Archives pour la catégorie Articles

Ailes Marines. Vers l’annulation du projet éolien en baie de Saint-Brieuc ?

acc_logoLe 9 mars 2018, le gouvernement français a déposé au Sénat un amendement qui, par décret, pourrait mettre fin aux projets d’éolien industriel en mer attribués en 2012 et 2014.

« En 2011 et 2013, l’Etat a lancé deux procédures de mise en concurrence pour désigner des candidats pour construire et exploiter six installations d’éoliennes en mer. A ce jour, aucun contrat d’obligation d’achat n’a été signé et aucune de ces installations n’est construite. Le tarif accordé à ces installations est très élevé et ne correspond plus aux prix actuels de l’éolien en mer, entrainant des rémunérations excessives pour les candidats retenus. »

« Les prix des parcs éolien en mer ayant fortement baissé, l’État cherche à réduire le coût de soutien public des projets. (…) Si la renégociation des contrats n’était pas possible, une des options pourrait être de mettre fin à ces projets et de relancer une nouvelle procédure dans les meilleurs délais afin de pleinement profiter des améliorations technologiques. »

« Le candidat (serait) indemnisé de l’ensemble de ses dépenses engagées. »

A Saint-Brieuc, un tarif de rachat de l’électricité de 200 € / MWh hors raccordement, garanti et indexé pendant 20 ans

Alors que le prix de marché de l’électricité évolue autour de 40 € /MWh, et qu’à l’étranger, les tarifs de rachat de l’électricité produite s’échelonnent de 62 à 80 € ! Par exemple, les parcs belges Seastar et Mermaid, à 40 km de la côte, seront mis en service en 2020, avec des éoliennes Siemens, et un tarif de rachat de 79€ /MWh pendant 16 ans, contre 200 € /MWh pendant 20 ans pour les projets français.

Le Président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), Jean-François Carenco, avait déclaré le 18 octobre 2017, lors d’une conférence organisée par Equilibre des énergies : « Le soutien total aux six parcs éoliens en mer représente 40,7 milliards d’euros sur vingt ans, pour une capacité de 3 GW. Cette somme pourrait financer 60 GW de solaire ou 40/48ème du Grand carénage d’EDF. »

Sans création d’une filière industrielle, sans création d’emplois, le promoteur est espagnol, les éoliennes allemandes, les emplois se réduisent à 40

Ailes Marines s’était engagé à bâtir une filière industrielle en France. Il annonce en 2012 « 2000 emplois dans le Grand-Ouest dont 1000 emplois en Bretagne » « (…) Ils seront créés pendant le quinquennat » assure Emmanuel Rollin, directeur d’Ailes Marines, à Jean-Yves Le Drian, ministre et président de la Région, le 30 mai 2012. « Le projet prévoit un investissement de 2 milliards d’euros avec à la clé 2000 emplois dans le Grand-Ouest, dont 1000 en Bretagne. » réitère Emmanuel Rollin au Télégramme le 11 décembre 2012.

En 2013, un communiqué d’Ailes Marine (4 septembre 2013) précise « Les opérations de suivi de production et de maintenance permettront la création de 140 emplois directs pérennes dans les Côtes d’Armor : 100 techniciens chargés des opérations de maintenance ; 20 marins chargés de transporter le personnel de maintenance et le matériel, 20 superviseurs chargés du suivi de production. » Ailes marines indique également prévoir de confier la construction des trois navires de maintenance à des chantiers navals français.

Qu’en est-il en 2018 ? 40 emplois, selon les chiffres indiqués par Ailes Marines dans le dossier présenté pendant l’enquête publique.

LIRE l’amendement proposé http://www.senat.fr/amendements/2017-2018/330/Amdt_53.html

LIRE l’article des Echos https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0301413652049-eolien-en-mer-le-gouvernement-veut-renegocier-les-appels-doffres-2159941.php

La « machine à ne pas faire » d’Ailes Marines

« On a parfois l’impression de faire face à une machine à ne pas faire. » (…) « Il faut absolument une simplification au niveau administratif si on veut vraiment développer ce type d’énergie et ne pas laisser passer le développement de la filière, ne pas laisser les autres pays prendre un avantage qui soit ensuite irrattrapable pour la France. » déclare Emmanuel Rollin, directeur d’Ailes Marines à l’antenne de France2.

La réalité ? Ailes Marines rame depuis 2012 pour concrétiser un projet mal ficelé depuis le départ

⛔  Avril 2014 : Ailes Marines tente (et échoue grâce aux pêcheurs) d’imposer des fondations gravitaires alors qu’il a gagné l’appel d’offres en s’engageant sur des fondations jackets.

⛔  Juillet 2014 : Pour faire des économies d’échelle, Ailes Marines remplace les 100 éoliennes Areva 5 MW de sa réponse à l’appel d’offres par 62 éoliennes Adwen 8MW pas même à l’état de prototype à cette date et définitivement abandonnées aujourd’hui.

⛔  Avril 2017 : Ailes Marines demande une autorisation de carottages (pour calibrer les fondations des éoliennes) de 2 mois et demi, du 15 juin au 30 août 2017. Les pêcheurs permettent un mois supplémentaire. On apprendra en décembre 2017 qu’Ailes Marines n’a réussi à faire que 30% des carottages prévus en 3 mois et demi !

⛔  Septembre 2017 : SIEMENS-GAMESA contraint Ailes Marines à abandonner l’éolienne Adwen 8MW et à choisir l’éolienne allemande SIEMENS 8MW.

⛔  Octobre 2017 : Ailes Marines qui annonçait depuis 2012, 140 emplois pérennes à la base de maintenance informe qu’il s’agira en fait de 40 emplois !

