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Le Peuple des Dunes en Trégor écrit à Nicolas Hulot

index-89f7eDepuis plus de quatre ans Le Peuple des Dunes en Trégor se bat contre un projet industriel d’extraction de sable coquillier dans une dune hydraulique de la baie de Lannion.

En dépit de la mobilisation très importante des riverains et des élus, le Ministre et le Préfet ont signé le décret autorisant les extractions de sable.

Le 6 juin dernier, Le Peuple des Dunes en Trégor a écrit à Nicolas Hulot, demandant l’abrogation du décret ministériel.

Rappelons qu’en septembre 2013, Nicolas Hulot avait lui même écrit à Arnaud Montebourg, alors ministre du redressement productif, pour lui demander de ne pas donner suite à cette demande de concession.  » La Fondation vous demande, Monsieur le Ministre, de ne pas donner suite à cette demande de concession d’un projet nécessairement temporaire, dont seules les conséquences sur l’écosystème marin et littoral comme sur l’économie seront durables, au détriment des richesses produites par une exploitation des ressources vivantes et renouvelables de la mer, par définition pérenne.« 

o Lettre de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, septembre 2013 2013-09-30 Fondation Nicolas Hulot

o Lettre du Peuple des dunes en Trégor, juin 2017 2017-06-06 Peuples des Dunes en Trégor

Des images de la NASA révèlent les panaches turbides qui se forment au pied des éoliennes en mer

Depuis une dizaine d’années, les satellites ont repéré en mer du Nord des points blancs suivis de panaches marrons. Ces points sont en fait des éoliennes donnant naissance à des panaches de sédiments en suspension de plusieurs kilomètres de long.

Les images qui suivent ont été captées le 30 juin 2015 avec l’Imagerie terrestre opérationnelle (OLI) sur le satellite Landsat 8. Elles représentent les complexes éoliens en mer anglais de Thanet, London Array et Greater Gabbard au large de l’embouchure de la Tamise.

Ces images révèlent les panaches de sédiments soulevés par les tourbillons générés par les courants des marées au pied des fondations des éoliennes en mer.

A chaque marée, ces panaches de sédiments se propagent sur plusieurs dizaine de kilomètres perturbant sévèrement la qualité de la colonne d’eau et par conséquence, la ressource halieutique de la zone. Un handicap supplémentaire pour la pêche

De tels panaches turbides ne manqueraient pas de se produire sur les sites envisagés en France sur la façade Manche Atlantique, situés pour tout ou partie dans des zones sableuses avec de forts courants de marée.

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Dans un article de 2014, des chercheurs ont analysé l’imagerie satellitaire et ont constaté que ces panaches peuvent mesurer de 30 à 150 mètres de large et jusqu’à plusieurs kilomètres de long.

« Le fait que les panaches soient plus marrons que les eaux environnantes montre qu’ils contiennent davantage de sédiments en suspension », a déclaré Quinten Vanhellemont, chercheur au Royal Belgian Institute of Natural Sciences et auteur principal du document de 2014. « Cela montre que l’implantation d’éoliennes en mer, modifie non seulement le champ de vent au-dessus de la surface de la mer (ce qui est attendu puisqu’ils extraient l’énergie éolienne), mais modifie également les courants et le transport de sédiments dans l’eau ».

Vanhellemont explique que les panaches sont générés par les courants de marées se déplaçant autour de la base de l’éolienne. La direction et la courbure des panaches dépendent de la direction générale du courant. Par exemple, l’image de London Array a été captée en marée montante, de sorte que les panaches suivent le courant vers le nord. Mais la marée dans cette zone se renverse toutes les six heures, « de sorte que les panaches sont très dynamiques au cours d’une journée ».
https://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=89063 

La baie de Saint-Brieuc dit NON à l’industrialisation de la mer

Le 18 avril 2017, à 5 jours de l’élection présidentielle, le jour même où il a été désavoué par la justice dans sa planification éolienne terrestre (annulation du schéma éolien de la région Bretagne), l’ancien gouvernement est passé en force sur l’éolien en mer en accordant toutes les dérogations et feux verts administratifs permettant au promoteur anglo-hispanique Ailes Marines de construire une usine électrique de 496 MW dans la baie de Saint-Brieuc, un domaine public maritime protégé. La concession est de 40 ans.

