Après Le Touquet, Saint-Brieuc ?

Éolien en mer, la fin du « n’importe comment (1) » ?

Le Ministre de la Transition Écologique et Solidaire, Nicolas Hulot, vient d’annoncer la suspension du projet éolien en mer de la Bassure de Bass face au Touquet, c’est une surprise et une excellente nouvelle pour les professionnels de la pêche, les élus, les commerçants et les riverains. Pour la première fois l’importance de la concertation et du caractère primordial de l’avis de la population est reconnue.

Le Tréport

C’est également une grande satisfaction pour les associations qui dénoncent depuis de nombreuses années les risques que font courir ces projets à l’environnement et à l’économie locale. La contribution de ces machines à la réduction des émissions de CO2 et à la production électrique est négligeable, leur coût considérable est supporté par les citoyens pour le plus grand profit des promoteurs (2).

Les associations notent aussi avec beaucoup d’intérêt le souci du ministre d’analyser l’impact cumulé des différents projets lancés sur le littoral Manche-Atlantique, auxquels il conviendra cependant d’ajouter les effets des sites existants d’Angleterre et d’Europe du Nord. Cette étude globale   demandée   depuis de nombreuses années par les associations, permettra de prendre pleinement conscience de leurs conséquences désastreuses pour l’environnement (3).

Les associations constatent enfin que la réactivité et l’implication des élus du Touquet ont permis de faire évoluer l’approche du Ministre sur ce projet, ce qui est une novation.

Elles espèrent que cette démarche sera étendue à l’ensemble des projets éoliens du littoral en cours, et en particulier à celui de Dieppe le Tréport, qui cumule à   lui seul tous les « n’importe comment » depuis plus de dix ans.

Communiqué de POUR UN LITTORAL SANS ÉOLIENNE (PULSE) o SANS OFF SHORE A L’HORIZON o SAUVEGARDE DES CÔTES D’OPALE PICARDE ET D’ALBÂTRE
Contacts Le Tréport, Gérard BILON, p.soshorizon@orange.fr, tel 0679517933 et Georges CLÉMENT, scopaas@orange.fr, tel 0672281036

(1) Nicolas HULOT 9 Juin 2017 http://www.lavoixdunord.fr/175222/article/2017-06-09/nicolas-hulot-pour-les-eoliennes-en-mer-mais-pas-n-importe-comment

(2) Obligation d’achat par EDF à 220€ le MWh alors que le prix du marché est de 45€ le MWh.

(3) De récentes photos de la NASA mettent en évidence la turbidité créée par les éoliennes sur le site éolien Anglais de THANET installé sur des fonds sableux. https://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=89063 Cette turbidité créée par les courants de marée au pied des machines a détruit la ressource halieutique dans toute la zone, faisant disparaître les poissons et… les pêcheurs. Les sols sableux du littoral Normand et Picard seraient à l’origine du même phénomène avec les mêmes conséquences pour l’environnement et la pêche.

Pêcheurs et Associations s’unissent pour dénoncer les incohérences de l’Etat français dans le développement de l’éolien en mer

PLAINTE A LA COMMISSION EUROPEENNE

Les projets d’éolien en mer français autorisés sur la façade Manche-Atlantique sont tous en contradiction avec les politiques de protection de l’environnement marin.

Une plainte a été déposée le 13 juin 2017 auprès de la Commission Européenne pour infractions au droit communautaire.

L’Etat français, depuis 2012, conduit à marche forcée des méga-projets d’éolien posé en mer au plus près des côtes et dans des sites protégés et préservés jusqu’à aujourd’hui.

Six projets ont déjà été autorisés par décision préfectorale au mépris de l’activité des pêcheurs côtiers, de l’économie touristique, de l’avis des populations riveraines, de la vie marine. Trois autres projets sont sur le point de l’être.

Ces projets sont attribués à des prix garantis exorbitants : 220 € à 227 €/MWh hors raccordement, c’est à dire deux à trois fois plus cher que des projets comparables en Allemagne ou au Danemark.

De plus l’intermittence de l’éolien oblige à construire des centrales à gaz (par exemple à Landivisiau), ce qui augmente d’autant les émissions de gaz à effet de serre.

De Dunkerque à Oléron, chaque site prévoit de 62 à 83 éoliennes de 185 à 216 mètres de haut. Ces centaines d’éoliennes vont industrialiser un littoral dont le développement économique est basé sur la pêche et le tourisme. Des dizaines de milliers d’emplois sont menacés dans la pêche maritime côtière et l’activité touristique littorale.