⛔  Décembre 2017 : Ailes Marines abandonne les fondations quadripodes pour des fondations tripodes et augmente la profondeur des forages prévus, jusqu’à 61m, 58m en moyenne

⛔  Janvier 2018 : On apprend que compte tenu de la déclivité importante des fonds marins de la baie de Saint-Brieuc, et de leur irrégularité (alternance de roches et de sédiments, pas une fondation ne sera identique ! Est-ce cela le développement industriel de la filière évoqué par le directeur d’Ailes Marines ?

⛔  Février 2018 : Ailes Marines annonce la reprise des 70% de carottages restants pour définir les fondations de chaque éolienne. Emmanuel Rollin programme la campagne de carottages à partir du 6 mars sans se soucier de la saison de pêche qui bat son plein.

En pleine saison de pêche, Ailes Marines impose aux pêcheurs une campagne de carottages dans le gisement de coquilles Saint-Jacques de la baie de St-Brieuc

Gargano-300x225

le Gargano (72 m x 16 m)

Le 2 mars, le préfet maritime de l’Atlantique a publié un arrêté réglementant à partir du 6 mars, la navigation, le stationnement, le mouillage, la pêche, la baignade et la plongée sous-marine sur le gisement de coquilles Saint-Jacques du Banc du large, afin de permettre au navire Gargano de reprendre les carottages dans les fonds marins qu’il n’avait pas réussi à faire en 2017. Il n’y a pas d’indication de la fin de cette réglementation.

Une décision incompréhensible en saison de pêche. Sans concertation et sans considération des activités économiques existantes, Ailes Marines et l’Etat passent en force en privatisant une zone de pêche productive et gérée durablement.

marinetraffic.com 2018-03-03 à 11.22.45

marinetraffic.com 2018-03-03 à 11.22.45

Le Gargano fait déjà route vers la baie de Saint-Brieuc.

 

Annexe I à l'arrêté du 2 mars 2018

LIRE le communiqué des comités des pêches des Côtes d’Armor et d’Ile et Vilaine  http://cdpmem22.fr/images/upload/actualite_eolien/geotechnique/CP-2018-03-01-eolien_baie_sb.pdf

LIRE l’arrêté du Préfet https://www.premar-atlantique.gouv.fr/plan-site.html?frame=download-arretes.php&fichier=1469
Gardez les Caps SIEMENS-2

Dieppe-Le Tréport. Détruire ici pour réparer ailleurs ? Comment l’Agence Française pour la Biodiversité encourage l’artificialisation du littoral et la ruine de la pêche côtière

Un tiers du projet d’éolien industriel de Dieppe-Le Tréport (62 éoliennes SIEMENS à 15,5 km de la côte) se trouvant dans le Parc Naturel Marin des Estuaires Picards et de la Mer d’Opale, le Conseil de Gestion du parc a du se prononcer sur l’impact de ce projet sur le milieu marin. Compte tenu de l’importance des impacts négatifs sur la biodiversité, le Conseil de Gestion du parc a rejeté le projet par un vote défavorable du 20 octobre 2017.

Le 20 février 2018, en dépit du vote des experts du parc marin et au mépris de leur connaissance du milieu et des études réalisées depuis des années, le conseil d’administration de l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB) qui dépend du ministère de Nicolas Hulot, a désavoué ce vote défavorable en publiant un avis conforme favorable.

Olivier Becquet

Olivier Becquet

REACTION d’OLIVIER BECQUET, Président de la commission environnement au comité régional des pêches de Normandie et Directeur de la Coopérative de Pêche du Tréport (CAPA), interviewé par Julien Sellier sur RTL le 21 février 2018.

« On n’a aucune information sur la composition du Conseil qui a voté favorablement à la demande du promoteur de mettre en place ce parc ». Ce qui alimente les interrogations, c’est le financement que va toucher l’Agence Française pour la Biodiversité.

« Le 9 novembre (2017), il a été voté que l’AFB percevrait 5% de plus sur l’enveloppe des compensations destinées à ce projet, aux 5% qu’elle avait déjà acquis initialement. »

Soit, 10%, soit huit millions d’euros pour l’AFB. En validant le projet du promoteur industriel Engie l’Agence Française pour la Biodiversité, va toucher huit millions d’euros. « On peut facilement imaginer que ça motive à renier la biologie marine ».

ChalutierLe comité régional des pêches maritimes de Normandie dénonce la primauté donnée à l’argument socio-économique sur un projet européen au détriment de l’économie d’un territoire. « Est-ce qu’on parle de la biodiversité ou de la finance que ces chantiers peuvent apporter à certaines ONG ? »

A la suite de l’annonce de cet avis favorable de l’AFB, cinq membres sur neuf du bureau du Parc naturel marin ont donné leur démission.

Comme le souligne le communiqué de la ville de Dieppe, « cette décision de l’AFB n’oblige en rien le gouvernement qui peut encore choisir de modifier le projet. »

Il aura fallu trois semaines seulement pour que le projet éolien jumeau du Touquet soit annulé à l’occasion d’une visite de Nicolas Hulot. Mais le gouvernement s’acharne à maintenir celui de Dieppe-Le Tréport auquel s’opposent depuis plus de douze ans, marins pêcheurs, élus, population du littoral et experts environnementaux du parc marin.

ECOUTER l’interview d’Olivier Becquet

 

LIRE le communiqué de la ville de Dieppe  https://www.dieppe.fr/actualite_generale

Le Tréport

Projet éolien Dieppe-Le Tréport

Communiqué Dieppe 20 février 2018

Les paysages naturels sont indispensables à notre bien-être

Avis rendu par la DREAL Bretagne au sujet du projet d’éolien industriel dans la baie de Saint-Brieuc. Extrait.

« Les Côtes d’Armor constituent un joyau par son patrimoine paysager littoral associé à l’immensité de la mer.
Le parc éolien en mer de la Baie de Saint-Brieuc aura, de par ses dimensions et son implantation en pleine mer et au centre de la baie (ce qui le rend visible de nombreux points de
SIEMENS StBrieucla côte), un impact paysager affirmé.