Les arrêtés sont téléchargeables sur le site de la préfecture : http://www.cotes-darmor.gouv.fr/Publications/Recueil-des-Actes-Administratifs-RAA/AVRIL-2017  Recueil spécial n°33 du 19 avril 2017 parties 1 à 5

CaroualAvant même que soient délivrés ces arrêtés par le Préfet des Côtes d’Armor, la ministre de l’Environnement avait signé et publié le 28 mars, un arrêté portant déclaration d’utilité publique pour créer une liaison électrique de deux câbles de 225 000 Volts entre la station électrique en mer appartenant à Ailes Marines au transformateur de la Doberie à Hénansal appartenant à RTE.  https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2017/3/28/DEVR1709832A/jo/texte

« Le préfet (des Côtes d’Armor) approuve simultanément la qualité des enquêtes réalisées, l’intérêt général du projet et sa compatibilité avec les grands enjeux environnementaux identifiés. » cite Ailes Marines dans son communiqué de presse.

Ainsi, l’emporte le primat du politique sur la protection de l’environnement et des hommes, sur l’opinion des populations concernées, un déni de réalité et de démocratie qui a nourri une surenchère de contrevérités et d’affirmations erronées pour justifier un choix politique.

Reprenons une à une 4 affirmations catégoriques contraires à la réalité des faits pour certaines, fortement discutables pour d’autres.

« 850 000 bretons alimentés » ?

Le promoteur Ailes Marines annonce que les 62 éoliennes développant 496 MW de puissance nominale, fourniront la consommation électrique de 850.000 bretons, chiffre repris par les autorités départementales et régionales sans la moindre indication des hypothèses de consommation.

Or, un calcul simple prenant en compte les données INSEE et RTE, montre que l’énergie qui sera produite par la centrale d’Ailes Marines pendant 1 an, équivaut à la consommation annuelle moyenne de 400.000 bretons pour leurs besoins personnels, ou de 200.000 bretons si on intègre l’énergie électrique nécessaire aux entreprises, aux transports, etc. On est bien loin des 850.000 bretons annoncés par le promoteur !

Et en l’absence de vent, le complexe éolien alimentera 0 breton, ce sont les sources d’énergie continues et pilotables qui seront à l’oeuvre : les centrales nucléaires, les centrales thermiques conventionnelles, les barrages si leur niveau le permet.

LIRE la note explicative de Jean-Claude Moreau  Production électrique et Consommation JC. Moreau

« L’intérêt général du projet » ?

A probablement 227 euros le MWh hors raccordement, tarif garanti et indexé pendant 20 ans, soit un prix 5 fois supérieur au prix du marché, financé par les consommateurs via la CSPE qui augmente chaque année sur nos factures d’électricité, il est légitime de s’interroger sur l’intérêt général de ce projet !

D’autant qu’en mer du Nord qui bénéficie de vents forts et réguliers et de hauts fonds, les tarifs poursuivent leur baisse et se dispensent même des mécanismes de soutien. En Allemagne, Dong et EnBW vendront l’électricité des derniers appels d’offres remportés au prix de marché de l’électricité au moment où les complexes seront mis en service, soit entre 2021 et 2025, comme le projet de Saint-Brieuc et les autres projets en mer français. Le prix de marché moyen en Allemagne s’est élevé l’an dernier à 29 euros le MWh : à ce prix, l’électricité de ces complexes serait à 33,4 euros le MWh hors raccordementEn novembre 2016 le parc danois de Kriegers Flak a été remporté par Dong et Vattenfall, au prix de 49,90 euros le MWh hors raccordement. sur une durée estimée à 12 ans.

« 2000 emplois » ?

