Communiqués de presse

Lettre ouverte à Monsieur Nicolas Hulot  

Ministre d’Etat, Ministre de la Transition écologique et solidaire

«  Les océans régulent le climat, nourrissent des millions de personnes chaque année, produisent de l’oxygène, sont l’habitat d’un incroyable ensemble de faune et de flore, nous fournissent des médicaments importants, et tellement plus encore ! »   (site des Nations unies, World Oceans Day)

La Baie de Saint-Brieuc est menacée d’une destruction inacceptable de son écosystème marin riche et protégé, par un gigantesque projet d’éolien industriel.

TELECHARGER   Lettre à Nicolas Hulot 22 octobre 2017


FED27 juin 2016 – Fédération Environnement Durable (FED)

Eolien offshore français : un scandale d’Etat

Par décision du Ministère de l’Environnement six chantiers éoliens en mer ont été programmés le long des côtes de la Manche et sur la façade atlantique : Le Tréport/Dieppe, Fécamp, Arromanches/Courseulles, Saint-Brieuc, Saint-Nazaire/La Baule, les îles d’Yeu et Noirmoutier.

Pourtant les quatre débats et enquêtes publiques qui ont déjà eu lieu, ont montré une très large opposition de la population qui s’est interrogée sur les enjeux environnementaux, sur les problèmes de sécurité de navigation maritime, et surtout sur l’avenir de la pêche professionnelle et du tourisme…, autant d’arguments en accord avec les préoccupations avancées par le Ministère de l’Environnement, de l’Energie, et de la Mer.

Le plus choquant a été l’absence totale d’une analyse économique de ces programmes outrageusement coûteux dans des régions où les principales ressources économiques proviennent du littoral. Combien d’emplois en mer et à terre perdus, pour combien d’emplois gagnés ? Quel sera le montant global en milliards d’euros que l’Etat et les régions devront verser pour réaliser les aménagements portuaires et construire les nouveaux réseaux électriques nécessaires à l’implantation de ces complexes industriels ? Enfin et surtout, quelles en seront les conséquences sur le montant des factures d’électricité des Français ?

En dépit de l’absence d’étude économique, les commissaires enquêteurs ont rendu des avis favorables (en attente à St-Brieuc et Yeu-Noirmoutier) et les autorisations préfectorales tombent les unes après les autres,  montrant qu’en réalité ce programme d’Etat avait été « ficelé » à l’avance dans les ministères, que les consultations n’étaient que de façade, s’apparentant en fait à une vaste opération de désinformation et d’enfumage pour tromper élus, citoyens, et médias, afin d’obtenir leur adhésion à des projets industriels que les enjeux énergétiques français ne justifient pas. Tout était joué à l’avance, au mépris de la vraie démocratie et au prétexte  de produire une énergie propre, non polluante, gratuite. Il était question de développement économique, de soutien à des investisseurs français tels Areva, Alstom, EDF, et surtout de création de dizaines de milliers d’emplois.

Quel est le bilan aujourd’hui ?

 De la propreté de cette énergie et de son incidence sur la santé des populations

Energéticiens, experts, scientifiques, tous reconnaissent aujourd’hui que l’électricité  intermittente et aléatoire produite par les éoliennes doit être relayée  par des centrales thermiques polluantes à charbon, lignite, gaz, et même gaz de schiste dans le futur.
Une publication récente dévoile que la pollution par les particules de carbone causerait 48.000 décès en France. 3000 MW d’éoliennes en mer vont contribuer à augmenter les risques sanitaires pour la population. Sans oublier la dissolution dans les eaux marines des anodes sacrificielles des éoliennes, 15 tonnes d’aluminium et de zinc par éolienne, qui vont contaminer aux métaux lourds toute la chaîne alimentaire. Ni l’exportation en Chine de notre pollution, une éolienne du type Adwen contient 430 kg de terres rares dont la production hautement toxique pollue des régions entières de Chine.

Des conséquences sur l’environnement marin

L’effet cumulé et transfrontalier des emprises éoliennes et de leurs installations connexes sur les écosystèmes, les ressources halieutiques, les mammifères marins et les oiseaux pendant les périodes de construction, d’exploitation et de post exploitation, n’a pas été étudié. Les complexes éoliens en mer vont dresser une barrière industrielle sur plusieurs milliers de km de linéaire côtier. Aucun examen global des nuisances, pollutions et autres perturbations n’a été fait : les études d’impacts environnementaux obligatoires sont réalisées projet par projet, sans prise en compte des projets en amont ou en aval. Aujourd’hui, personne ne peut garantir que l’effet cumulé de ces usines électriques en mer ne sera pas catastrophique pour l’environnement et les hommes.

De la gratuité

Les consommateurs français ayant légitimement cru à une électricité du vent propre et gratuite, ne vont-ils pas se révolter lorsqu’ils apprendront qu’EDF sera dans l’obligation d’acheter sur ordre de l’Etat cette  électricité offshore à plus de 22 centimes d’€uro le kWh ? 22 centimes d’€uro signifie qu’EDF la revendra aux particuliers plus de 30 centimes d’€uro le kWh, alors que sur le marché spot, le prix de l’électricité se négocie au jour le jour en dessous de 3 centimes d’€uro le kWh, soit 10 fois moins. Cette manipulation de l’opinion pour dissimuler la réalité du coût de l’éolien en mer,  est porteuse de conséquences sociales très graves. Qu’adviendra-t-il des 8 millions de ménages les plus défavorisés dont le nombre augmente jour après jour, quand leur facture d’électricité sera si élevée qu’ils ne pourront plus la payer ?

