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Eolien offshore Saint-Brieuc. Annulation de l’arrêté approuvant la convention d’utilisation du domaine public maritime accordée pour 40 ans au promoteur Ailes Marines

La cour administrative d’appel de Nantes a décidé mardi 3 avril 2018, d’annuler l’arrêté du 18 avril 2017 par lequel le préfet des Côtes d’Armor a approuvé la convention de concession d’utilisation du domaine public maritime au large de Saint-Brieuc conclue le 18 avril 2017, pour une durée de quarante ans, entre l’Etat et la société Ailes marines.

« Considérant qu’aux termes de l’article R. 2124-56 du code général de la propriété des personnes publiques : « Les avis conformes du préfet maritime ou du délégué du Gouvernement pour l’action de l’Etat en mer et de l’autorité militaire compétente doivent être demandés pour les autorisations relatives à la formation d’établissement de quelque nature que ce soit sur la mer ou sur ses rivages/ L’autorité militaire compétente est, en métropole, le commandant de zone maritime et, outre-mer, l’officier général commandant supérieur des forces armées » ; que les associations invoquent l’incompétence du signataire de l’avis conforme émis le 8 avril 2016, sur le fondement de ces dispositions, par le capitaine de vaisseau Jean-Louis Fournier, agissant « au nom du commandant de la zone maritime de la Manche et de la mer du Nord »

Délibéré après l’audience du 16 mars 2018, lu en audience publique, le 3 avril 2018 :

« Article 4 : L’arrêté du 18 avril 2017 par lequel le préfet des Côtes d’Armor a approuvé la convention de concession d’utilisation du domaine public maritime au large de Saint-Brieuc conclue le 18 avril 2017, pour une durée de quarante ans, entre l’Etat et la société Ailes marines, est annulé. »

« Article 6 : Les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative par les requérants et par la société Ailes Marines sont rejetées. »

C’est une première victoire, mais tous nos moyens relatifs à l’environnement, protection de la biodiversité des fonds benthiques, préservation de la qualité de l’eau, maintien de la ressource halieutique, protection des migrations vers la réserve ornithologique de la baie (la plus grande de Bretagne), ont été rejetés, pas sur le fond, mais parce que tout aurait été étudié et contrôlé sérieusement, par le promoteur Ailes Marines et par l’Autorité environnementale. Il est permis d’avoir des doutes quand on sait que la France est le seul pays européen où le promoteur réalise les études d’impact environnemental du projet, choisit les cabinet d’études, les méthodologies, et … publie les résultats.
Dans les autres pays européens, l’Etat réalise des études d’impact environnemental sur plusieurs sites possibles, choisit un site en fonction des résultats de ces études, puis lance un appel d’offres. En France, le choix du site précède les études d’impact environnemental.

Autre bonne nouvelle, la cour a considéré que le patron de l’Intrépide, Monsieur Julien Tréhorel, marin-pêcheur professionnel qui s’est associé aux conclusions et moyens soutenus par Gardez les Caps tenait « de sa qualité de pêcheur professionnel un intérêt à défendre la vocation piscicole de la zone concédée ; qu’il justifie ainsi, eu égard à la nature et à l’objet du litige, d’un intérêt suffisant à intervenir à la présente instance. »

Tenons le cap, la bataille n’est pas terminée !

L’équipe de Gardez les Caps remercie ses avocats et tous ses adhérents et sympathisants dont la générosité a permis cette première victoire

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Gardez les Caps SIEMENS-1

Eolien en baie de St-Brieuc. Combien d’années de chantier en réalité ? 3 années de chantier pour l’implantation, et ensuite ? Combien d’années encore, sans compter le démantèlement ?

A London Array, à peine 5 ans après leur mise en service, les 175 éoliennes SIEMENS-GAMESA ont déjà besoin d’être réparées ! Idem pour West of Duddon Sands ! 3 années de travaux supplémentaires !

15 mars 2018. Les propriétaires du complexe éolien London Array, 175 éoliennes au large du Kent, la plus grande centrale éolienne offshore du monde, et des 108 éoliennes de West of Duddon Sands, au large de Cumbria, viennent de demander l’autorisation de procéder à des réparations urgentes.