Quels emplois ? Où ? Aucune précision n’est donnée, si ce n’est parfois l’indication géographique « Grand Ouest. » Il n’y a plus de filière industrielle éolienne française. Areva a cédé ADWEN à Gamesa- Siemens. Alstom a été racheté par General Electric. Aucune certitude sur les 2 usines prévues au Havre.

Par contre, avec le tourisme littoral, la pêche est le centre de gravité de l’économie des Côtes d’Armor.

Port_ErquyPECHE : Combien d’emplois seront perdus ? En valeur débarquée, Erquy et Saint-Quay-Portieux se placent au 3ème rang des 42 criées françaises. La bande côtière des 12 miles fait vivre plus des 2/3 de la flotte. L’implantation d’un complexe éolien en mer signifie la dégradation de la ressource, la perte de zones de pêche, un espace morcelé, anthropisé, conflictuel, l’augmentation du trafic, des fonds devenus dangereux, etc.

Pléneuf-Val AndréTOURISME : Combien d’emplois sont menacés ? Le littoral est dépendant économiquement du tourisme. Avec la perte de l’horizon et des plages artificialisées, quel impact sur les touristes ?

« Compatibilité avec les grands enjeux environnementaux identifiés » ?

Faut-il encore le rappeler, la baie de Saint-Brieuc, 5ème baie du monde pour l’amplitude de ses marées, jouit d’un écosystème marin spécifique, reconnu d’importance internationale. Toutes les études d’impact menées ont révélé des zones de grande portée européenne pour certaines espèces inscrites à toutes les listes rouges. L’industrialisation de la baie entrainera de graves pertes d’habitats sans aucune aire de report pour les oiseaux, tous les hauts plateaux de substrats grossiers de faible profondeur sur le littoral français sont pressentis pour accueillir des éoliennes, comme dans toute l’Europe, et dans une même période de quelques décennies. Les espèces qui utilisent spécifiquement ces habitats sont condamnées …

En juillet dernier, la ministre de l’environnement Ségolène Royal a accordé au promoteur Ailes Marines des dérogations à l’interdiction de porter atteinte à l’habitat et aux espèces de trois oiseaux (Guillemot de Troil, Macareux moine et Pingouin torda) et de trois mammifères marins (Marsouin commun, Grand Dauphin et Phoque gris).

LIRE l’avis de Ségolène Royal  Dérogation 5.5-_avis_conforme_de_la_ministre

Green energyMais il n’y a pas que les oiseaux de mer. La Manche est un couloir de migration majeur du Paléarctique occidental. Ces couloirs sont dictés par le littoral, la géographie et la physionomie des lieux et ne s’adapteront pas forcément aux infrastructures.

Comme la baie du Mont-Saint-Michel, la baie de Saint-Brieuc est un entonnoir. Le projet de l’Etat va mettre une barrière lumineuse mortelle en travers d’une baie ouverte qui se rétrécit sur une mer étroite servant de canal de transit. Toutes les migrations automnales des oiseaux terrestres traversent la terre en « entrant » par la baie de Saint-Brieuc ou par la baie du Mont St-Michel. 80 à 90% des transits des oiseaux terrestres et marins sont nocturnes … Il en va de même pour les chauves-souris migratrices. Enfin, les mammifères marins seront « chassés » d’une immense zone de leur habitat (Marsouin commun, Grand Dauphin, Dauphin de Risso…) avec pourtant des populations menacées dont la France est sensée protéger les habitats …

A 5 jours de l’élection présidentielle, le Préfet des Côtes d’Armor donne un feu vert au projet éolien de la baie de Saint-Brieuc

Cap d'ERQUY- Le Guen

Quelle ironie ! A 5 jours de l’élection présidentielle, au moment-même ou le gouvernement est désavoué par la justice dans sa planification éolienne terrestre, avec l’annulation du schéma éolien de la région Bretagne mardi 18 avril par la cour administrative d’appel de Nantes, le gouvernement force la vapeur sur l’éolien en mer en donnant son feu vert à l’implantation de 62 machines industrielles plus une station électrique dans une baie qui bénéficie à titres divers de fortes protections environnementales nationales et internationales !