 Des emplois et des usines créés en France

Depuis plus d’une décennie pour  imposer ce programme , l’argumentaire des gouvernements successifs relayés, par l’agence de maitrise de l’énergie (ADEME), est basé sur le développement d’une filière industrielle française et sur la création d’emplois : « qu’il permettrait à une ou plusieurs sociétés de notre pays de fabriquer industriellement en France des  éoliennes, que ces usines seraient implantées sur le sol de notre pays et qu’elles créeraient des dizaines de milliers d’emplois »

Aujourd’hui le scénario le pire s’est produit : les deux sociétés qui devaient relever ce défi, Alstom et Areva, ont fait  fiasco : (1) 
Alstom, un des plus remarquables fleurons de l’industrie française a été vendu à l’américain General Electric. AREVA a fait faillite dans l’éolien maritime.

Des infrastructures portuaire et annexes pour les usines éoliennes

Qu’en est-il du développement de plateformes portuaires à Cherbourg et au Havre qui devaient accueillir l’implantation d’usines éoliennes ? Aujourd’hui, tous les élus qui ont mis en avant la création de ces usines et des emplois associés pour faire accepter les projets éoliens sur leur territoire, peuvent en effet être inquiets. Tel le président de la région Normandie qui s’interroge à juste titre du respect des engagements pris par le gouvernement en 2012. « Qu’en sera- t-il des rêves normands de création de 10.000 emplois ? ».  A quoi servira le lycée à vocation éolienne de Fécamp inauguré par Hervé Morin pour tenter de déjouer la supercherie ? Depuis plus de 15 ans, les industriels de l’énergie du vent, regroupés dans les puissants et omniprésents syndicats France Energie Eolienne (FEE) et Syndicat des Energies Renouvelables (SER), ont promis la lune et pratiqué le chantage à l’emploi, pendant que sur le terrain, les riverains des projets constatent des mensonges perpétuels et les dénoncent sans relâche.

 Des nouvelles décisions gouvernementales ubuesques

En dépit de l’opposition maintes fois réaffirmée des économistes, des défenseurs d’une vraie écologie, des marins pêcheurs, de nombreux élus, des associations, et des riverains, Madame la ministre Ségolène Royal maintient son engagement acharné  à la réalisation du projet Dieppe / Le Tréport arguant de l’opportunité de faire émerger une filière industrielle en France qui entrainera des retombées économiques pour tout le littoral. Quelle perspective industrielle ? Quelles conséquences économiques au moment où Areva s’étant retiré de l’éolien cherche désespérément un repreneur étranger pour sa participation dans Adwen ? Plus surprenant encore, Madame la ministre  annonce le lancement d’un troisième appel d’offres éolien en mer, alors que tous les feux sont rouges. La France n’a aucune expérience dans la production d’énergie électrique en mer, Areva  et Alstom sont hors course. Ubu roi n’aurait pas fait mieux. La première zone retenue pour ce nouvel appel se situera au large de Dunkerque en concurrence avec 18 autres. Il en reste ainsi 17 à pourvoir entre Dunkerque et Bayonne d’une part, et le pourtour méditerranéen d’autre part. Quatre seraient déjà en première ligne.
Pour gruger des élus il est impossible de faire mieux.

Au moment où de nombreux pays suppriment les subventions aux énergies renouvelables (éolien, solaire), où les critiques sur la politique européenne de la transition énergétique se multiplient, tant en Allemagne qu’au Danemark ou au Royaume-Uni, le Président de la République François Hollande et le gouvernement du Premier ministre Manuel Valls,  ferment  les yeux, et continuent à développer aveuglément l’éolien en mer, gouffre financier pour le consommateur français, investissement rentable pour les exploitants allemand, espagnol et américain qui ne créeront pratiquement aucun emploi sur le sol français.

Après avoir programmé le massacre de la France par 20.000 éoliennes terrestres géantes importées d’Allemagne et du Danemark, nos dirigeants ont désormais décidé de saccager un littoral jusqu’ici préservé, au mépris de l’économie locale et de la protection indispensable de l’océan. La pêche professionnelle, le tourisme balnéaire, la plaisance, la biodiversité, sont ignorés. Le charme vivant, pittoresque, ressourçant, des rivages, des plages, des ports, des falaises, des dunes, des côtes rocheuses, des grands horizons marins, va être irrémédiablement détruit par des barrières de structures métalliques surdimensionnées, polluantes, et sans âme. L’espace marin libre va être privatisé. La démocratie est niée. Quand les Français prendront conscience que le pouvoir politique s’est joué de leur confiance, l’équilibre social sera rompu et les citoyens ne lui pardonneront pas que l’argent prélevé sur leurs factures d’électricité ait servi à faire tourner des usines et des emplois hors de France.

Le gouvernement n’en est pas à son premier diktat. Il s’agit ici d’un véritable « 49.3 » maritime.

Hervé Texier, Vice-président FED
Jean-Louis Butré, Président FED

Télécharger et lire l’article complet publié par Economie Matin : FED Eolien offshore 27 juin 2016


Gardez les Caps

8 juin 2016

Chronique d’un projet éolien bâclé en baie de Saint-Brieuc, conduit à marche forcée en faisant fi des impacts environnementaux

En 2012 l’Etat procède au choix unilatéral de la zone d’implantation d’un parc éolien en mer en baie de St-Brieuc : 180 km2 sont précisément préemptés au centre de la baie, sans étude préalable d’impacts environnementaux et sans débat public. La zone empiète intégralement sur le gisement classé de coquilles St-Jacques appelé « Grand Large » et rase une Zone de Protection Spéciale Natura 2000, frontière administrative formelle. Un recours judiciaire est en cours par notre association Gardez les Caps pour infraction à la législation en vigueur.

