura 2000, espaces naturels sensibles, grands sites) en paysage industriel quand la recherche de paysages authentiques est le premier critère de choix des touristes, c’est réduire inévitablement la fréquentation touristique et ses retombées économiques.

Au final, aucun argument ne vient étayer sérieusement le choix des 180 Km2 en baie de Saint-Brieuc, choix imposé aux Côtes d’Armor sans concertation ni débat public préalable.

 B. Ailes Marines gagnant de l’appel d’offres : pour quelles raisons objectives cette société a-t-elle été choisie ?

Dans son rapport sur « La politique de développement des énergies renouvelables » présenté le 25 juillet 2013, la Cour des Comptes met en cause le choix d’Ailes Marines (page 66). La Cour y rappelle qu’une procédure d’appel d’offres doit être respectée. Extrait : « un cadre règlementaire garantissant la stricte égalité de traitement des candidats. Ainsi, les offres retenues sont celles qui sont les mieux notées à partir de critères transparents, objectifs ». (…) « Dans le cadre de l’appel d’offres de juillet 2011 relatif à l’éolien en mer, le site de Saint-Brieuc a été attribué à la société Ailes Marines SAS alors que la société Eolien Maritime France était mieux classée par la CRE (Commission de Régulation de l’Energie). La DGEC (Direction Générale de l’Energie et du Climat) proposait pour sa part une solution de remise en jeu du lot de Saint-Brieuc avec celui du Tréport qui n’avait pas été attribué mais elle n’a pas été non plus suivie par le Ministre   Elle a abouti à privilégier un candidat en dépit d’un prix plus élevé que celui proposé par EMF ». (EMF = Eolien Maritime France).

Les dés étaient « pipés » ! C’est en tout cas la conclusion de la Cour des Comptes.

 4. Le démantèlement et ses garanties : aucune réponse claire n’est fournie

Quelle sera la structure responsable du démantèlement de la centrale à la fin du cycle d’exploitation, ou en cas de défaillance durant les 20 ans d’exploitation : Ailes Marines ? Ses deux actionnaires Eolia Mer du Nord et Eole Res S.A au prorata de leurs apports ? Une structure plus en amont ? Aucune réponse n’apparait clairement dans le dossier de présentation d’Ailes Marines.

Le montant prévu pour assurer le démantèlement incluant les fondations est-il suffisant ?

En préalable, la réponse d’Ailes marines est la suivante : Extrait (Dossier présentation Ailes Marines) : « Il est important de souligner que le démantèlement (d’une centrale éolienne en mer) n’a jamais été effectué à ce jour ». Nous sommes rassurés … D’autant que le montant annoncé de 50 000 €minimum par MW installé (soit 25 Millions d’€uros pour 100 éoliennes de 5MW) ne saurait permettre une remise en l’état des lieux, et que la mise en place des garanties financières n’est pas d’une grande clarté.

Quelles sont les garanties financières demandées aux lauréats de l’appel d’offres pour le démantèlement : (Dossier d’Ailes marines page 115) Extrait : « Avant la mise en service de chaque tranche de l’installation, le candidat retenu doit transmettre au Préfet ayant délivré l’autorisation d’occupation du domaine public maritime un document attestant la constitution de garanties financières renouvelables pour la tranche considérée. La nature et le montant de ces garanties financières doivent permettre de couvrir les coûts du démantèlement et de la remise en état du site après exploitation, à hauteur du montant des travaux nécessaires que le candidat doit prévoir dans son offre. Ces travaux doivent permettre le retour du site à un état comparable à l’état initial, et compatible avec la pratique des activités préexistantes ». Ce coût devra être actualisé au moment du démantèlement (en 2040 au minimum).

Qui garantit les dépôts ? Une compagnie d’assurances? L’Etat ? Aujourd’hui Ailes Marines n’est qu’une SAS au capital de 3 000 €uros …

5. Les emplois havrais et brestois annoncés : des emplois suspendus à des marchés étrangers dans un secteur mondial en recul de 12%, où s’enchaînent pertes et licenciements

LES EMPLOIS ANNONCÉS ÀU HAVRE

Depuis trois ans, l’essor technologique et industriel de la Chine a sévèrement touché l’industrie européenne de fabrication d’éoliennes. Sur un marché mondial en baisse de 12%, l’ensemble de la filière des éoliennes industrielles est en surcapacité de production, entraînant de lourdes pertes et de sévères restructurations. Les principaux acteurs licencient.