Le parc devancera la ligne d’horizon sur laquelle le regard se pose. Il occupera cet horizon de manière différente suivant où l’observateur se situe mais dans tous les cas, l’horizon maritime ne sera plus un horizon infini, une limite y sera posée.
En..dégradant..la perception de nature,
le..cheminement..de..la pensée..auquel..l’horizon vierge invite, la présence
du..parc..impactera fortement le paysage. »

.

.

 

.
« La question de savoir ce qui dans l’œuvre de l’homme sert à embellir ou bien contribueElisée Reclus par Nadarà dégrader la nature extérieure peut sembler futile à des esprits soi-disant positifs : elle n’en a pas moins une importance de premier ordre. Les développements de l’humanité se lient de la manière la plus intime avec la nature environnante. Une harmonie secrète s’établit entre la terre et les peuples qu’elle nourrit, et quand les sociétés imprudentes se permettent de porter la main sur ce qui fait la beauté de leur domaine, elles finissent toujours par s’en repentir. Là où le sol s’est enlaidi, là où toute poésie a disparu du paysage, les imaginations s’éteignent, les esprits s’appauvrissent, la routine et la servilité s’emparent des âmes et les disposent à la torpeur et à la mort. »

Élisée Reclus, Du sentiment de la nature dans les sociétés modernes,1866
Photo : Elisée Reclus par Nadar

Le bruit en milieu marin aveugle et tue les céphalopodes, les crustacés, les coquillages …

Le Point publie cette semaine un grand entretien avec le biologiste bioacousticien Michel André. Son LAB (Laboratory of Applied Bioacoustics) à l’université polytechnique de Barcelone a placé des capteurs partout sur les mers pour écouter le monde marin menacé par le bruit des activités humaines, une pollution sonore que Michel André considère comme peut-être la pire que nous infligeons à la mer.

Michel André, LAB Université Polytechnique Barcelone

Michel André, LAB Université Polytechnique Barcelone

« Il y a dans la mer des sons d’origine physique, produits par les vagues, la pluie, les tremblements de terre. S’y ajoutent depuis des millions d’années des sons d’origine biologique. Depuis un siècle, nous y avons introduit des sons anthropogéniques liés à l’exploitation industrielle des océans : le transport, les manœuvres militaires, la recherche pétrolière, les parcs à éoliennes … »

L’impact du bruit « est patent sur les espèces qui se basent sur l’analyse acoustique pour s’orienter, se nourrir, se reproduire. Nous constatons l’augmentation des échouages massifs d’animaux marins. Leur exposition aux sons artificiels perturbe leur orientation. Mais, en 2011, notre laboratoire a mis au jour que les céphalopodes, les crustacés, les coquillages, dépourvus d’ouïe, ont des organes sensoriels nécessaires à leur équilibre, similaires à l’oreille interne des oiseaux et des mammifères. Exposé à des sons artificiels, ces organes subissent des traumatismes. On a, par exemple, constaté la mort de centaines de milliers de coquilles Saint-Jacques dans des fermes aquacoles. La pollution sonore affecte l’ensemble des animaux marins. »

LAB Université PolytechniqueBarcelone

« Le son se propage dans la mer cinq fois plus vite que dans l’air. Un bruit peut donc parcourir des milliers de kilomètres. (…) Le son dans la mer, c’est la vie ! C’est la seule façon qu’ont les animaux d’échanger des informations. Si on pollue ce canal de communication, on condamne la vie dans la mer. »

« Les bruits d’origine humaine rendent l’animal incapable de capter les informations dont il a besoin, par exemple pour détecter et éviter un bateau, ou ils le désorientent, ce qui l’amène à s’échouer et mourir. C’est là où l’effet est le plus faible. À l’autre extrémité, ils peuvent avoir des conséquences directement létales sur l’animal. La source émet avec une telle intensité et l’animal est situé si près que la mort est immédiate. Un tel son peut être produit par un sonar militaire ou par les canons à air comprimé utilisés dans les forages pétroliers, ou encore par des marteaux pneumatiques qui servent à installer les pylônes des plateformes ou des éoliennes.

Entre ces deux groupes, on trouve des traumatismes acoustiques consécutifs à l’exposition de l’animal à un bruit continu. Elle peut provoquer une surdité, temporaire si la source s’arrête, mais qui peut devenir définitive si l’exposition se prolonge. ».

« Il y a désormais des lois, au niveau européen, qui obligent les États membres à mesurer le niveau de bruit le long des côtes. Mais les lois iront toujours moins vite que la science. »

🐟 LIRE l’entretien complet sur le site du Point : L’homme qui écoute le monde du silence http://www.lepoint.fr/sciences-nature/l-homme-qui-ecoute-le-monde-du-silence-29-11-2017-2175894_1924.php

ou retranscrit sur le site du MIO https://www.mio.univ-amu.fr/?L-homme-qui-ecoute-le-monde-du

🐬 REGARDER la vidéo Futurapolis 2017, Incroyables océans, sur le site du Point  http://www.lepoint.fr/sciences-nature/l-homme-qui-ecoute-le-monde-du-silence-29-11-2017-2175894_1924.php

🐳 ECOUTER en direct l’océan sur le site Listening to the Deep Ocean (LIDO)  http://listentothedeep.com/acoustics/index.html

🐟 🐟 🐟 ET AUSSI …

Coquilles St-Jacques20minutes, décembre 2011
« Le danger vient aussi d’où on ne l’attend pas comme, par exemple, de la construction de champs toujours plus vastes d’éoliennes toujours plus grosses. Une technique courante d’installation consiste à enfoncer au fond de la mer, à l’aide d’un marteau hydraulique, un monopieu qui servira de support à la fondation de ces moulins à vent des temps modernes. Un procédé susceptible de dégager quelque 250 décibels, une dose mortelle pour les mammifères marins se trouvant dans les parages. A quoi viendra ensuite s’ajouter le bruit généré par les bateaux assurant la maintenance, la pose de câbles, l’élargissement des infrastructures portuaires… »
http://www.20minutes.fr/planete/835590-20111203-trop-bruit-sous-mer-mammiferes