Ailes Marines est désigné lauréat de l’appel d’offres, alors que l’un des concurrents, NASS & WIND, arrivait en tête selon les critères de pondération prévus par le Code de l’Energie et précisés dans l’appel d’offres : ce choix arbitraire a été relevé par la Cour des Comptes. Un recours judicaire est en cours par NASS & WIND.

En 2014, le Débat Public est organisé sans présentation d’études d’impacts environnementaux, privant ainsi le public de données déterminantes pour forger son opinion.

Ailes Marines hésite alors sur la nature des fondations des aérogénérateurs, annonçant des fondations « gravitaires » en remplacement des fondations « jackets » de sa réponse à l’appel d’offres, puis se rétracte, revenant aux fondations « jackets » sous la pression des pêcheurs et des élus.

En 2015, Ailes Marines modifie son projet initial (*) présenté lors du débat public, invoquant des difficultés majeures pour les travaux d’installation : conditions climatiques difficiles, géologie hétérogène et aléatoire des sous-sols marins. Dans le même temps, AREVA annonce un « projet » d’aérogénérateur de 8 MGW.
(*) 62 éoliennes de 8 MW et 216m de hauteur, au lieu de 100 éoliennes de 5 MW et 175 m de hauteur.

Le coût de l’investissement initial est largement dépassé (+ 25%), atteignant 2,5 milliards d’euros hors coût de l’atterrage réalisé par RTE, de l’ordre de 200 millions d’euros annoncés.

Le fournisseur des aérogénérateurs devient ADWEN (co-entreprise GAMESA-AREVA) en raison des changements de stratégie d’AREVA résultants de ses difficultés financières. Le projet d’aérogénérateur AREVA 8 MW n’existait que sur le papier au moment de son annonce. A ce jour, le prototype industriel permettant de vérifier les conditions de fonctionnement en situation réelle est annoncé au mieux en 2017. Il présente ainsi un risque sérieux technologique, de sécurité et de calendrier. Qui plus est, le fournisseur final des aérogénérateurs est inconnu aujourd’hui compte-tenu des accords existants entre GAMESA et SIEMENS interdisant à GAMESA de concurrencer SIEMENS.

Début 2016, le Préfet organise une Enquête Administrative demandant aux Conseils Municipaux du littoral de la baie de se prononcer sur le projet, alors que les études d’impacts environnementaux ne sont toujours pas publiées et que l’Enquête Publique n’a pas encore eu lieu.

A ce jour, aucune information n’est fournie sur l’aménagement du port de St-Quay-Portrieux choisi comme base de maintenance : cet aménagement ne fait l’objet d’aucune planification dans le calendrier du projet présenté par Ailes Marines fin 2015.

Aucune information précise ni confirmation n’est fournie sur la nature des 140 emplois à temps partiel annoncés, ni sur la part d’emplois locaux. La Cour des Comptes avait d’ailleurs relevé que les chiffres d’emploi annoncés par les industriels de l’éolien n’avaient pas été validés par les services de l’Etat.

Enfin, il apparaît que le développement d’une filière française à l’export, annoncé à l’origine du projet, semble bien compromis compte-tenu des restructurations industrielles et financières en cours ainsi que du retard français dans ce domaine.

Le projet éolien en baie de St-Brieuc présente aujourd’hui tellement d’inconnues qu’il est urgent d’attendre. Lancer dans un mois une enquête publique serait faire preuve de la part de l’Etat d’une totale inconscience et d’un parfait mépris des citoyens en général et des costarmoricains en particulier.

Télécharger le communiqué :  Gardez les Caps CP 2016-06-08

Gardez les Caps

LETTRE au Préfet des Côtes d’Armor – 8 juin 2016

Monsieur le Préfet des Côtes d’Armor
1 place du Général DE GAULLE
22 000 SAINT-BRIEUC

Le 8 juin 2016

Objet : Notre question concernant le projet éolien en mer en baie de St-Brieuc

Monsieur le Préfet,

Permettez-nous de vous faire part de nos nouvelles observations puis de notre question concernant le projet de construction du complexe éolien « Ailes Marines » en Baie de Saint-Brieuc, auquel nous sommes opposés depuis l’origine et qui révèle encore aujourd’hui son immaturité.

En effet, tant sur le plan technique qu’économique, nous sommes dans l’incertitude la plus totale.

Sur le plan technique, sous réserve de vérification des faits annoncés opportunément ces jours-ci, ADWEN (coentreprise AREVA-GAMESA) vient tout juste de sortir de ses cartons la fameuse turbine 8 MW tant attendue, pour tests en laboratoire. Le prototype industriel permettant de vérifier les conditions de fonctionnement en situation réelle est annoncé au mieux en 2017.

Aujourd’hui dans le monde, seule VESTAS, coentreprise dano-japonaise dispose d’un prototype industriel 8 MW en test à Osterild au Danemark. SIEMENS vient de certifier son prototype de 6 MW.

Le prototype VESTAS est équipé de pales de 80 mètres de longueur et monté sur un mât de 105 mètres, alors que le projet « ADWEN – AILES MARINES » comporte des pales de 90 mètres de longueur, et un mât de 135 mètres. C’est une toute autre dimension, un tout autre challenge dans un calendrier très tendu, qui ne permettra pas de bénéficier d’un retour d’expérience sérieux en exploitation réelle.

N’oublions pas par ailleurs les inconnues à venir pour la construction, forages et installation en haute mer, dont les conditions climatiques difficiles et la géologie hétérogène et aléatoire des sous-sols marins avaient été exposées par Ailes Marines pour justifier des modifications substantielles apportées à son projet initial.