Le 28 mars dernier, avant même que soit publié cet arrêté autorisant le promoteur anglo-hispanique Ailes Marines à implanter une usine électrique dans la baie de Saint-Brieuc, Ségolène Royal avait déjà signé et publié un arrêté portant déclaration d’utilité publique pour la création d’une liaison électrique de deux câbles de 225 000 Volts reliant la station électrique en mer prévue par Ailes Marines au transformateur de la Doberie à Hénansal.

Faut-il assimiler ce déni démocratique et environnemental à une stratégie de défense ? Le primat du politique permet toutes les extravagances pour mieux manipuler les citoyens au mépris des directives environnementales de l’Union Européenne.

Dernière ironie, l’annulation du schéma éolien terrestre de la région Bretagne repose sur le non respect des sites emblématiques bretons. L’atteinte aux sites emblématiques et aux paysages des caps d’Erquy et de Fréhel sera plus grave encore avec le projet en mer de Saint-Brieuc : 62 machines de 216 m de haut flashant et tournoyant à 280 km/heure en bout de pales, pour produire en un an à peine une journée de la consommation électrique française avec une électricité de mauvaise qualité (intermittente et aléatoire), à un prix 5 fois supérieur au prix du marché, financée par les consommateurs, et sans création d’emplois.

Vote défavorable des élus de Pléneuf-Val-André au projet de centrale éolienne dans la baie de St-Brieuc

17 février 2017

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Dan Tysk, station électrique

A la demande du préfet des Côtes d’Armor, les élus de Pléneuf-Val-André ont eu à se prononcer sur l’approbation du raccordement à terre de la centrale électrique éolienne en projet dans la baie. Rappelons que faute d’informations suffisantes sur ce projet, les élus y avaient déjà donné un avis défavorable en émettant des réserves. Les courriers de demande de précisions auprès de l’administration préfectorale sont restés sans réponse !

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Dan Tysk, pose d’un câble de raccordement

Jean-Yves Lebas, maire de Pléneuf-Val-André a expliqué qu’il « trouvait inadmissible que l’administration préfectorale ne daigne pas répondre aux interrogations des élus ». En conséquence, Jean-Yves Lebas a décidé de donner « un avis défavorable à la fois sur le projet privé et le projet public ».

Cette position a été suivie par l’ensemble des élus à l’unanimité.

Race Bank 1

Race Bank, pose du câble d’atterrage

Hakin Hocine : « difficile de se prononcer sur un dossier pour lequel les élus ne possédaient que les versions techniques et environnementales du porteur de projet ».

Pascal Pellan, adjoint au développement économique et au tourisme : « sans réponse de l’administration sur des questions très précises, il ne pouvait y avoir de débat et qu’en conséquence, il fallait marquer son opposition ».

 

Race Bank 2Nathalie Sellier, adjointe à l’Urbanisme et au Patrimoine : « par solidarité avec ses collègues d’Erquy et du principe de précaution sur un dossier aussi sensible ».

Source http://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/pleneuf-val-andre/parc-eolien-rejet-de-la-liaison-electrique-20-02-2017-11407234.php#UZVKHy4Y5dibVdSL.99

Race Bank, Pose du premier câble vers la station électrique de Walpole (91 éoliennes Siemens 6,3MW à 27 km de la côte, promoteur DONG)

Plage-de-Caroual ©Tourisme Bretagne

Plage de Caroual à Erquy, où l’Etat veut construire une sous-station électrique pour accueillir les deux câbles de 225 000 Volts de l’usine éolienne en mer d’Ailes Marines

Eolien en mer. Erquy résiste

Compte rendu de la réunion de l’instance de concertation et de suivi du projet éolien en baie de Saint-Brieuc du 10 février 2017

Globalement, 60% d’avis défavorables, 88% à Erquy !