Kentish Flats © DEME

Kentish Flats © DEME

https://www.thetimes.co.uk/article/london-array-offshore-wind-turbines-near-kent-wearing-too-fast-qdv76g7cm

Les gouttes de pluie en mer du Nord 

Le London Array a été achevé en 2013, et Duddon Sands un an plus tard, 2014. Les deux parcs utilisent des éoliennes fabriquées par SIEMENS-GAMESA qui admet que le bord d’attaque des pales – la partie qui coupe l’air lorsque la turbine tourne – s’érode beaucoup plus vite que prévu sur certaines machines. Un porte-parole a déclaré que divers facteurs, y compris la « vitesse du vent, la configuration du rotor, la quantité de pluie, et même la taille des gouttes de pluie » étaient considérés à l’origine du problème.

La faible longévité des structures était déjà connue

Après avoir soutenu leur construction avec de généreuses subventions à l’énergie renouvelable pour aider à atteindre les objectifs du changement climatique, le Royaume-Uni compte plus de parcs éoliens offshore que tout autre pays. Plus de 1600 éoliennes sont en activité dans les eaux britanniques, mais depuis longtemps, les critiques remettent en question leur fiabilité dans les conditions difficiles du large.

A Saint-Brieuc, le diamètre du rotor des éoliennes SIEMENS-GAMESA est de 170 mètres. En bout de pales, la vitesse atteinte est de 340 km/h. Au bout de combien d’années faudra-t-il changer les pales ?

Si le problème avec les éoliennes SIEMENS-GAMESA se révèle symptomatique d’un problème plus vaste, il pourrait compromettre l’économie de la construction éolienne. Le type d’éolienne impliqué possède des pales couvrant un diamètre de 120 mètres. Lors de leur installation, ces pales étaient parmi les plus grandes utilisées en mer. En bout de ces pales géantes, la vitesse est plus rapide que dans les modèles plus petits et plus anciens, ce qui peut avoir contribué à l’érosion rapide.

950 pales à changer !

SIEMENS-GAMESA a déclaré avoir installé plus de 950 exemplaires du modèle concerné dans le monde, mais n’a pas été en mesure de confirmer le chiffre au Royaume-Uni. Orsted, la société danoise copropriétaire de London Array et de West of Duddon Sands, a indiqué que quatre autres parcs éoliens utilisant les mêmes turbines seraient concernés. Des éoliennes beaucoup plus grandes sont en cours d’installation, mais SIEMENS-GAMESA a déclaré qu’elles ne devraient pas être affectées, car le risque d’érosion des bords des pales a été identifié en 2014, et depuis, toutes les machines installées ont bénéficié d’une protection supplémentaire.

Des pales à démonter, des années de travaux

SIEMENS-GAMESA a annoncé effectuer des « mises à niveau de performance ». Les pales concernées ont été fabriquées au Danemark avec de la fibre de verre et du balsa. La réparation consiste à coller une coque en caoutchouc de 3 mm sur les zones endommagées. Les pales sont susceptibles d’être démontées pour effectuer les réparations. Les travaux sur les deux parcs éoliens devraient débuter le mois prochain et durer de un à trois ans. Les compagnies ont refusé de divulguer les coûts des réparations, qui devraient s’étendre à des dizaines de millions de livres. Elles ont déclaré que les consommateurs ne seraient pas confrontés aux coûts.

John Constable, un critique de longue date du coût des parcs éoliens qui écrit pour le Global Warming Policy Forum climat-sceptique, a déclaré: « Si cela fait partie d’un phénomène général, alors les implications pour la viabilité économique de l’énergie éolienne en général sont très sérieux. »

Un porte-parole d’Orsted a déclaré que le problème n’entraînerait aucun « impact notable sur la production continue d’électricité propre et verte. »

« Le projet d’Ailes Marines est déjà périmé »

Interview de Loïk Le Floch-Prigent, ex-PDG d’Elf, ingénieur et conseiller en énergie par Ouest France

Ane Kiesel, Deux questions à …

Vous critiquez le projet d’éoliennes en baie de Saint-Brieuc, porté par Ailes Marines. Pourquoi ?

C’est un projet mal ficelé. L’idée de départ était de bâtir une industrie française de l’éolien. Mais Areva est devenu Siemens, qui est allemand. Et Alstom est devenu General Electric, qui est américain. Ce n’est plus de la technique française.

De plus, quand je vois l’endroit où les éoliennes vont être implantées, je suis horrifié.

Expliquez-vous…

Le futur est aux éoliennes flottantes, loin en mer, qu’on n’a pas besoin d’agripper au sol. Le projet d’Ailes Marines est déjà un projet périmé. Il est beaucoup trop près de la côte, trop proche du cap Fréhel. En tant qu’industriel, j’affirme que ce projet n’a plus de sens aujourd’hui. Actuellement, on fabrique du courant au prix du marché, à 40 € ou 50 € du kWh. Avec Ailes Marines, c’est 200 € à 250 € du kWh.