L’incertitude prévaut également en matière des réorganisations juridico-économique en cours, en présence des difficultés d’AREVA avec son désengagement de l’éolien, des liens juridiques entre GAMESA-SIEMENS qui devraient impacter l’actionnariat d’ADWEN : au final qui, d’ADWEN, de SIEMENS, de GENERAL ELECTRIC, va financer et construire ce complexe éolien ? Notons que, si SIEMENS emporte la partie, la turbine de 8 MW d’ADWEN serait de facto abandonnée.

Dans ces conditions actuelles d’incertitudes, aucun investisseur ni Maitre d’Ouvrage sérieux ne s’engagerait dans un tel projet, alors que la partie industrielle et financière semble échapper à leurs promoteurs, l’Etat et Ailes Marines.

Aussi, Monsieur le Préfet, afin d’éclairer le public, nous vous prions de nous indiquer les conditions contractuelles permettant au Maître d’Ouvrage et/ou à l’ETAT de se désengager, ainsi que les conditions financières correspondantes, dans l’hypothèse où le projet n’aboutirait pas techniquement.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de ma haute considération.

Pour le Conseil d’Administration,
Rémi LOYER, Président.
PJ : Chronique d’un projet éolien bâclé en baie de Saint-Brieuc

Télécharger la lettre :  Gardez les Caps Lettre au Préfet 2016-06-08


COMMUNIQUE – 27 février 2016 – CRPMEM de Haute-Normandie

CRPMEM Haute Normandie 27 Février 2016Non et toujours non au projet de parc éolien Dieppe-Le Tréport

Histoire d’un projet non concerté ou la négation d’une profession emblématique …
En juin 2014, la société « éoliennes en mer Dieppe-Le Tréport » a remporté le 2ème appel d’offres lancé par l’Etat sur cette zone non-concertée. A l’origine, ce projet avait été lancé en 2005 sans aucune concertation avec les professionnels de la pêche.

Un premier débat public avait déjà eu lieu en 2010 sur ce projet. A l’époque le projet n’était pas issu d’un appel d’offre de l’Etat. A l’issue du débat, les oppositions restaient nombreuses et la majorité des soutiens étaient conditionnés aux retombées financières.

En 2011, un premier appel d’offre avait été déclaré infructueux par la Commission de Régulation de l’Energie car le prix de l’électricité avait été jugé trop élevé. En 2015, le projet soumis à débat public fut sensiblement le même et le nombre d’éoliennes plus faible ne diminue pas la surface de la zone occupée et les pouvoirs publics s’entêtent sur cette zone. La Commission du Débat Public avait conclu « qu’il apparait légitime que l’Etat étudie de manière approfondie le potentiel de la zone proposée et les contraintes qu’elle pose, afin de pouvoir comparer les avantages et inconvénients d’un maintien de la zone du Tréport et d’un déplacement du parc à l’ouest du chenal de Dieppe ». Les conclusions de la CNDP démontrent bien l’incompréhension face au maintien de la zone. Le constat du manque d’éléments pour respecter le principe du débat public est posé.

11 ans de discussions stériles, 2 débats publics et 2 appels d’offre ont donc été réalisés sur la zone, ce qui démontre bien l‘incohérence du projet ! L’attribution de l’appel d’offre par l’Etat ne préjuge en rien de l‘obtention des différentes autorisations administratives obligatoires !
Les pêcheurs de la façade Manche Est restent fermement opposés au parc éolien de Dieppe/Le Tréport.

Pourquoi ?
– manque de concertation,
– zone particulièrement riche en poissons,
– zone d’intérêt éco-halieutique,
– zone convoitée par tous types de pêche et concentre l’activité de 100 navires pour la Haute-Normandie et le Nord Pas de Calais/Picardie avec une dépendance très forte pour certaines périodes (jusqu’à 100% de dépendance à certaines périodes pour certains navires),
– enjeux de sécurité peu compatibles avec l’activité de pêche (la préfecture maritime ne peut clarifier aujourd’hui le maintien des principes de pêche au sein de la zone),
– l’énergie produite par les éoliennes en mer nécessite des moyens de production complémentaires d’une puissance équitable.

Atteinte grave à l’environnement et au secteur de la pêche !! Au bout de plus de 11 ans de discussions, de non-concertation, de martelage médiatique de la part du promoteur, le secteur de la pêche résiste et signe contre ce projet ahurissant !
Pêcheurs Dieppe-Le Tréport JPEG

 

 

Télécharger le communiqué  CP CRPMEM Haute Normandie 27 Février 2016


 

 

 

 

 

 

 


 

FEDCOMMUNIQUE – 14 janvier 2016 – Fédération Environnement Durable (FED)

Feu vert à la profanation du cimetière marin d’Arromanches et des plages du débarquement.

Au mépris de l’opposition d’une majorité des participants, la Commission d’Enquête publique a rendu un avis favorable au projet de « Parc éolien marin de Courseulles-sur-mer » composé de 75 éoliennes géantes.

En donnant son feu vert à ce parc éolien qui s’étendra sur 50 km², cette commission gouvernementale a donné son accord à la profanation du cimetière marin d’Arromanches et au saccage des plages du débarquement où, le 6 juin 1944, des milliers de soldats ont donné leur vie pour sauver la France et l’Europe de la tyrannie.

La commission du gouvernement avait à choisir entre la collaboration avec les promoteurs éoliens et l’honneur de la France. Elle a choisi la collaboration, et la France aura le déshonneur.