La biodiversité marine est exceptionnelle sur cette façade maritime, générant des ressources halieutiques riches et diversifiées qui sont gérées durablement, une faune et une avifaune abondantes, dont de nombreuses espèces rares et d’intérêt international.

Qu’importe ! Le Ministère français de l’Environnement, de l’Energie, et de la Mer multiplie les dérogations à la destruction des habitats et espèces protégées.

Volontarisme politique et parodie de concertation démocratique rythment l’avancement de ces projets hautement subventionnés qui priment les activités économiques existantes et bafouent les règles de protection des écosystèmes marins.

Pourtant, la santé des écosystèmes marins est indispensable à celle de la planète. La préservation de ce patrimoine commun nous concerne tous.

La Plainte s’articule en six points concernant les infractions :

  • aux obligations relatives à l’évaluation environnementale préalable,
  • à la planification de l’espace maritime,
  • à l’information et à la participation du public au processus décisionnel,
  • à la protection de la faune et de son habitat,
  • à l’organisation du marché intérieur de l’énergie,
  • à l’interdiction des aides d’Etat.

Les parties intéressées

Collectif Pour Un littoral Sans Eolienne (PULSE) o Comité Départemental des Pêches du Nord o Comité Régional des Pêches Maritimes et des Elevages Marins des Hauts de France o Les Pêcheurs de la Seine-Maritime o Fédération Environnement Durable o Vent de Colère o Robin des Bois o Sites et Monuments (SPPEF) o Belle Normandie Environnement o Associations du Tréport et des Côtes d’Opale Picarde et d’Albâtre o Associations de Fécamp o Associations de Courseulles et d’Arromanches o Associations des baies de Saint-Malo et de Saint-Brieuc o Associations de St Nazaire-Guérande et de la baie de Pornichet-La Baule-Le Pouliguen o Association NENY de Yeu-Noirmoutier

Télécharger le communiqué de presse  Communiqué Plainte UE 2017-07-04

Plainte UE

 

Baie de Saint-Brieuc. Les échouages massifs d’araignées de mer seraient-ils dus aux algues vertes ?

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Plage des Rosaires

En juin, des milliers d’araignées de mer ont été rejetées par la mer sur la plage des Rosaires dans la baie de Saint-Brieuc. Début juin, ces échouages ont été attribués à la tempête qui a balayé les Côtes d’Armor. Puis à la canicule et aux courants. Et maintenant aux algues vertes.
http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/cotes-d-armor/plerin-centaines-araignees-mer-echouees-plage-1285141.html

Pour Frédéric Jean, professeur spécialisé en écologie marine, les échouages d’araignées de ces derniers jours à Plérin sont dus à l’accumulation des algues vertes qui pompent tout l’oxygène des fonds marins. http://www.letelegramme.fr/bretagne/plerin-les-araignees-victimes-des-algues-vertes-01-07-2017-11579053.php

Plage de la Grandville à Hillion ©Ouest-France

A Hillion, l’accès à la plage de la Grandville a été interdit par arrêté municipal pour une « période indéterminée ».

La préfecture a publié un nouvel inventaire des 78 vasières et zones à risques sur une soixantaine de communes des Côtes d’Armor.

http://www.ouest-france.fr/bretagne/cotes-darmor/algues-vertes-cotes-d-armor-la-liste-des-78-vasieres-dangereuses-5096179

La pollution aux algues vertes infeste les plages des Côtes d’Armor depuis un demi-siècle. Fraîchement échouées, ces algues sont inoffensives, mais après 48 heures, elles se décomposent en dégageant du sulfure d’hydrogène, un gaz très toxique.

A l’origine, l’Ifremer identifie une pollution continue des eaux par l’agriculture intensive et ses rejets de nitrates. On notera que le Conseil Régional présidé par Jean-Yves Le Drian a supprimé ses aides à un conseil scientifique indépendant qui travaillait justement sur les algues vertes …
http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/algues-vertes-en-bretagne-des-verites-qui-derangent_1717785.html

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Ailes Marines fait réaliser des sondages et carottages dans la baie de Saint-Brieuc.