– Le leader danois Vestas (un milliard de pertes cumulées en 2011 et 2012, -213 Millions d’€uros au 1er semestre 2013), a licencié plus de 6 000 personnes et envisage de fermer l’usine de nacelles de Taranto en Italie (120 personnes).

– L’espagnol Gamesa vient de supprimer 1 800 emplois.

– L’allemand Siemens prévoit la suppression de 15 000 emplois en 2014, dont 5 000 en Allemagne.

La pérennité, peut-être même la création, des 750 emplois promis par Areva (et non pas Ailes Marines) dans son usine du Havre (capacité de production de 100 éoliennes par an), dépend de nouveaux contrats à l’exportation qui sont entièrement hypothétiques, sachant que dans le même temps, Areva promet de construire une usine au Royaume Uni …

LES EMPLOIS ANNONCÉS À BREST

Lors de la réunion du Débat public à Erquy, STX (et non pas Ailes Marines) s’est engagé à ce que les fondations métalliques de type Jackets que STX pourrait construire, soient fabriquées pour partie à Brest, ainsi que leur assemblage final et l’assemblage de la sous-station électrique.

Pour permettre cet assemblage, près de 180 Millions d’€uros vont être investis dans l’aménagement des 36 hectares du polder du Port de Brest. La Région Bretagne est propriétaire du port ; la CCI en est le concessionnaire. Cet investissement représente des équipements qui doivent être disponibles au dernier trimestre 2016. La dernière étape, en 2017, prévoit la construction d’un quai permettant d’accueillir d’autres pièces plus lourdes, nécessaires à l’éolien flottant … Le seul marché des fondations Jackets pour les 100 éoliennes de Saint-Brieuc n’étant pas suffisant, la pérennité des emplois brestois, dépend de la capacité du sous-traitant (STX ou Eiffage) à exporter cette technologie vers d’autres sites français ou au Royaume-Uni. Hors, bien que la question ait été posée lors du Débat public, Ailes Marines ne s’engage toujours pas sur la nature réelle des futures fondations ; il n’apparait pas non plus qu’Ailes marines ait gagné de nouveaux projets avec des fondations Jackets.

La pérennité des 500 emplois brestois semble donc compromise avant même de débuter, d’autant plus que l’existence même de STX (société coréenne) est remise en question.

Dans un marché global saturé avec une forte pression sur les prix, la fin des barrières technologiques qui permet de nouveaux entrants sur le marché, comment tenir les promesses brestoises et havraises ?

Soulignons enfin, qu’aucun des emplois n’est promis par Ailes Marines, lauréat de l’appel d’offres, mais par ses partenaires industriels qui sont extérieurs juridiquement au projet.

6. Les emplois de maintenance annoncés : d’un faux suspense à une inconnue

Dès février 2013, personne ne pouvait ignorer que Saint-Quay-Portrieux serait le futur port de maintenance. Pour une fois (la seule ?) les critères annoncés par Ailes Marines étaient relativement clairs et complets. Pourquoi avoir attendu septembre pour révéler ce que tout le monde savait, tout en faisant semblant de ne pas savoir ? D’une façon évidente, ne pas dévoiler une décision déjà prise permettait d’éviter toute opposition durant le Débat public. Tant que la décision n’était pas officielle, les soupirants et aspirants ne pouvaient que soutenir le projet.

Les 140 emplois promis seront-ils créés ? (20 marins, 100 techniciens, 20 superviseurs chargés du suivi de production). Quel que soit le site, la maintenance d’éoliennes n’est pas grosse pourvoyeuse d’emplois. A titre de comparaison, un supermarché génère environ 300 emplois.

Si les 20 marins ont pour vocation de résider sur place, qu’en est-il des 120 autres salariés ? Areva regrouperait en un seul centre le suivi informatique de ses différents parcs éoliens offshore à la condition d’obtenir d’autres marchés.

Faute de nouveaux marchés, les promesses ne seront pas tenues. Elles le seront d’autant moins que les autres sites, dont le Royaume-Uni, souhaitent légitimement, employer une main d’œuvre locale.

