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Vers la fin des contrevérités sur l’énergie éolienne ?

Erquy, retour de pêche à la Saint-Jacques, 2 novembre 2017

Erquy, baie de Saint-Brieuc, retour de pêche à la Saint-Jacques le 2 novembre 2017

Questions au Gouvernement – M. Emmanuel Maquet à M. Nicolas Hulot, séance du 25 octobre 2017

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Développement de l’énergie éolienne

70   Debut de section – François de Rugy, président

La parole est à M. Emmanuel Maquet, pour le groupe Les Républicains.  Laisser un commentaire

70-1   Debut de section – Emmanuel Maquet

Ma question s’adresse à M. le ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire. Pour atteindre l’objectif d’une proportion d’énergies renouvelables dans le mix énergétique de 32 %, nous sommes placés dans l’obligation de diversifier nos sources d’énergie. Le développement de l’énergie éolienne est donc un enjeu majeur dont nous devons nous saisir pleinement et surtout intelligemment.

Depuis plus de dix ans, les projets se sont multipliés hors de toute cohérence territoriale, sans concertation avec les acteurs locaux et sans la considération que méritent les habitants. La presse relaie de plus en plus les nuisances que subissent les riverains.

Certains citoyens du département de la Somme, premier de France pour le nombre d’éoliennes installées, se sentent lésés par les profits qu’en tirent les opérateurs et s’inquiètent de leurs conséquences sur la qualité des paysages. Monsieur le ministre, votre action se veut volontariste, mais à force de négliger l’avis de nos concitoyens, vous suscitez un rejet en bloc de l’énergie éolienne !

La France, deuxième puissance maritime du monde, doit jouer un rôle pionnier en matière d’éolien en mer. Pourtant, l’absence de dialogue vous a mené à l’échec. Rendez-vous compte : au large de la baie de Somme, un projet industriel offshore de soixante-deux éoliennes de 210 mètres de haut a été envisagé, pour des raisons incompréhensibles, au beau milieu d’une zone de pêche et au coeur du parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale.

Naturellement, je m’y suis fermement opposé, et tous les élus et professionnels de la pêche avec moi, compte tenu de ses impacts sur la biodiversité et sur les ressources cynégétiques et halieutiques.   Laisser un commentaire

70-2   Debut de section – Éric Straumann

Très bien !  Laisser un commentaire

70-1   Debut de section – Emmanuel Maquet

Il en est résulté le rejet du projet par le conseil de gestion du parc naturel marin, le 20 octobre dernier. Vos représentants à l’Agence française pour la biodiversité suivront-ils cet avis ? Monsieur le ministre, partout en France, le degré d’acceptabilité est atteint. Envisagez-vous d’encadrer le développement de l’éolien en écoutant enfin les habitants ?  Laisser un commentaire

Applaudissements sur les bancs du groupe LR et parmi les députés non inscrits.

70   Debut de section – François de Rugy, président

La parole est à M. le ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire.  Laisser un commentaire

Debut de section – Nicolas Hulot, ministre d’état, ministre de la transition écologique et solidaire

D’emblée, je ne puis vous donner tort, monsieur Maquet.   Laisser un commentaire

70-3   Debut de section – Fabien Di Filippo

Merci !  Laisser un commentaire

70-4   Debut de section – Erwan Balanant

Voilà !  Laisser un commentaire

70-5   Debut de section – Bérengère Poletti

Enfin !  Laisser un commentaire

Debut de section – Nicolas Hulot, ministre d’état, ministre de la transition écologique et solidaire

Pour l’heure, nous ne sommes pas très bons. Il faudra engager une concertation qui devra associer à la pédagogie une vision de ce que doit être le modèle énergétique dans vingt, trente ou quarante ans. Je ne suis pas certain que nos concitoyens aient une vision claire ni surtout le sentiment de la cohérence de la façon dont nous voulons avancer. Chacun est favorable à la transition énergétique, mais la moindre installation d’une centrale nucléaire ou thermique, d’une éolienne ou de panneaux solaires, suscite une forme de réserve.   Laisser un commentaire

70-6   Debut de section – Justine Benin

Très bien !  Laisser un commentaire

70-2   Debut de section – Éric Straumann

Conservez déjà les centrales qui existent !  Laisser un commentaire

Debut de section – Nicolas Hulot, ministre d’état, ministre de la transition écologique et solidaire

À un moment donné, il faudra déterminer où nous voulons aller. L’éolien en mer réussit de l’autre côté de la Manche mais pas chez nous. Peut-être faut-il en tirer des enseignements.

