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Eolien Français. Point de vue européen

Nous publions le point de vue d’un expert des politiques environnementales et énergétiques européennes, Maître Morvan Le Berre, Avocat au barreau de Bruxelles, qui s’exprime ici à titre personnel.

Vous pouvez télécharger cette tribune ici : TRIBUNE_UE_19_06_2018_©MorvanLeBerre

Dans le débat passionné autour de l’éolien, est-il encore permis d’avancer des arguments raisonnables et étayés ?

Premièrement, on note que les industriels et les autorités régionales ne se préoccupent en rien de la lutte contre le réchauffement climatique, ni de celle contre les émissions de gaz à effet de serre auxquels leur déclaration conjointe du 12 juin 2018 à Cherbourg ne fait aucune référence. Cet objectif de la France est cependant prioritaire sur tous autres objectifs.

Au contraire, le seul souci exprimé par la déclaration du 12 juin 2018 est celui de la réalisation au plus tôt et sans autre examen, respectivement, des projets industriels d’éolien en mer et des aménagements publics les accompagnant, le tout financé entièrement par des fonds publics.

Or le lien entre les énergies renouvelables aléatoires ou intermittentes (comme l’éolien et le solaire) et la lutte contre le réchauffement climatique est postulé, mais n’a toujours pas été démontré en pratique – 17 ans après le soutien public à la production éolienne.

D’une part, il manque toujours une définition de ce qu’est une énergie renouvelable. D’autre part, la priorité ostentatoire à l’éolien et au photovoltaïque (investissements qui rapportent à l’industrie mais coûtent aux consommateurs) par opposition aux énergies non intermittentes telles l’hydroélectricité, la méthanisation ou la géothermie, ne s’explique pas ou s’explique alors seulement par la captation de la décision politique par les lobbys industriels de l’éolien et du photovoltaïque.

Plus encore, l’évaluation de la stratégie nationale bas-carbone rendue publique par le gouvernement début 2018 (https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/strategie-nationale-bas-carbone-snbc) montre que dans le secteur de l’énergie, les émissions de gaz à effet de serre augmentent depuis 2013, et que cette tendance ne va pas s’inverser dans les années à venir.

D’où vient cette reprise des émissions de C02 dans le secteur de l’énergie ? Sans doute de l’augmentation rapide des investissements éoliens et photovoltaïques dont le caractère aléatoire (production inférieure à 30% de leur capacité) oblige à recourir en complément à des sources de production d’électricité carbonées, en France comme en Europe.

Dans ces conditions, continuer à accroître la capacité de production éolienne déjà excessive parait contre-indiqué, puisque la contribution à la lutte contre le changement climatique n’est pas démontrée. Dit autrement, il est urgent de comprendre cette contradiction des données avant de doubler ou tripler la capacité de production électrique éolienne.

Cette conclusion relève du bon sens et devrait s’imposer d’elle-même.

Pourtant et deuxièmement, la déclaration des industriels et des collectivités locales du 12 juin 2018 indique au contraire qu’il n’en n’est rien. Selon cette déclaration, il convient de persévérer dans l’erreur « en doublant la mise ».

Au contraire, il est nécessaire de conduire une ré-évaluation de la politique actuelle de soutien public à la production électrique d’origine renouvelable.

C’est également le constat de la Cour des comptes  (https://www.ccomptes.fr/fr/publications/le-soutien-aux-energies-renouvelables) soulignant que les décisions passées en matière de soutien à l’éolien et au photovoltaïque engagent déjà la France pour des années et des dizaines de milliards d’euros. C’est aussi la conclusion des scientifiques dans le domaine de l’énergie (http://www.creden.fr/downloads/cahiers/CC-16-07-115.pdf) estimant le coût effectif de l’intermittence de l’éolien et du photovoltaïque à plus de deux fois le coût du soutien à la production éolienne et photovoltaïque.

Le débat public national en cours sur la programmation pluri-annuelle de l’énergie (PPE) doit porter cette question essentielle et en faire une des priorités de la nouvelle programmation de l’énergie. Ce débat public qui a été d’excellente qualité ne saurait se clore sans que cette question, parmi d’autres soulevées dans le débat mais non résolues, n’ait fait l’objet d’une vision partagée susceptible d’être retenue dans la rédaction finale de la PPE.