Green light for the desecration of the marine cemetery of Arromanches located in the middle of the D-Day beaches

In defiance of the opposition of the majority of participants, the « National Public Debate Commission » gave a favorable opinion to the « Courseulles offshore wind farm » of 75 offshore giant wind turbines.

In giving the green light for this wind farm covering 50 km², the commission of the Government agreed to the desecration of the marine cemetery of Arromanches and the despoiling of the D-Day beaches, where on 6th June 1944, thousands of soldiers gave their lives to save France and Europe from tyranny.

The government commission had to choose between cooperating with the wind farm promoters and the honor of France. They chose collaboration and France will have the dishonor.

http://fed-info.org/joomla/index.php?option=com_acymailing&ctrl=archive&task=view&mailid=370&key=cW9s44D6&subid=73955-e70c868101d71b9a87a50f7ac0fbd2bf&tmpl=component


COMMUNIQUE – 20 août 2015 – ROBIN DES BOIS

http://www.robindesbois.org/communiques/mer/environnement/2015/exces-de-vitesse-pour-l-eolien-offshore.html

Excès de vitesse pour l’éolien offshore

Les enquêtes publiques pour les zones industrielles éoliennes se déroulent dans des conditions hétéroclites et incohérentes.

Pour le site de Saint Nazaire, estuaire de la Loire, le dossier est consultable du 10 août au 25 septembre.
Pour le site au large de Courseulles-sur-Mer, Baie de Seine, le dossier est consultable du 10 août au 10 octobre.
Pour le site au large de Fécamp, Pays de Caux, le dossier sera consultable du 1er septembre au 8 octobre.

Etant donné la complexité, la nouveauté, la difficulté de reconstituer les effets cumulés des 3 projets sur les oiseaux, les poissons et les mammifères marins et les inégalités d’information, voire les contradictions entre chacun des 3 dossiers, Robin des Bois a aujourd’hui demandé aux autorités compétentes d’étendre à 2 mois la durée de toutes les enquêtes publiques. Cette demande de prorogation et d’homogénéisation est conforme à l’article R 123-6 du Code de l’Environnement et à l’importance stratégique des 3 projets qui consacrent l’industrialisation de la mer, l’appauvrissement volontaire de ses richesses et ressources biologiques et l’expropriation des pêcheurs et autres usagers.


COMMUNIQUE – 10 août 2015 – GARDEZ LES CAPS

Plus de monde au Val-André le 8 août pour écouter l’association Gardez les Caps, qu’en juillet dernier à Erquy  pour écouter le porteur de projet Ailes Marines

300 personnes, 10 associations bretonnes et 4 associations nationales sont venues samedi au Guémadeuc, pour assister à la conférence donnée par l’Association Gardez les Caps, sur invitation de l’A3PVA (Amicale des Pêcheurs Plaisanciers de Pléneuf-Le Val André).

L’association a introduit le débat en rappelant que la France n’a pas besoin de sources d’énergie supplémentaires, puisqu’elle est exportatrice nette d’électricité. De surcroît, EDF est engagée actuellement dans un programme lourd de maintenance et d’amélioration des centrales nucléaires visant à garantir leur fonctionnement pour les 20 prochaines années (50 milliards d’euros, 50 000 emplois créés en 5 ans).

Il convient néanmoins de rechercher des sources d’énergie alternatives dans la perspective d’une diminution de la part du nucléaire en France, selon la loi de transition énergétique. Mais, terrestre ou marin, l’éolien est par nature une source d’énergie intermittente, comme le solaire, et qui plus est imprévisible donc ingérable. C’est ce qu’a démontré André Lenski, rappelant par ailleurs que la France est le meilleur élève de l’Europe, puisque plus de 80% de sa production d’électricité, nucléaire et hydraulique, ne produit pas de CO2 et ne participe donc pas à l’effet de serre.

Jean-claude Moreau a ensuite démontré en utilisant les lois incontournables et irréfutables de la physique et de l’optique, que contrairement aux allégations et démonstrations du porteur de projet, les éoliennes de 216 mètres de haut seront visibles dans toute la baie de Saint-Brieuc, et au-delà, jusqu’à Saint-Malo et Jersey. Par exemple, vues de la plage de la Ville-Berneuf, les éoliennes apparaitront sur l’horizon à une hauteur égale ou supérieure à celle du cap d’Erquy !

Hors l’agression visuelle, c’est bien évidemment toute l’industrie touristique (2ème source d’activité des Côtes-d’Armor avec plus de 10 000 emplois) qui va pâtir de cette transformation d’un paysage naturel en paysage industriel, et en second lieu, l’artisanat, le foncier, etc.

Poursuivant sur les conséquences environnementales, André Lenski a rappelé les informations données par Ailes Marines : pour l’instant, il n’y a pas d’étude d’impact effectuée, et le « point zéro » aujourd’hui réalisé, concernant les poissons, les mammifères marins, les oiseaux,… n’est pas complet.

Le porteur de projet refuse de fournir les données brutes de comptage des populations animales aux associations ornithologiques.

Des études seraient menées sur l’impact des sons et infrasons sur ces populations, mais le porteur de projet a « oublié » de les diffuser.

Les particules de boue, sédiments, etc. créées par les forages des puits destinés à recevoir les fondations des éoliennes (4 puits par éolienne, 62 éoliennes, + la sous-station électrique + le mât de mesure) ne seront pas reprises pour être traitées comme des déchets, mais redescendront par diffusion et gravité jusqu’au fond de la baie, créant ainsi une épaisse couche sédimenteuse stérile : aucune vie (coquilles, palourdes, praires, algues, maërl, etc.) ne résistera à cet enveloppement.