Quoi qu’il en soit, j’ai bien conscience des difficultés. Si nous voulons réussir la transition énergétique, il faudra y associer les citoyens d’une manière ou d’une autre, et non procéder de manière autoritaire. S’il faut être à l’écoute des réserves exprimées, il faut aussi que chacun adopte une certaine ouverture d’esprit.   Laisser un commentaire

70-1   Debut de section – Emmanuel Maquet

Ce n’est pas rassurant ! Laisser un commentaire

70-3   Debut de section – Fabien Di Filippo

Inquiétant, même !  Laisser un commentaire

Debut de section – Nicolas Hulot, ministre d’état, ministre de la transition écologique et solidaire

C’est pourquoi j’ai inauguré une démarche de réflexion sur la simplification des procédures et des méthodes de développement des énergies renouvelables, notamment par la mise en place d’un groupe de travail animé par Sébastien Lecornu.   Laisser un commentaire

« Ah ! » sur les bancs du groupe LR.

70-7   Debut de section – Raphaël Schellenberger

Encore du vent !  Laisser un commentaire

Debut de section – Nicolas Hulot, ministre d’état, ministre de la transition écologique et solidaire

Non, ce n’est pas du vent – dont nous aurons d’ailleurs besoin pour faire tourner nos éoliennes !  Laisser un commentaire

Applaudissements sur les bancs des groupes REM et MODEM.

Debut de section – Nicolas Hulot, ministre d’état, ministre de la transition écologique et solidaire

Il s’agit, au contraire, d’aller dans votre sens, monsieur Maquet, en engageant la discussion avec toutes les parties prenantes.

S’agissant du parc éolien du Tréport, j’ai entendu votre réaction. L’Agence française de la biodiversité est indépendante et prendra sa décision. Quant à moi, j’examinerai les raisons qui ont amené à ce rejet et nous en tirerons les conclusions.   Laisser un commentaire

Mêmes mouvements.

« Leur Avenir est Notre Avenir. Développement durable pour la faune sauvage et les Etres humains »

05-COP12-FR-Final-Logo-600pxDu 23 au 28 octobre se tient à Manille, Philippines, la 12ème Conférence des Parties à la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS COP12)

Cette 12ème conférence de la CMS met l’accent sur les services rendus aux hommes par les espèces migratrices, sources de nourriture, de médicaments, pollinisateurs et disperseurs de graines, moyens de lutte antiparasitaire. Sans oublier la richesse de notre imaginaire collectif construit autour de leurs splendides vols. http://cms.int/fr/cop12-fr

topics-energy2Préoccupée par les incidences négatives des éoliennes sur les espèces migratrices de mammifères et d’oiseaux, ainsi que sur leurs sources de nourriture et leur habitat, entre autres :

❌ la destruction ou la perturbation d’habitats permanents ou temporaires pour l’alimentation, le repos et la reproduction;

❌ l’augmentation des risques de collision pour les oiseaux en vol;

❌ la création de champs électriques et magnétiques par la connexion de câbles à haute tension ;

❌ les émissions subaquatiques de bruits et de vibrations ;

La Conférence des Parties à la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage demande aux Parties :

✅ d’identifier les zones où les espèces migratrices sont vulnérables aux éoliennes et où ces dernières devraient être évaluées pour assurer la protection des espèces migratrices;

✅ de prendre pleinement en considération le principe de précaution lors de l’installation d’éoliennes et de créer des parcs d’éoliennes en tenant compte des données sur l’impact écologique et des informations obtenues des programmes de surveillance, et en tenant compte de l’échange d’informations fournies par l’intermédiaire des processus de planification spatiale

Elle invite les organisations intergouvernementales compétentes ainsi que la Communauté européenne et le secteur privé à coopérer avec la CMS pour minimiser les incidences négatives possibles des éoliennes offshores sur les espèces migratrices.

TELECHARGER et LIRE l’intégralité de la convention CMS Convention sur les especes migratrices

©Réserve du Morbihan

Vol de Bernaches. Elles arrivent chez nous à l’automne et repartent au printemps.

Grands dauphins. La plus importante colonie d’Europe (450) vit entre les baies de Saint-Brieuc et du Mont St-Michel

Lundi 23 octobre, une cinquantaine de dauphins jouent devant les côtes de St-Quay-Portrieux

« Ce type d’observation est fréquent. Certains groupes pouvant rassembler, parfois, jusqu’à 150 individus. » commente Gaël Gautier fondateur de l’association Al Lark interrogé par Ouest France qui publie de magnifiques photos de la cinquantaine de grands dauphins photographiés par Fabrice de Langueux, lundi 23 octobre en baie de Saint-Brieuc au large de Saint-Quay-Portrieux.