DauphinsLE TEMPS, février 2012
La baisse du trafic maritime après les attentats du 11-Septembre a permis d’établir une corrélation entre la pollution sonore et le comportement des cétacés de la baie de Fundy. « A notre connaissance, il n’y avait aucun autre facteur affectant la population [de baleines] pouvant expliquer cette différence hormis la baisse du trafic maritime et de la pollution sonore sous-marine après le 11-Septembre. Les effets biologiques du stress chronique chez les baleines sont peu documentés, mais on sait que la production répétée de glucocorticoïdes chez les vertébrés a des effets négatifs sur leur santé (troubles de la croissance, du système immunitaire et de la reproduction). »
https://www.letemps.ch/sciences/2012/02/08/11-septembre-revele-bruit-stressait-baleines

CrabeFranceinfo, mars 2016
« Les poulpes, les calamars, les seiches, les coquilles Saint-Jacques, les crevettes ou encore les crabes sont impactés. Les bruits jouent sur des organes sensoriels qu’ils possèdent pour maintenir leur équilibre dans la mer. On trouve des traumatismes acoustiques qui ne sont pas compatibles avec la vie. Ces animaux souffrent de lésions irréversibles et, au bout de quelques jours, ils sont incapables de se nourrir, de s’orienter, et donc meurent. » Michel André
https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/le-bruit-sous-marin-responsable-de-l-echouage-massif-des-cetaces_1709229.html

HomardSCIENCES ET AVENIR, mars 2016
Des grands mammifères marins au zooplancton, toute la chaîne de vie océanique est aujourd’hui affectée par la pollution sonore liée aux activités humaines. (…) tandis que se déploient de par le monde de grands champs d’éoliennes et que s’intensifie le trafic maritime même dans l’océan arctique.
« Pour chaque espèce, il s’agit maintenant de comprendre quel est le niveau le plus dangereux à court et long terme ». Michel André La diversité des organismes complique le travail : les coquillages, fixes, les seiches et les poulpes, lents, sont exposés plus longtemps au bruit – et souffrent donc plus fortement – que les crustacés véloces qui s’éloignent rapidement de la source de nuisance.
https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/animaux-marins/le-bruit-humain-bouleverse-toute-la-chaine-de-vie-oceanique_102374

GOODPLANET Info, septembre 2016
« La directive européenne ‘Marine Strategy Framework Directive’ prévoit de rendre aux océans un bon état avant 2020 et a identifié le bruit comme un perturbateur du milieu. La directive demande aux états de mesurer l’état acoustique de leurs côtes et prévoit des sanctions si des seuils sont dépassés. »
https://www.goodplanet.info/agir/2016/09/09/michel-andre-bio-acousticien-alerte-pollution-oceans-bruit-monde-silence-nexiste/

Thons rouges ©Adobe stockReporterre, septembre 2016
« Toutes les activités humaines bruyantes peuvent être sources de dérangement pour les animaux marins : les activités militaires, mais aussi le trafic maritime, la construction d’éoliennes marines (particulièrement problématique, l’étape du battage des pieux) et leur fonctionnement, les travaux portuaires et la construction de digues, les activités pétrolières — prospection sismique et forages. Leur impact est d’autant plus grand que ces nuisances sont rarement isolées. « Dans la Manche, on a d’un côté une voie maritime très bruyante, de l’autre des parcs d’éoliennes en mer. Cela crée des effets cumulés du bruit qu’on connaît mal », explique Héloïse Berkowitz »
« La France est l’un des seuls pays développés où il n’existe aucun seuil réglementaire pour les émissions sonores », dénonce Ludivine Martinez.
https://reporterre.net/Sous-les-mers-la-cacophonie-humaine-assomme-les-cetaces

CNRS, Les mers ont des oreilles, septembre 2016
Une pollution acoustique en forte hausse. « Bateaux, hélicoptères, forages, sonars, éoliennes … Les bruits d’origine humaine ont un impact préoccupant sur les animaux marins. »
https://lejournal.cnrs.fr/articles/les-mers-ont-des-oreilles

Vers la fin des contrevérités sur l’énergie éolienne ?

Erquy, retour de pêche à la Saint-Jacques, 2 novembre 2017

Erquy, baie de Saint-Brieuc, retour de pêche à la Saint-Jacques le 2 novembre 2017

Questions au Gouvernement – M. Emmanuel Maquet à M. Nicolas Hulot, séance du 25 octobre 2017

header_logo

Développement de l’énergie éolienne

70   Debut de section – François de Rugy, président

La parole est à M. Emmanuel Maquet, pour le groupe Les Républicains.  Laisser un commentaire

70-1   Debut de section – Emmanuel Maquet

Ma question s’adresse à M. le ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire. Pour atteindre l’objectif d’une proportion d’énergies renouvelables dans le mix énergétique de 32 %, nous sommes placés dans l’obligation de diversifier nos sources d’énergie. Le développement de l’énergie éolienne est donc un enjeu majeur dont nous devons nous saisir pleinement et surtout intelligemment.

Depuis plus de dix ans, les projets se sont multipliés hors de toute cohérence territoriale, sans concertation avec les acteurs locaux et sans la considération que méritent les habitants. La presse relaie de plus en plus les nuisances que subissent les riverains.

Certains citoyens du département de la Somme, premier de France pour le nombre d’éoliennes installées, se sentent lésés par les profits qu’en tirent les opérateurs et s’inquiètent de leurs conséquences sur la qualité des paysages. Monsieur le ministre, votre action se veut volontariste, mais à force de négliger l’avis de nos concitoyens, vous suscitez un rejet en bloc de l’énergie éolienne !