Je n’ai rien contre le fait de prendre l’énergie du vent ou du soleil. Mais ici, c’est de l’éolien du passé.

https://www.ouest-france.fr/bretagne/cotes-d-armor/le-projet-d-ailes-marines-est-deja-perime-5613563

Eolien en mer. Le Sénat plombe les Français de 40 milliards d’euros

FED_400LOGO PULSEGardez les Caps

 

 

15 mars 2018

L’été dernier, la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) avait pointé du doigt le montant de la subvention publique accordée aux premiers parcs éoliens offshore : 40,7 milliards d’euros sur la durée de vie totale des contrats (vingt ans), pour une puissance de 3.000 mégawatts.

Pour tenter de sortir du piège, l’exécutif a déposé un amendement au Sénat qui fixait le cadre d’une renégociation, voire d’une annulation des six projets de parcs éoliens offshore.

L’amendement du gouvernement vient d’être refusé par la haute assemblée emmenée par une poignée de sénateurs de l’opposition inféodés au lobby éolien dont le président du groupe Républicain Bruneau Retailleau.

En agissant ainsi, ces élus ont réussi à taxer les consommateurs français d’électricité d’un montant de 40 milliards d’euros, soit à titre de comparaison, 6 fois le budget annuel de la justice de la France.

L’impuissance apparente et provisoire de l’Etat montre qu’aujourd’hui, les multinationales du vent qui contrôlaient déjà le territoire avec l’éolien terrestre, ont aussi le pouvoir du littoral avec l’éolien offshore, grâce à un système financier subventionné pervers mis en place en 2001, et qui depuis déjà 17 ans ruine les consommateurs d’électricité.

La Fédération Environnement Durable demande au Gouvernement d’Emmanuel Macron de faire le nécessaire pour que l’avenir énergétique de la France reprenne le pas sur une somme d’intérêt privés qui n’ont plus rien à voir avec l’intérêt général.

Gardez les Caps SIEMENS-1

Le vent l’emportera

Logo Robin des Bois

13 mars 2018

Depuis 7 ans, un vent de folie souffle sur les côtes de l’Atlantique et de la Manche. La mer est vendue à la découpe comme un quartier de bœuf et les industriels français et européens alléchés par l’aubaine et adeptes du gigantisme ont répondu à des appels d’offres mirifiques.

Les risques techniques, financiers, écologiques, maritimes de cette fulgurante industrialisation de la mer sont négligés.

Les oiseaux, les dauphins, les poissons, les fonds marins ne manifestent pas. Le 18 mars 2015, pour se faire l’interprète du silence de la mer, Robin des Bois au nom de 19 associations et fédérations a écrit à 4 Ministres, 2 Secrétaires d’Etat, au Président du Sénat et au Président de l’Assemblée Nationale (voir pièce-jointe). Rien n’est venu, il a fallu attendre 3 ans pour obtenir une réponse à travers l’amendement déposé le 8 mars 2018 par le nouveau gouvernement dans le projet de loi « Etat au service d’une société de confiance ». Cet amendement ouvre la voie à l’annulation des 6 appels d’offres attribués entre l’Ile d’Yeu en Vendée jusqu’au Tréport en Seine-Maritime.

Notre courrier du 18 mars 2015 n’a pas pris une ride et il est exhaustif. Par contre en 3 ans, les projets se sont enlisés et sont aujourd’hui financièrement dans le rouge. Aucune décision d’investissement n’a été prise. La bulle des méga projets offshore éoliens est sur le point de crever.

Pour remporter une compétition ou être le leader dans une filière énergétique, il convient dans certains cas de ralentir, de regarder ce qui se passe et si nécessaire de changer de stratégie.

En conséquence, l’amendement présenté par le gouvernement doit être maintenu et approuvé par le Sénat et l’Assemblée Nationale.