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« Difficile de quantifier le nombre exact de dauphins présents. Je dirai qu’ils étaient entre 30 et 50. Je n’en avais jamais vu autant ! Au début, ils étaient un peu méfiants. Puis ensuite, ils se sont approchés du bateau, ont commencé à passer dessous, pour ressurgir de l’autre côté en faisant de ces sauts… C’était un spectacle magnifique ! »

https://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-brieuc-22000/un-ballet-de-grands-dauphins-observe-dans-la-baie-de-saint-brieuc-5335253

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Monsieur Hulot, Monsieur le ministre de la Transition écologique et solidaire, pourquoi planter une centrale électrique sur les fonds benthiques de la baie de Saint-Brieuc si une centrale à gaz est construite à Landivisiau ?

Faute de vents constants, le développement éolien est inefficace en Bretagne

La Bretagne est bien connue pour ses vents tournants et instables se démarquant des vents forts et réguliers de la mer du Nord. La densification éolienne de la Bretagne se poursuit néanmoins à un rythme soutenu, à terre comme en mer avec un projet de méga-complexe éolien de 496 MW devant les caps d’Erquy et Fréhel qui a été autorisé par le Préfet des Côtes d’Armor trois jours avant les élections présidentielles.

On remarquera qu’avec une production moyenne de 19%, la puissance éolienne installée en Bretagne a augmenté de +6,8% en 2016 pour une production d’électricité éolienne qui a baissé de -10,6% (Bilan électrique annuel de RTE).

… « les autorités françaises notent que (…) la gestion de l’intermittence constitue donc un enjeu croissant en Bretagne, nécessitant de plus en plus la disponibilité de moyens flexibles tels que le CCG de Landivisiau» (Décision de la Commission européenne, 15 mai 2017)

L’inconstance du vent rend obligatoire la construction d’une centrale thermique fossile augmentant les rejets de CO2

Les énergies renouvelables intermittentes ne pouvant assurer l’équilibre de la production électrique bretonne, les pouvoirs publics sont contraints d’envisager au Nord-Ouest de la Bretagne (Landivisiau) la construction d’une centrale à gaz de puissance active garantie de 450 MW que le producteur (Consortium Direct Energie/Siemens) s’engage à être en mesure d’injecter sur le réseau pour assurer l’équilibre entre production et consommation. Il est prévu que cette centrale à gaz fossile fonctionne pendant une durée de 3 000 heures par an.

Sur cette base, on comprend que le projet éolien dans la baie de Saint-Brieuc va produire de l’électricité de façon discontinue et aléatoire 30% du temps en moyenne, et la centrale à gaz de Landivisiau 70% du temps !

Une aide de l’Etat de 800 millions d’euros 

On comprend aussi que les subventions vont se cumuler : subvention pour construire une centrale à gaz, tarif de rachat de l’électricité du projet de Saint-Brieuc quasiment 4 fois supérieur au marché et garanti pendant 20 ans, subvention pour la perte de rentabilité de la centrale à gaz de Landivisiau. L’électricité éolienne étant prioritaire sur le réseau, la centrale à gaz de Landivisiau devra s’arrêter chaque fois que le vent soufflera en baie de Saint-Brieuc puis redémarrer aussi vite qu’une mobylette à la fin du coup de vent, une perte de rentabilité qui va être subventionnée : 800 millions d’euros en 20 ans à prévoir pour Landivisiau.

« Le montant de la prime versée au titre de l’appel d’offres sera au maximum de 94 000 EUR/MW/an en valeur au 31/11/2011. La prime sera versée pour une durée de 20 ans et sera indexée pendant la durée du projet pour tenir compte de l’évolution des coûts d’exploitation et d’entretien. Le montant de la prime versée au titre de l’appel d’offres sera au maximum de 40 millions d’euros par an» (Décision de la Commission européenne, 15 mai 2017).

Cette prime publique représentera 60 % du chiffre d’affaires généré par la centrale et sera financée en partie par le marché de capacité. Or, le marché de capacité, est intégralement répercuté sur la facture d’électricité des consommateurs !