Troisièmement, la déclaration du 12 juin 2018 met en évidence le rôle des Régions.

Les Régions, et au sens large les collectivités locales, doivent prendre leurs responsabilités dans l’identification et la mise en œuvre de la meilleure stratégie énergétique sur chacun de leurs territoires, adaptée à leurs caractéristiques (environnementales notamment) et au développement de leur attractivité.

On ne peut que se désoler de voir de nombreuses Régions reprendre sans toujours sembler les comprendre, des objectifs nationaux, notamment quantitatifs, dans le domaine de l’énergie, dont certains sont manifestement erronés voire aberrants, comme le montre la juste révision en cours des six projets d’éolien en mer.

Les Régions doivent comprendre que leurs citoyens sont aussi les consommateurs d’électricité supportant la charge de tout soutien public à la production d’électricité, et agir en conséquence.

Les Régions peuvent notamment aller dans la bonne direction en soutenant des programmes ou projets locaux ayant au moins deux caractéristiques cumulatives : d’une part une participation économique locale, d’autre part un retour financier direct pour les résidents. Deux exemples viennent immédiatement à l’esprit: la géothermie individuelle ou collective et l’hydroélectricité au fil de l’eau. Mais il existe de nombreuses autres possibilités qui permettent de concilier réduction des émissions à effets de serre, diminution de la consommation, et motivation des habitants.

Cette étape de la transition énergétique ne peut être réalisée que par les collectivités locales et leurs habitants, et sur la base de projets adaptés à chaque contexte.

Morvan Le Berre
Avocat au barreau de Bruxelles
(L’auteur s’exprime à titre personnel)

Emmanuel Macron à Erquy le 20 juin

EMacron-Corinne Erhel juin 2015 Photo Préfecture

Emmanuel Macron et Corinne Erhel à la pointe de Bihit en juin 2015 Photo Préfecture

La visite annoncée d’Emmanuel Macron à Erquy et Fréhel nous confirme-t-elle que l’Elysée et Matignon sont en train de revenir sur une politique hasardeuse entreprise par d’autres. L’Etat refuse aujourd’hui, tout simplement, la perspective de payer 6 fois trop cher une électricité produite par l’éolien en mer dans quelques années. Une électricité dont la note sera réglée par les contribuables à des groupes pour la plupart étrangers comme c’est le cas en baie de Saint-Brieuc.

La dynamique économique mise en avant par nos élus aurait pu être séduisante dans une région dont les besoins en emplois sont connus. Mais les emplois promis se sont réduits comme une peau de chagrin : de 1000 emplois en Bretagne lors de l’appel d’offres en 2012, nous voilà aujourd’hui à 40 emplois espérés à Saint-Quay-Portrieux !

En fait d’emplois créés par les promoteurs de l’éolien en mer, nous avons surtout l’assurance de mettre un point final à l’activité de toute la filière pêche dans la baie de Saint-Brieuc. Une filière déjà mal en point. L’éolien en mer est la garantie de massacrer durablement les fonds marins et leur ressource halieutique. A-t-on conscience de la nécessité de forer des puits de 60 mètres de profondeur, de couler des tonnes de béton pour implanter une seule éolienne qui culmine à 209 mètres ? Sans oublier le bruit et les vibrations chroniques fatals à terme pour les coquilles Saint-Jacques, les crustacés, les céphalopodes … Une éolienne n’est pas un aimable moulin à vent mais une usine embarquée bourrée de fluides toxiques et de terres rares importées de Chine. Une éolienne pollue à son tour gravement l’environnement.

Ces projets d’éolien industriel côtier participeront également à l’enlaidissement de nos plus beaux panoramas maritimes. La carte postale touristique ne sera plus qu’une grimace. Quid de notre capital touristique ?