7. Le tourisme annoncé, « vert, industriel ». Prépare-t-on une nouvelle identité touristique pour le pays de Saint-Brieuc : Visites d’usines éoliennes, effluves d’algues vertes !

Extrait : « Ailes Marines s’est appuyée sur des structures (…) comme l’Office de tourisme de la Baie de Saint-Brieuc et le Comité Départemental de Tourisme des Côtes-d’Armor, pour mieux appréhender les enjeux du secteur. Visible depuis le littoral et les bateaux, le parc éolien en mer de la Baie de Saint-Brieuc peut éveiller une forme de curiosité du public à l’égard de ce nouvel élément du paysage. Une réflexion a donc été engagée autour du développement du tourisme ludo-scientifique et d’une activité susceptible d’émerger : le « tourisme vert industriel ».

Après avoir nié d’une façon éhontée la visibilité des éoliennes depuis la côte, Ailes Marines propose l´aménagement de belvédères avec vue sur les éoliennes ainsi que des excursions en bateau permettant d’approcher l’usine.

L’idée du développement touristique de la baie Saint-Brieuc par « un nouveau tourisme de visites des éoliennes » frise le canular. Elle nait d’instances touristiques locales qui peinent à inventer des justifications, proposent un projet de territoire farfelu, en contradiction évidente avec ce que le Département souhaite réaliser par ailleurs (Grand site – L’esprit des lieux – Parc naturel, Parc marin). Comme dernière campagne nationale de promotion des Côtes d’Armor, ces mêmes instances ont concocté ce judicieux message «  Ailleurs c’est tout à côté » … Nous pouvons les croire, les touristes iront effectivement voir ailleurs !

8. Les études d’impacts définies, financées, publiées par Ailes Marines, leurs résultats seront connus 2 ans après la clôture du Débat public

Toutes les études d’impact sont gérées et financées par Ailes marines. Nous avons demandé par écrit au Débat public, une expertise des protocoles scientifiques retenus : sont-ils adaptés aux lieux et aux questions qui se posent ?

Le Débat public n’a pas donné suite à cette question qui reste ouverte : pouvons-nous accepter les résultats d’études dont les méthodes n’ont pas été validées par un organisme scientifique indépendant ? Pouvons-nous accepter des résultats payés par Ailes marines, sans expertise contradictoire ?

 9. La volonté de négation de l’impact paysager et de la transformation irréversible de l’identité paysagère actuelle

Deux études paysagères ont été présentées pendant le Débat public :

– l’une par Ailes marines : sur les 22 simulations produites, 20 ont été réalisées avec des prises de vues photographiques faites quand la visibilité est inférieure à la distance des éoliennes. L’honnêteté aurait été de prendre la visibilité normale des mois de mai à août, période de bonne visibilité et durant laquelle il y a le plus de touristes.

l’autre, financée par le Débat public, a été réalisée à partir d’un logiciel d’apprentissage de la navigation. Elle ressemble à un jeu informatique, elle est impossible à exploiter.

Rappelons qu’Exceltys, cabinet d’études pour le développement durable mandaté par la CCI des Côtes d’Armor, a écrit dans son bulletin Synthèse N°5 du 11 mai 2011 :

« Impacts négatifs.

La proximité des sites d’Erquy et du Cap Fréhel (Zonage Natura 2000) avec le parc éolien offshore, peut être considérée comme difficilement compatible.

De plus, l’impact visuel peut dégrader la perception du paysage.

Enfin, le projet peut engendrer des conflits d’usage sur les espaces marins et côtiers.

La communication doit donc minimiser les impacts négatifs au profit du développement local. »

Force est de constater qu’aucun des acteurs n’a le souci d’une communication transparente : certains masquent la vérité, d’autres la transforme, les troisièmes conseillent de minimiser. Qu’en sera-t-il des études d’impact en cours ?

10 – Le vol de la démocratie, l’absence de concertation

Au final, dissimulations, inexactitudes, réponses floues, absence de concertation démocratique, rythment l’avancement du projet éolien en Baie de Saint-Brieuc.