Enfin rien n’est dit sur les 60 000 à 100 000 oiseaux migrateurs contraints de traverser cette zone : certaines statistiques en éolien terrestre font état d’un oiseau par jour et par éolienne, soit pour la baie de Saint-Brieuc 20 000 oiseaux par an …

Le Président Rémi Loyer a rappelé que Gardez les Caps a engagé plusieurs recours en justice contre le projet. Puis il a exhorté l’assistance à s’unir autour des nombreuses associations environnementales qui luttent contre les éoliennes. 10 associations bretonnes et 4 associations nationales étaient présentes à cette réunion, dont la représentante du collectif PULSE arrivant directement du Tréport, Catherine Boutin. Cette dernière a indiqué que tous les élus locaux, les associations, les offices du tourisme, les syndicats de pécheurs du Tréport étaient regroupés dans une même lutte contre un projet identique au nôtre. Ce n’est pas le cas en baie de Saint-Brieuc, puisque un seul élu, l’adjoint au maire de Planguenoual, était présent à cette réunion, alors que tous avaient été conviés.

Jean de La Motte, s’exprimant au nom de la SPPEF a dénoncé une Administration qui ne répond plus aux injonctions de la Commission d’Accès aux Documents Administratifs, qui refuse la transparence sous prétexte  du secret des affaires, qui porte un projet contrevenant à toutes les lois et  les conventions internationales  que la France a signées : loi sur l’eau, la biodiversité, la protection des oiseaux et  des mammifères marins. Des textes qui sont modifies pour exonérer l’éolien  de tout contrôle sur les infrasons et les ultrasons, pour permettre l’éolien terrestre à 1km du rivage et l’offshore à 11 km comme au Tréport, à Saint-Nazaire, ou à l’Ile d’Yeu.

Rappelant qu’en un mois, 10 projets éoliens ont été annulés en France, les associations ont conclu : « Rien n’est perdu, il n’est pas trop tard pour faire annuler un projet pharaonique inutile et désastreux ».

La conférence a été suivie d’un large débat, riche et constructif, entre l’assistance, les conférenciers, et les représentants des autres associations, débat qui a duré pratiquement une heure.

Télécharger le communiqué ici : Gardez les Caps CP 2015-08-10


COMMUNIQUE – 24 juillet 2015 – Fédération Environnement Durable (FED)

Proposé à la tête du géant RTE (1), qui est le député François Brottes ?

François Brottes (2) est le porte-parole de l’industrie éolienne en France. Il est personnellement et à plusieurs reprises intervenu pour réduire la zone de protection entre habitations et éoliennes, soucieux d’offrir le plus grand territoire possible à ses promoteurs. Il a montré qu’il soutient avec constance les intérêts des promoteurs éoliens au détriment de ses concitoyens, au mépris de leurs plaintes.

François Brottes est le promoteur de la doctrine énergétique éolienne et des mesures pour faciliter les implantations au plus proche des habitations, notamment le maintien du seuil inhumain de 500 mètres, rétablissant ainsi la plupart des dispositions que le Sénat avait supprimées et qui étaient destinées à protéger la santé de riverains victimes des parcs éoliens.

En faisant légalement retenir à ce sujet le principe de décisions prenant en compte les seules études d’impacts élaborées par les cabinets d’études choisis par promoteurs, il laisse les communes sans contre-pouvoir démocratique et les citoyens sans possibilité de contestation du choix des méthodologies et de la sincérité des conclusions retenues.

Grâce à son action personnelle, sa pratique d’une procédure législative des plus contestables, comme en fait foi la saisine hier de fait du Conseil Constitutionnel par les sénateurs, les promoteurs éoliens ont obtenu ce qu’ils demandaient, ils vont ainsi pouvoir couvrir d’éoliennes impunément, les terres agricoles, les forêts, les grands paysages, les villages de toutes les communes de France.

Pour raccorder les éoliennes, RTE, la future entreprise de François Brottes, va couvrir la France de milliers de km de nouvelles lignes à haute tension, planter des dizaines de milliers de pylônes, privant les habitants des zones rurales de leurs droits à vivre en harmonie avec leur environnement.

Comme de nombreux élus et personnalités de tous les horizons politiques, la Fédération Environnement Durable s’interroge sur l’extraordinaire coïncidence entre cette proposition de nomination à la tête de la filiale d’EDF par le Président François Hollande et la Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, Ségolène Royal, et son implication personnelle pour faire voter dans la précipitation et contre l’avis du Sénat la loi sur la Transition Énergétique qui va assurer pour plusieurs dizaines d’années le business plan de sa future entreprise.

Bien qu’il n’y ait pas de commission de déontologie pour permettre le passage dans le privé d’un député ou d’un sénateur, après validation par la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), François Brottes devrait prendre ses fonctions le 1er septembre prochain.

Avec un salaire fixe voisin de 394.000 euros par an, salaire variable compris (3), son poste de Député n’était qu’un tremplin.
Félicitations

(1) RTE, Réseau de Transport d’Electricité. Chiffre d’affaires était en 2014 de 4,5 milliards d’euros C’est une entreprise de service dont la mission fondamentale est d’assurer à tous ses clients l’accès à une alimentation électrique économique, sûre et propre. RTE connecte ses clients par une infrastructure adaptée et leur fournit tous les outils et services qui leur permettent d’en tirer parti pour répondre à leurs besoins, dans un souci d’efficacité économique, de respect de l’environnement et de sécurité d’approvisionnement en énergie.

A cet effet, RTE exploite, maintient et développe le réseau à haute et très haute tension. Il est le garant du bon fonctionnement et de la sûreté du système électrique. RTE achemine l’électricité entre les fournisseurs d’électricité (français et européens) et les consommateurs, qu’ils soient distributeurs d’électricité ou industriels directement raccordés au réseau de transport.