Enfin, l’énergie produite par les éoliennes n’est toujours pas stockable, ni produite en continu. Toutes les données officielles montrent qu’une éolienne ne fonctionne qu’à temps très partiel et ne peut être pilotée. Cet handicap technique est balayé par les promoteurs de l’éolien d’un revers de main. Ils peuvent se le permettre pour une seule raison : ce sont les contribuables qui subventionnent cette énergie aléatoire et dispendieuse alors que 4 millions de ménages sont dans une situation de précarité énergétique partiellement compensée cette année par un chèque d’en moyenne 150 €.

Dernier point, rappelons qu’en 2016, à Erquy, 88% de la population s’est déclarée opposée au projet du promoteur Ailes Marines (Iberdrola-RES, 62 éoliennes de 209m de haut à 16 km de la côte au milieu de la zone de pêche), le taux d’opposition moyen de Cancale à Bréhat s’élevait à plus de 60% dans l’enquête publique.

Baie de St-Brieuc : un seul combat, la protection de notre biodiversité marine

Les pêcheurs-artisans professionnels du Golfe Normand-Breton viennent de se regrouper au sein d’une nouvelle association : l’ADEPPA-GNB.

Association de Défense de l’Environnement et de Promotion
de la Pêche Artisanale dans le Golfe Normand Breton

L’ association a pour objet la protection de l’environnement humain, maritime et portuaire de la pêche artisanale du cap de la Hague à l’Aber-Wrac’h. Julien Tréhorel patron de l’Intrépide en est le Président.

ADEPPA-GNB

Vendredi 25 mai, à Erquy, la salle était comble pour écouter le projet de l’ADEPPA-GNB, un projet qui réunit marins-pêcheurs artisans et consommateurs des produits de la mer, nous rappelant que le golfe normand-breton à lui seul, représente 23% des ventes nationales en halle à marée.

Retrouvez le compte-rendu de la réunion sur le site de l’ADEPPA-GNB :  https://associationadeppa.wordpress.com/2018/05/26/eolien-saint-brieuc-les-marins-pecheurs-font-salle-comble-a-erquy/

Et surtout, prenez le temps de lire le document présenté par le Président : « Pêche artisanale, quel avenir dans le Golfe normand-breton ? » téléchargeable ici 2018-05-25 ©ADEPPA . Les marins-pêcheurs expliquent de manière très pédagogique comment le projet d’éolien industriel dans la baie est une grave menace économique et sociale pour leur profession.

Le projet du promoteur Ailes Marines  se situe en effet au coeur d’une zone de pêche essentielle, travaillée toute l’année par les marins pêcheurs. Le transformateur électrique en mer et les 62 éoliennes prévues :
🔴 sont intégralement sur le gisement de coquilles Saint-Jacques du Large, elles le coupent en deux,
🔴 au coeur de la zone de pêche des bulots (casiers),
🔴 au coeur de la zone de pêche des gros crustacés (casiers, filets),
🔴 sur la zone de chalutage,

comme le montre cette carte extraite des documents d’Ailes Marines remis à l’enquête publique de 2016.

Carte CSJ p175:201

On notera que cette implantation officielle ne correspond pas à la carte régulièrement publiée par Ouest France et complaisamment relayée par Ailes Marines, carte qui minore l’impact des éoliennes en positionnant 1/3 des machines en dehors du gisement du Large !

Nous ne pouvons que suggérer à Anne Kiesel de relire l’étude d’impact d’Ailes Marines. Nous avons laissé apparentes les références du fichier PDF pour lui simplifier la tâche. On remarquera en passant que les pages du document ne sont pas concordantes avec celle du fichier PDF. De 175 à 201, 26 pages d’écart ! Guère pratique pour orienter sa lecture à partir du sommaire, surtout quand il faut avaler 8000 pages, avec un décalage qui s’accroît au fil des pages, sans index intelligent ni recherche par mots clés possibles !

OUEST France 2018-04-02 à 15.16.43

Non, Madame Kiesel, les opinions ne sont pas « contrastées », elles sont majoritairement opposées. 88% d’opposition à Erquy, car la fameuse « cohabitation » est au détriment des marins pêcheurs. Elle les chasse de leur espace historique, détruit la ressource qu’ils gèrent, protègent, maintiennent depuis des dizaines d’années, pour créer une zone industrialisée, morcelée, conflictuelle.