RAPPEL : Sans surprise, en dépit de l’opposition de 60% des riverains, le projet de centrale électrique éolienne en baie de Saint-Brieuc a obtenu en janvier un avis favorable de la Commission d’enquête publique.
Le rapport (630 pages) est téléchargeable sur le site de la Préfecture des Côtes d’Armor: http://www.cotes-darmor.gouv.fr/Politiques-publiques/Energie/Energies-marines/Rapport-de-la-commission-d-enquete

Cap d'ErquyLa réunion organisée par le Préfet des Côtes d’Armor vendredi dernier avait pour objet le rapport de la Commission d’enquête publique et non la position de l’administration sur le projet, bien que ce dernier nous ait été présenté comme acquis et sur la dernière ligne droite.

La synthèse du rapport a été faite par l’administration.

La Commission d’enquête a noté que le dossier était volumineux, complexe, difficile d’accès pour le public. Elle a recueilli 1 013 dépositions, correspondant à 2582 observations. 60% des avis émis sont défavorables, ce chiffre monte à 64% en y ajoutant les avis réservés.
89% des dépositions recueillies l’ont été sur les communes situées à l’est de la baie, de Saint-Brieuc à Cancale.
Le plus grand nombre d’avis défavorables par commune a été recueilli à Erquy, où 88 % des avis enregistrés sont défavorables.
39 % des 2 582 observations concernent l’environnement.

Préfecture maritime

Le représentant du Préfet maritime a indiqué qu’il y avait encore beaucoup de questions à régler notamment sur l’ensouillage des câbles et sur la sécurité en mer.

Question du public

Pour quelles raisons, les remarques fondées de l’Autorité Environnementale n’ont pas été considérées par la Commission d’enquête qui trouve les impacts modérés face à l’intérêt général ? (Impact paysager NON, impact sur le tourisme NON, impact immobilier NON, impact sur les habitats et espèces protégées de compétence européenne NON) ?

Le Préfet répond que la Commission d’enquête publique donne SON avis sur le projet, elle ne fait qu’enregistrer l’opinion des riverains. (On notera qu’aucun des 5 membres de cette Commission n’est un expert du sujet !)

Madame Guervilly, maire d’Erquy

Madame Guervilly, maire d’Erquy rappelle que la population d’Erquy est très majoritairement contre ce projet, ce qui justifie le vote à l’unanimité du conseil municipal d’Erquy contre la mise en compatibilité du PLU marin. Les élus réginéens n’ont pas eu les réponses aux interrogations qu’ils ont exprimées à la Commission d’enquête.

Nonobstant, n’oublions pas que la déclaration d’utilité publique entraine nécessairement la modification des PLU.

Les éoliennes Adwen

Le représentant d’Adwen précise que si la cession de la participation d’Areva dans Adwen a été réalisée le 6 janvier 2017, la fusion Gamesa-Siemens n’est pas encore soldée. Les activités dans l’éolien en mer d’Areva sont reprises par l’espagnol Gamesa. Les engagements souscrits demeurent portés par Adwen (appels d’offres du Tréport, Saint-Brieuc, Yeu-Noirmoutier).

Il détaille les différentes phases de test de la future éolienne Adwen 8MW en Allemagne ( une filière française? ). Toujours en Allemagne, une éolienne sera construite A TERRE pour reproduire ce qui se passera EN MER.

Le raccordement électrique

RTE rappelle les conditions d’enfouissage des câbles d’atterrage : 1,50 mètre sur l’intégralité du tracé sous-marin, et 2 mètres à terre.

La centrale électrique d’Ailes Marines sera raccordée au réseau de transport électrique par une double liaison sous-marine à 225 000 volts de 33 km, puis par une double liaison souterraine à 225 000 volts de 16 km, qui partira de la sous-station électrique en mer (propriété d’Ailes Marines) pour rejoindre le poste de la Doberie à Hénansal appartenant à RTE. Deux chambres souterraines d’atterrage seront construites devant la plage de Caroual à Erquy.