La France, deuxième puissance maritime du monde, doit jouer un rôle pionnier en matière d’éolien en mer. Pourtant, l’absence de dialogue vous a mené à l’échec. Rendez-vous compte : au large de la baie de Somme, un projet industriel offshore de soixante-deux éoliennes de 210 mètres de haut a été envisagé, pour des raisons incompréhensibles, au beau milieu d’une zone de pêche et au coeur du parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale.

Naturellement, je m’y suis fermement opposé, et tous les élus et professionnels de la pêche avec moi, compte tenu de ses impacts sur la biodiversité et sur les ressources cynégétiques et halieutiques.   Laisser un commentaire

70-2   Debut de section – Éric Straumann

Très bien !  Laisser un commentaire

70-1   Debut de section – Emmanuel Maquet

Il en est résulté le rejet du projet par le conseil de gestion du parc naturel marin, le 20 octobre dernier. Vos représentants à l’Agence française pour la biodiversité suivront-ils cet avis ? Monsieur le ministre, partout en France, le degré d’acceptabilité est atteint. Envisagez-vous d’encadrer le développement de l’éolien en écoutant enfin les habitants ?  Laisser un commentaire

Applaudissements sur les bancs du groupe LR et parmi les députés non inscrits.

70   Debut de section – François de Rugy, président

La parole est à M. le ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire.  Laisser un commentaire

Debut de section – Nicolas Hulot, ministre d’état, ministre de la transition écologique et solidaire

D’emblée, je ne puis vous donner tort, monsieur Maquet.   Laisser un commentaire

70-3   Debut de section – Fabien Di Filippo

Merci !  Laisser un commentaire

70-4   Debut de section – Erwan Balanant

Voilà !  Laisser un commentaire

70-5   Debut de section – Bérengère Poletti

Enfin !  Laisser un commentaire

Debut de section – Nicolas Hulot, ministre d’état, ministre de la transition écologique et solidaire

Pour l’heure, nous ne sommes pas très bons. Il faudra engager une concertation qui devra associer à la pédagogie une vision de ce que doit être le modèle énergétique dans vingt, trente ou quarante ans. Je ne suis pas certain que nos concitoyens aient une vision claire ni surtout le sentiment de la cohérence de la façon dont nous voulons avancer. Chacun est favorable à la transition énergétique, mais la moindre installation d’une centrale nucléaire ou thermique, d’une éolienne ou de panneaux solaires, suscite une forme de réserve.   Laisser un commentaire

70-6   Debut de section – Justine Benin

Très bien !  Laisser un commentaire

70-2   Debut de section – Éric Straumann

Conservez déjà les centrales qui existent !  Laisser un commentaire

Debut de section – Nicolas Hulot, ministre d’état, ministre de la transition écologique et solidaire

À un moment donné, il faudra déterminer où nous voulons aller. L’éolien en mer réussit de l’autre côté de la Manche mais pas chez nous. Peut-être faut-il en tirer des enseignements.

Quoi qu’il en soit, j’ai bien conscience des difficultés. Si nous voulons réussir la transition énergétique, il faudra y associer les citoyens d’une manière ou d’une autre, et non procéder de manière autoritaire. S’il faut être à l’écoute des réserves exprimées, il faut aussi que chacun adopte une certaine ouverture d’esprit.   Laisser un commentaire

70-1   Debut de section – Emmanuel Maquet

Ce n’est pas rassurant ! Laisser un commentaire

70-3   Debut de section – Fabien Di Filippo

Inquiétant, même !  Laisser un commentaire

Debut de section – Nicolas Hulot, ministre d’état, ministre de la transition écologique et solidaire

C’est pourquoi j’ai inauguré une démarche de réflexion sur la simplification des procédures et des méthodes de développement des énergies renouvelables, notamment par la mise en place d’un groupe de travail animé par Sébastien Lecornu.   Laisser un commentaire

« Ah ! » sur les bancs du groupe LR.

70-7   Debut de section – Raphaël Schellenberger

Encore du vent !  Laisser un commentaire

Debut de section – Nicolas Hulot, ministre d’état, ministre de la transition écologique et solidaire

Non, ce n’est pas du vent – dont nous aurons d’ailleurs besoin pour faire tourner nos éoliennes !  Laisser un commentaire

Applaudissements sur les bancs des groupes REM et MODEM.

Debut de section – Nicolas Hulot, ministre d’état, ministre de la transition écologique et solidaire

Il s’agit, au contraire, d’aller dans votre sens, monsieur Maquet, en engageant la discussion avec toutes les parties prenantes.

S’agissant du parc éolien du Tréport, j’ai entendu votre réaction. L’Agence française de la biodiversité est indépendante et prendra sa décision. Quant à moi, j’examinerai les raisons qui ont amené à ce rejet et nous en tirerons les conclusions.   Laisser un commentaire

Mêmes mouvements.

« Leur Avenir est Notre Avenir. Développement durable pour la faune sauvage et les Etres humains »

05-COP12-FR-Final-Logo-600pxDu 23 au 28 octobre se tient à Manille, Philippines, la 12ème Conférence des Parties à la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS COP12)

Cette 12ème conférence de la CMS met l’accent sur les services rendus aux hommes par les espèces migratrices, sources de nourriture, de médicaments, pollinisateurs et disperseurs de graines, moyens de lutte antiparasitaire. Sans oublier la richesse de notre imaginaire collectif construit autour de leurs splendides vols. http://cms.int/fr/cop12-fr

topics-energy2Préoccupée par les incidences négatives des éoliennes sur les espèces migratrices de mammifères et d’oiseaux, ainsi que sur leurs sources de nourriture et leur habitat, entre autres :

❌ la destruction ou la perturbation d’habitats permanents ou temporaires pour l’alimentation, le repos et la reproduction;