Soutenons nos marins pêcheurs, ils pratiquent une pêche responsable et durable.

Aidons-les, ils font vivre toute l’économie maritime de notre littoral.

Sentinelles de la mer, ils sont les meilleurs garants du maintien de notre biodiversité marine.

Eolien offshore Saint-Brieuc. Annulation de l’arrêté approuvant la convention d’utilisation du domaine public maritime accordée pour 40 ans au promoteur Ailes Marines

La cour administrative d’appel de Nantes a décidé mardi 3 avril 2018, d’annuler l’arrêté du 18 avril 2017 par lequel le préfet des Côtes d’Armor a approuvé la convention de concession d’utilisation du domaine public maritime au large de Saint-Brieuc conclue le 18 avril 2017, pour une durée de quarante ans, entre l’Etat et la société Ailes marines.

« Considérant qu’aux termes de l’article R. 2124-56 du code général de la propriété des personnes publiques : « Les avis conformes du préfet maritime ou du délégué du Gouvernement pour l’action de l’Etat en mer et de l’autorité militaire compétente doivent être demandés pour les autorisations relatives à la formation d’établissement de quelque nature que ce soit sur la mer ou sur ses rivages/ L’autorité militaire compétente est, en métropole, le commandant de zone maritime et, outre-mer, l’officier général commandant supérieur des forces armées » ; que les associations invoquent l’incompétence du signataire de l’avis conforme émis le 8 avril 2016, sur le fondement de ces dispositions, par le capitaine de vaisseau Jean-Louis Fournier, agissant « au nom du commandant de la zone maritime de la Manche et de la mer du Nord »

Délibéré après l’audience du 16 mars 2018, lu en audience publique, le 3 avril 2018 :

« Article 4 : L’arrêté du 18 avril 2017 par lequel le préfet des Côtes d’Armor a approuvé la convention de concession d’utilisation du domaine public maritime au large de Saint-Brieuc conclue le 18 avril 2017, pour une durée de quarante ans, entre l’Etat et la société Ailes marines, est annulé. »

« Article 6 : Les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative par les requérants et par la société Ailes Marines sont rejetées. »

C’est une première victoire, mais tous nos moyens relatifs à l’environnement, protection de la biodiversité des fonds benthiques, préservation de la qualité de l’eau, maintien de la ressource halieutique, protection des migrations vers la réserve ornithologique de la baie (la plus grande de Bretagne), ont été rejetés, pas sur le fond, mais parce que tout aurait été étudié et contrôlé sérieusement, par le promoteur Ailes Marines et par l’Autorité environnementale. Il est permis d’avoir des doutes quand on sait que la France est le seul pays européen où le promoteur réalise les études d’impact environnemental du projet, choisit les cabinet d’études, les méthodologies, et … publie les résultats.
Dans les autres pays européens, l’Etat réalise des études d’impact environnemental sur plusieurs sites possibles, choisit un site en fonction des résultats de ces études, puis lance un appel d’offres. En France, le choix du site précède les études d’impact environnemental.

Autre bonne nouvelle, la cour a considéré que le patron de l’Intrépide, Monsieur Julien Tréhorel, marin-pêcheur professionnel qui s’est associé aux conclusions et moyens soutenus par Gardez les Caps tenait « de sa qualité de pêcheur professionnel un intérêt à défendre la vocation piscicole de la zone concédée ; qu’il justifie ainsi, eu égard à la nature et à l’objet du litige, d’un intérêt suffisant à intervenir à la présente instance. »

Tenons le cap, la bataille n’est pas terminée !

L’équipe de Gardez les Caps remercie ses avocats et tous ses adhérents et sympathisants dont la générosité a permis cette première victoire

Continuez à nous aider à agir concrètement en adhérant à Gardez les Caps

TELECHARGER un bulletin d’adhésion ici  Bulletin Adhésion-Don 2018

Gardez les Caps SIEMENS-1

Eolien en baie de St-Brieuc. Combien d’années de chantier en réalité ? 3 années de chantier pour l’implantation, et ensuite ? Combien d’années encore, sans compter le démantèlement ?