Le site du Comité des Pêches des Côtes d’Armor informe qu’ « Une campagne géotechnique est prévue de mi-juin à mi-septembre 2017 par le développeur éolien (Ailes Marines). Il réalisera des carottages et des tests de pénétration à l’emplacement de chaque éolienne et sur les routes de câbles. »  http://cdpmem22.fr/actualites.php?news=93-campagne-geotechnique-sur-la-zone-du-futur-parc-eolien-15-06-2017

Et publie un rapport quotidien indiquant les emplacements sondés et les intentions pour les 48 prochaines heures.  http://cdpmem22.fr/images/upload/actualite_eolien/rapport_quotidien_geotechnique/Fishing_DPR_3_16062017.pdf

Faut-il comprendre qu’Ailes Marines n’a toujours pas une connaissance précise de la composition du sous-sol marin de la baie de Saint-Brieuc ? http://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-brieuc-22000/cotes-d-armor-ce-gigantesque-bateau-creuse-des-trous-sous-la-mer-5093429

Gargano

le Gargano (72 m x 16 m)

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le Fugro Synergy (104m × 20m)

Glomar Vantage

le Glomar Vantage (56 m x 11 m)

Nicolas Hulot « Je suis pour les éoliennes en mer mais pas n’importe comment »

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En visite dans une ferme du Pas-de-Calais, Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, a répondu aux journalistes de La Voix du Nord, notamment au sujet du projet éolien en mer au large de Berck.

Question : Le projet d’éoliennes en mer, c’est le grand sujet de discorde en ce moment dans le secteur. Êtes-vous pour ou contre ce projet ?

« Je suis pour les éoliennes en mer mais pas n’importe comment. Et dans un cadre de consultation. Les territoires doivent engager ces consultations et ensuite chacun devra prendre ses responsabilités par rapport à ce qui sort de cette consultation. J’ai quand même bien entendu que le projet tel qu’il a été proposé ne remporte pas une grande adhésion. Donc, on va en tenir compte. Parce que si on veut que ce secteur se développe, il ne faut pas l’imposer, mais le réfléchir ensemble. Je vais tenir compte des résultats de cette consultation. »

Lire l’article de La voix du Nord http://www.lavoixdunord.fr/175222/article/2017-06-09/nicolas-hulot-pour-les-eoliennes-en-mer-mais-pas-n-importe-comment#

Le Peuple des Dunes en Trégor écrit à Nicolas Hulot

index-89f7eDepuis plus de quatre ans Le Peuple des Dunes en Trégor se bat contre un projet industriel d’extraction de sable coquillier dans une dune hydraulique de la baie de Lannion.

En dépit de la mobilisation très importante des riverains et des élus, le Ministre et le Préfet ont signé le décret autorisant les extractions de sable.

Le 6 juin dernier, Le Peuple des Dunes en Trégor a écrit à Nicolas Hulot, demandant l’abrogation du décret ministériel.

Rappelons qu’en septembre 2013, Nicolas Hulot avait lui même écrit à Arnaud Montebourg, alors ministre du redressement productif, pour lui demander de ne pas donner suite à cette demande de concession.  » La Fondation vous demande, Monsieur le Ministre, de ne pas donner suite à cette demande de concession d’un projet nécessairement temporaire, dont seules les conséquences sur l’écosystème marin et littoral comme sur l’économie seront durables, au détriment des richesses produites par une exploitation des ressources vivantes et renouvelables de la mer, par définition pérenne.« 

o Lettre de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, septembre 2013 2013-09-30 Fondation Nicolas Hulot

o Lettre du Peuple des dunes en Trégor, juin 2017 2017-06-06 Peuples des Dunes en Trégor

Des images de la NASA révèlent les panaches turbides qui se forment au pied des éoliennes en mer

Depuis une dizaine d’années, les satellites ont repéré en mer du Nord des points blancs suivis de panaches marrons. Ces points sont en fait des éoliennes donnant naissance à des panaches de sédiments en suspension de plusieurs kilomètres de long.

Les images qui suivent ont été captées le 30 juin 2015 avec l’Imagerie terrestre opérationnelle (OLI) sur le satellite Landsat 8. Elles représentent les complexes éoliens en mer anglais de Thanet, London Array et Greater Gabbard au large de l’embouchure de la Tamise.

Ces images révèlent les panaches de sédiments soulevés par les tourbillons générés par les courants des marées au pied des fondations des éoliennes en mer.

A chaque marée, ces panaches de sédiments se propagent sur plusieurs dizaine de kilomètres perturbant sévèrement la qualité de la colonne d’eau et par conséquence, la ressource halieutique de la zone. Un handicap supplémentaire pour la pêche

De tels panaches turbides ne manqueraient pas de se produire sur les sites envisagés en France sur la façade Manche Atlantique, situés pour tout ou partie dans des zones sableuses avec de forts courants de marée.