❌ l’augmentation des risques de collision pour les oiseaux en vol;

❌ la création de champs électriques et magnétiques par la connexion de câbles à haute tension ;

❌ les émissions subaquatiques de bruits et de vibrations ;

La Conférence des Parties à la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage demande aux Parties :

✅ d’identifier les zones où les espèces migratrices sont vulnérables aux éoliennes et où ces dernières devraient être évaluées pour assurer la protection des espèces migratrices;

✅ de prendre pleinement en considération le principe de précaution lors de l’installation d’éoliennes et de créer des parcs d’éoliennes en tenant compte des données sur l’impact écologique et des informations obtenues des programmes de surveillance, et en tenant compte de l’échange d’informations fournies par l’intermédiaire des processus de planification spatiale

Elle invite les organisations intergouvernementales compétentes ainsi que la Communauté européenne et le secteur privé à coopérer avec la CMS pour minimiser les incidences négatives possibles des éoliennes offshores sur les espèces migratrices.

TELECHARGER et LIRE l’intégralité de la convention CMS Convention sur les especes migratrices

©Réserve du Morbihan

Vol de Bernaches. Elles arrivent chez nous à l’automne et repartent au printemps.

Grands dauphins. La plus importante colonie d’Europe (450) vit entre les baies de Saint-Brieuc et du Mont St-Michel

Lundi 23 octobre, une cinquantaine de dauphins jouent devant les côtes de St-Quay-Portrieux

« Ce type d’observation est fréquent. Certains groupes pouvant rassembler, parfois, jusqu’à 150 individus. » commente Gaël Gautier fondateur de l’association Al Lark interrogé par Ouest France qui publie de magnifiques photos de la cinquantaine de grands dauphins photographiés par Fabrice de Langueux, lundi 23 octobre en baie de Saint-Brieuc au large de Saint-Quay-Portrieux.

dauphins-1

« Difficile de quantifier le nombre exact de dauphins présents. Je dirai qu’ils étaient entre 30 et 50. Je n’en avais jamais vu autant ! Au début, ils étaient un peu méfiants. Puis ensuite, ils se sont approchés du bateau, ont commencé à passer dessous, pour ressurgir de l’autre côté en faisant de ces sauts… C’était un spectacle magnifique ! »

https://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-brieuc-22000/un-ballet-de-grands-dauphins-observe-dans-la-baie-de-saint-brieuc-5335253

dauphins-5

Monsieur Hulot, Monsieur le ministre de la Transition écologique et solidaire, pourquoi planter une centrale électrique sur les fonds benthiques de la baie de Saint-Brieuc si une centrale à gaz est construite à Landivisiau ?

Faute de vents constants, le développement éolien est inefficace en Bretagne

La Bretagne est bien connue pour ses vents tournants et instables se démarquant des vents forts et réguliers de la mer du Nord. La densification éolienne de la Bretagne se poursuit néanmoins à un rythme soutenu, à terre comme en mer avec un projet de méga-complexe éolien de 496 MW devant les caps d’Erquy et Fréhel qui a été autorisé par le Préfet des Côtes d’Armor trois jours avant les élections présidentielles.

On remarquera qu’avec une production moyenne de 19%, la puissance éolienne installée en Bretagne a augmenté de +6,8% en 2016 pour une production d’électricité éolienne qui a baissé de -10,6% (Bilan électrique annuel de RTE).

… « les autorités françaises notent que (…) la gestion de l’intermittence constitue donc un enjeu croissant en Bretagne, nécessitant de plus en plus la disponibilité de moyens flexibles tels que le CCG de Landivisiau» (Décision de la Commission européenne, 15 mai 2017)

L’inconstance du vent rend obligatoire la construction d’une centrale thermique fossile augmentant les rejets de CO2

Les énergies renouvelables intermittentes ne pouvant assurer l’équilibre de la production électrique bretonne, les pouvoirs publics sont contraints d’envisager au Nord-Ouest de la Bretagne (Landivisiau) la construction d’une centrale à gaz de puissance active garantie de 450 MW que le producteur (Consortium Direct Energie/Siemens) s’engage à être en mesure d’injecter sur le réseau pour assurer l’équilibre entre production et consommation. Il est prévu que cette centrale à gaz fossile fonctionne pendant une durée de 3 000 heures par an.

Sur cette base, on comprend que le projet éolien dans la baie de Saint-Brieuc va produire de l’électricité de façon discontinue et aléatoire 30% du temps en moyenne, et la centrale à gaz de Landivisiau 70% du temps !

Une aide de l’Etat de 800 millions d’euros 

On comprend aussi que les subventions vont se cumuler : subvention pour construire une centrale à gaz, tarif de rachat de l’électricité du projet de Saint-Brieuc quasiment 4 fois supérieur au marché et garanti pendant 20 ans, subvention pour la perte de rentabilité de la centrale à gaz de Landivisiau. L’électricité éolienne étant prioritaire sur le réseau, la centrale à gaz de Landivisiau devra s’arrêter chaque fois que le vent soufflera en baie de Saint-Brieuc puis redémarrer aussi vite qu’une mobylette à la fin du coup de vent, une perte de rentabilité qui va être subventionnée : 800 millions d’euros en 20 ans à prévoir pour Landivisiau.

« Le montant de la prime versée au titre de l’appel d’offres sera au maximum de 94 000 EUR/MW/an en valeur au 31/11/2011. La prime sera versée pour une durée de 20 ans et sera indexée pendant la durée du projet pour tenir compte de l’évolution des coûts d’exploitation et d’entretien. Le montant de la prime versée au titre de l’appel d’offres sera au maximum de 40 millions d’euros par an» (Décision de la Commission européenne, 15 mai 2017).

Cette prime publique représentera 60 % du chiffre d’affaires généré par la centrale et sera financée en partie par le marché de capacité. Or, le marché de capacité, est intégralement répercuté sur la facture d’électricité des consommateurs !