A London Array, à peine 5 ans après leur mise en service, les 175 éoliennes SIEMENS-GAMESA ont déjà besoin d’être réparées ! Idem pour West of Duddon Sands ! 3 années de travaux supplémentaires !

15 mars 2018. Les propriétaires du complexe éolien London Array, 175 éoliennes au large du Kent, la plus grande centrale éolienne offshore du monde, et des 108 éoliennes de West of Duddon Sands, au large de Cumbria, viennent de demander l’autorisation de procéder à des réparations urgentes.

Kentish Flats © DEME

Kentish Flats © DEME

https://www.thetimes.co.uk/article/london-array-offshore-wind-turbines-near-kent-wearing-too-fast-qdv76g7cm

Les gouttes de pluie en mer du Nord 

Le London Array a été achevé en 2013, et Duddon Sands un an plus tard, 2014. Les deux parcs utilisent des éoliennes fabriquées par SIEMENS-GAMESA qui admet que le bord d’attaque des pales – la partie qui coupe l’air lorsque la turbine tourne – s’érode beaucoup plus vite que prévu sur certaines machines. Un porte-parole a déclaré que divers facteurs, y compris la « vitesse du vent, la configuration du rotor, la quantité de pluie, et même la taille des gouttes de pluie » étaient considérés à l’origine du problème.

La faible longévité des structures était déjà connue

Après avoir soutenu leur construction avec de généreuses subventions à l’énergie renouvelable pour aider à atteindre les objectifs du changement climatique, le Royaume-Uni compte plus de parcs éoliens offshore que tout autre pays. Plus de 1600 éoliennes sont en activité dans les eaux britanniques, mais depuis longtemps, les critiques remettent en question leur fiabilité dans les conditions difficiles du large.

A Saint-Brieuc, le diamètre du rotor des éoliennes SIEMENS-GAMESA est de 170 mètres. En bout de pales, la vitesse atteinte est de 340 km/h. Au bout de combien d’années faudra-t-il changer les pales ?

Si le problème avec les éoliennes SIEMENS-GAMESA se révèle symptomatique d’un problème plus vaste, il pourrait compromettre l’économie de la construction éolienne. Le type d’éolienne impliqué possède des pales couvrant un diamètre de 120 mètres. Lors de leur installation, ces pales étaient parmi les plus grandes utilisées en mer. En bout de ces pales géantes, la vitesse est plus rapide que dans les modèles plus petits et plus anciens, ce qui peut avoir contribué à l’érosion rapide.

950 pales à changer !

SIEMENS-GAMESA a déclaré avoir installé plus de 950 exemplaires du modèle concerné dans le monde, mais n’a pas été en mesure de confirmer le chiffre au Royaume-Uni. Orsted, la société danoise copropriétaire de London Array et de West of Duddon Sands, a indiqué que quatre autres parcs éoliens utilisant les mêmes turbines seraient concernés. Des éoliennes beaucoup plus grandes sont en cours d’installation, mais SIEMENS-GAMESA a déclaré qu’elles ne devraient pas être affectées, car le risque d’érosion des bords des pales a été identifié en 2014, et depuis, toutes les machines installées ont bénéficié d’une protection supplémentaire.

Des pales à démonter, des années de travaux

SIEMENS-GAMESA a annoncé effectuer des « mises à niveau de performance ». Les pales concernées ont été fabriquées au Danemark avec de la fibre de verre et du balsa. La réparation consiste à coller une coque en caoutchouc de 3 mm sur les zones endommagées. Les pales sont susceptibles d’être démontées pour effectuer les réparations. Les travaux sur les deux parcs éoliens devraient débuter le mois prochain et durer de un à trois ans. Les compagnies ont refusé de divulguer les coûts des réparations, qui devraient s’étendre à des dizaines de millions de livres. Elles ont déclaré que les consommateurs ne seraient pas confrontés aux coûts.