Le gaz sera importé
Dernière incongruité, le gaz sera importé, la France ne maîtrisera pas la fluctuation des tarifs, « une nouvelle canalisation de gaz de 111 km est nécessaire pour l’alimentation de la centrale. Le coût estimé de ce projet est d’environ 100 millions d’euros, qui sera préfinancé par GRTgaz (société française créée en 2005 assurant la gestion du réseau de transport de gaz en France).» (Décision de la Commission européenne, 15 mai 2017).

Deux poids deux mesures ?

Au tribunal administratif de Rennes, le rapporteur public vient de rejeter les arguments des opposants au projet de Landivisiau.

Il est légitime de s’interroger sur ce qui justifie qu’une centrale de production d’électricité de 450 MW sur terre relève du tribunal administratif de Rennes et qu’une centrale de production d’électricité de puissance équivalente en mer relève de ce qui ressemble à un tribunal d’exception, la cour d’appel administrative de Nantes, ce qui retire un échelon juridictionnel aux citoyens et associations.

LIRE l’article du TELEGRAMME http://www.letelegramme.fr/finistere/landivisiau/centrale-au-gaz-de-landivisiau-le-rapporteur-public-rejette-les-arguments-des-opposants-29-09-2017-11683173.php
« Dans un rapport très détaillé, le rapporteur public du tribunal administratif, dont l’avis est très souvent suivi par le juge, a expliqué pourquoi il considérait les demandes d’annulation des opposants comme « insuffisantes » pour faire annuler le projet.
En préambule, il déclare considérer « qu’il n’y a pas eu d’irrégularités dans l’enquête publique préalable », ni « d’insuffisance dans l’étude d’impact ».
(…)
Quant à la faune et la flore, « le projet a reçu des autorisations exceptionnelles qui lui donnent le droit de détruire deux espèces animales protégées, à condition de mettre en place des mesures d’évitement ». Selon lui, l’arrêté préfectoral n’est pas attaquable sur ce point.
L’avocat des opposants regrette, quant à lui, que « la France, d’un côté, n’hésite pas à rabrouer M. Trump parce qu’il ne signe pas l’accord de Paris et de l’autre, à implanter des centrales à gaz en dépit du bon sens ».

Nicolas Hulot va-il suspendre le projet éolien en baie de Saint-Brieuc ?

La baie de Saint-Brieuc, des panoramas maritimes époustouflants, un écosystème marin riche et singulier

Cinquième baie au monde pour l’amplitude de ses marées, la baie de Saint-Brieuc est une aire marine remarquable où la géologie a sculpté des panoramas maritimes époustouflants et des fonds marins où se sont développés des habitats naturels complexes faisant de la baie de Saint-Brieuc un haut lieu de biodiversité marine à l’échelle mondiale.

Bancs de maërl, coquilles Saint-Jacques, praires, palourdes, amandes de mer, bulots, homards, araignées, seiches, bars, soles, turbots, Saint-Pierre, barbues, …, plus de 60 espèces sont ainsi vendues sous les halles à marée d’Erquy et de Saint-Quay-Portrieux les plaçant au 3ème rang (sur 40) des halles à marée françaises en valeur marchande. Le gisement naturel de coquilles Saint-Jacques de la baie est la zone la plus productive au niveau national.

Bordé de falaises rocheuses, ce vaste espace maritime abrité du vent est aussi une mer d’accueil privilégiée pour les oiseaux marins et pour des milliers d’oiseaux migrateurs et hivernants, avec quantité de sites d’alimentation en mer. La partie sud de la baie est une réserve naturelle nationale depuis 1998, la plus grande réserve naturelle ornithologique de Bretagne, sa valeur patrimoniale est d’intérêt international. 50 000 oiseaux de 300 espèces différentes fréquentent la baie de Saint-Brieuc en hiver.

Cette richesse naturelle contribue à de multiples services écosystémiques sur le plan environnemental, économique, et social.

Dans cet espace protégé de longue date, entre deux zones Natura 2000 en mer, l’Etat veut implanter une centrale électrique de la taille de a ville de Paris

Natura 2000

Implantation au milieu des zones Natura 2000 en mer (ocre)

Pour une durée de 40 ans, une concession de 103 km2 prise sur le domaine public maritime, a été attribuée au promoteur hispano-anglais Ailes Marines (filiale d’Iberdrola et de RES) qui souhaite y construire une usine éolienne de 500 MW.

A 16 km des caps de Fréhel et d’Erquy, grands sites de France accueillant plus d’1 million de visiteurs chaque année, cette usine sera composée de 62 éoliennes de 216 mètres de haut, (plus hautes que la tour Montparnasse : 209 m), plus une station électrique en mer et une station électrique à terre (Erquy).