Le gaz sera importé
Dernière incongruité, le gaz sera importé, la France ne maîtrisera pas la fluctuation des tarifs, « une nouvelle canalisation de gaz de 111 km est nécessaire pour l’alimentation de la centrale. Le coût estimé de ce projet est d’environ 100 millions d’euros, qui sera préfinancé par GRTgaz (société française créée en 2005 assurant la gestion du réseau de transport de gaz en France).» (Décision de la Commission européenne, 15 mai 2017).

Deux poids deux mesures ?

Au tribunal administratif de Rennes, le rapporteur public vient de rejeter les arguments des opposants au projet de Landivisiau.

Il est légitime de s’interroger sur ce qui justifie qu’une centrale de production d’électricité de 450 MW sur terre relève du tribunal administratif de Rennes et qu’une centrale de production d’électricité de puissance équivalente en mer relève de ce qui ressemble à un tribunal d’exception, la cour d’appel administrative de Nantes, ce qui retire un échelon juridictionnel aux citoyens et associations.

LIRE l’article du TELEGRAMME http://www.letelegramme.fr/finistere/landivisiau/centrale-au-gaz-de-landivisiau-le-rapporteur-public-rejette-les-arguments-des-opposants-29-09-2017-11683173.php
« Dans un rapport très détaillé, le rapporteur public du tribunal administratif, dont l’avis est très souvent suivi par le juge, a expliqué pourquoi il considérait les demandes d’annulation des opposants comme « insuffisantes » pour faire annuler le projet.
En préambule, il déclare considérer « qu’il n’y a pas eu d’irrégularités dans l’enquête publique préalable », ni « d’insuffisance dans l’étude d’impact ».
(…)
Quant à la faune et la flore, « le projet a reçu des autorisations exceptionnelles qui lui donnent le droit de détruire deux espèces animales protégées, à condition de mettre en place des mesures d’évitement ». Selon lui, l’arrêté préfectoral n’est pas attaquable sur ce point.
L’avocat des opposants regrette, quant à lui, que « la France, d’un côté, n’hésite pas à rabrouer M. Trump parce qu’il ne signe pas l’accord de Paris et de l’autre, à implanter des centrales à gaz en dépit du bon sens ».

Nicolas Hulot va-il suspendre le projet éolien en baie de Saint-Brieuc ?

La baie de Saint-Brieuc, des panoramas maritimes époustouflants, un écosystème marin riche et singulier

Cinquième baie au monde pour l’amplitude de ses marées, la baie de Saint-Brieuc est une aire marine remarquable où la géologie a sculpté des panoramas maritimes époustouflants et des fonds marins où se sont développés des habitats naturels complexes faisant de la baie de Saint-Brieuc un haut lieu de biodiversité marine à l’échelle mondiale.

Bancs de maërl, coquilles Saint-Jacques, praires, palourdes, amandes de mer, bulots, homards, araignées, seiches, bars, soles, turbots, Saint-Pierre, barbues, …, plus de 60 espèces sont ainsi vendues sous les halles à marée d’Erquy et de Saint-Quay-Portrieux les plaçant au 3ème rang (sur 40) des halles à marée françaises en valeur marchande. Le gisement naturel de coquilles Saint-Jacques de la baie est la zone la plus productive au niveau national.

Bordé de falaises rocheuses, ce vaste espace maritime abrité du vent est aussi une mer d’accueil privilégiée pour les oiseaux marins et pour des milliers d’oiseaux migrateurs et hivernants, avec quantité de sites d’alimentation en mer. La partie sud de la baie est une réserve naturelle nationale depuis 1998, la plus grande réserve naturelle ornithologique de Bretagne, sa valeur patrimoniale est d’intérêt international. 50 000 oiseaux de 300 espèces différentes fréquentent la baie de Saint-Brieuc en hiver.

Cette richesse naturelle contribue à de multiples services écosystémiques sur le plan environnemental, économique, et social.

Dans cet espace protégé de longue date, entre deux zones Natura 2000 en mer, l’Etat veut implanter une centrale électrique de la taille de a ville de Paris

Natura 2000

Implantation au milieu des zones Natura 2000 en mer (ocre)

Pour une durée de 40 ans, une concession de 103 km2 prise sur le domaine public maritime, a été attribuée au promoteur hispano-anglais Ailes Marines (filiale d’Iberdrola et de RES) qui souhaite y construire une usine éolienne de 500 MW.

A 16 km des caps de Fréhel et d’Erquy, grands sites de France accueillant plus d’1 million de visiteurs chaque année, cette usine sera composée de 62 éoliennes de 216 mètres de haut, (plus hautes que la tour Montparnasse : 209 m), plus une station électrique en mer et une station électrique à terre (Erquy).

Pour implanter cette usine, il faudra :

256 forages en mer jusqu’à 42 mètres de profondeur. Plus de la moitié seront battus, puis forés, puis battus. Il faut 4000 battages (chocs) pour un seul pieu 3D. Chaque fondation repose sur 4 pieux. Ensuite, du béton est injecté dans les forages. Destruction des fonds, bruit, vibrations : des impacts dramatiques sur les fonds marins, les coquillages, les crustacés, les poissons, les mammifères, les oiseaux.

Les sédiments extraits des forages, 70.000 tonnes environ, seront rejetés directement dans la mer créant un nuage turbide qui asphyxiera tout ce qui est vivant.

En phase de fonctionnement :

La station électrique rejettera dans la mer en continu de l’eau à 50 degrés (200.000 litres par heure).

Chaque éolienne portera à sa base une anode sacrificielle de 20 tonnes d’aluminium, ce qui signifie que 160 kg d’aluminium seront largués chaque jour dans la mer, soit 58 400 tonnes par an. Le rejet est supérieur au seuil retenu par l’INERIS. Toute la chaîne alimentaire sera contaminée.