ROBIN DES BOIS, Association de protection de l’Homme et de l’environnement depuis 1985  http://www.robindesbois.org

LIRE la lettre ouverte collective du 18 mars 2015  http://gardezlescaps.org/wp-content/uploads/2014/10/2015-03-18-Lettre-e%CC%81olien-offshore-Robin-des-Bois.pdf

LIRE la Tribune de Robin des Bois dans Le Marin daté du 21 octobre 2015 http://www.robindesbois.org/wp-content/uploads/Tribune-Le-Marin-RobindesBois-2015.pdf

LIRE notre courrier à Nicolas Hulot du 21 octobre 2017 TOUJOURS SANS REPONSE  http://gardezlescaps.org/wp-content/uploads/2013/09/Lettre-a%CC%80-Nicolas-Hulot-22-octobre-2017-1.pdf

Ailes Marines. Vers l’annulation du projet éolien en baie de Saint-Brieuc ?

acc_logoLe 9 mars 2018, le gouvernement français a déposé au Sénat un amendement qui, par décret, pourrait mettre fin aux projets d’éolien industriel en mer attribués en 2012 et 2014.

« En 2011 et 2013, l’Etat a lancé deux procédures de mise en concurrence pour désigner des candidats pour construire et exploiter six installations d’éoliennes en mer. A ce jour, aucun contrat d’obligation d’achat n’a été signé et aucune de ces installations n’est construite. Le tarif accordé à ces installations est très élevé et ne correspond plus aux prix actuels de l’éolien en mer, entrainant des rémunérations excessives pour les candidats retenus. »

« Les prix des parcs éolien en mer ayant fortement baissé, l’État cherche à réduire le coût de soutien public des projets. (…) Si la renégociation des contrats n’était pas possible, une des options pourrait être de mettre fin à ces projets et de relancer une nouvelle procédure dans les meilleurs délais afin de pleinement profiter des améliorations technologiques. »

« Le candidat (serait) indemnisé de l’ensemble de ses dépenses engagées. »

A Saint-Brieuc, un tarif de rachat de l’électricité de 200 € / MWh hors raccordement, garanti et indexé pendant 20 ans

Alors que le prix de marché de l’électricité évolue autour de 40 € /MWh, et qu’à l’étranger, les tarifs de rachat de l’électricité produite s’échelonnent de 62 à 80 € ! Par exemple, les parcs belges Seastar et Mermaid, à 40 km de la côte, seront mis en service en 2020, avec des éoliennes Siemens, et un tarif de rachat de 79€ /MWh pendant 16 ans, contre 200 € /MWh pendant 20 ans pour les projets français.

Le Président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), Jean-François Carenco, avait déclaré le 18 octobre 2017, lors d’une conférence organisée par Equilibre des énergies : « Le soutien total aux six parcs éoliens en mer représente 40,7 milliards d’euros sur vingt ans, pour une capacité de 3 GW. Cette somme pourrait financer 60 GW de solaire ou 40/48ème du Grand carénage d’EDF. »

Sans création d’une filière industrielle, sans création d’emplois, le promoteur est espagnol, les éoliennes allemandes, les emplois se réduisent à 40

Ailes Marines s’était engagé à bâtir une filière industrielle en France. Il annonce en 2012 « 2000 emplois dans le Grand-Ouest dont 1000 emplois en Bretagne » « (…) Ils seront créés pendant le quinquennat » assure Emmanuel Rollin, directeur d’Ailes Marines, à Jean-Yves Le Drian, ministre et président de la Région, le 30 mai 2012. « Le projet prévoit un investissement de 2 milliards d’euros avec à la clé 2000 emplois dans le Grand-Ouest, dont 1000 en Bretagne. » réitère Emmanuel Rollin au Télégramme le 11 décembre 2012.

En 2013, un communiqué d’Ailes Marine (4 septembre 2013) précise « Les opérations de suivi de production et de maintenance permettront la création de 140 emplois directs pérennes dans les Côtes d’Armor : 100 techniciens chargés des opérations de maintenance ; 20 marins chargés de transporter le personnel de maintenance et le matériel, 20 superviseurs chargés du suivi de production. » Ailes marines indique également prévoir de confier la construction des trois navires de maintenance à des chantiers navals français.

Qu’en est-il en 2018 ? 40 emplois, selon les chiffres indiqués par Ailes Marines dans le dossier présenté pendant l’enquête publique.

LIRE l’amendement proposé http://www.senat.fr/amendements/2017-2018/330/Amdt_53.html

LIRE l’article des Echos https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0301413652049-eolien-en-mer-le-gouvernement-veut-renegocier-les-appels-doffres-2159941.php

La « machine à ne pas faire » d’Ailes Marines

« On a parfois l’impression de faire face à une machine à ne pas faire. » (…) « Il faut absolument une simplification au niveau administratif si on veut vraiment développer ce type d’énergie et ne pas laisser passer le développement de la filière, ne pas laisser les autres pays prendre un avantage qui soit ensuite irrattrapable pour la France. » déclare Emmanuel Rollin, directeur d’Ailes Marines à l’antenne de France2.