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Dans un article de 2014, des chercheurs ont analysé l’imagerie satellitaire et ont constaté que ces panaches peuvent mesurer de 30 à 150 mètres de large et jusqu’à plusieurs kilomètres de long.

« Le fait que les panaches soient plus marrons que les eaux environnantes montre qu’ils contiennent davantage de sédiments en suspension », a déclaré Quinten Vanhellemont, chercheur au Royal Belgian Institute of Natural Sciences et auteur principal du document de 2014. « Cela montre que l’implantation d’éoliennes en mer, modifie non seulement le champ de vent au-dessus de la surface de la mer (ce qui est attendu puisqu’ils extraient l’énergie éolienne), mais modifie également les courants et le transport de sédiments dans l’eau ».

Vanhellemont explique que les panaches sont générés par les courants de marées se déplaçant autour de la base de l’éolienne. La direction et la courbure des panaches dépendent de la direction générale du courant. Par exemple, l’image de London Array a été captée en marée montante, de sorte que les panaches suivent le courant vers le nord. Mais la marée dans cette zone se renverse toutes les six heures, « de sorte que les panaches sont très dynamiques au cours d’une journée ».
https://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=89063 

La baie de Saint-Brieuc dit NON à l’industrialisation de la mer

Le 18 avril 2017, à 5 jours de l’élection présidentielle, le jour même où il a été désavoué par la justice dans sa planification éolienne terrestre (annulation du schéma éolien de la région Bretagne), l’ancien gouvernement est passé en force sur l’éolien en mer en accordant toutes les dérogations et feux verts administratifs permettant au promoteur anglo-hispanique Ailes Marines de construire une usine électrique de 496 MW dans la baie de Saint-Brieuc, un domaine public maritime protégé. La concession est de 40 ans.

Les arrêtés sont téléchargeables sur le site de la préfecture : http://www.cotes-darmor.gouv.fr/Publications/Recueil-des-Actes-Administratifs-RAA/AVRIL-2017  Recueil spécial n°33 du 19 avril 2017 parties 1 à 5

CaroualAvant même que soient délivrés ces arrêtés par le Préfet des Côtes d’Armor, la ministre de l’Environnement avait signé et publié le 28 mars, un arrêté portant déclaration d’utilité publique pour créer une liaison électrique de deux câbles de 225 000 Volts entre la station électrique en mer appartenant à Ailes Marines au transformateur de la Doberie à Hénansal appartenant à RTE.  https://www.legifrance.gouv.fr/eli/arrete/2017/3/28/DEVR1709832A/jo/texte

« Le préfet (des Côtes d’Armor) approuve simultanément la qualité des enquêtes réalisées, l’intérêt général du projet et sa compatibilité avec les grands enjeux environnementaux identifiés. » cite Ailes Marines dans son communiqué de presse.

Ainsi, l’emporte le primat du politique sur la protection de l’environnement et des hommes, sur l’opinion des populations concernées, un déni de réalité et de démocratie qui a nourri une surenchère de contrevérités et d’affirmations erronées pour justifier un choix politique.

Reprenons une à une 4 affirmations catégoriques contraires à la réalité des faits pour certaines, fortement discutables pour d’autres.

« 850 000 bretons alimentés » ?

Le promoteur Ailes Marines annonce que les 62 éoliennes développant 496 MW de puissance nominale, fourniront la consommation électrique de 850.000 bretons, chiffre repris par les autorités départementales et régionales sans la moindre indication des hypothèses de consommation.

Or, un calcul simple prenant en compte les données INSEE et RTE, montre que l’énergie qui sera produite par la centrale d’Ailes Marines pendant 1 an, équivaut à la consommation annuelle moyenne de 400.000 bretons pour leurs besoins personnels, ou de 200.000 bretons si on intègre l’énergie électrique nécessaire aux entreprises, aux transports, etc. On est bien loin des 850.000 bretons annoncés par le promoteur !

Et en l’absence de vent, le complexe éolien alimentera 0 breton, ce sont les sources d’énergie continues et pilotables qui seront à l’oeuvre : les centrales nucléaires, les centrales thermiques conventionnelles, les barrages si leur niveau le permet.