Le maillage de câbles sous-marins sera excessivement dense : 149 kilomètres de câbles électriques dont 50 kilomètres ne seront pas ensouillés. Les risques de croche et de collision pour les marins pêcheurs sont énormes, et d’autant plus dangereux que les ondes électromagnétiques des éoliennes brouillent les radars. L’hélitreuillage est impossible dans une zone éolienne.

Une pollution globale qui n’a rien de renouvelable

Ces 62 éoliennes contiendront 26.660 kilos de terres rares importées de Chine (la radioactivité mesurée dans les villages près de la mine d’extraction de Baotou est 32 fois supérieure à la normale, contre 14 fois à Tchernobyl), 155.000 litres d’huile de synthèse lubrifiante, 4 tonnes d’hexafluorure de souffre (le plus puissant gaz à effet de serre, 22800 fois supérieur à celui du CO2, avec une durée de vie dans l’atmosphère de 3200 ans).

70% environ de leur temps de fonctionnement, ces éoliennes seront couplées à une énergie carbonée (la centrale à gaz importé prévue à Landivisiau ?), puisqu’elles fonctionneront au mieux 30% du temps de façon irrégulière et non pilotable. Ce projet s’il était réalisé, fournirait de manière discontinue en 365 jours, à peine une journée de la consommation électrique française.

En résumé, plantée en plein coeur de la baie, une barrière industrielle polluante de la taille de la ville de Paris, un Paris qui serait bâti uniquement de tours Montparnasse.

X des tours Montparnasse en mouvement, les pales à bandes rouge/blanc/rouge des éoliennes tournent à 288 km/heure, les mâts flashent jour et nuit toutes les secondes,

X des tours Montparnasse assourdissantes, le promoteur annonce un niveau d’émission sonore de 111,7 db(A) par éolienne (= un hélicoptère).

Un projet écocide, destructeur d’emplois, autorisé par le Préfet, refusé par la population locale, dont les impacts ne sont pas maîtrisés, et dont l’extension a déjà été votée en 2016 par le Conseil régional (180 km2 préemptés)

Collectif

Modification des fonds, des courants de marée et des conditions de vent, désensablement des plages

Bruit, vibrations transmises au socle rocheux et au sable qui le recouvre, turbidité permanente dans le sillage des éoliennes, champs électromagnétiques autour des câbles électriques

Augmentation du trafic maritime, pollutions accidentelles, pollution continue à l’aluminium de toute la baie, et au-delà, de l’océan

Disparition de la mégafaune, perte d’habitat de l’avifaune, collision, barotraumatisme pour les chiroptères, barrière aux migrations des oiseaux et des poissons, etc.

Fermeture et perte de zones de pêches et de ressources pour les marins pêcheurs, amas de câbles électriques, d’empilements de roches pour les maintenir en place, qui seront autant d’obstacles sur lesquels s’accrocheront dragues, filets, palangres.

Impact négatif sur toute la chaîne de l’économie locale, d’où un avis défavorable de la majorité de la population

La raréfaction de la ressource halieutique menacerait tous les emplois du littoral en baie de Saint-Brieuc

Avec un littoral de 350 km, les Côtes d’Armor ont une économie basée sur le tourisme et la pêche maritime côtière. Chaque emploi en mer correspond à 3 ou 4 emplois à terre.

Une pêche côtière jeune, dynamique, gérée durablement sans surexploitation de la ressource, dépendant de quotas définis chaque année après évaluation de la biomasse exploitable. 280 navires de pêches sont immatriculés, dont 88% déclarés en petite pêche. Les armateurs sont les patrons de leur navire. 74 % des navires côtiers possèdent une licence coquille Saint-Jacques. (La moitié des Saint-Jacques pêchées en France provient de la baie de Saint-Brieuc.)

A Erquy, le port fait vivre plus du tiers de la population de la commune : les marins mais aussi les employés de la criée, du mareyage et de toutes les filières annexes (mécanique, accastillage, … etc).

A 17 km du port d’Erquy, l’usine électrique sera plantée dans le gisement de bulots et de coquilles Saint-Jacques dit du large, sa pointe sud sera dans le gisement principal, avec un passage des câbles à 225.000 Volts au droit du port. Si la pêche venait à disparaître, que deviendraient les marins pêcheurs, mais aussi le tourisme, le commerce, la restauration ?

Faut-il détruire l’écosystème marin riche et protégé de la baie de Saint-Brieuc au prétexte de transition énergétique ?

L’écosystème de la baie de St-Brieuc a fait vivre des générations de pêcheurs. La pêche artisanale côtière est une activité juste au plan environnemental et social. Qu’est-ce qui justifie la privatisation industrielle de cet espace préservé, protégé, géré ?

Il ne s’agit pas de pourfendre le développement des énergies renouvelables en mer, mais de s’interroger sur le bien fondé d’un projet qui, au dépends de l’économie et des populations locales, impose dans l’indifférence administrative, la privatisation et l’industrialisation de l’espace collectif par un consortium privé international.

Aucune mesure compensatoire ne pourra restaurer l’écosystème de la baie de Saint-Brieuc. Le temps des écosystèmes est infiniment long, celui des destructions singulièrement rapide.

En 2013, notre ministre de l’environnement Nicolas Hulot, avait lui même défendu la baie de Lannion d’un projet industriel : « La Fondation vous demande, Monsieur le Ministre, de ne pas donner suite à cette demande de concession d’un projet nécessairement temporaire, dont seules les conséquences sur l’écosystème marin et littoral comme sur l’économie seront durables, au détriment des richesses produites par une exploitation des ressources vivantes et renouvelables de la mer, par définition pérenne. ».

Le ministre vient de suspendre le projet éolien du Touquet.

Souhaitons que le ministre suspende rapidement le projet d’Ailes Marines en baie de Saint-Brieuc !