Pour implanter cette usine, il faudra :

256 forages en mer jusqu’à 42 mètres de profondeur. Plus de la moitié seront battus, puis forés, puis battus. Il faut 4000 battages (chocs) pour un seul pieu 3D. Chaque fondation repose sur 4 pieux. Ensuite, du béton est injecté dans les forages. Destruction des fonds, bruit, vibrations : des impacts dramatiques sur les fonds marins, les coquillages, les crustacés, les poissons, les mammifères, les oiseaux.

Les sédiments extraits des forages, 70.000 tonnes environ, seront rejetés directement dans la mer créant un nuage turbide qui asphyxiera tout ce qui est vivant.

En phase de fonctionnement :

La station électrique rejettera dans la mer en continu de l’eau à 50 degrés (200.000 litres par heure).

Chaque éolienne portera à sa base une anode sacrificielle de 20 tonnes d’aluminium, ce qui signifie que 160 kg d’aluminium seront largués chaque jour dans la mer, soit 58 400 tonnes par an. Le rejet est supérieur au seuil retenu par l’INERIS. Toute la chaîne alimentaire sera contaminée.

Le maillage de câbles sous-marins sera excessivement dense : 149 kilomètres de câbles électriques dont 50 kilomètres ne seront pas ensouillés. Les risques de croche et de collision pour les marins pêcheurs sont énormes, et d’autant plus dangereux que les ondes électromagnétiques des éoliennes brouillent les radars. L’hélitreuillage est impossible dans une zone éolienne.

Une pollution globale qui n’a rien de renouvelable

Ces 62 éoliennes contiendront 26.660 kilos de terres rares importées de Chine (la radioactivité mesurée dans les villages près de la mine d’extraction de Baotou est 32 fois supérieure à la normale, contre 14 fois à Tchernobyl), 155.000 litres d’huile de synthèse lubrifiante, 4 tonnes d’hexafluorure de souffre (le plus puissant gaz à effet de serre, 22800 fois supérieur à celui du CO2, avec une durée de vie dans l’atmosphère de 3200 ans).

70% environ de leur temps de fonctionnement, ces éoliennes seront couplées à une énergie carbonée (la centrale à gaz importé prévue à Landivisiau ?), puisqu’elles fonctionneront au mieux 30% du temps de façon irrégulière et non pilotable. Ce projet s’il était réalisé, fournirait de manière discontinue en 365 jours, à peine une journée de la consommation électrique française.

En résumé, plantée en plein coeur de la baie, une barrière industrielle polluante de la taille de la ville de Paris, un Paris qui serait bâti uniquement de tours Montparnasse.

X des tours Montparnasse en mouvement, les pales à bandes rouge/blanc/rouge des éoliennes tournent à 288 km/heure, les mâts flashent jour et nuit toutes les secondes,

X des tours Montparnasse assourdissantes, le promoteur annonce un niveau d’émission sonore de 111,7 db(A) par éolienne (= un hélicoptère).

Un projet écocide, destructeur d’emplois, autorisé par le Préfet, refusé par la population locale, dont les impacts ne sont pas maîtrisés, et dont l’extension a déjà été votée en 2016 par le Conseil régional (180 km2 préemptés)

Collectif

Modification des fonds, des courants de marée et des conditions de vent, désensablement des plages

Bruit, vibrations transmises au socle rocheux et au sable qui le recouvre, turbidité permanente dans le sillage des éoliennes, champs électromagnétiques autour des câbles électriques

Augmentation du trafic maritime, pollutions accidentelles, pollution continue à l’aluminium de toute la baie, et au-delà, de l’océan

Disparition de la mégafaune, perte d’habitat de l’avifaune, collision, barotraumatisme pour les chiroptères, barrière aux migrations des oiseaux et des poissons, etc.

Fermeture et perte de zones de pêches et de ressources pour les marins pêcheurs, amas de câbles électriques, d’empilements de roches pour les maintenir en place, qui seront autant d’obstacles sur lesquels s’accrocheront dragues, filets, palangres.

Impact négatif sur toute la chaîne de l’économie locale, d’où un avis défavorable de la majorité de la population

La raréfaction de la ressource halieutique menacerait tous les emplois du littoral en baie de Saint-Brieuc

Avec un littoral de 350 km, les Côtes d’Armor ont une économie basée sur le tourisme et la pêche maritime côtière. Chaque emploi en mer correspond à 3 ou 4 emplois à terre.