RTE Atterrage Erquy

Les emplois de maintenance

A la question du public, pourquoi est-on si discret sur les emplois de maintenance, Emmanuel Rollin (Ailes Marines) répond sur le port de St-Quay-Portrieux, aujourd’hui saturé, et que par conséquent des négociations viennent d’être entamées pour faire de la place aux bâtiments de maintenance. (Attention, ce n’est pas la même CCI s’il fallait aller à Saint-Malo !)

La pêche

Alain Coudray, Président du Comité départemental des Pêches des Côtes d’Armor, (qui vient d’être réélu pour 5 ans) défend la concertation initiale (qui n’a concerné que les pêcheurs), et découvre que l’extension du parc sera proposée après 2 ans, et non pas après 10 ans comme il le croyait.

RAPPEL : Cette extension à l’est et à l’ouest a été soumise au vote du Conseil régional le 1er juillet dernier par Jean-Yves Le Drian. Lire pages 6 et 7 les propositions d’extension du projet d’Ailes Marine. http://www.bretagne.bzh/jcms/prod_337950/fr/session-juin-2016-emr

L’opposition des associations environnementales de la baie

Jean-Pierre Martin lit et remet au Préfet la lettre ouverte que le collectif des associations de la baie lui a adressée. Lettre ouverte au préfet des Côtes d Armor 10 fevrier 2017

On notera l’attitude courtoise du nouveau préfet Yves Le Breton qui change agréablement du comportement de son prédécesseur, cassant, autoritaire et arrogant, qui était allé jusqu’à traiter d’arriérés les habitants d’Erquy.

Les prochaines étapes

o Poursuite de la phase d’instruction par l’administration

o 24 mars 2017 : réunion du CODERST (Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques) qui se prononcera sur les risques environnementaux et sanitaires du projet.

Le CODERST est une des « commissions administratives à caractère consultatif » qui est prévue par le code de la santé publique. Il est intéressant de lire la composition du CODERST des côtes d’Armorhttp://www.cotes-darmor.pref.gouv.fr/content/download/19530/137737/file/3%20-%20Arrêté%20préfectoral%20-%20modification%20de%20la%20composition%20des%20membres%20-%2021-01-2016.pdf

Cap d'Erquy Le Guen

Saint-Brieuc : pas de surprise, le projet éolien en mer d’Ailes Marines obtient un avis favorable en dépit de l’opposition de 60% des riverains !

Le projet de centrale électrique éolienne en baie de Saint-Brieuc constitué de 62 machines industrielles de 216 mètres de haut implantées sur des fonds benthiques à 16 kilomètres du littoral a reçu un avis favorable de la part de la commission d’enquête publique.

Frinton-on-Sea-1-©Colin-Brooks.-768x489Eoliennes Siemens de Gunfleet Sands depuis Frinton-on-Sea, éoliennes de 128 mètres de haut (3,6 MW) à 7 km de la côte. Photo Colin Brooks©

Le rapport est publié sur le site de la préfecture des Côtes d’Armor assorti de quelques recommandations. Ce n’est qu’une étape. N’oublions pas que l’avis du commissaire enquêteur n’est qu’un avis personnel. 

« Souvent nommé par le président du tribunal administratif, il est indépendant et impartial. C’est une personne compétente, qualifiée, mais pas un expert. »

« À l’issue de la consultation, il rédige d’une part, un rapport relatant le déroulement de l’enquête, rapportant les observations du public dont ses suggestions et contre-propositions et d’autre part, des conclusions dans lesquelles il donne son avis personnel et motivé. » http://www.cnce.fr/enquetes-publiques/commissaire-enqueteur

Eh oui, deux mois d’enquête publique auprès des riverains qui se sont déplacés en  masse, pour un avis personnel in fine …

  1013 dépositions, 2582 observations

59,5 % des avis sont défavorables au projet et ce chiffre monte à 64,4 % si l’on y ajoute les avis réservés.

28,4 % des avis sont favorables au projet ce chiffre monte à 31,2 % si l’on y ajoute les favorables avec réserve.

Nous allons lire le rapport de la commission d’enquête avec le plus grand intérêt.