Le 5 juillet dernier, Ouest France s’interrogeait : « Parc éolien, le débat public est-il biaisé ? » Oui, le débat public est biaisé quand :

  • Le débat est programmé après que les décisions majeures aient déjà été prises par l’Etat (choix du site, décision d’implantation), et avant que les études d’impact (économiques, fonds marins, écosystème, paysages) aient été réalisées.
  • L’information sur le projet n’est pas diffusée à l’ensemble de la population littorale concernée.
  • La communication vers le public est systématiquement tronquée, le manque de transparence est chronique.
  • Les simulations des impacts paysagers ne visent qu’à masquer l’impact visuel réel des éoliennes.
  • Les règles de protection de sites remarquables et d’écosystèmes exceptionnels sont bafouées.
  • Les activités économiques existantes (pêche, tourisme) sont remises en cause sans qu’une grande partie de leurs principaux acteurs (hôteliers, commerçants …) en soient même informés.

Sans véritable contrepartie, au profit de financiers, on transforme en zone industrielle, un patrimoine collectif emblématique qui porte l’identité des Côtes d’Armor et de la Bretagne. Les bretons, la Bretagne, les Côtes d’Armor méritent-ils ces décisions administratives centralisées qui leur imposent périodiquement le développement de processus industriels bas de gamme au mépris de leur capacité à créer leur propre valeur ajoutée ? La mer a toujours été pour la Bretagne une source d’innovation et de développement économique, mais le projet éolien de la baie de Saint-Brieuc ne représente pas le futur industriel breton.  Massacrant l’écosystème de la baie, l’économie locale, le cadre de vie de ses habitants, il est un exemple supplémentaire du productivisme imposé à la Bretagne au mépris de ses potentialités.

Energies renouvelables, la Cour des Comptes épingle sévèrement l’Etat

GARDEZ les CAPS COMMUNIQUE DE PRESSE du 18 octobre 2013

Énergies renouvelables, Éolien, la Cour des Comptes se livre à un véritable réquisitoire et épingle sévèrement l’Etat.

L’attribution du projet de parc éolien offshore en Baie de Saint-Brieuc à Ailes Marines est pointée comme « pipée ».

Dans son dernier rapport sur la politique de développement des énergies renouvelables,  la Cour des Comptes dresse le bilan de l’éolien en France et livre un réquisitoire d’une rare sévérité à l’encontre des projets d’usines éoliennes en mer.

L’analyse de la Cour des Comptes révèle un appel d’offres truqué, des risques non évalués, des rythmes de coûts qui s’accélèrent, des tarifs explosifs, des emplois illusoires, des études d’impact inexistantes. L’attribution à Ailes Marines du projet de parc éolien offshore en baie de Saint-Brieuc est épinglée.

La lecture des titres de chapitres du rapport de la Cour des Comptes « La politique de développement des énergies renouvelables » suffit pour mesurer l’ampleur de la critique faite par une institution au langage ordinairement mesuré.

Objectifs, production réelle, coûts, politiques de soutien, réalité des emplois créés, déstabilisation du marché de l’électricité et des réseaux d’acheminement, augmentation des émissions de CO2 etc., la charge est sévère, et démontre que les décisions sont prises sans aucune visibilité énergétique, financière, économique, environnementale (1).

(1) L’aspect environnemental (faune, flore, milieu aquatique, paysages) n’entre pas dans les attributions de la Cour des Comptes dont le rôle est de contrôler le bon emploi et la bonne gestion des fonds publics. Il est soulevé mais non étudié. Personne ne l’étudie d’ailleurs, sauf les promoteurs des projets à qui l’Etat délègue cette tâche …

Voici un florilège non exhaustif des 241 pages de ce rapport consacré aux énergies renouvelables et à l’éolien industriel en mer dont le projet en baie de Saint-Brieuc, rapport que politiques, décideurs, élus, devraient lire pour décider en toute connaissance de cause.

Des décisions prises sans visibilité 

 « Alors qu’il engage la collectivité sur des sujets financièrement très lourds … l’Etat ne dispose que d’informations lacunaires et dispersées sur les coûts de production … Ce déficit d’expertise place l’Etat dans une position d’asymétrie d’informations vis-à-vis des industriels qui peut être source de dérive des dépenses et de situation de rente pour certains investisseurs … »  (p.63,64)

Constat qui prend tout son sens à la lecture du premier appel d’offres Eolien en mer lancé par l’Etat : aucune spécification technique, ni contrôle, ceux-ci sont laissés « aux bons soins » de l’exploitant !