LIRE la note explicative de Jean-Claude Moreau  Production électrique et Consommation JC. Moreau

« L’intérêt général du projet » ?

A probablement 227 euros le MWh hors raccordement, tarif garanti et indexé pendant 20 ans, soit un prix 5 fois supérieur au prix du marché, financé par les consommateurs via la CSPE qui augmente chaque année sur nos factures d’électricité, il est légitime de s’interroger sur l’intérêt général de ce projet !

D’autant qu’en mer du Nord qui bénéficie de vents forts et réguliers et de hauts fonds, les tarifs poursuivent leur baisse et se dispensent même des mécanismes de soutien. En Allemagne, Dong et EnBW vendront l’électricité des derniers appels d’offres remportés au prix de marché de l’électricité au moment où les complexes seront mis en service, soit entre 2021 et 2025, comme le projet de Saint-Brieuc et les autres projets en mer français. Le prix de marché moyen en Allemagne s’est élevé l’an dernier à 29 euros le MWh : à ce prix, l’électricité de ces complexes serait à 33,4 euros le MWh hors raccordementEn novembre 2016 le parc danois de Kriegers Flak a été remporté par Dong et Vattenfall, au prix de 49,90 euros le MWh hors raccordement. sur une durée estimée à 12 ans.

« 2000 emplois » ?

Quels emplois ? Où ? Aucune précision n’est donnée, si ce n’est parfois l’indication géographique « Grand Ouest. » Il n’y a plus de filière industrielle éolienne française. Areva a cédé ADWEN à Gamesa- Siemens. Alstom a été racheté par General Electric. Aucune certitude sur les 2 usines prévues au Havre.

Par contre, avec le tourisme littoral, la pêche est le centre de gravité de l’économie des Côtes d’Armor.

Port_ErquyPECHE : Combien d’emplois seront perdus ? En valeur débarquée, Erquy et Saint-Quay-Portieux se placent au 3ème rang des 42 criées françaises. La bande côtière des 12 miles fait vivre plus des 2/3 de la flotte. L’implantation d’un complexe éolien en mer signifie la dégradation de la ressource, la perte de zones de pêche, un espace morcelé, anthropisé, conflictuel, l’augmentation du trafic, des fonds devenus dangereux, etc.

Pléneuf-Val AndréTOURISME : Combien d’emplois sont menacés ? Le littoral est dépendant économiquement du tourisme. Avec la perte de l’horizon et des plages artificialisées, quel impact sur les touristes ?

« Compatibilité avec les grands enjeux environnementaux identifiés » ?

Faut-il encore le rappeler, la baie de Saint-Brieuc, 5ème baie du monde pour l’amplitude de ses marées, jouit d’un écosystème marin spécifique, reconnu d’importance internationale. Toutes les études d’impact menées ont révélé des zones de grande portée européenne pour certaines espèces inscrites à toutes les listes rouges. L’industrialisation de la baie entrainera de graves pertes d’habitats sans aucune aire de report pour les oiseaux, tous les hauts plateaux de substrats grossiers de faible profondeur sur le littoral français sont pressentis pour accueillir des éoliennes, comme dans toute l’Europe, et dans une même période de quelques décennies. Les espèces qui utilisent spécifiquement ces habitats sont condamnées …

En juillet dernier, la ministre de l’environnement Ségolène Royal a accordé au promoteur Ailes Marines des dérogations à l’interdiction de porter atteinte à l’habitat et aux espèces de trois oiseaux (Guillemot de Troil, Macareux moine et Pingouin torda) et de trois mammifères marins (Marsouin commun, Grand Dauphin et Phoque gris).

LIRE l’avis de Ségolène Royal  Dérogation 5.5-_avis_conforme_de_la_ministre

Green energyMais il n’y a pas que les oiseaux de mer. La Manche est un couloir de migration majeur du Paléarctique occidental. Ces couloirs sont dictés par le littoral, la géographie et la physionomie des lieux et ne s’adapteront pas forcément aux infrastructures.