L’avis rendu est favorable, c’est donc que sincèrement, en leur âme et conscience la commission d’enquête et le Préfet considèrent les impacts sur le milieu marin et sur les activités économiques du littoral négligeables, ou que des solutions sont proposées pour éviter la destruction et la pollution de notre baie.

  Des solutions ?

x aux 256 forages dans les fonds marins benthiques
x aux 800 km de câbles électriques dont 50% seulement seront ensouillés alors que la principale pêche en baie de St-Brieuc est une pêche à la coquille, c’est à dire à la drague
x aux rejets d’eau en continu à 50° de la sous-station électrique (200 litres par heure)
x aux 160 kg d’aluminium relargués chaque jour dans la baie
x à la barrière industrielle opposée aux migrations des oiseaux, des poissons, des chauves-souris
x à l’industrialisation des grands panoramas maritimes de la baie d’où les éoliennes se verront en tout point. Des grands horizons libres et naturels qui sont la fierté des costarmoricains et contribuent à la qualité de vie dans les Côtes d’Armor.

Le rapport du commissaire enquêteur a été remis au Préfet la semaine dernière. Il est en ligne sur le site de la Préfecture des Côtes d’Armor à l’adresse suivante :
http://www.cotes-darmor.gouv.fr/Politiques-publiques/Energie/Energies-marines/Rapport-de-la-commission-d-enquete

20 000 animaux marins trouvés morts dans une baie où une hydrolienne vient d’être installée.

Le 28 décembre dernier 20 000 animaux marins (au moins) se sont échoués, sans vie, sur les plages de St Mary dans la baie de Fundy au Canada. Un échouage massif inquiétant par son nombre, mais surtout par la très grande diversité des espèces présentes. Il s’agit principalement de poissons, de crabes, de langoustes, coquillages, mollusques, étoiles de mer, et même d’une baleine à bosse.

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Officiellement rien d’anormal dans l’environnement

baie-de-fundyLa baie de Fundy connue pour ses grandes marées (jusqu’à 21 m) et ses forts courants, a la forme d’un entonnoir de 270 km de long et de 80-100 km de large se terminant en deux étroits prolongements. Son fond est irrégulier, 50 mètres de profondeur avec quelques chenaux de 150 mètres.

Le ministère des Pêches et des Océans du Canada (MPO) a expliqué que les chercheurs n’ont aucune conclusion à proposer. Les tests effectués afin de déceler de possibles toxines dans les poissons morts se sont révélés négatifs.

Immersion d’une hydrolienne en novembre 2016

dsc_7284Une modification notable de l’environnement marin est pourtant survenue avec l’installation en novembre 2016 d’une hydrolienne immergée de 2 MW et 1 000 tonnes pour 16 mètres de diamètre, désormais raccordée au réseau électrique.

Il s’agit d’une hydrolienne DCNS installée par Cape Sharp Tidal, coentreprise créée par Emera et OpenHydro (DCNS), dont l’objectif est ce projet de démonstration de 4 MW (2 hydroliennes) raccordé au réseau dans la baie de Fundy. L’installation de la deuxième hydrolienne est déjà programmée.

Les deux premières hydroliennes testées par DCNS, immergées en janvier et mai 2016 au large de Bréhat, ont du être retirées pour des raisons techniques dues à la corrosion en mer. (1 MW à 40 mètres de profondeur).

L’impact des hydroliennes sur la vie marine n’est pas connu

170102_113655_echouage-493x328L’Association des pêcheurs côtiers de la baie de Fundy a tenté en vain de suspendre cette installation en attente d’études plus complètes sur l’impact des hydroliennes sur la vie marine. Colin Sproul, porte-parole des pêcheurs : « Il y a peut-être moyen d’exploiter un jour la puissance [des marées] dans le Passage Minas. Mais certainement pas avec des dispositifs de production d’énergie marémotrice. C’est très mauvais pour l’environnement ! »

Des apprentis-sorciers

Pour le directeur du Fundy Ocean Research Center for Energy, Tony Wrigh, il faut d’abord mettre la turbine dans l’eau puis voir ce qui se passe. Il indique que plus de 70 études d’impacts sur l’environnement ont été menées. « Nous n’aurons jamais le portrait global. Nous pouvons dépenser des centaines de millions de dollars et ne jamais comprendre complètement les effets sur l’environnement, mais nous avons déjà une bonne compréhension ».