Eolien Offshore : «…  tous les acteurs s’accordent à considérer que les incertitudes techniques des projets sont élevées et se caractérisent par un niveau de risque moins maitrisé, notamment en raison de la diversité des fonds marins et des contraintes liées à ce milieu. » (p.43)

L‘éolienne M 5000-135 d’AREVA Wind GMBH prévue pour Saint-Brieuc est le modèle boosté (pales agrandies) de la M-5000-116. Ce nouveau modèle qui balaiera une surface de 14 314 m2 (près de 1,5 hectare) n’existe qu’en prototype. On ne sait toujours pas aujourd’hui si les fondations seront des Jackets ou des Pieux ce qui impacte fortement les coûts mais aussi l’environnement et l’emploi.

Les appels d’offres : « une procédure parfois non justifiée, pas toujours efficace et aux effets déstabilisants » (titre du paragraphe B.2 p.51)

« Ainsi l’appel d’offres lancé en 2011 pour développer les parcs éoliens en mer n’a pas réuni les meilleures conditions pour limiter les prix … En outre, le prix de référence, publié dans l’appel d’offres, n’a pas été respecté pour trois des quatre sites concernés ». (p.52)

La Cour des comptes rappelle qu’une procédure d’appel d’offres doit respecter « un cadre règlementaire garantissant la stricte égalité de traitement des candidats. Ainsi, les offres retenues sont celles qui sont les mieux notées à partir de critères transparents, objectifs … »

L’attribution de la zone de Saint-Brieuc à Ailes Marines

« …Dans le cadre de l’appel d’offres de juillet 2011 relatif à l’éolien en mer, le site de Saint-Brieuc a été attribué à la société Ailes Marines SAS recourant aux turbines d’AREVA (1) alors que la société Eolien Maritime France (2) était mieux classée par la CRE (Commission de Régulation de l’Energie). La DGEC (Direction Générale de l’Energie et du Climat) proposait pour sa part une solution de remise en jeu du lot de Saint-Brieuc avec celui du Tréport, qui n’avait pas été attribué, mais elle n’a pas été non plus suivie par le Ministre. L’option retenue visait à donner la possibilité à AREVA de maintenir un programme industriel autour du Havre avec l’espoir de se repositionner sur un deuxième appel d’offres étendu au Tréport. Elle a abouti à privilégier un candidat en dépit d’un prix plus élevé que celui proposé par EMF. » (p.66)

Ce paragraphe éclaire la raison du refus de l’Etat et d’Ailes Marines de dévoiler le prix de vente de l’électricité négocié pour l’appel d’offres de Saint-Brieuc. Il permet également de comprendre le recours contentieux déposé devant le tribunal de Rennes par le concurrent d’Ailes Marines évincé, Nass & Wind Offshore.

Cela signifie également que les emplois promis par Ailes Marines et AREVA dépendent de l’obtention de marchés futurs, hypothétiques pour l’instant.

Et aussi que pour le deuxième appel d’offres, le Tréport à nouveau (500 MW sur 110 km2) et la zone près des îles d’Yeu et de Noirmoutier (480 MW sur 79km2), soit les résultats seront encore « pipés », soit les promesses d’emploi d’Ailes Marines/AREVA se réduiront comme peau de chagrin.

(1) Iberdrola, énergéticien espagnol, et EOLE-RES SA d’origine anglaise – éoliennes fournies par AREVA

(2) EDF Energies Nouvelles et Dong Energy Power (Danemark) – éoliennes fournies par ALSTOM

Le calcul des coûts

« En outre, les calculs sont réalisés avec des hypothèses de facteurs de charges qui se situent systématiquement à la limite supérieure de ce qui est techniquement possible pour les installations. » (p.41)

Le taux de production annoncé par Ailes Marines (36% de la capacité installée) relève de ce mode de calcul : à ce jour, aucune centrale offshore n’a atteint ce pourcentage qui de plus omet les pertes dues à la transformation du voltage du courant émis par les éoliennes, etc.