John Constable, un critique de longue date du coût des parcs éoliens qui écrit pour le Global Warming Policy Forum climat-sceptique, a déclaré: « Si cela fait partie d’un phénomène général, alors les implications pour la viabilité économique de l’énergie éolienne en général sont très sérieux. »

Un porte-parole d’Orsted a déclaré que le problème n’entraînerait aucun « impact notable sur la production continue d’électricité propre et verte. »

« Le projet d’Ailes Marines est déjà périmé »

Interview de Loïk Le Floch-Prigent, ex-PDG d’Elf, ingénieur et conseiller en énergie par Ouest France

Ane Kiesel, Deux questions à …

Vous critiquez le projet d’éoliennes en baie de Saint-Brieuc, porté par Ailes Marines. Pourquoi ?

C’est un projet mal ficelé. L’idée de départ était de bâtir une industrie française de l’éolien. Mais Areva est devenu Siemens, qui est allemand. Et Alstom est devenu General Electric, qui est américain. Ce n’est plus de la technique française.

De plus, quand je vois l’endroit où les éoliennes vont être implantées, je suis horrifié.

Expliquez-vous…

Le futur est aux éoliennes flottantes, loin en mer, qu’on n’a pas besoin d’agripper au sol. Le projet d’Ailes Marines est déjà un projet périmé. Il est beaucoup trop près de la côte, trop proche du cap Fréhel. En tant qu’industriel, j’affirme que ce projet n’a plus de sens aujourd’hui. Actuellement, on fabrique du courant au prix du marché, à 40 € ou 50 € du kWh. Avec Ailes Marines, c’est 200 € à 250 € du kWh.

Je n’ai rien contre le fait de prendre l’énergie du vent ou du soleil. Mais ici, c’est de l’éolien du passé.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/cotes-d-armor/le-projet-d-ailes-marines-est-deja-perime-5613563

Eolien en mer. Le Sénat plombe les Français de 40 milliards d’euros

FED_400LOGO PULSEGardez les Caps

 

 

15 mars 2018

L’été dernier, la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) avait pointé du doigt le montant de la subvention publique accordée aux premiers parcs éoliens offshore : 40,7 milliards d’euros sur la durée de vie totale des contrats (vingt ans), pour une puissance de 3.000 mégawatts.

Pour tenter de sortir du piège, l’exécutif a déposé un amendement au Sénat qui fixait le cadre d’une renégociation, voire d’une annulation des six projets de parcs éoliens offshore.

L’amendement du gouvernement vient d’être refusé par la haute assemblée emmenée par une poignée de sénateurs de l’opposition inféodés au lobby éolien dont le président du groupe Républicain Bruneau Retailleau.

En agissant ainsi, ces élus ont réussi à taxer les consommateurs français d’électricité d’un montant de 40 milliards d’euros, soit à titre de comparaison, 6 fois le budget annuel de la justice de la France.

L’impuissance apparente et provisoire de l’Etat montre qu’aujourd’hui, les multinationales du vent qui contrôlaient déjà le territoire avec l’éolien terrestre, ont aussi le pouvoir du littoral avec l’éolien offshore, grâce à un système financier subventionné pervers mis en place en 2001, et qui depuis déjà 17 ans ruine les consommateurs d’électricité.

La Fédération Environnement Durable demande au Gouvernement d’Emmanuel Macron de faire le nécessaire pour que l’avenir énergétique de la France reprenne le pas sur une somme d’intérêt privés qui n’ont plus rien à voir avec l’intérêt général.

Gardez les Caps SIEMENS-1

Le vent l’emportera

Logo Robin des Bois

13 mars 2018

Depuis 7 ans, un vent de folie souffle sur les côtes de l’Atlantique et de la Manche. La mer est vendue à la découpe comme un quartier de bœuf et les industriels français et européens alléchés par l’aubaine et adeptes du gigantisme ont répondu à des appels d’offres mirifiques.

Les risques techniques, financiers, écologiques, maritimes de cette fulgurante industrialisation de la mer sont négligés.

Les oiseaux, les dauphins, les poissons, les fonds marins ne manifestent pas. Le 18 mars 2015, pour se faire l’interprète du silence de la mer, Robin des Bois au nom de 19 associations et fédérations a écrit à 4 Ministres, 2 Secrétaires d’Etat, au Président du Sénat et au Président de l’Assemblée Nationale (voir pièce-jointe). Rien n’est venu, il a fallu attendre 3 ans pour obtenir une réponse à travers l’amendement déposé le 8 mars 2018 par le nouveau gouvernement dans le projet de loi « Etat au service d’une société de confiance ». Cet amendement ouvre la voie à l’annulation des 6 appels d’offres attribués entre l’Ile d’Yeu en Vendée jusqu’au Tréport en Seine-Maritime.