Comme la baie du Mont-Saint-Michel, la baie de Saint-Brieuc est un entonnoir. Le projet de l’Etat va mettre une barrière lumineuse mortelle en travers d’une baie ouverte qui se rétrécit sur une mer étroite servant de canal de transit. Toutes les migrations automnales des oiseaux terrestres traversent la terre en « entrant » par la baie de Saint-Brieuc ou par la baie du Mont St-Michel. 80 à 90% des transits des oiseaux terrestres et marins sont nocturnes … Il en va de même pour les chauves-souris migratrices. Enfin, les mammifères marins seront « chassés » d’une immense zone de leur habitat (Marsouin commun, Grand Dauphin, Dauphin de Risso…) avec pourtant des populations menacées dont la France est sensée protéger les habitats …

A 5 jours de l’élection présidentielle, le Préfet des Côtes d’Armor donne un feu vert au projet éolien de la baie de Saint-Brieuc

Cap d'ERQUY- Le Guen

Quelle ironie ! A 5 jours de l’élection présidentielle, au moment-même ou le gouvernement est désavoué par la justice dans sa planification éolienne terrestre, avec l’annulation du schéma éolien de la région Bretagne mardi 18 avril par la cour administrative d’appel de Nantes, le gouvernement force la vapeur sur l’éolien en mer en donnant son feu vert à l’implantation de 62 machines industrielles plus une station électrique dans une baie qui bénéficie à titres divers de fortes protections environnementales nationales et internationales !

Le 28 mars dernier, avant même que soit publié cet arrêté autorisant le promoteur anglo-hispanique Ailes Marines à implanter une usine électrique dans la baie de Saint-Brieuc, Ségolène Royal avait déjà signé et publié un arrêté portant déclaration d’utilité publique pour la création d’une liaison électrique de deux câbles de 225 000 Volts reliant la station électrique en mer prévue par Ailes Marines au transformateur de la Doberie à Hénansal.

Faut-il assimiler ce déni démocratique et environnemental à une stratégie de défense ? Le primat du politique permet toutes les extravagances pour mieux manipuler les citoyens au mépris des directives environnementales de l’Union Européenne.

Dernière ironie, l’annulation du schéma éolien terrestre de la région Bretagne repose sur le non respect des sites emblématiques bretons. L’atteinte aux sites emblématiques et aux paysages des caps d’Erquy et de Fréhel sera plus grave encore avec le projet en mer de Saint-Brieuc : 62 machines de 216 m de haut flashant et tournoyant à 280 km/heure en bout de pales, pour produire en un an à peine une journée de la consommation électrique française avec une électricité de mauvaise qualité (intermittente et aléatoire), à un prix 5 fois supérieur au prix du marché, financée par les consommateurs, et sans création d’emplois.

Vote défavorable des élus de Pléneuf-Val-André au projet de centrale éolienne dans la baie de St-Brieuc

17 février 2017

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Dan Tysk, station électrique

A la demande du préfet des Côtes d’Armor, les élus de Pléneuf-Val-André ont eu à se prononcer sur l’approbation du raccordement à terre de la centrale électrique éolienne en projet dans la baie. Rappelons que faute d’informations suffisantes sur ce projet, les élus y avaient déjà donné un avis défavorable en émettant des réserves. Les courriers de demande de précisions auprès de l’administration préfectorale sont restés sans réponse !

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Dan Tysk, pose d’un câble de raccordement

Jean-Yves Lebas, maire de Pléneuf-Val-André a expliqué qu’il « trouvait inadmissible que l’administration préfectorale ne daigne pas répondre aux interrogations des élus ». En conséquence, Jean-Yves Lebas a décidé de donner « un avis défavorable à la fois sur le projet privé et le projet public ».

Cette position a été suivie par l’ensemble des élus à l’unanimité.

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Race Bank, pose du câble d’atterrage

Hakin Hocine : « difficile de se prononcer sur un dossier pour lequel les élus ne possédaient que les versions techniques et environnementales du porteur de projet ».

Pascal Pellan, adjoint au développement économique et au tourisme : « sans réponse de l’administration sur des questions très précises, il ne pouvait y avoir de débat et qu’en conséquence, il fallait marquer son opposition ».

 

Race Bank 2Nathalie Sellier, adjointe à l’Urbanisme et au Patrimoine : « par solidarité avec ses collègues d’Erquy et du principe de précaution sur un dossier aussi sensible ».

Source http://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/pleneuf-val-andre/parc-eolien-rejet-de-la-liaison-electrique-20-02-2017-11407234.php#UZVKHy4Y5dibVdSL.99

Race Bank, Pose du premier câble vers la station électrique de Walpole (91 éoliennes Siemens 6,3MW à 27 km de la côte, promoteur DONG)

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Plage de Caroual à Erquy, où l’Etat veut construire une sous-station électrique pour accueillir les deux câbles de 225 000 Volts de l’usine éolienne en mer d’Ailes Marines