« En revanche, … ils [les calculs] ne tiennent pas compte des coûts fiscaux (dispositifs divers 1,306 Md€ en moyenne annuelle 2005/2011– p.87), des coûts de recherche (200 M€/an 2012 – p.89), ou encore des coûts induits par l’adaptation des réseaux de transport et de distribution (p.96), etc. »

La Cour des Comptes constate que l’ensemble des coûts n’a jamais été additionné, si tant est qu’on puisse les connaitre :

La politique de soutien (fiscalité à la charge du contribuable). « Le coût total de la politique de soutien est estimé à « 14,307Milliards d’€ pour l’ensemble des énergies renouvelables » (p.121) et à « 1,338 Milliards d’€ pour l’éolien » pour la période 2005/2011. » (p.94)

La Cour des Comptes note que le rythme des coûts s’accélère : environ 4 fois plus en 2011 qu’en 2005 (p.95 voir les chiffres).

L’obligation de rachat par EDF de l’électricité produite : CSPE  à la charge du consommateur. « Mais cette progression du soutien apparaît encore comme limitée au regard de celle enregistrée par la seule CSPE en 2012 et 2013 selon la CRE …. respectivement 2,2 Md€ et 3 Md€…. le volume global de la CSPE liée aux énergies renouvelables peut être estimé à environ 40,5 Milliards d’€ pour la période 2012/2020 contre 3,3 Milliards d’€ pour la période 2005/2011. » (p.95)

Les dépenses des collectivités locales impossibles à estimer« Il n’existe aucun suivi centralisé des actions menées au niveau local en faveur des énergies renouvelables, ni de leur coût. Le recensement de toutes les actions et dépenses publiques des collectivités locales dans ce domaine n’est pas possible …. »  (p.94)

Les centrales thermiques de back up dont le coût n’a toujours pas été estimé«… Aucune étude sérieuse sur le besoin de développement des centrales thermiques (fioul, gaz, charbon) n’a encore été menée permettant d’estimer pour la France le coût des unités de back up induites par le développement des énergies renouvelables. » (p.77)

Seule l’UFE dans son rapport « Electricité 2030 » a donné une estimation du nombre de centrales thermiques à gaz ou à charbon nécessaires à horizon 2030 soit entre 30 à 50 selon les scénarios.

Les coûts d’adaptation du réseau et une technologie qui reste à inventer« Les coûts globaux d’intégration aux réseaux sont à préciser » (titre du paragraphe B-1 p.96)

Faute d’estimations fiables, la Cour des Comptes se raccroche aux données chiffrées de l’Allemagne : « L’Allemagne doit, en effet, faire face à des investissements indispensables d’ici 2022 dans les réseaux pour un montant évalué par les gestionnaires entre 19 et 23 Milliards d’€ sans compter le coût du raccordement des parcs éoliens en mer estimés à 12 Milliards d’€. » (p.97)

« Or les responsables de réseaux ne disposent pas aujourd’hui de dispositifs permettant de commander les installations d’énergies renouvelables. Ces outils sont encore en phase expérimentale. » (p.78)

«… par ailleurs, l’intégration des énergies renouvelables dans les réseaux nécessite un système de gestion qui reste à inventer. » (p.113)

« La réflexion sur l’évolution des réseaux doit donc être menée … avant même d’envisager une augmentation massive du recours aux productions électriques renouvelables. » (p.114)

« Besoin de lignes supplémentaires très haute tension, etc. » (p79)

Il semble que seule la Cour des Comptes ait tenté de faire des additions, tâche qu’elle n’a pas pu mener à bien. Outre la « rentabilité » en terme investissements/résultats, la faisabilité est remise en cause. D’où cette réflexion sur les projets éoliens en mer :

« Dans la mesure où la France dispose d’un potentiel éolien terrestre élevé et où ils reposent sur un pari industriel coûteux, les projets d’éoliennes en mer auraient pu attendre la réalisation d’études économiques et techniques abouties. » (p.117)

Les tarifs d’achat  « … fixés par arrêté et en décalage avec le cadre légal » (p.50)

« Les pouvoirs publics courent le risque d’offrir des rémunérations excessives aux producteurs et de déséquilibrer les marchés par des tarifs administrés déconnectés des coûts ».