Avec 100 000 km de lignes comprises entre 63 000 et 400 000 volts et 48 lignes transfrontalières, le réseau géré par RTE est le plus important d’Europe. RTE emploie 8 500 salariés.

(2) François Brottes :
– Un ami de François Hollande, conseiller pour l’énergie du Président pendant sa campagne électorale.
– Le président de la commission des affaires économiques à l’Assemblée nationale depuis juin 2012.
– Le président de la commission spéciale sur la loi de transition énergétique.
– Le président de la commission spéciale en charge de la loi Macaron.
– Un parlementaire qui bascule dans le monde de l’entreprise en reconnaissance des services rendus.

(3) Source JDD http://www.lejdd.fr/Economie/Le-depute-Francois-Brottes-specialiste-de-l-energie-va-diriger-unefiliale-d-EDF-743502

Contact  Jean-Louis Butré, contact@environnementdurable.net
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COMMUNIQUE – 29 juin 2015 – Fédération Environnement Durable (FED)

Business éolien offshore : pour un bétonnage durable des fonds marins !!!

Selon les sources officielles du Ministère de l’écologie (1), pour ériger le parc offshore de Fécamp, 2 millions de tonnes de matériaux de construction divers et variés, dont 140.000 tonnes de béton, seront déversées dans la mer, à 11 km de la côte, sur des zones benthiques, point de départ de la chaîne trophique alimentaire de la faune marine.

A ce rythme les travaux pharaoniques des 5 parcs éoliens offshore du Gouvernement écologique de François Hollande nécessiteront autant de tonnes de béton, de granulats et de roches de construction diverses que le mur de l’Atlantique d’Hitler qui lui, était resté sur le littoral (2).

Ce milieu marin fragile, dont la richesse et la biodiversité devraient être protégées en priorité par le Ministère de l’écologie et du développement durable, va être avec son plein accord, méthodiquement détruit par les bétonneurs de l’écolo-business.

(1) Autorité Environnementale : Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable. Avis délibéré de l’Autorité environnementale sur le projet de parc éolien en mer de Fécamp, incluant le raccordement électrique, la base de maintenance et le site de fabrication des fondations gravitaires (76) (ref 2015/24 p10) Source Reporterre

(2) Le poids total du mur de l’Atlantique est estimé à 11 millions de tonnes.
FED, Bétonnage des fonds marins


COMMUNIQUE – 2 juin 2015 – Fédération Environnement Durable (FED)

Eoliennes, canicule, et cruelle réalité des statistiques officielles : à quand l’affichage des records minimum

Le 29 juin 2015 à 21 heures, la production totale instantanée d’électricité d’origine solaire et éolienne a été en France inférieure à 1,1%*.

Le même jour à 16 heures, les  6 000 éoliennes hexagonales étaient quasiment à l’arrêt. Elles n’ont fourni que 0,6%* de l’électricité dont la France avait besoin*.

Triste record, ces fleurons de la transition énergétique imposés à marche forcée au monde rural, sont parfaitement incapables de faire face à une  journée de canicule, les éoliennes seules n’étaient même plus capables de rafraichir leurs riverains.

Ces quelques chiffres suffisent à rappeler que l’éolien et le solaire sont fondamentalement des énergies intermittentes qui ont recours à des énergies fossiles pour subsister en l’absence de vent ou de soleil. Et comme le souligne l’Académie des Sciences dans son avis du 22 janvier 2015, la multiplication des éoliennes  « pourrait conduire à une augmentation paradoxale des émissions de gaz à effet de serre, dégradant ainsi (notre) position favorable en matière d’émission de CO2, de coût pour l’usager et de compétitivité industrielle. »

* Références, RTE, infoclimat.fr

Contact  Jean-Louis Butré, contact@environnementdurable.net


COMMUNIQUE DE PRESSE – 6 octobre 2014 – GARDEZ LES CAPS

Grands Sites de France, les caps d’Erquy et de Fréhel sont menacés à 16 km de leurs côtes par une usine éolienne de 8000 hectares et d’une hauteur de 215 mètres

Le Grand Site Cap d’Erquy-Cap Fréhel (Côtes d’Armor) a accueilli ce week-end les 16èmes rencontres du Réseau des Grands Sites de France. Le communiqué de presse de ces rencontres nous rappelle officiellement que « Le Grand Site Cap d’Erquy-Cap Fréhel est un des sites les plus emblématiques de Bretagne, par la richesse de son patrimoine paysager naturel et culturel ».

Or, l’Etat envisage aujourd’hui la construction d’une usine électrique éolienne en mer par un promoteur privé (actionnaires anglais et espagnol), à 16km du site : 8 000 hectares de la baie de Saint-Brieuc réquisitionnés, 62 éoliennes de plus de 210 m de haut flashant nuit et jour, rouge/blanc tous les quarts de seconde.

Le site protégé offre un remarquable espace naturel ouvert, avec une visibilité complète de l’horizon, des paysages spectaculaires porteurs de richesse économique (environ 1 600 000 visiteurs chaque année), de richesse environnementale, et contribuant au bien être et à la qualité de vie dans les Côtes d’Armor.

Comment expliquer cette décision d’implanter une industrie éolienne dans un site dont les paysages, les écosystèmes terrestres et marins ont justifié depuis longtemps des protections nationales et européennes ?