Une pêche côtière jeune, dynamique, gérée durablement sans surexploitation de la ressource, dépendant de quotas définis chaque année après évaluation de la biomasse exploitable. 280 navires de pêches sont immatriculés, dont 88% déclarés en petite pêche. Les armateurs sont les patrons de leur navire. 74 % des navires côtiers possèdent une licence coquille Saint-Jacques. (La moitié des Saint-Jacques pêchées en France provient de la baie de Saint-Brieuc.)

A Erquy, le port fait vivre plus du tiers de la population de la commune : les marins mais aussi les employés de la criée, du mareyage et de toutes les filières annexes (mécanique, accastillage, … etc).

A 17 km du port d’Erquy, l’usine électrique sera plantée dans le gisement de bulots et de coquilles Saint-Jacques dit du large, sa pointe sud sera dans le gisement principal, avec un passage des câbles à 225.000 Volts au droit du port. Si la pêche venait à disparaître, que deviendraient les marins pêcheurs, mais aussi le tourisme, le commerce, la restauration ?

Faut-il détruire l’écosystème marin riche et protégé de la baie de Saint-Brieuc au prétexte de transition énergétique ?

L’écosystème de la baie de St-Brieuc a fait vivre des générations de pêcheurs. La pêche artisanale côtière est une activité juste au plan environnemental et social. Qu’est-ce qui justifie la privatisation industrielle de cet espace préservé, protégé, géré ?

Il ne s’agit pas de pourfendre le développement des énergies renouvelables en mer, mais de s’interroger sur le bien fondé d’un projet qui, au dépends de l’économie et des populations locales, impose dans l’indifférence administrative, la privatisation et l’industrialisation de l’espace collectif par un consortium privé international.

Aucune mesure compensatoire ne pourra restaurer l’écosystème de la baie de Saint-Brieuc. Le temps des écosystèmes est infiniment long, celui des destructions singulièrement rapide.

En 2013, notre ministre de l’environnement Nicolas Hulot, avait lui même défendu la baie de Lannion d’un projet industriel : « La Fondation vous demande, Monsieur le Ministre, de ne pas donner suite à cette demande de concession d’un projet nécessairement temporaire, dont seules les conséquences sur l’écosystème marin et littoral comme sur l’économie seront durables, au détriment des richesses produites par une exploitation des ressources vivantes et renouvelables de la mer, par définition pérenne. ».

Le ministre vient de suspendre le projet éolien du Touquet.

Souhaitons que le ministre suspende rapidement le projet d’Ailes Marines en baie de Saint-Brieuc !

Après Le Touquet, Saint-Brieuc ?

Éolien en mer, la fin du « n’importe comment (1) » ?

Le Ministre de la Transition Écologique et Solidaire, Nicolas Hulot, vient d’annoncer la suspension du projet éolien en mer de la Bassure de Bass face au Touquet, c’est une surprise et une excellente nouvelle pour les professionnels de la pêche, les élus, les commerçants et les riverains. Pour la première fois l’importance de la concertation et du caractère primordial de l’avis de la population est reconnue.

Le Tréport

C’est également une grande satisfaction pour les associations qui dénoncent depuis de nombreuses années les risques que font courir ces projets à l’environnement et à l’économie locale. La contribution de ces machines à la réduction des émissions de CO2 et à la production électrique est négligeable, leur coût considérable est supporté par les citoyens pour le plus grand profit des promoteurs (2).

Les associations notent aussi avec beaucoup d’intérêt le souci du ministre d’analyser l’impact cumulé des différents projets lancés sur le littoral Manche-Atlantique, auxquels il conviendra cependant d’ajouter les effets des sites existants d’Angleterre et d’Europe du Nord. Cette étude globale   demandée   depuis de nombreuses années par les associations, permettra de prendre pleinement conscience de leurs conséquences désastreuses pour l’environnement (3).

Les associations constatent enfin que la réactivité et l’implication des élus du Touquet ont permis de faire évoluer l’approche du Ministre sur ce projet, ce qui est une novation.

Elles espèrent que cette démarche sera étendue à l’ensemble des projets éoliens du littoral en cours, et en particulier à celui de Dieppe le Tréport, qui cumule à   lui seul tous les « n’importe comment » depuis plus de dix ans.