La réalité ? Ailes Marines rame depuis 2012 pour concrétiser un projet mal ficelé depuis le départ

⛔  Avril 2014 : Ailes Marines tente (et échoue grâce aux pêcheurs) d’imposer des fondations gravitaires alors qu’il a gagné l’appel d’offres en s’engageant sur des fondations jackets.

⛔  Juillet 2014 : Pour faire des économies d’échelle, Ailes Marines remplace les 100 éoliennes Areva 5 MW de sa réponse à l’appel d’offres par 62 éoliennes Adwen 8MW pas même à l’état de prototype à cette date et définitivement abandonnées aujourd’hui.

⛔  Avril 2017 : Ailes Marines demande une autorisation de carottages (pour calibrer les fondations des éoliennes) de 2 mois et demi, du 15 juin au 30 août 2017. Les pêcheurs permettent un mois supplémentaire. On apprendra en décembre 2017 qu’Ailes Marines n’a réussi à faire que 30% des carottages prévus en 3 mois et demi !

⛔  Septembre 2017 : SIEMENS-GAMESA contraint Ailes Marines à abandonner l’éolienne Adwen 8MW et à choisir l’éolienne allemande SIEMENS 8MW.

⛔  Octobre 2017 : Ailes Marines qui annonçait depuis 2012, 140 emplois pérennes à la base de maintenance informe qu’il s’agira en fait de 40 emplois !

⛔  Décembre 2017 : Ailes Marines abandonne les fondations quadripodes pour des fondations tripodes et augmente la profondeur des forages prévus, jusqu’à 61m, 58m en moyenne

⛔  Janvier 2018 : On apprend que compte tenu de la déclivité importante des fonds marins de la baie de Saint-Brieuc, et de leur irrégularité (alternance de roches et de sédiments, pas une fondation ne sera identique ! Est-ce cela le développement industriel de la filière évoqué par le directeur d’Ailes Marines ?

⛔  Février 2018 : Ailes Marines annonce la reprise des 70% de carottages restants pour définir les fondations de chaque éolienne. Emmanuel Rollin programme la campagne de carottages à partir du 6 mars sans se soucier de la saison de pêche qui bat son plein.

En pleine saison de pêche, Ailes Marines impose aux pêcheurs une campagne de carottages dans le gisement de coquilles Saint-Jacques de la baie de St-Brieuc

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le Gargano (72 m x 16 m)

Le 2 mars, le préfet maritime de l’Atlantique a publié un arrêté réglementant à partir du 6 mars, la navigation, le stationnement, le mouillage, la pêche, la baignade et la plongée sous-marine sur le gisement de coquilles Saint-Jacques du Banc du large, afin de permettre au navire Gargano de reprendre les carottages dans les fonds marins qu’il n’avait pas réussi à faire en 2017. Il n’y a pas d’indication de la fin de cette réglementation.

Une décision incompréhensible en saison de pêche. Sans concertation et sans considération des activités économiques existantes, Ailes Marines et l’Etat passent en force en privatisant une zone de pêche productive et gérée durablement.

marinetraffic.com 2018-03-03 à 11.22.45

marinetraffic.com 2018-03-03 à 11.22.45

Le Gargano fait déjà route vers la baie de Saint-Brieuc.

 

Annexe I à l'arrêté du 2 mars 2018

LIRE le communiqué des comités des pêches des Côtes d’Armor et d’Ile et Vilaine  http://cdpmem22.fr/images/upload/actualite_eolien/geotechnique/CP-2018-03-01-eolien_baie_sb.pdf

LIRE l’arrêté du Préfet https://www.premar-atlantique.gouv.fr/plan-site.html?frame=download-arretes.php&fichier=1469
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Dieppe-Le Tréport. Détruire ici pour réparer ailleurs ? Comment l’Agence Française pour la Biodiversité encourage l’artificialisation du littoral et la ruine de la pêche côtière

Un tiers du projet d’éolien industriel de Dieppe-Le Tréport (62 éoliennes SIEMENS à 15,5 km de la côte) se trouvant dans le Parc Naturel Marin des Estuaires Picards et de la Mer d’Opale, le Conseil de Gestion du parc a du se prononcer sur l’impact de ce projet sur le milieu marin. Compte tenu de l’importance des impacts négatifs sur la biodiversité, le Conseil de Gestion du parc a rejeté le projet par un vote défavorable du 20 octobre 2017.