La ministre de l’Environnement de la Nouvelle-Écosse, Margaret Miller, a néanmoins reconnu que le programme de surveillance n’était pas prêt.

Pêcheurs et résidents manifestent

A Digby, pêcheurs et résidents de la région pas convaincus de l’innocence de l’hydrolienne réclament l’arrêt des tests.
digby-manifestation-poissons-morts
Souces
°http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1008468/environnement-mort-milliers-animaux-marins-nouvelle-ecosse
°http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1001460/production-turbine-maremotrice-baie-fundy-parrsboro
°Communiqué de Presse DCNS

Eolien en baie de Saint-Brieuc. Nass&Wind rappelle les conditions singulières de l’attribution de l’appel d’offres à Ailes Marines

Les dirigeants de Nass & Wind, entreprise bretonne éliminée de l’appel d’offres pour l’implantation d’éoliennes industrielles devant les caps d’Erquy et de Fréhel, s’expriment dans Le Télégramme daté du 7 décembre dernier,

Nass&Wind Services sort de son silence, par Flore Limantour
« Devant les incertitudes qui pèsent sur les délais de mise en service du futur parc éolien offshore de Saint-Brieuc et sur l’implantation d’une usine de production de machines en France », Peter Nass et Nathalie Le Meur, les dirigeants de Nass & Wind Services, un développeur de sites éoliens offshore, ont décidé de sortir de leur silence.

« Nous n’avons toujours pas compris comment l’État a pu s’affranchir de ses propres règles. Éolien Maritime France (EMF), le consortium dont nous faisions partie, est arrivé en tête de l’appel d’offres pour le projet éolien offshore de la baie de Saint-Brieuc. Pourtant, c’est Ailes Marines, un projet concurrent qui l’a emporté. » La Cour des comptes a d’ailleurs souligné que l’option retenue par le gouvernement « a abouti à privilégier un candidat en dépit d’un prix plus élevé que celui proposé par EMF ». L’État avait souhaité répartir les différents sites (Saint-Brieuc, Fécamp, Courseulles-sur-Mer et Saint-Nazaire) soumis à appel d’offres entre Alstom (consortium EMF) et Areva (consortium Ailes Marines), afin de favoriser l’émergence de deux filières de production d’éoliennes en France.

Évincée d’un dossier sur lequel elle travaillait depuis 2005, l’entreprise lorientaise Nass & Wind Services a dû réduire ses effectifs. « Nous avons effectué plusieurs demandes d’indemnisation à l’amiable et introduit des recours… En vain », regrette Nathalie Le Meur. D’autant que les choix industriels de l’État ne semblent plus d’actualité. « Areva Wind a été intégralement cédée à Gamesa, avant une fusion en cours avec Siemens où ce dernier sera majoritaire ».

Résultat : « Comme Siemens possède des usines à l’étranger pour fabriquer sa machine 8 MW, il n’y a pas de logique industrielle et financière pour la construction d’usines en France », fait valoir Peter Nass. De fait, au Havre, où devait être implanté le futur site de production d’Areva, on est dans l’expectative.

Conséquence : « S’il faut développer une nouvelle éolienne, la mise en service du parc de la baie de Saint-Brieuc ne sera possible qu’en 2023 au mieux. Alors que le projet d’EMF était programmé pour 2018 », remarquent les dirigeants de N & WS qui rappellent leur volonté initiale de coller au plan énergétique breton. Et l’entreprise d’enfoncer le clou en rappelant qu’au final, les choix de l’État feront de surcroît peser sur la collectivité le prix plus élevé de l’énergie.

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