Notre courrier du 18 mars 2015 n’a pas pris une ride et il est exhaustif. Par contre en 3 ans, les projets se sont enlisés et sont aujourd’hui financièrement dans le rouge. Aucune décision d’investissement n’a été prise. La bulle des méga projets offshore éoliens est sur le point de crever.

Pour remporter une compétition ou être le leader dans une filière énergétique, il convient dans certains cas de ralentir, de regarder ce qui se passe et si nécessaire de changer de stratégie.

En conséquence, l’amendement présenté par le gouvernement doit être maintenu et approuvé par le Sénat et l’Assemblée Nationale.

ROBIN DES BOIS, Association de protection de l’Homme et de l’environnement depuis 1985  http://www.robindesbois.org

LIRE la lettre ouverte collective du 18 mars 2015  http://gardezlescaps.org/wp-content/uploads/2014/10/2015-03-18-Lettre-e%CC%81olien-offshore-Robin-des-Bois.pdf

LIRE la Tribune de Robin des Bois dans Le Marin daté du 21 octobre 2015 http://www.robindesbois.org/wp-content/uploads/Tribune-Le-Marin-RobindesBois-2015.pdf

LIRE notre courrier à Nicolas Hulot du 21 octobre 2017 TOUJOURS SANS REPONSE  http://gardezlescaps.org/wp-content/uploads/2013/09/Lettre-a%CC%80-Nicolas-Hulot-22-octobre-2017-1.pdf

Ailes Marines. Vers l’annulation du projet éolien en baie de Saint-Brieuc ?

acc_logoLe 9 mars 2018, le gouvernement français a déposé au Sénat un amendement qui, par décret, pourrait mettre fin aux projets d’éolien industriel en mer attribués en 2012 et 2014.

« En 2011 et 2013, l’Etat a lancé deux procédures de mise en concurrence pour désigner des candidats pour construire et exploiter six installations d’éoliennes en mer. A ce jour, aucun contrat d’obligation d’achat n’a été signé et aucune de ces installations n’est construite. Le tarif accordé à ces installations est très élevé et ne correspond plus aux prix actuels de l’éolien en mer, entrainant des rémunérations excessives pour les candidats retenus. »

« Les prix des parcs éolien en mer ayant fortement baissé, l’État cherche à réduire le coût de soutien public des projets. (…) Si la renégociation des contrats n’était pas possible, une des options pourrait être de mettre fin à ces projets et de relancer une nouvelle procédure dans les meilleurs délais afin de pleinement profiter des améliorations technologiques. »

« Le candidat (serait) indemnisé de l’ensemble de ses dépenses engagées. »

A Saint-Brieuc, un tarif de rachat de l’électricité de 200 € / MWh hors raccordement, garanti et indexé pendant 20 ans

Alors que le prix de marché de l’électricité évolue autour de 40 € /MWh, et qu’à l’étranger, les tarifs de rachat de l’électricité produite s’échelonnent de 62 à 80 € ! Par exemple, les parcs belges Seastar et Mermaid, à 40 km de la côte, seront mis en service en 2020, avec des éoliennes Siemens, et un tarif de rachat de 79€ /MWh pendant 16 ans, contre 200 € /MWh pendant 20 ans pour les projets français.