Communiqué de POUR UN LITTORAL SANS ÉOLIENNE (PULSE) o SANS OFF SHORE A L’HORIZON o SAUVEGARDE DES CÔTES D’OPALE PICARDE ET D’ALBÂTRE
Contacts Le Tréport, Gérard BILON, p.soshorizon@orange.fr, tel 0679517933 et Georges CLÉMENT, scopaas@orange.fr, tel 0672281036

(1) Nicolas HULOT 9 Juin 2017 http://www.lavoixdunord.fr/175222/article/2017-06-09/nicolas-hulot-pour-les-eoliennes-en-mer-mais-pas-n-importe-comment

(2) Obligation d’achat par EDF à 220€ le MWh alors que le prix du marché est de 45€ le MWh.

(3) De récentes photos de la NASA mettent en évidence la turbidité créée par les éoliennes sur le site éolien Anglais de THANET installé sur des fonds sableux. https://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=89063 Cette turbidité créée par les courants de marée au pied des machines a détruit la ressource halieutique dans toute la zone, faisant disparaître les poissons et… les pêcheurs. Les sols sableux du littoral Normand et Picard seraient à l’origine du même phénomène avec les mêmes conséquences pour l’environnement et la pêche.

Pêcheurs et Associations s’unissent pour dénoncer les incohérences de l’Etat français dans le développement de l’éolien en mer

PLAINTE A LA COMMISSION EUROPEENNE

Les projets d’éolien en mer français autorisés sur la façade Manche-Atlantique sont tous en contradiction avec les politiques de protection de l’environnement marin.

Une plainte a été déposée le 13 juin 2017 auprès de la Commission Européenne pour infractions au droit communautaire.

L’Etat français, depuis 2012, conduit à marche forcée des méga-projets d’éolien posé en mer au plus près des côtes et dans des sites protégés et préservés jusqu’à aujourd’hui.

Six projets ont déjà été autorisés par décision préfectorale au mépris de l’activité des pêcheurs côtiers, de l’économie touristique, de l’avis des populations riveraines, de la vie marine. Trois autres projets sont sur le point de l’être.

Ces projets sont attribués à des prix garantis exorbitants : 220 € à 227 €/MWh hors raccordement, c’est à dire deux à trois fois plus cher que des projets comparables en Allemagne ou au Danemark.

De plus l’intermittence de l’éolien oblige à construire des centrales à gaz (par exemple à Landivisiau), ce qui augmente d’autant les émissions de gaz à effet de serre.

De Dunkerque à Oléron, chaque site prévoit de 62 à 83 éoliennes de 185 à 216 mètres de haut. Ces centaines d’éoliennes vont industrialiser un littoral dont le développement économique est basé sur la pêche et le tourisme. Des dizaines de milliers d’emplois sont menacés dans la pêche maritime côtière et l’activité touristique littorale.

La biodiversité marine est exceptionnelle sur cette façade maritime, générant des ressources halieutiques riches et diversifiées qui sont gérées durablement, une faune et une avifaune abondantes, dont de nombreuses espèces rares et d’intérêt international.

Qu’importe ! Le Ministère français de l’Environnement, de l’Energie, et de la Mer multiplie les dérogations à la destruction des habitats et espèces protégées.

Volontarisme politique et parodie de concertation démocratique rythment l’avancement de ces projets hautement subventionnés qui priment les activités économiques existantes et bafouent les règles de protection des écosystèmes marins.

Pourtant, la santé des écosystèmes marins est indispensable à celle de la planète. La préservation de ce patrimoine commun nous concerne tous.

La Plainte s’articule en six points concernant les infractions :

  • aux obligations relatives à l’évaluation environnementale préalable,
  • à la planification de l’espace maritime,
  • à l’information et à la participation du public au processus décisionnel,
  • à la protection de la faune et de son habitat,
  • à l’organisation du marché intérieur de l’énergie,
  • à l’interdiction des aides d’Etat.

Les parties intéressées

Collectif Pour Un littoral Sans Eolienne (PULSE) o Comité Départemental des Pêches du Nord o Comité Régional des Pêches Maritimes et des Elevages Marins des Hauts de France o Les Pêcheurs de la Seine-Maritime o Fédération Environnement Durable o Vent de Colère o Robin des Bois o Sites et Monuments (SPPEF) o Belle Normandie Environnement o Associations du Tréport et des Côtes d’Opale Picarde et d’Albâtre o Associations de Fécamp o Associations de Courseulles et d’Arromanches o Associations des baies de Saint-Malo et de Saint-Brieuc o Associations de St Nazaire-Guérande et de la baie de Pornichet-La Baule-Le Pouliguen o Association NENY de Yeu-Noirmoutier

Télécharger le communiqué de presse  Communiqué Plainte UE 2017-07-04

Plainte UE

 

Baie de Saint-Brieuc. Les échouages massifs d’araignées de mer seraient-ils dus aux algues vertes ?