« La déstabilisation du Marché électrique » (Titre Chapitre II.A p.99) : «  ….la raison de ces différentes anomalies [injection obligatoire sur les réseaux de l’électricité produite par les ENR, d’où un prix parfois négatif quand nous exportons une surcapacité (nous payons pour que d’autres pays utilisent la production inutile), non rentabilité de certaines centrales à gaz indispensables pour le Back up mais utilisées en appoint …] résident principalement dans le fait que les producteurs d’ENR ne sont pas soumis aux fluctuations du prix du Marché puisque le prix d’achat de leur électricité est garanti. »

Les impacts socio économiques, l’emploi

« La faiblesse d’expertise de l’Etat se retrouve également dans sa capacité à connaître l’impact socio économique des décisions prises. Cela peut le conduire à lancer des projets très coûteux pour la collectivité et les consommateurs sans que les bénéfices attendus ne se produisent. » (p.65)

« Les évaluations économiques ne sont pas aujourd’hui réalisées et ne peuvent donc éclairer la décision publique » (p.65).

« Le seul recensement des emplois directs semble problématique ». (p.64)

Eolien en mer : « Ainsi par exemple, la décision de développer une filière éolienne en mer a été justifiée par les perspectives en termes d’exportation et de création d’emplois. Or, à l’exception d’une étude demandée à un cabinet de conseil, elle ne s’est appuyée sur aucune évaluation économique portant sur l’emploi induit, le développement industriel à long terme, sur les marchés français mais aussi britanniques pourtant présentés comme complémentaires… Le coût pour le consommateur (hors contribuable) des projets attribués à l’issue du 1er appel d’offres est pourtant estimé par la CRE à 1 Milliard d’€ par an pendant 20 ans, soit 20 Milliards d’€ » (p.65)

« L’éolien en mer, un pari industriel risqué » (titre paragraphe 2 p.102)

« Les capacités industrielles d’AREVA (Saint-Brieuc – Construction usine au Havre) et d’ALSTOM (Fécamp, Courseulles et Saint-Nazaire – Construction usine à Brest) devraient osciller entre 50 et 100 turbines par an mais l’activité générée (2 à 3 ans) par le 1er appel d’offres ne suffira pas pour rentabiliser les usines construites. La réalisation de l’objectif [de l’Etat] 6 GW [éolien en mer] à horizon 2020 n’amènerait au mieux que 4 à 6 années de plan de charge. Les investissements à réaliser ne seront donc rentables que si des marchés en Manche et Mer du Nord sont accessibles à l’exportation.

La Grande-Bretagne se propose de développer fortement l’éolien en mer en assurant un développement industriel sur son territoire

La politique de soutien du gouvernement anglais a toutefois récemment été revue à la baisse et certains projets industriels ont été abandonnés.

Si les perspectives sur le marché britannique n’aboutissent pas, de nouveaux appels d’offres, financés par une augmentation de la CSPE risquent d’apparaître comme la seule solution pour maintenir le plan de charge des usines françaises. » (p103)

« A moyen terme les estimations d’emplois créés par l’éolien en mer ne peuvent être validées ni par l’Etat ni par la Cour. …. Aucune étude n’a été menée permettant de valider les chiffres [des plans de charge donnés par les industriels] et d’affirmer qu’il s’agira de création ou de redéploiement d’emplois locaux. » (p105).

« Enfin de façon générale, les conséquences du développement des ENR sur l’emploi en France sont modestes et le suivi qui en est fait aujourd’hui ne permet pas de faire la part entre création et redistribution des emplois » (p120).

« …. de sorte qu’on peut difficilement évaluer si la politique [de soutien au sens large] a des effets négatifs ou pas sur l’emploi. » (p 106)

Un rapport public que chacun peut lire, accessible en ligne sur le site internet de la Cour des comptes et des chambres régionales et territoriales des comptes

« C’est un grand tort d’avoir raison avant tout le monde » (Edgar Faure) comme nous avons pu le constater lorsque nous contestions la pertinence des choix et des chiffres annoncés (production, emplois, coûts/efficacité etc ). Sur le fond, nous ne nous réjouissons pas d’être confortés en tout point par la Cour des Comptes.

Malheureusement « Une erreur ne devient pas une vérité, parce que tout le monde y croit » (Raymond Aron) ou veut y croire.

Intégralité du rapport de la Cour des Comptes – Juillet 2013