En face des deux caps (Erquy 60m, Fréhel 70m), l’usine, d’une autre échelle avec plus de 210m de hauteur, affirmera une présence industrielle de manière agressive. L’Unesco avait demandé à l’Etat en 2012, de renoncer au projet d’usine éolienne dans la baie du Mont-Saint-Michel : « visibles même à plus de 20 km de distance – tel le parc éolien de Trémeheuc, situé à environ 23km du site » (…) considérant entre autre que « Le mouvement des hélices des éoliennes dans la journée et les lumières la nuit ont un effet préjudiciable à ce qui est considéré comme un paysage éternel de terre et d’eau ».

Accompagnant la transformation banalisante d’un paysage identitaire des Côtes d’Armor, l’atteinte environnementale sera tragique quand on connaît les nuisances associées à l’implantation et au fonctionnement d’une usine éolienne en mer (forage/bétonnage des fonds marins, pollutions accidentelles, trafic humain, pollution sonore, turbidité, destruction des habitats). Or, l’implantation envisagée pour la centrale électrique se situe entre deux espaces marins protégés Natura 2000.

En juin 2010, une mission d’étude a été mise en place par l’Agence des aires marines protégées en vue de la création du Parc naturel marin du Golfe Normand-Breton, décidé par arrêté ministériel. A cette date, le périmètre du futur parc s’étendait de la pointe de la Hague à Bréhat, protégeant les baies de Saint-Brieuc, de Saint-Malo, et du Mont-Saint-Michel. 2012, les Pouvoirs publics décident l’implantation d’un parc éolien industriel en baie de Saint-Brieuc, la limite ouest du Parc naturel n’englobe plus la baie de Saint-Brieuc, ni le cap d’Erquy, la limite administrative s’arrête désormais avant le cap Fréhel.

Les deux caps et les deux baies forment pourtant un territoire continu homogène. 300 grands dauphins (plus importante colonie d’Europe) vivent entre la baie du Mont Saint-Michel et la baie de Saint-Brieuc. Début septembre, un banc d’une centaine d’entre eux est resté plusieurs jours au large de Plérin (ouest de la baie de Saint-Brieuc). Protégés par plusieurs conventions européennes et internationales (CITES, Convention de Berne, Directive européenne ZSC), les grands dauphins sont extrêmement sensibles aux ondes sonores. Dans l’eau, les ondes sonores se propagent à de très grandes distances et ont sur les mammifères marins des effets comportementaux, des effets auditifs (surdité temporaire ou définitive), des effets physiologiques directs qui peuvent avoir des conséquences fatales. Il en va de même pour les mollusques bivalves. Hors, la construction de l’usine électrique est prévue au centre d’une zone marine dont la diversité du peuplement benthique est particulièrement riche, avec notamment le gisement naturel classé de coquilles Saint Jacques !

Cette zone est aussi une aire de migration pour l’avifaune. Depuis toujours, la baie de Saint-Brieuc est un carrefour de migration, 40 000 oiseaux de 112 espèces différentes peuvent y être observés, dont des espèces rares et menacées comme le Plongeon imbrin ou le Puffin des Baléares.

A terre, les statuts de protection de la baie de Saint-Brieuc sont nombreux : six Z.N.I.E.F.F. (Zones Naturelles d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique), une Z.I.C.O. (Zone d’Importance Communautaire), deux Z.P.S. (zone de protection spéciale au titre de la directive Oiseaux), plusieurs zones Natura 2000, l’ensemble formant un vaste site protégé englobant les caps d’Erquy, de Fréhel ainsi que la baie de la Fresnaye.

Alors, force est de constater des règles de protection des sites et des écosystèmes flexibles, s’adaptant à la convoitise des acteurs économiques plutôt que de servir d’outils d’aménagement durable du territoire, des politiques publiques sans cohérence menant à la coexistence de conduites d’aménagement contradictoires.

Les grands paysages naturels sont rares en Bretagne. Massacrant l’écosystème de la baie de Saint-Brieuc, l’économie locale (pêche, plaisance, tourisme), le cadre de vie de ses habitants, le projet éolien s’inscrit en contradiction avec les politiques de préservation menées pendant des dizaines d’années, avec le label Grand Site de France, avec les millions d’euros investis pour protéger, aménager, développer. Ce projet est un exemple supplémentaire du productivisme imposé à la Bretagne au mépris de ses potentialités.


ROBIN DES BOIS, Communiqué du 6 juin 2014 Robindesbois.org

L’horizon et les plages du D-Day menacés par une zone industrielle. http://www.robindesbois.org/communiques/mer/environnement/2014/horizon-et-les-plages-day-menaces-zone-industrielle.html

La zone industrielle maritime occupera 50 km2 et sera hérissée par 75 monstres d’acier et de matériaux composites non recyclables de 150 m d’envergure. Ils culmineront à 180 m au dessus de la mer. Les fonds marins seront percés par les pieux de fondation. Les sédiments marins seront occupés par un fouillis de câbles électriques. Chaque machine pèsera au minimum 1500 tonnes. Aucune éolienne de ce type et de cette puissance, 6 Mw, n’a prouvé en condition réelle sa capacité de résistance et de productivité.

Les projets démesurés d’usines éoliennes au large de Noirmoutier, de Saint-Nazaire, de Saint-Brieuc, des plages du Débarquement, de Fécamp et du Tréport sont promus et mis en œuvre par Alstom, AREVA et EDF, ceux-là même qui ont imposé à la France le miracle nucléaire. La prudence s’impose.

Les paysages maritimes font partie du patrimoine, de la richesse et de l’attraction de la France. Les risques environnementaux, technologiques et financiers sont sous-estimés. La sécurité maritime est négligée.

Face au déluge de promesses fantaisistes, aux incertitudes techniques et financières et à la course au gigantisme, Robin des Bois réclame une pause et une réflexion objective sur la mise en place des énergies marines.