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Plage des Rosaires

En juin, des milliers d’araignées de mer ont été rejetées par la mer sur la plage des Rosaires dans la baie de Saint-Brieuc. Début juin, ces échouages ont été attribués à la tempête qui a balayé les Côtes d’Armor. Puis à la canicule et aux courants. Et maintenant aux algues vertes.
http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/cotes-d-armor/plerin-centaines-araignees-mer-echouees-plage-1285141.html

Pour Frédéric Jean, professeur spécialisé en écologie marine, les échouages d’araignées de ces derniers jours à Plérin sont dus à l’accumulation des algues vertes qui pompent tout l’oxygène des fonds marins. http://www.letelegramme.fr/bretagne/plerin-les-araignees-victimes-des-algues-vertes-01-07-2017-11579053.php

Plage de la Grandville à Hillion ©Ouest-France

A Hillion, l’accès à la plage de la Grandville a été interdit par arrêté municipal pour une « période indéterminée ».

La préfecture a publié un nouvel inventaire des 78 vasières et zones à risques sur une soixantaine de communes des Côtes d’Armor.

http://www.ouest-france.fr/bretagne/cotes-darmor/algues-vertes-cotes-d-armor-la-liste-des-78-vasieres-dangereuses-5096179

La pollution aux algues vertes infeste les plages des Côtes d’Armor depuis un demi-siècle. Fraîchement échouées, ces algues sont inoffensives, mais après 48 heures, elles se décomposent en dégageant du sulfure d’hydrogène, un gaz très toxique.

A l’origine, l’Ifremer identifie une pollution continue des eaux par l’agriculture intensive et ses rejets de nitrates. On notera que le Conseil Régional présidé par Jean-Yves Le Drian a supprimé ses aides à un conseil scientifique indépendant qui travaillait justement sur les algues vertes …
http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/algues-vertes-en-bretagne-des-verites-qui-derangent_1717785.html

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Ailes Marines fait réaliser des sondages et carottages dans la baie de Saint-Brieuc.

Le site du Comité des Pêches des Côtes d’Armor informe qu’ « Une campagne géotechnique est prévue de mi-juin à mi-septembre 2017 par le développeur éolien (Ailes Marines). Il réalisera des carottages et des tests de pénétration à l’emplacement de chaque éolienne et sur les routes de câbles. »  http://cdpmem22.fr/actualites.php?news=93-campagne-geotechnique-sur-la-zone-du-futur-parc-eolien-15-06-2017

Et publie un rapport quotidien indiquant les emplacements sondés et les intentions pour les 48 prochaines heures.  http://cdpmem22.fr/images/upload/actualite_eolien/rapport_quotidien_geotechnique/Fishing_DPR_3_16062017.pdf

Faut-il comprendre qu’Ailes Marines n’a toujours pas une connaissance précise de la composition du sous-sol marin de la baie de Saint-Brieuc ? http://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-brieuc-22000/cotes-d-armor-ce-gigantesque-bateau-creuse-des-trous-sous-la-mer-5093429

Gargano

le Gargano (72 m x 16 m)

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le Fugro Synergy (104m × 20m)

Glomar Vantage

le Glomar Vantage (56 m x 11 m)

Nicolas Hulot « Je suis pour les éoliennes en mer mais pas n’importe comment »

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En visite dans une ferme du Pas-de-Calais, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, a répondu aux journalistes de La Voix du Nord, notamment au sujet du projet éolien en mer au large de Berck.

Question : Le projet d’éoliennes en mer, c’est le grand sujet de discorde en ce moment dans le secteur. Êtes-vous pour ou contre ce projet ?

« Je suis pour les éoliennes en mer mais pas n’importe comment. Et dans un cadre de consultation. Les territoires doivent engager ces consultations et ensuite chacun devra prendre ses responsabilités par rapport à ce qui sort de cette consultation. J’ai quand même bien entendu que le projet tel qu’il a été proposé ne remporte pas une grande adhésion. Donc, on va en tenir compte. Parce que si on veut que ce secteur se développe, il ne faut pas l’imposer, mais le réfléchir ensemble. Je vais tenir compte des résultats de cette consultation. »

Lire l’article de La voix du Nord http://www.lavoixdunord.fr/175222/article/2017-06-09/nicolas-hulot-pour-les-eoliennes-en-mer-mais-pas-n-importe-comment#