Le Président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), Jean-François Carenco, avait déclaré le 18 octobre 2017, lors d’une conférence organisée par Equilibre des énergies : « Le soutien total aux six parcs éoliens en mer représente 40,7 milliards d’euros sur vingt ans, pour une capacité de 3 GW. Cette somme pourrait financer 60 GW de solaire ou 40/48ème du Grand carénage d’EDF. »

Sans création d’une filière industrielle, sans création d’emplois, le promoteur est espagnol, les éoliennes allemandes, les emplois se réduisent à 40

Ailes Marines s’était engagé à bâtir une filière industrielle en France. Il annonce en 2012 « 2000 emplois dans le Grand-Ouest dont 1000 emplois en Bretagne » « (…) Ils seront créés pendant le quinquennat » assure Emmanuel Rollin, directeur d’Ailes Marines, à Jean-Yves Le Drian, ministre et président de la Région, le 30 mai 2012. « Le projet prévoit un investissement de 2 milliards d’euros avec à la clé 2000 emplois dans le Grand-Ouest, dont 1000 en Bretagne. » réitère Emmanuel Rollin au Télégramme le 11 décembre 2012.

En 2013, un communiqué d’Ailes Marine (4 septembre 2013) précise « Les opérations de suivi de production et de maintenance permettront la création de 140 emplois directs pérennes dans les Côtes d’Armor : 100 techniciens chargés des opérations de maintenance ; 20 marins chargés de transporter le personnel de maintenance et le matériel, 20 superviseurs chargés du suivi de production. » Ailes marines indique également prévoir de confier la construction des trois navires de maintenance à des chantiers navals français.

Qu’en est-il en 2018 ? 40 emplois, selon les chiffres indiqués par Ailes Marines dans le dossier présenté pendant l’enquête publique.

LIRE l’amendement proposé http://www.senat.fr/amendements/2017-2018/330/Amdt_53.html

LIRE l’article des Echos https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0301413652049-eolien-en-mer-le-gouvernement-veut-renegocier-les-appels-doffres-2159941.php

La « machine à ne pas faire » d’Ailes Marines

« On a parfois l’impression de faire face à une machine à ne pas faire. » (…) « Il faut absolument une simplification au niveau administratif si on veut vraiment développer ce type d’énergie et ne pas laisser passer le développement de la filière, ne pas laisser les autres pays prendre un avantage qui soit ensuite irrattrapable pour la France. » déclare Emmanuel Rollin, directeur d’Ailes Marines à l’antenne de France2.

La réalité ? Ailes Marines rame depuis 2012 pour concrétiser un projet mal ficelé depuis le départ

⛔  Avril 2014 : Ailes Marines tente (et échoue grâce aux pêcheurs) d’imposer des fondations gravitaires alors qu’il a gagné l’appel d’offres en s’engageant sur des fondations jackets.

⛔  Juillet 2014 : Pour faire des économies d’échelle, Ailes Marines remplace les 100 éoliennes Areva 5 MW de sa réponse à l’appel d’offres par 62 éoliennes Adwen 8MW pas même à l’état de prototype à cette date et définitivement abandonnées aujourd’hui.

⛔  Avril 2017 : Ailes Marines demande une autorisation de carottages (pour calibrer les fondations des éoliennes) de 2 mois et demi, du 15 juin au 30 août 2017. Les pêcheurs permettent un mois supplémentaire. On apprendra en décembre 2017 qu’Ailes Marines n’a réussi à faire que 30% des carottages prévus en 3 mois et demi !

⛔  Septembre 2017 : SIEMENS-GAMESA contraint Ailes Marines à abandonner l’éolienne Adwen 8MW et à choisir l’éolienne allemande SIEMENS 8MW.

⛔  Octobre 2017 : Ailes Marines qui annonçait depuis 2012, 140 emplois pérennes à la base de maintenance informe qu’il s’agira en fait de 40 emplois !

⛔  Décembre 2017 : Ailes Marines abandonne les fondations quadripodes pour des fondations tripodes et augmente la profondeur des forages prévus, jusqu’à 61m, 58m en moyenne

⛔  Janvier 2018 : On apprend que compte tenu de la déclivité importante des fonds marins de la baie de Saint-Brieuc, et de leur irrégularité (alternance de roches et de sédiments, pas une fondation ne sera identique ! Est-ce cela le développement industriel de la filière évoqué par le directeur d’Ailes Marines ?

⛔  Février 2018 : Ailes Marines annonce la reprise des 70% de carottages restants pour définir les fondations de chaque éolienne. Emmanuel Rollin programme la campagne de carottages à partir du 6 mars sans se soucier de la saison de pêche qui bat son plein.