Le 20 février 2018, en dépit du vote des experts du parc marin et au mépris de leur connaissance du milieu et des études réalisées depuis des années, le conseil d’administration de l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB) qui dépend du ministère de Nicolas Hulot, a désavoué ce vote défavorable en publiant un avis conforme favorable.

Olivier Becquet

Olivier Becquet

REACTION d’OLIVIER BECQUET, Président de la commission environnement au comité régional des pêches de Normandie et Directeur de la Coopérative de Pêche du Tréport (CAPA), interviewé par Julien Sellier sur RTL le 21 février 2018.

« On n’a aucune information sur la composition du Conseil qui a voté favorablement à la demande du promoteur de mettre en place ce parc ». Ce qui alimente les interrogations, c’est le financement que va toucher l’Agence Française pour la Biodiversité.

« Le 9 novembre (2017), il a été voté que l’AFB percevrait 5% de plus sur l’enveloppe des compensations destinées à ce projet, aux 5% qu’elle avait déjà acquis initialement. »

Soit, 10%, soit huit millions d’euros pour l’AFB. En validant le projet du promoteur industriel Engie l’Agence Française pour la Biodiversité, va toucher huit millions d’euros. « On peut facilement imaginer que ça motive à renier la biologie marine ».

ChalutierLe comité régional des pêches maritimes de Normandie dénonce la primauté donnée à l’argument socio-économique sur un projet européen au détriment de l’économie d’un territoire. « Est-ce qu’on parle de la biodiversité ou de la finance que ces chantiers peuvent apporter à certaines ONG ? »

A la suite de l’annonce de cet avis favorable de l’AFB, cinq membres sur neuf du bureau du Parc naturel marin ont donné leur démission.

Comme le souligne le communiqué de la ville de Dieppe, « cette décision de l’AFB n’oblige en rien le gouvernement qui peut encore choisir de modifier le projet. »

Il aura fallu trois semaines seulement pour que le projet éolien jumeau du Touquet soit annulé à l’occasion d’une visite de Nicolas Hulot. Mais le gouvernement s’acharne à maintenir celui de Dieppe-Le Tréport auquel s’opposent depuis plus de douze ans, marins pêcheurs, élus, population du littoral et experts environnementaux du parc marin.

ECOUTER l’interview d’Olivier Becquet

 

LIRE le communiqué de la ville de Dieppe  https://www.dieppe.fr/actualite_generale

Le Tréport

Projet éolien Dieppe-Le Tréport

Communiqué Dieppe 20 février 2018

Les paysages naturels sont indispensables à notre bien-être

Avis rendu par la DREAL Bretagne au sujet du projet d’éolien industriel dans la baie de Saint-Brieuc. Extrait.

« Les Côtes d’Armor constituent un joyau par son patrimoine paysager littoral associé à l’immensité de la mer.
Le parc éolien en mer de la Baie de Saint-Brieuc aura, de par ses dimensions et son implantation en pleine mer et au centre de la baie (ce qui le rend visible de nombreux points de
SIEMENS StBrieucla côte), un impact paysager affirmé.

Le parc devancera la ligne d’horizon sur laquelle le regard se pose. Il occupera cet horizon de manière différente suivant où l’observateur se situe mais dans tous les cas, l’horizon maritime ne sera plus un horizon infini, une limite y sera posée.
En..dégradant..la perception de nature,
le..cheminement..de..la pensée..auquel..l’horizon vierge invite, la présence
du..parc..impactera fortement le paysage. »

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« La question de savoir ce qui dans l’œuvre de l’homme sert à embellir ou bien contribueElisée Reclus par Nadarà dégrader la nature extérieure peut sembler futile à des esprits soi-disant positifs : elle n’en a pas moins une importance de premier ordre. Les développements de l’humanité se lient de la manière la plus intime avec la nature environnante. Une harmonie secrète s’établit entre la terre et les peuples qu’elle nourrit, et quand les sociétés imprudentes se permettent de porter la main sur ce qui fait la beauté de leur domaine, elles finissent toujours par s’en repentir. Là où le sol s’est enlaidi, là où toute poésie a disparu du paysage, les imaginations s’éteignent, les esprits s’appauvrissent, la routine et la servilité s’emparent des âmes et les disposent à la torpeur et à la mort. »

Élisée Reclus, Du sentiment de la nature dans les sociétés modernes,1866
Photo : Elisée Reclus par Nadar